Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

déc. 10, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 10 décembre 2018 – Sommaire :

  • Un EUR/USD de nouveau à plus de $1,14 : Nouveau départ ou coup d’épée dans l’eau à l’approche de la BCE (jeudi) ?
  • La livre sterling coule à pic avant le vote de mardi au Parlement britannique sur le texte de loi du Brexit – Niveau de £0,90 en approche.
  • Le yuan chinois continue de chuter sur fond de craintes de voir la trêve commerciale avec Washington remise en cause par l’ « affaire Huawei » . Le cours EUR/CNH remonte ce matin à plus de ¥7,90.

Moments clés de la semaine à venir (10 – 16 décembre 2018)  :  Réunion de la BCE… Vote du texte de sortie au parlement britannique… Enquêtes PMI européennes et inflation aux Etats Unis  

Vote du texte de loi sur le Brexit au Parlement britannique…et rejet probable (mardi) : Si l’on se réfère aux différents sons de cloche entendus de part et d’autre, aussi bien dans les médias qu’au sein des deux grands partis britanniques, conservateurs et travaillistes, il ne fait quasiment aucun doute que les députés devraient ce mardi s’opposer à la majorité au plan de sortie négocié par Theresa May à Bruxelles. Un tel véto pourrait n’offrir que deux choix au Royaume-Uni : 1) Sortir avec fracas sans accord économiques signé au préalable avec l’UE ou 2) Ne pas sortir du tout. Ce second scénario gagne jour après jour en crédibilité, notamment depuis la semaine dernière et l’annonce par la Cour de Justice Européenne d’une possibilité juridique pour Londres de révoquer d’ici mars prochain l’article 50 du traité de Lisbonne, lequel annulerait automatiquement le processus de sortie hors de l’UE. Un possible véto des députés pourrait aussi sonner le glas de la carrière de Theresa May au poste de première ministre et faire renaître le spectre d’élections anticipées. De nouvelles secousses politiques pourraient donc s’observer à partir de mardi, et plonger encore un peu plus la livre sterling dans la tourmente qu’elle ne l’est actuellement (plus bas depuis 10 semaines atteint vendredi dernier face à l’euro à presque £0,90).

La BCE doit confirmer l’arrêt de ses rachats d’actifs… et ses projets pour 2019 (jeudi) : Selon toute vraisemblance, sauf surprise, la banque centrale européenne (BCE) devrait confirmer ce jeudi la fin de l’extension de son programme d’assouplissement quantitatif de €2,6Trn, lequel avait été lancé en mars 2015 pour relancer une activité économique en Zone Euro encore sous le choc de la crise de la dette souveraine qu’elle vient de subir. Ironie du sort ou non, la banque, qui a déjà annoncé l’arrêt de ce programme plusieurs mois auparavant, voit de nouveau le spectre d’une crise revenir en Europe en cette fin d’année 2018, aux travers entre autres d’une recrudescence de foyers de tensions politiques en Europe (montée du populisme) et d’un net ralentissement de l’économie en Zone Euro (plus bas rythme annuel depuis 4 ans observé au T3 2018). De quelle manière la banque entend relever ses défis sans avoir recours à son « bazooka monétaire » ? Cela devrait sans aucun doute passer par un prolongement du maintien des taux d’intérêt à leur plus bas niveau historique, et dont potentiellement un report à 2020 du projet initial du premier resserrement monétaire opéré en Europe depuis 2011.

Données économiques clés de la semaine : PIB mensuel au Royaume-Uni (lundi), Indice ZEW allemand (mardi), Inflation aux Etats Unis (mercredi), Décision monétaires en Suisse et en Norvège (jeudi), et enquête PMI préliminaires en Zone Euro et ventes au détail aux Etats Unis (vendredi).

Pense-bête - Petit retour en arrière sur les moments clés de la semaine passée (3 -9 décembre 2018) : La CDU tient la successeuse de Merkel… Nouvelles tensions Chine/USA… et l’OPEP intervient pour stimuler les prix du pétrole

Allemagne : À l’issue d’un vote plus contesté que prévu, Annegret Kramp-Karrenbauer (AKK) a été nommée présidente du parti conservateur allemand, la CDU, et se pose d’ores et déjà comme grande favorite à la succession d’Angela Merkel lors des prochaines élections fédérales de 2021. Adoubée par la chancelière, cette ancienne présidente de la région de la Sarre (2011-2018) est considérée par grand nombre d’analystes politiques comme un ersatz, un peu plus conservatrice néanmoins sur les questions de sociétés, de Merkel. Une bonne nouvelle en soi pour l’Europe… mais aussi pour l’Allemagne qui pourrait, grâce à ce résultat, s’éviter des élections anticipées. L’euro s’évite de nouvelles turbulences politiques et échappe ainsi à une nouvelle tentative de retour sous $1,13… du moins temporairement.

Tensions commerciales Chine/Etats Unis : L’arrestation au Canada, sur demande de Washington, de la directrice financière du géant chinois de la télécommunication, Huawei, a provoqué une véritable levée de bouclier du côté de Pékin, et raviver sur les marchés les craintes de nouvelles tensions commerciales entre la Chine et les Etats Unis. Résultat, les bourses se sont affolées et l’indice action principal américain, le S&P 500, a subi la semaine dernière son plus important repli hebdomadaire depuis 8 mois (-4,6%). Ce weekend, la Maison Blanche a tenté d’apaiser le climat et assuré que cet évènement ne remettait pas en cause la trêve commerciale décidée en marge du G20. Après avoir touché un pic de 5 mois face à l’euro à presque ¥7,75, le yuan chinois a fortement été impacté par ce retour des tensions et corrigé de plus de 0,8% pour revenir à plus de ¥7,80.

Pétrole : Après de longues négociations entre le cartel de producteurs de pétrole, l’OPEP, et les pays non-membres de l’organisation, menés par la Russie, les deux partis se sont finalement mis d’accord sur une réduction lors des 6 prochains mois de 1,2Mln de production journalière de barils de brut. Ce choix découle d’une volonté commune de stimuler un pétrole dont les prix ont chuté de plus de 30% en l’espace de 2 mois. Si ceux-ci ont réagi plutôt timidement à la nouvelle, l’indice Brent est néanmoins remonté en fin de semaine dernière à plus de $61. Cela n’a pas suffi à soutenir un dollar canadien en pleine déroute, lequel a chuté à un plus bas depuis 10 semaines face à l’euro à plus de C$1,53 consécutivement à la réunion monétaire de la Banque du Canada et une approche plus graduelle en matière de hausse de taux plébiscitée par cette dernière.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

L’EUR/USD a une nouvelle fois buté vendredi dernier sur la barrière de $1,14, cela malgré des chiffres de l’emploi aux Etats Unis bien moins solides que prévu (155k Vs cons. 200k et 237k en octobre). Le retour à la surface de craintes de voir éclater de nouvelles tensions commerciales entre Pékin et Washington mais également le sentiment de prudence émanant des marchés européens en amont du résultat en Allemagne du scrutin désignant le successeur d’Angela Merkel à la tête du parti de la CDU ont pesé sur la paire et freiné son ascension. La victoire d’Annegret Kramp-Karrenbauer ce weekend (voir plus hautSection Moments clés de la semaine passée), laquelle devrait vraisemblablement poursuivre l’héritage laissée par la chancelière allemande, et la tentative d’apaisement réalisée ce weekend par la Maison Blanche concernant les récentes frictions apparues avec Pékin font voler en éclat ce matin les « obstacles » présents sur la route de l’EUR/USD, d’où son retour ce matin à plus de $1,14 et un pic de presque 3 semaines atteint à plus de $1,1440. Assiste-t-on de nouveau à un coup d’épée dans l’eau ou à un réel redémarrage de l’EUR/USD ? Le seuil de $1,15, lequel n’a plus été atteint depuis le 22 octobre dernier, reste le cap ultime ou juge de paix qui permettra de répondre à cette question. Au regard de la prudence dont pourrait faire part la BCE ce jeudi lors de sa dernière réunion monétaire de l’année (voir plus hautSection Moments clés de la semaine à venir) ou encore les dossiers politiques brûlants en Europe qui restent toujours non réglés (Italie, Brexit), il y a matière à croire qu’un rebond durable de l’EUR/USD se présente comme très difficile. Aussi cela ne surprendrait personne de voir la paire rester confinée une semaine de plus – ce qui serait la 7ième consécutive – dans un couloir de fluctuation de $1,12-$1,15.

Perf 2018 = -5,64% / Moyenne 2018 = $1,1839 / Point haut 7 décembre 2018 = $1,1423 / Point bas 7 décembre 2018 = $1,1357 / Clôture 7 décembre 2018 = $1,1376

GBP

C’est une livre sterling en pleine perdition que l’on observe depuis vendredi dernier alors que l’on approche à grand pas du vote au Parlement britannique du texte de loi sur le Brexit et d’un très probable, selon les échos entendus de part et d’autre, rejet par les députés du plan de sortie négocié par Theresa May à Bruxelles. La devise britannique a décroché de presque -0,6% face à l’euro lors de la dernière session de la semaine dernière et continue de perdre du terrain ce matin pour approcher tout près du niveau psychologique de £0,90, lequel n’a plus été atteint par la paire EUR/GBP depuis la fin septembre dernier. Ce repli de la livre traduit avant tout les vives craintes des investisseurs à l’égard des conséquences politiques, dans un premier temps (voir plus hautSection Moments clés de la semaine à venir) , mais également économiques qu’impliquerait un tel véto des députés britanniques. Si la devise britannique suivra de loin les quelques chiffres économiques importants publiés cette semaine – statistiques de production industrielle & PIB mensuel publiées ce lundi matin notamment – la volatilité de celle-ci devrait très largement rester connectée à l’actualité liée au vote parlementaire de ce mardi. En cas de nouvelles vives secousses politiques importantes au Royaume-Uni – départ de T. May (volontaire ou forcé) ? – la livre pourrait enregistrer encore davantage de pertes et potentiellement s’approcher de ses plus bas niveaux de l’année face à l’euro (niveau de £0,91 à surveiller), tandis qu’à l’inverse un vote surprise du parlement en faveur du texte ou bien la hausse des spéculations d’organisation d’un second référendum pourraient venir soutenir une revalorisation de cette dernière, plus ou moins significative (supports clés présents à £0,88 puis £0,87).  

Perf 2018 = +0,51% / Moyenne 2018 = £0,8835 / Point haut 7 décembre 2018 = £0,8967 / Point bas 7 décembre 2018 = £0,8889 / Clôture 7 décembre 2018 = £0,8948


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.