Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

nov. 30, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 30 novembre 2018 – Sommaire :

  • Vent de prudence qui souffle sur les marchés ce vendredi alors que s’ouvre à Buenos Aires un sommet du G20 sous haute tension et que s’observe ce matin de nouveaux signes inquiétants de ralentissement de l’économie chinoise (PMI décevants).
  • Incapable de franchir le seuil de $1,14, c’est un EUR/USD « frustré » qui enregistre un léger repli ce matin. Chiffres d’inflation et de chômage en Zone Euro à suivre (11h00).
  • La paire EUR/GBP semble avoir touché un plafond de verre à hauteur de £0,89. On assiste à une légère correction même si le contexte politique britannique reste hautement incertain.
  • Nouvelle tentative de retour de la paire EUR/JPY sous le seuil de ¥129. Les inquiétudes en marge du G20 et à l’égard de la Chine (recul du PMI officiel manufacturier chinois à son plus bas niveau depuis juillet 2016 !) favorisent la demande en yen.
  • La paire EUR/CAD se maintient à plus de C$ 1,51 et oscille sur ses plus hauts niveaux des 2 derniers mois faute de réelle reprise observée des prix du pétrole. Chiffres de PIB au T3 au Canada à suivre (14h30).
  • Tentative de retour de la paire EUR/AUD au-dessus de son ancien support de A$ 1,56 sur fond de défiance générale des marchés.
  • Malgré l’observation de nouveaux signes inquiétants de ralentissement de l’économie chinoise, la paire EUR/CNH se heurte toujours à la barrière de ¥7,90.
  • Euro globalement dans le vert face aux devises émergentes dans ce contexte d’aversion au risque. Au lendemain d’un recul à un plus bas de plus de 3 mois, l’EUR/ZAR rebondit légèrement et revient à hauteur de ZAR 15,60.

Moment clé de la séance de jeudi 29 novembre : La livre sterling paie les pots cassés d’un retour des craintes de « hard Brexit »

Le négociateur européen a mis en garde Londres, l’Union Européenne n’entend pas revenir à la table des négociations pour rediscuter les termes de l’accord signé dimanche dernier sur les termes du divorce avec le Royaume-Uni. Dans ce contexte, un scénario de « hard Brexit » ou de rupture nette sans accord apparaît comme un scénario à nouveau crédible dans le cas où, comme cela semble se profiler, les députés britanniques décident le 11 décembre prochain de voter contre le plan de sortie négocié par Theresa May et ses équipes à Bruxelles. Cette dernière a d’ailleurs précisé jeudi qu’elle commençait déjà se préparer à cette éventualité. Le retour au premier plan de ce scénario à risque intervient au lendemain de la publication par la Banque d’Angleterre d’un rapport dans lequel l’organisme monétaire évoque une possible contraction de -8% de l’économie britannique l’année qui suivrait une sortie hors de l’UE sans accord. Face à ce risque, la livre sterling a décroché face à l’euro et s’est dépréciée d’un peu plus de 0,5%. Le cours EUR/GBP fait lui son retour au-dessus du seuil de £0,89 un peu plus d’une semaine après l’avoir quitté.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD : Les effets des propos modérés du président de la réserve fédérale américaine en matière de politique monétaire se sont rapidement estompées jeudi et du coup ralenti l’ascension de la paire EUR/USD. Si le dollar est globalement resté sur la défensive, le cours de change a vu ses gains plafonnés à $1,14. Il est vrai que la position de Jerome Powell mercredi soir s’est révélée un peu moins « agressive » que par le passé, néanmoins celui n’a pas remis en cause l’approche graduelle suivie par la Fed en matière de normalisation monétaire ou encore remis en cause l’agenda monétaire de la banque à court terme. Celui-ci a simplement précisé que les prochaines hausses de taux seront conditionnées par les résultats de l’économie américaine, laquelle il est vrai fait aujourd’hui face à des vents contraires plus importants que lors des mois précédents (ralentissement de la demande mondiale, coût d’emprunt plus élevé, atténuation des effets des baisses d’impôt). Cela ne devrait très certainement pas remettre en cause un nouveau resserrement monétaire en décembre, scénario déjà intégré par les marchés et évoqué en filigrane dans les Minutes de la Fed publiées jeudi soir. La prudence dont s’est imprégnée les marchés à l’approche d’un sommet du G20 qui pourrait à nouveau être le théâtre d’une nouvelle fracture entre partisans du protectionnisme et militants du multilatéralisme, ou encore les incertitudes qui émanent d’Italie au regard du manque apparent de concessions dont est disposé à réaliser le gouvernement de G. Conté au niveau budgétaire pour répondre aux exigences de la Commission Européenne (révision marginale de 0,2% de la projection 2019 de déficit évoquée par le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini) ont résolument joué un rôle de frein à une expansion plus importante de la paire EUR/USD. Les indicateurs économiques publiés jeudi n’ont eu qu’une influence minime sur la paire de change. On retiendra tout de même le recul du chômage en Allemagne à un nouveau plus bas historique de 5% et le ralentissement plus important que prévu de la dynamique annuelle de l’indice de base de prix PCE à son plus bas niveau depuis 8 mois sous le niveau de 2,0% (objectif visé par la Fed), dont on pourrait être amené à reparler dans les prochaines semaines.

La séance de vendredi devrait résolument être influencée par l’humeur des marchés à l’égard des premières discussions entendues au sommet du G20 qui débute aujourd’hui à Buenos d’Aires et dont le point d’orgue sera la rencontre samedi entre les présidents américain et chinois. De nouvelles tensions, aussi bien commerciales que géopolitiques, pourraient éclore de cet évènement qui réunira les dirigeants des 20 principales économies mondiales. Les faits et gestes de l’ « imprévisible » locataire de la Maison Blanche seront surveillés de près par les marchés. L’annulation de dernière minute de la rencontre bilatérale programmée entre Donald Trump et Vladimir Poutine ou encore les récentes rumeurs de prochaine annonce de taxes américaines sur les exportations automobiles ont clairement donné le ton, les Etats Unis n’entendent pas en Argentine faire preuve de complaisance à l’égard de ses rivaux, ni même de ses alliés. En Europe, on surveillera les premières estimations d’inflation du mois de novembre (cons. 2,0% A/A Vs 2,2% en oct.) et les chiffres de chômage du mois d’octobre (cons. 8,0% vs 8,1% en sept.). Si une décélération des prix en Europe semble inévitable au regard de l’important recul des prix du pétrole depuis 2 mois (-30%) – cette dynamique a d’ailleurs été observée dans les estimations allemandes et espagnoles publiées jeudi – la perspective d’un recul du chômage en Zone Euro à son plus bas niveau depuis 10 ans apparait comme une très bonne nouvelle dans le marasme ambiant. Faute de ne pas parvenir à franchir le cap de $1,14, le cours EUR/USD affichait ce matin un léger repli et effaçait une partie des 0,9% de gains enregistré sur les deux dernières séances.   

Perf 2018 = -5,09% / Moyenne 2018 = $1,1845 / Point haut 29 novembre 2018 = $1,1401 / Point bas 29 novembre 2018 = $1,1346 / Clôture 29 novembre 2018 = $1,1391

GBP

EUR/GBP :  La montée des incertitudes qui entourent les conséquences économiques et politiques d’un possible rejet du texte de loi de sortie lors de son passage devant la Chambre des Communes le 11 décembre prochain ont ravivé d’importantes pressions baissières sur la livre sterling (à lire le moment clé de la séance de jeudi 29 nov.). Un peu à l’image de l’EUR/USD face au seuil de $1,14, on observe actuellement le même phénomène sur la paire EUR/GBP avec le seuil de £0,89. Si cette dernière a réussi à franchir cette barrière jeudi et atteint un pic d’une semaine à cette occasion, elle s’est révélée incapable d’accélérer au-delà de ce palier psychologique. La faiblesse actuelle de l’euro peut aussi expliquer le potentiel haussier réduit actuellement visible sur la paire EUR/GBP. Face à ce « plafond de verre » de £0,89 et en l’absence ce matin de nouveaux motifs d’inquiétude sur le Brexit avant l’ouverture des débats parlementaires mardi prochain, la paire de change affichait un léger repli ce matin. Sauf nouvel élément laissant suggérer un rééquilibre des forces au parlement et/ou une alternative crédible permettant d’éviter un « hard Brexit », les perspectives de rebond de la livre apparaissent réduites.

Perf 2018 = +0,09% / Moyenne 2018 = £0,8834 / Point haut 29 novembre 2018 = £0,8921 / Point bas 29 novembre 2018 = £0,8857 / Clôture 29 novembre 2018 = £0,8908

JPY

EUR/ JPY  :   On évoquait cette semaine une frilosité apparente de la paire EUR/JPY à accélérer et progresser au-delà du seuil de ¥129, et bien cela se confirme sur cette fin de semaine. L’ouverture du Sommet du G20 dont on craint de nouvelles dissensions entre les membres, notamment entre les Etats Unis et la Chine, ou encore les nouvelles marques de ralentissement en cours de l’économie mondiale – observation jeudi d’une contraction de la croissance en Suède et en Suisse au T3 et repli ce matin de l’indice officiel PMI manufacturier chinois à son plus bas niveau depuis juillet 2016 – pèsent lourdement sur la confiance des marchés et favorisent une demande soutenue en yen (recherche de valeurs refuges). Malgré une tentative vaine jeudi de correction et retour sous le seuil de ¥129 (point bas recensé à ¥128,65), le cours est de nouveau mis sous pression ce matin.

Perf 2018 = -4,48% / Moyenne 2018 = ¥ 130,60 / Point haut 29 novembre 2018 = ¥ 129,30 / Point bas 29 novembre 2018 = ¥ 128,68 / Clôture 29 novembre 2018 = ¥ 129,28

CAD

EUR/ CAD  :   Le nouveau repli des cours du pétrole à un plus bas depuis octobre 2017 (Brent observé en séance jeudi à moins de $58 et WTI américain à moins de $50) a une nouvelle fois lourdement pesé sur la devise canadienne et ainsi soutenu une accélération du rebond amorcé mercredi par la paire EUR/CAD. Le cours de change a ainsi refranchi le seuil de C$1,51 une semaine après son précédent « coup de chaud » mais semble depuis désormais marquer légèrement pas. Depuis deux mois, ce palier fait office de « plafond de verre » pour la paire EUR/CAD d’où ce manque soudain de vigueur au moment d’accélérer. La stabilisation des prix du pétrole observée sur la seconde partie de journée jeudi en réaction aux propos de dirigeants politiques russes venant soutenir la proposition saoudienne de réduire les quotas de production pour stimuler les cours du baril de brut peut également expliquer ce comportement. Relativement stable ce matin, le cours EUR/CAD pourrait encore connaître une séance agitée alors que l’on surveillera les discussions des dirigeants de la Russie et de l’Arabie Saoudite présents au sommet du G20  à Buenos Aires ; lesquels pourraient permettre de préparer le terrain en vue de la conférence biannuelle de l’OPEP qui aura lieu la semaine prochaine à Vienne (6 décembre) ; mais également la publication des chiffres de croissance au Canada au T3 (14h30). Au regard du niveau élevé de valorisation de la paire EUR/CAD malgré la faible attractivité dont jouit actuellement l’euro auprès des acteurs de marché, la paire EUR/CAD est sous la menace d’une correction après son rebond de +0,8% enregistré sur les deux dernières séances. La paire de change pourrait néanmoins testé le pic de C$1,5168 des derniers mois si d’aventure l’économie canadienne déçoit fortement et/ou qu’on assiste à un nouveau décrochage important des prix du pétrole.

Perf 2018 = +0,27% / Moyenne 2018 = C$ 1,5295 / Point haut 29 novembre 2018 = C$ 1,5136 / Point bas 29 novembre 2018 = C$ 1,5071 / Clôture 29 novembre 2018 = C$ 1,5131


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