Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

nov. 26, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 26 novembre 2018 – Sommaire :

  • Début de semaine marqué par un rebond de l’appétit au risque des investisseurs après l’accord sur le Brexit et le réchauffement des relations entre Chine et Etats Unis en amont du sommet du G20.
  • Après sa chute à un plus bas depuis une semaine, le cours EUR/USD se redresse et repasse au-dessus du niveau de $1,1350.
  • Malgré la signature de l’accord de sortie ce dimanche, la livre sterling perd un peu de terrain face à l’euro et s’échange ce matin à £0,8860. De nombreuses incertitudes entourent l’issue du vote du texte de loi au parlement britannique.
  • Le regain d’appétit au risque stimule la paire EUR/JPY et la renvoie au-dessus du niveau de ¥128,50.
  • Peu de mouvements observés sur les paires EUR/CAD (C$ 1,50) et EUR/AUD (A$ 1,5660) malgré le rebond des prix du pétrole (retour du Brent à plus de $60) et le renforcement général du sentiment des marchés.
  • Le rand sud-africain poursuit sa progression et progresse à un nouveau pic depuis plus de 3 mois face à l’euro à moins de ZAR 15,60.
  • Léger rebond de la paire EUR/CNH (+0,1%) néanmoins la paire reste pour le moment sous le seuil de ¥7,90.

Moment clé de la séance de vendredi 23 novembre : Des enquêtes PMI décevantes en Europe font chuter à son plus bas niveau de la semaine

Les premières enquêtes PMI de novembre indiquent un ralentissement bien plus marqué que prévu de l’activité économique en Zone Euro. L’indice composite révèle notamment la plus faible expansion de croissance depuis 4 ans exactement ! Si ce ralentissement ne devrait très probablement pas remettre en cause le plan de la banque centrale européenne de stopper son programme de rachat d’actifs de €2,6Trn à la fin de l’année 2018, du côté des investisseurs on commence à mettre en doute l’idée d’une 1ière hausse de taux l’année prochaine. Les indices d’anticipation prêtaient au début de la semaine une probabilité de 100% que la banque centrale décide de procéder d’ici décembre 2019 à un premier resserrement monétaire depuis 2011, or après la publication de ces enquêtes cette probabilité a reculé en-dessous de 90%. Après avoir tenté de tutoyer le seuil de $1,15, l’euro est retombé dans ses travers (-0,6%) et chuté à son plus bas niveau depuis 1 semaine à moins de $1,1350.

L’évènement du weekend : L’Union Européenne et le Royaume-Uni signent un accord de sortie historique

Après 17 mois de longues négociations et de rebondissements en tout genre, les 27 dirigeants de l’Union Européenne réunis à Bruxelles ce dimanche ont signé l’accord de divorce avec le Royaume-Uni. Cet accord, dont le contenu avait très largement été commenté dans les médias la semaine passée, prévoit entre autres une période de transition courant jusqu’à 2020 renouvelable une fois de 1 à 2 ans, le maintien des droits des citoyens européens résidant au Royaume-Uni, le règlement par Londres de sa contribution au budget européen ayant cours jusqu’à fin 2020 (estimation de €40-45Mds), un libre-échange sur les biens agricoles et industriels, un « filet de sécurité » potentiellement applicable en Irlande à la fin de la période de transition si aucune autre alternative n’est trouvée et un comité paritaire dont le rôle sera de trancher les éventuelles divergences concernant cet accord. La prochaine étape est désormais l’envoi de ce texte de loi devant les parlements britanniques et européens pour y être ratifié avant la sortie effective du Royaume-Uni hors de l’UE prévue le 29 mars 2019 à minuit. Du côté de Londres, la première ministre Theresa May espère un vote avant Noël afin de pouvoir éventuellement se retourner en cas de rejet de celui-ci par les députés. Au regard de la forte contestation observée ces dernières semaines dans les rangs conservateurs, il existe un vrai risque que l’accord de sortie soit bloqué au parlement.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD : C’est la déconfiture totale ! Alors que l’on croyait l’euro en voie de guérison grâce notamment à une atténuation des tensions politiques autour du budget italien et du Brexit, celui-ci est retombé dans ses travers vendredi. Les indicateurs PMI sont venus mettre en lumière les maux actuels de la région, à savoir un ralentissement marqué et prolongé de l’activité économique en Europe relevant à la fois de facteurs externes (baisse des échanges sur fond de protectionnisme) et internes (défiance des acteurs économiques européens face à l’instabilité politique qui règne dans la région). Si on ne peut réellement tirer de constat à ce jour de l’influence de ce ralentissement économique sur les futurs choix monétaires opérés l’année prochaine par la banque centrale européenne (BCE), il paraît évident que le contexte n’invite pas à la précipitation lorsqu’il s’agit d’évoquer l’idée d’une première hausse de taux en Europe. Toujours très fortement handicapé par un différentiel de rendements sur les emprunts publics très important avec son voisin américain, l’euro jouit d’une faible attractivité auprès des investisseurs, d’où son incapacité chronique à se redresser significativement ces dernières semaines. Retombée dans la fourchette basse de son couloir de fluctuation de $1,12-$1,15 observé depuis un mois, la paire de change ne semble pas pour le moment disposer à en sortir à très court terme… ou peut-être alors vers le bas si aux inquiétudes économiques venaient s’ajouter en Europe de nouvelles incertitudes politiques.  Si les relations entre l’Italie et la Commission Européenne semblent peu à peu se stabiliser et qu’un dialogue semble s’être ouvert entre les deux pour tenter de trouver un point de conciliation concernant la mise en place d’un budget 2019 en Italien moins couteux, la situation reste toujours très fragile et menace à tout moment d’exploser à nouveau.  Alors que l’on continue de surveiller avec grand intérêt la situation en Italie et les débats sur le futur budget de Rome, l’attention se portera également cette semaine vers l’Allemagne et la succession d’Angela Merkel à la tête de la CDU prévue ce mardi. Le départ de celle qui fut un des principaux éléments moteurs de la construction et cohésion du projet européen est un vrai tournant pour l’Europe, notamment à l’heure où s’observe une véritable montée dans la région d’une vague de contestation à l’égard des partis politiques traditionnels et une montée de popularité de formations contestataires, populistes et aux sensibilités très souvent plus nationalistes qu’européennes.

Si l’Europe a ces derniers temps accaparé toute la lumière, les regards devraient néanmoins davantage se focaliser sur les Etats Unis et le dollar cette semaine, et les débats tourner sur l’éventualité d’une pause monétaire de la Fed l’année prochaine si d’aventure le ralentissement de l’économie mondiale était amené à s’accentuer. Cette hypothèse est prise très au sérieux par les investisseurs, notamment depuis les sorties récentes de hauts responsables de la Fed évoquant la présence de vents contraires externes susceptibles d’affecter l’économie américaine. Après avoir été chéri par les marchés, le dollar pourrait progressivement perdre de sa superbe si ce scénario était amené à se matérialiser. Une dépréciation du dollar, c’est aujourd’hui le principal facteur qui pourrait offrir l’opportunité à l’EUR/USD de se maintenir à flot, et de ne pas à nouveau dégringoler encore plus bas (point bas en 2018 relevé à $1,1213). Au programme cette semaine, les discours du vice-président (mardi) et président (mercredi) de la réserve fédérale américaine, le compte rendu de la réunion monétaire de la FED du 7-8 novembre dernier (jeudi), la seconde estimation de PIB au 3ième trimestre aux Etats Unis (mercredi) et les indicateurs mensuels de prix PCE (jeudi).

Ce lundi, l’EUR/USD relève légèrement la tête sur fond de soulagement global des investisseurs au regard de l’évolution favorable des chantiers politiques actuels en Europe (dialogue entre Rome et la Commission Européenne et signature d’un accord de sortie entre l’UE et le Royaume-Uni). Si la paire EUR/USD remonte ce matin au-dessus du seuil de $1,1350, ce rebond pourrait être néanmoins de courte durée si seulement les enquêtes Ifo de confiance des entreprises allemandes publiés ce matin (10h00) se révélaient décevantes et/ou si Mario Draghi offrait cette après-midi (15h00) au parlement européen un discours teinté de prudence.

Perf 2018 = -5,16% / Moyenne 2018 = $1,1854 / Point haut 22 novembre 2018 = $1,1421 / Point bas 22 novembre 2018 = $1,1324 / Clôture 23 novembre 2018 = $1,1340

GBP

EUR/GBP :  Theresa May peut pousser un grand ouf de soulagement ce lundi, elle est enfin parvenue ce dimanche à signer un accord de sortie avec l’Union Européenne. Pas de triomphalisme néanmoins, puisque le texte doit désormais passer entre les mains des députés britanniques pour être approuvé. Au regard de la contestation récente démontrée par une frange conservatrice de la majorité, il existe aujourd’hui un vrai risque que le projet de loi soit bloqué au parlement. Cela est d’autant plus vrai que les conservateurs ne disposent pas d’une majorité absolue au parlement et que l’allié nord-irlandais du DUP menace de remettre en cause l’alliance formée avec la formation de la première ministre britannique en guise de protestation contre l’option du « filet de sécurité » inclus dans cet accord qui prévoit un alignement de l’Irlande du Nord aux règles du marché commun et de l’union douanière européenne si aucune solution alternative permettant d’éviter le retour de frontières physiques dans le pays n’est trouvé d’ici mi-2020. Un rejet du texte de loi au parlement pourrait de nouveau mettre Theresa May sur la sellette et faire réémerger les rumeurs de vote de défiance au parlement. Un départ précipité de la première ministre britannique pourrait alors déclencher un changement de gouvernement, voire des élections anticipées à l’issue hautement improbable. Toutes ces incertitudes pèsent sur la confiance des investisseurs qui préfèrent pour le moment rester à l’écart de la livre sterling. Si le cours EUR/GBP a testé le seuil de £0,8850 vendredi et touché un plus bas depuis une semaine à £0,8834, les pertes de la paire restent pour le moment limitées. Ce matin, sous la pression d’un rebond de l’euro, la paire se redresse modestement et revient s’installer dans la partie supérieure du couloir de £0,88-£0,89 dans lequel celle-ci oscille depuis le 15 novembre dernier. Peu de chiffres ou d’évènements clés à suivre si ce n’est la publication ce mercredi par la Banque d’Angleterre du rapport de stabilité financière qui reviendra en détail sur les implications économiques et financières du plan de sortie conclu par Theresa May. Ce rapport pourrait avoir une certaine influence sur les décisions futures des parlementaires britanniques dont on espère le vote du texte de sortie avant la période de congé de Noël. Du côté de l’exécutif, on planche déjà sur un plan B qui pourrait ressembler à un accord de « type norvégien » - rattachement à l’union douanière sans intégration à l’UE  - en cas de rejet du texte au parlement.  

Perf 2018 = -0,29% / Moyenne 2018 = £0,8833 / Point haut 23 novembre 2018 = £0,8877 / Point bas 23 novembre 2018 = £0,8834 / Clôture 23 novembre 2018 = £0,8858

JPY

EUR/ JPY  :   La paire EUR/JPY a lourdement chuté vendredi en marge de la publication d’indicateurs PMI très décevants en Zone Euro et d’un nouveau repli important des cours du pétrole à un plus bas depuis 1 an (Brent sous $60), lesquels viennent à nouveau illustrer la défiance grandissante des investisseurs à l’égard des perspectives économiques mondiales. Face à ce risque, les valeurs refuges comme le yen japonais a de nouveau le vent en poupe auprès d’investisseurs apeurés craignant un retour fracassant de la volatilité dans les prochains mois. C’est dans ce contexte que l’EUR/JPY a reculé et testé son support de ¥128. Cependant encore une fois celui-ci a tenu bon. Malgré de multiples tentatives, la paire EUR/JPY rencontre d’importantes difficultés depuis trois mois à descendre sous ce niveau, preuve que malgré un contexte économique et politique très contrasté en Europe, le peu d’attractivité des rendements japonais reste un facteur auquel les investisseurs restent toujours très sensible et qui tend à plafonner les gains potentiels de la devise japonaise. Le réchauffement récent des relations entre la Chine et les Etats Unis en marge du sommet du G20 qui débutera ce vendredi à Buenos Aires n’est certainement pas non plus anodin dans le manque de traction du yen. Le fait que les deux principales économies mondiales se reparlent et se disent prêts à entamer de nouvelles négociations commerciales est plutôt de bon augure avant la rencontre programmée durant le sommet entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping. Avant cette rencontre sous haute tension, les investisseurs restent en position attentiste et surveillent d’éventuels nouveaux rebondissements avant de prendre de nouvelles positions. La paire EUR/JPY ne montre toujours aucune réelle prise de direction et semble bien parti pour prolonger encore un peu son séjour au sein de la fourchette étroite de fluctuation de ¥128-¥129.

Perf 2018 = -4,68% / Moyenne 2018 = ¥ 130,63 / Point haut 23 novembre 2018 = ¥ 128,93 / Point bas 23 novembre 2018 = ¥ 127,81 / Clôture 23 novembre 2018 = ¥ 128,02


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.