Actualités du marché des devises

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nov. 21, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 21 novembre 2018 – Sommaire :

  • Séance sous influence politique qui risque d’être marquée par les réactions au rapport de la Commission Européenne sur l’Italie et les échos de la visite de Theresa May à Bruxelles pour finaliser un accord de sortie. Paradoxalement, on observe ce matin des marchés plutôt confiants et un euro qui progresse.
  • L’EUR/USD se redresse à $1,14 après sa forte correction de la veille (-0,7%)
  • L’EUR/GBP remonte au-dessus de £0,89 en amont de la venue de Theresa May à Bruxelles
  • Retour de la paire EUR/JPY au-dessus ¥128,50
  • Rebond de la paire EUR/CHF après avoir échoué la veille à casser le support de ₣1,13
  • La paire EUR/CAD accentue son rebond malgré la tentative de rebond des prix du pétrole (1,5% ce matin pour le Brent) et oscille à un plus haut depuis septembre et l’accord conclu entre le Canada et les Etats Unis sur l’ALENA, à presque C$1,5150.
  • Le cours EUR/NOK corrige légèrement après avoir atteint la veille un pic de plus de 2 mois à plus de NOK 9,75.
  • Le cours EUR/PLN accentue ce matin sa correction amorcée la veille (-0,4%) alors que le sentiment de défiance général à l’égard du système bancaire polonais semble s’atténuer. La paire revient à hauteur de PLN 4,30.

Moment clé de la séance de mardi 20 novembre  : Le recul des valeurs bancaires européennes et le retour de tensions en Italie font plier l’euro

Dans la lignée de leur homologue américain, les marchés actions européens ont lourdement chuté mardi sous l’influence principalement d’une sous-performance de certaines banques majeures comme Deutsche Bank (cours observé à un plus bas niveau historique) et Société Générale ; toutes deux impliquées dans des affaires judiciaires ; mais également de l’ensemble du secteur bancaire italien, lesquel a été à nouveau mis mardi sous pression face à une remontée des taux d’intérêt intervenant à la veille de la publication par la Commission Européenne d’un rapport sur les finances publiques de l’Italie. En conséquence, la valeur de l’indice européen Stoxx 600 du secteur bancaire a engrangé mardi une perte de 2,3% et chuté à son plus bas niveau depuis plus de 2 ans. Après avoir atteint un peu plus tôt dans la journée un pic de presque deux semaines à plus de $1,1470, le cours EUR/USD a dégringolé de -0,7% et est retombé sous le niveau de $1,14 (clôture à $1,1370).

USD

Après cinq séances consécutives de hausse et un rebond de plus de 2%, le cours EUR/USD est descendu mardi de son piédestal et a de nouveau échoué dans sa tentative de rallier le seuil de $1,15, niveau qui n’a plus été atteint par le cours de change depuis le 22 octobre dernier. Fortement handicapé par la mauvaise performance des valeurs bancaires européennes mais également par le retour des inquiétudes autour de l’Italie et les conséquences directes de sa confrontation avec les instances européennes sur la question de son futur programme budgétaire, l’euro a lourdement chuté face au dollar (-0,7%) et fait son retour sous le seuil de $1,14. Le cours de change a même accentué son recul et approché du niveau de $1,1350 (point bas recensé mardi à $1,1356) après les propos étonnement prudents du président de la banque centrale allemande, Jens Weidmann, dans lesquels il admet que le processus de normalisation monétaire devrait prendre en Europe « plusieurs années ». Une telle sortie de la part d’un membre influent au sein de la Banque Centrale Européenne (BCE), reconnu pour ses positions orthodoxes et interventionnistes, n’annonce rien qui vaille et pourrait demeurer un signe avant-coureur d’un ajustement plus prudent de position et de communication de la banque lors de sa dernière réunion monétaire de l’année, le 13 décembre prochain.

Ce mercredi, la Commission Européenne doit publier ses conclusions sur l’état des finances publiques italiennes et notamment son niveau d’endettement. Ce rapport servira de support à l’ensemble des ministres des finances européens au moment de décider de mise en place de mesures disciplinaires contre l’Italie en guise de sanction contre sa politique de déficits excessifs. Si on espère qu’un dialogue s’installe entre Rome et Bruxelles et que les deux parties travaillent main dans la main à trouver une solution sur cette question afin de ramener un peu de stabilité dans la région, une nouvelle confrontation et guerre des mots entre les deux, comme cela a déjà pu être observé dans le passé, n’est pas non plus à exclure. Si tel est le cas, de nouvelles fortes pressions sur les taux italiens et un élargissement des écarts de rendement entre la dette publique allemande et italienne (spread de taux) pourraient déclencher un mouvement de panique sur les marchés financiers européens dont l’euro pourrait pâtir lourdement (biais négatif). Dans un tel scénario, il n’est pas impossible de voir la paire EUR/USD tenter de casser à nouveau son support de $1,13. C’est un véritable test que passe aujourd’hui le cours de change, car s’il devait sortir indemne de cette zone de turbulence cela pourrait venir faire naître chez les investisseurs un nouvel élan de confiance envers la devise européenne et initier de nouvelles prises d’achat importantes.

Perf 2018 = -4,97% / Moyenne 2018 = $1,1860 / Point haut 20 novembre 2018 = $1,1472 / Point bas 20 novembre 2018 = $1,1356 / Clôture 20 novembre 2018 = $1,1370

GBP

C’est une journée capitale pour Theresa May qui se rendra cette après-midi à Bruxelles pour finaliser l’accord de sortie qui pourrait être signé ce dimanche à l’issue d’un sommet européen exceptionnel mais également définir le cadre de travail qui doit servir de base aux futures négociations économiques censées commencer une fois la sortie du Royaume-Uni hors de l’Union Européenne devenue effective. Alors que l’on a jamais été aussi près d’une fin heureuse dans ce processus de négociation débuté en juin 2017, plusieurs points de contentieux demeurent.  Si un accord a été trouvé la semaine dernière entre Londres et Bruxelles sur la question de la frontière irlandaise ; point qui s’est révélé être un des plus épineux des négociations ; celui-ci est loin de convaincre au Royaume-Uni. Bien que Theresa May semble en passe de sauver sa tête et d’échapper à un vote de défiance adressé par l’aile conservatrice de son parti, celle-ci n’est pas à l’abri de voir le projet de loi de sortie rejeté au parlement notamment en cas de défection du soutien de son partenaire nord-irlandais au Parlement, le DUP, sans lequel la première ministre ne dispose pas de la majorité absolue. Preuve que cette menace doit être prise très au sérieuse, un des porte-paroles du parti a laissé entendre mardi que les députés ne voteraient pas en l’état le plan de sortie négocié par la première ministre. Autre obstacle potentiel, cette fois du côté européen, c’est la possible opposition de l’Espagne à voter le plan de sortie s’il ne lui est pas possible de traiter directement avec le Royaume-Uni du sort de Gibraltar. Les sources d’inquiétudes autour du processus de sortie et ses conséquences restent toujours très importantes et assurent de ce fait un haut niveau de volatilité autour de la livre sterling. Cette situation pourrait se voir prolonger pendant une certaine période de temps a prévenu mardi le gouverneur central britannique Mark Carney, du moins tant que les investisseurs n’auront pas davantage de certitudes sur les conditions du Brexit. Malgré un léger rebond face à l’euro (+0,3%), la livre sterling fait toujours face à des vents contraires qui la maintient autour du seuil de £0,89.

La rencontre en fin d’après-midi (17h30) entre Theresa May et le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker sera l’évènement marquant de cette séance de mercredi. Après avoir défendu avec tant d’ardeur le plan de sortie conclu la semaine dernière avec les européens, il paraît peu probable que la dirigeante britannique procède à un soudain volte-face et prenne le risque de faire annuler le sommet exceptionnel programmé ce dimanche. Néanmoins, alors que le texte encourt de sérieux risque d’être, en l’état, rejeté par le parlement britannique, il n’est pas impossible que May tente d’obtenir quelques concessions pour apaiser la grogne des partisans d’une rupture nette avec l’UE. Un tel scénario pourrait faire dégonfler légèrement la paire EUR/GBP et lui permettre de se réinstaller sous la barrière de £0,89. Le potentiel de correction apparaît néanmoins, dans ce contexte hautement incertain, relativement limité.  

Perf 2018 = +0,28% / Moyenne 2018 = £0,8833 / Point haut 20 novembre 2018 = £0,8922 / Point bas 20 novembre 2018 = £0,8873 / Clôture 20 novembre 2018 = £0,8889

JPY

Le retour d’un sentiment d’aversion au risque sur les marchés matérialisé notamment par les nouvelles défaillances des bourses mondiales et la nouvelle chute des prix du pétrole (Brent à un plus bas depuis 9 mois à moins de $63) a déclenché un afflux de demande pour les valeurs refuges comme le yen. Alors que le cours EUR/JPY tentait en début de semaine de percer la barrière de ¥129, celui-ci a corrigé de plus de 0,5% mardi pour revenir à hauteur de ¥128.  Si pour le moment cette barrière a contenu les pressions baissières qui se sont abattues sur la paire de change, celle-ci pourrait être à nouveau testé ce mercredi en cas de nouvelle escalade de tensions entre Bruxelles et Rome en marge de la publication par la Commission Européenne de son rapport sur les finances publiques italiennes.

Perf 2018 = -4,81% / Moyenne 2018 = ¥ 130,66 / Point haut 20 novembre 2018 = ¥ 129,02 / Point bas 20 novembre 2018 = ¥ 127,98 / Clôture 20 novembre 2018 = ¥ 128,21


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