Actualités du marché des devises

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oct. 29, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 29 octobre 2018 – Sommaire :

  • Dégonflement des tensions en Italie mais nouveaux tumultes politiques en provenance d’Allemagne. Marchés actions asiatiques en perte de vitesse. L’euro reste sur la défensive tandis que le yen reste une valeur recherchée par des marchés averses au risque.
  • L’EUR/USD glisse sous le niveau de $1,14
  • L’EUR/GBP reste à proximité de la barrière de £0,89 (pic de plus de 3 semaines) en amont du dévoilement nouveau budget britannique
  • L’EUR/JPY reste sur la défensive et glisse sous le niveau de ¥127,50
  • Léger rebond de la paire EUR/CHF qui reste à proximité du niveau de ₣1,14
  • Repli de la paire EUR/CAD en direction de C$ 1,49 et de la paire EUR/AUD en direction du seuil de A$ 1,60
  • Léger repli de la paire EUR/BRL sous BRL 4,15 après l’annonce de la victoire du candidat d’extrême-droite Jair Bolsonero au second tour des élections présidentielles
  • Chute de l’EUR/ZAR de plus de -0,5% à ZAR 16,50 tandis que l’EUR/CNH reste stable à ¥7,93

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD : Après un recul de 1,2% sur les quatre premières séances de la semaine, le cours EUR/USD a enregistré un rebond correctif d’un peu plus de 0,2% vendredi pour clôturer la semaine à hauteur de $1,14. La journée n’avait pas spécialement bien commencé puisque la paire avait commencé la journée en net repli, au point d’enregistrer à la mi-journée un nouveau point bas depuis 2 mois à presque $1,1330. Celle-ci a néanmoins progressivement effacé ses pertes en séance américaine, cela même malgré la publication de chiffres de croissance américaine au 3ième trimestre légèrement au-dessus des attentes (+3,5% T/T annualisée Vs consensus de 3,3%). Il faut croire que la nouvelle correction significative des bourses américaines, dont notamment de l’indice technologique Nasdaq (-3,8%), provoquée par des résultats trimestriels d’entreprises américaines moins solides que prévu et la montée des craintes parmi les investisseurs qu’un pic de croissance a peut-être déjà été atteint, a de nouveau eu de vives répercussions sur le dollar et est venue contrebalancer les pressions baissières dont faisaient l’objet l’euro jusqu’à présent. Cette chute des marchés actions américains est assez notable pour être mise en lumière puisqu’à quelques jours de la fin du mois d’octobre, ceux-ci étaient en passe d’enregistrer leur pire performance mensuelle depuis presque 10 ans et la crise des subprimes aux Etats Unis (recul de -8% à -10% selon les indices au soir de vendredi). Au rang des bonnes nouvelles pour l’euro, il est important de noter que dans le marasme actuel autour de la question budgétaire italienne, l’agence de notation Standard & Poor’s a décidé de maintenir la note de crédit sur l’Italie inchangée et de seulement abaisser les perspectives du pays. Un choix positivement accueilli par Rome qui se félicite que les organismes internationaux ne cèdent pas aux sirènes alarmistes des marchés qui vient quelque peu dissiper les nuages au-dessus de l’Europe, du moins temporairement, et nuancer le déclassement de la note du pays par l’agence américaine Moody’s une semaine auparavant.

Alors que l’on aurait pu espérer un rebond de l’EUR/USD ce lundi matin alors que l’Italie a échappé au pire et au déclassement de sa note de crédit par une 2ième agence de notation en deux semaines, il n’en est rien. Un malheur ne venant jamais seul, les inquiétudes budgétaires en provenance d’Italie sont ce matin remplacées par l’observation de nouvelles tensions politiques au sein de la coalition allemande à la sortie d’une élection régionale dans la Hesse qui a vu les deux principaux partis du pays, la CDU et le SPD, enregistrer à nouveau un net repli (plus de 10pts pour les deux) de leur électorat par rapport au précédent scrutin de 2013. Si les deux formations arrivent malgré tout en tête avec 28% (CDU) et 20% (SPD) des voix, leur marge par rapport aux écologistes (19,5%) ou encore à l’extrême-droite qui fait son entrée historique au parlement régional (12%) est bien plus faible que dans le passé. Face à ce constat, les sociaux-démocrates du SPD, membre de la coalition actuelle, menacent aujourd’hui de claquer la porte du gouvernement si la chancelière Angela Merkel ne fournit pas rapidement une feuille de route clarifiant les mesures à prendre sur l’année à venir. Un départ du SPD ferait imploser le mariage à trois actuel formé avec les conservateurs de la CDU et de son partenaire historique bavarois de la CSU et provoquerait automatiquement de nouvelles élections qui offriraient alors l’occasion à l’extrême-droite (AfD), actuellement en seconde position dans les enquêtes d’opinion devant le SPD et derrière la CDU, de grapiller des voix et potentiellement d’empêcher le parti d’Angela Merkel de former à sa guise un nouveau gouvernement. Oscillant ce matin autour de la barrière de $1,14, l’EUR/USD confirme qu’il reste toujours aussi sensible aux tumultes politiques actuellement observés en Europe. La question italienne reste par ailleurs toujours non réglée puisque Rome a désormais jusqu’au 13 novembre pour ajuster son budget sous peine de sanctions de l’Union Européenne. Si de nombreux responsables européens, dont le gouverneur central Mario Draghi en personne la semaine dernière, ont clamé leur optimisme qu’un accord pourrait être trouvé entre les deux partis, pour le moment cela reste de la pure fiction et donc dans une situation dans laquelle les opportunités de redressement de l’euro reste très limitées. Seule nouvelle positive pour l’EUR/USD, qui lui permet pour le moment de ne pas sombrer sous ses plus bas niveaux depuis juillet 2017 ($1,13), ce sont les difficultés pour le moment du dollar face à un retour de la volatilité sur les marchés actions. Celles-ci vont-elles se poursuivre cette semaine alors que l’on attend de nouveaux résultats de grandes entreprises comme Facebook ou Apple ? Ce sera un des enjeux de la semaine. Au rang des publications économiques de la semaine, en Europe on sera vigilant à la publication des premières estimations de croissance au T3 (mardi) et d’inflation au mois d’octobre (mercredi) en Zone Euro, tandis qu’aux Etats Unis le chiffre clé de la semaine sera, comme le premier vendredi de chaque mois, les chiffres de l’emploi du mois d’octobre. Si un repli du dollar combiné à de moins tensions politiques en Europe offriraient l’opportunité à la paire EUR/USD de tenter un retour dans son ancien couloir de fluctuation de $1,15-$1,18, il n’est absolument pas improbable qu’un alignement des planètes à nouveau défavorables à l’euro et l’amoncèlement d’incertitudes en Allemagne et Italie provoquent un nouveau net repli de la paire de change en direction du seuil de $1,13.

Perf 2018 = -5,13% / Moyenne 2018 = $1,1899 / Point haut 26 octobre 2018 = $1,1420 / Point bas 26 octobre 2018 = $1,1332 / Clôture 26 octobre 2018 = $1,1401

GBP

EUR/GBP :  Le séances se suivent et se ressemblent pour la paire EUR/GBP qui a de nouveau profité d’un renforcement des doutes des investisseurs sur la capacité des camps britanniques et européens à parvenir à un accord de sortie au regard de leurs divergences persistantes et de leur inflexibilité indéfectible. La question de la frontière irlandaise reste toujours non réglée malgré les multiples rumeurs relayées dans les médias d’un possible ajustement de position de la part de Theresa May sur la question et la requête présumée de cette dernière d’alignée l’ensemble du Royaume-Uni au régime douanier européen. Pour le moment les deux parties restent campées sur leur position alors que le temps continue de s’égrainer et nous rapproche à grand pas de la date de sortie fatidique du 29 mars 2019. Le cours EUR/GBP s’est approché vendredi de la barrière de £0,89 sans toutefois parvenir à l’atteindre. Cela n’a pas empêché la paire de change de terminer la semaine à un nouveau pic de plus de trois semaines (clôture à £0,8888) ! Bien qu’en net recul, le potentiel baissier de la livre sterling reste pour le moment mesuré et l’on reste encore éloigné des points bas observés au mois d’août dernier à presque £0,91. La dissipation des incertitudes politiques autour d’un éventuel départ forcé de Theresa May en cas de vote de défiance contre sa personne, observée la semaine dernière à la sortie d’une réunion entre la première ministre britannique et une frange de députés conservateurs mécontents de sa manière de gérer les négociations de sortie, a malgré tout rassuré les investisseurs et contient pour le moment un mouvement de ventes massives de livres sterling.

Si les regards seront tournés ce lundi sur la présentation du nouveau programme budgétaire britannique, cela ne devrait probablement pas, à première vue, provoquer d’importants remous sur les marchés des changes. Le ministre britannique des finances, Philip Hammond, a déjà prévenu qu’il s’agirait ici d’une première ébauche sujet à d’importantes modifications selon le résultat des négociations de sortie et de l’existence ou non d’un accord de sortie. Outre la publication en fin de semaine des premières enquêtes d’activité PMI du mois d’octobre, l’évènement marquant de la semaine sera la nouvelle réunion monétaire de la Banque d’Angleterre ce jeudi et la publication de ses nouvelles projections économiques. Selon toute vraisemblance, celle-ci devrait conserver un statu quo de sa politique et rester encore très prudente quant à sa feuille de route monétaire lors des prochains mois compte tenu des incertitudes politiques qui persistent. Difficile cependant à dessiner la trajectoire de la livre tant celle-ci reste connectée à l’actualité politique.

Perf 2018 = -0,02% / Moyenne 2018 = £0,8836 / Point haut 26 octobre 2018 = £0,8896 / Point bas 26 octobre 2018 = £0,8859 / Clôture 26 octobre 2018 = £0,8888

JPY

EUR/JPY  :   Si la paire EUR/JPY a accusé un nouveau repli vendredi (-0,23%), le 6ième en 8 séances, elle a néanmoins réussi à limiter les dégâts puisque celle-ci a compté jusqu’à 1% de pertes lors de la séance de vendredi et enregistré à cette occasion un nouveau point bas depuis deux mois à moins de ¥127. Il n’y a pas eu de véritables facteurs venant expliquer ce retracement sinon de possibles prises de bénéfices de fin de semaine après un rebond de plus de 2% du yen face à l’euro sur la semaine. La décision de l’agence Standard & Poor’s de ne pas déclasser la note de crédit de l’Italie est plutôt une bonne nouvelle pour l’euro et tend à venir freiner la dynamique de repli de la paire EUR/JPY… mais pas encore d’amorcer un redressement ! Les tensions politiques émanant d’Allemagne ce lundi après l’important repli des partis traditionnelles lors d’élection régionale dans la Hesse ou encore le repli de plus de 2% des marchés actions chinois ce matin maintiennent un certain haut degré d’aversion des investisseurs au risque. La dynamique baissière de la paire EUR/JPY, qui enregistre un repli de 4% en un peu plus d’un mois, pourrait se prolonger, voire s’intensifier, si d’aventure la Banque du Japon annonçait un relâchement de sa politique de contrôle de la courbe de taux lors de la réunion monétaire qui clôturera mercredi matin. Face à la remontée globale des taux d’intérêt dans le monde et à l’assèchement de la liquidité sur les marchés obligataires japonais, la banque centrale pourrait commencer à amorcer un début, même très léger, d’ajustement de sa politique très accommodante… un signal qui pourrait être interprété par les investisseurs comme un virage monétaire venant justifier une hausse des positions en yen dans les portefeuilles d’investissement. Le comportement des bourses mondiales, et notamment des marchés actions américains, après d’importantes pertes enregistrées la semaine dernière sur fond de montée d’inquiétudes des investisseurs autour de la croissance mondiale, fera office de fil rouge tout au long de la semaine. Si la paire EUR/JPY échoue à revenir s’installer au-dessus de ¥128, alors elle pourrait rapidement glisser vers la ses plus bas de l’année en direction de son support de ¥125.

Perf 2018 = -5,76% / Moyenne 2018 = ¥ 13 0,80 / Point haut 26 octobre 2018 = ¥ 127,89  / Point bas 26 octobre 2018 = ¥ 126,61 / Clôture 26 octobre 2018 = ¥ 127,57

CAD

EUR/C AD :   Après son fort repli intervenu mercredi après l’annonce de la Banque du Canada d’opérer un troisième resserrement monétaire cette année et l’atteinte du support de C$ 1,48, le cours EUR/CAD a enregistré vendredi dernier un rebond correctif de +0,5% pour terminer la semaine à proximité du niveau de C$ 1,4950. Le retour de la forte volatilité sur l’ensemble des marchés actions mondiaux, notamment américains, est vu de mauvaise augure par les investisseurs qui voient là un nouvel obstacle majeur – en plus des tensions commerciales internationales – à la progression de la croissance mondiale. Un ralentissement de la croissance mondiale aurait très certainement de fortes répercussions sur la demande globale en pétrole, et donc sur les prix du baril de brut. Si l’indice Brent a légèrement progressé en fin de semaine après une correction de 12% en 3 semaines, le potentiel baissier reste néanmoins encore important. Les soubresauts du pétrole tendent à contenir les pressions baissières sur l’EUR/CAD et l’empêcher de glisser sous le niveau de C$ 1,48… Du moins pour le moment. En effet, le dollar canadien pourrait cependant un nouveau coup de chaud cette semaine face à l’euro et venir tester son plafond si les indicateurs publiés cette semaine au Canada (PIB mensuel mercredi et rapport sur l’emploi vendredi) viennent confirmer la bonne santé de l’économie du pays et soutenir un scénario de poursuite d’une politique de resserrement monétaire de la part des banquiers centraux dans les prochains mois. Ce matin, la paire de change accusait un léger repli et retombait à hauteur du seuil de C$ 1,49.

Perf 2018 = -1,28% / Moyenne 2018 = C$ 1,5328/ Point haut 26 octobre 2018 = C$ 1,4955  / Point bas 26 octobre 2018 = C$ 1,4861 / Clôture 26 octobre 2018 = C$ 1,4941


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