Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

oct. 24, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 24 octobre 2018 – Sommaire :

  • Au lendemain de l’annonce inédite du rejet du budget italien, l’euro reste sur la défensive. Au Royaume-Uni, Theresa May tentera de convaincra les frondeurs de se rallier à elle tandis qu’au Canada une 3ième hausse de taux cette année est très grandement attendue. Les soubresauts actuels des marchés actions internationaux (notamment américains) contribuent à alimenter un certain comportement d’aversion au risque sur les marchés des changes.
  • Repli de l’EUR/USD sous $1,1430, ou son plus bas niveau depuis 2 mois et la crise de la livre turque.
  • Gains limités sur la livre sterling au regard des incertitudes qui entourent les négociations de sortie et l’avenir de Theresa May. Léger repli de la paire EUR/GBP qui reste néanmoins dans un couloir étroit de £0,8800-£0,8850 (résistance).
  • L’EUR/JPY retombe sous la barrière de ¥129 / l’EUR/CHF sous la barrière de ₣1,14. Valeurs refuges toujours grandement recherchées par les investisseurs ce mercredi.
  • Repli significatif de la paire EUR/CAD sous le seuil de C$ 1,50 en amont de la décision de la Banque du Canada (16h00).
  • Fort recul de la paire EUR/AUD qui approche de ses plus bas niveaux sur les 3 dernières semaines. Seuil support de A$ 1,61 en approche.
  • Léger rebond de la paire EUR/SEK à SEK 10,36 après le nouveau statu quo opéré ce matin par la banque centrale suédoise.
  • Euro également en difficulté face aux valeurs refuges : L’EUR/ZAR oscille sur ses plus bas niveaux depuis 2 mois à moins de ZAR 16,30 / L’EUR/CNH se dirige vers un support de 2 mois situé à ¥7,92.

USD

Comme beaucoup d’observateurs le redoutaient, la Commission européenne mardi a rejeté la proposition de budget italien, cette dernière ne se montrant pas réellement convaincue par les arguments données par Rome lundi pour justifier une importante hausse de ses dépenses publiques et donc déficit à partir de l’année prochaine (2,4% du PIB en 2019 vs 0,8% initialement projeté par le précédent gouvernement italien). La troisième économie de la Zone Euro a désormais trois semaines pour revoir sa copie et revenir dans les clous budgétaires fixés par Bruxelles, sinon elle s’expose à des sanctions pouvant monter jusqu’à 0,2% de son PIB. Si le cours EUR/USD a de nouveau cédé du terrain en début de séance mardi et observé un bref recul sous le seuil de $1,1450, celui-ci a repris un peu de vigueur après l’officialisation de cette décision inédite en Europe et retracé en direction de $1,15. Malgré l’inflexibilité démontrée jusqu’à présent par les membres de la coalition gouvernementale italienne, et notamment ceux issus de la formation d’extrême-droite de la Ligue du Nord,du côté des marchés on veut croire qu’un ajustement budgétaire et compromis trouvé avec les instances européennes restent possibles. On en veut pour preuve de cet optimisme les réactions modérés observées sur les marchés obligataires italiens où les rendements d’emprunt public à 10 ans – véritable jauge de confiance des investisseurs à l’égard du pays – n’ont pas progressé autant qu’on aurait pu le penser (+10 pbs à 3,57% mardi). Au final, le cours de change finira la séance dans le vert à un niveau quasiment similaire de son cours de clôture de la veille, tout proche de $1,1470. Encore une fois, l’EUR/USD a profité en fin de journée d’une faiblesse du dollar résultant de nouvelles pertes engrangées par les marchés actions américains (5ième séance consécutive de recul pour l’indice général S&P 500) pour réfréner sa dynamique baissière.

Les soubresauts politiques en Europe émanant d’Italie et du Royaume-Uni, où les négociations sur le Brexit n’offrent guère plus de satisfaction, rejaillissent sur la valorisation de l’euro qui reste clairement ce matin toujours sur une trajectoire déclinante face au dollar. Après la décision de la veille, on peut véritablement craindre un possible déclassement ce vendredi par l’agence de notation Standard & Poor’s de la note de crédit de la dette souveraine italienne dans la catégorie d’investissement spéculatif, soit deux rangs en-dessous de sa note actuelle. Un tel risque est bien réel sachant que son homologue américaine, Moody’s, a déjà vendredi dernier abaissé la note de l’Italie à la limite de la catégorie « spéculative » avant même d’avoir en main la décision de la Commission européenne. La quête de redressement de la devise européenne apparaît pour le moment bien difficile, d’autant plus que les indices PMI publiés ce matin devraient confirmer un ralentissement en cours de la dynamique économique en Europe et que la réunion de la BCE prévue demain devrait être dans la même lignée que les précédentes, à savoir relativement pauvre en détails concernant le timing d’une 1ière hausse de taux en Europe. On restera néanmoins vigilant et prêt à accueillir une éventuelle (bonne) surprise. Du côté américain, le dollar reste sensible à la volatilité des marchés actions qui se veut un peu plus forte que d’habitude en cette période de publication des résultats trimestriels des entreprises américaines. À suivre également ce soir, la publication du livre Beige de la Fed, ou rapport publié toutes les 8 semaines par la banque centrale américaine où est décrite la dynamique économique dans différentes régions des Etats Unis.

Perf 2018 = -4,70% / Moyenne 2018 = $1,1906 / Point haut 23 octobre 2018 = $1,1493/ Point bas 23 octobre 2018 = $1,1436 / Clôture 23 octobre 2018 = $1,1470

GBP

La paire EUR/GBP a tenté mardi de corriger et amorcer un retour sous la barrière de £0,88 après plusieurs occasions ratées de briser le seuil de résistance de £0,8850, mais cela s’est également soldé par un échec. Les inquiétudes croissantes des marchés autour des divergences persistantes entre Londres et Bruxelles concernant la question de la frontière irlandaise ; lesquelles représentent un frein à l’établissement d’un accord de sortie entre les deux camps; ou encore à l’égard d’une possible tentative de fronde à l’encontre de la première ministre britannique Theresa May par la frange conservatrice de son parti ; laquelle pourrait mener à un départ précipité de la chef du gouvernement ; pèsent actuellement sur la devise britannique et limitent ses gains. Le cours EUR/GBP se maintient donc toujours à proximité de la barrière de £0,8850, prêt à accélérer de nouveau si le contexte politique était amené à se dégrader davantage au Royaume-Uni. Cela pourrait être le cas ce mercredi à l’occasion de la réunion privée programmée au parlement entre May et un groupe de députés conservateurs « rebelles », grandement personnalités plutôt favorables à un « Brexit dur » et relativement mécontents de la stratégie de sortie déployée jusqu’ici par la première ministre. Plusieurs médias britanniques révélaient qu’un vote de confiance contre May pourrait être déclenché aujourd’hui sans toutefois affirmer avec certitude si le nombre suffisant de signatures pour déclencher ce processus avait été atteint (48 signatures de députés conservateurs nécessaires / le Sunday Times révélait ce weekend que 46 députés conservateurs s’étaient positionnés favorables à un tel scrutin). Si cette dernière parvenait à calmer la colère des membres de son parti et obtenir un semblant de cohésion derrière son projet de sortie, elle sortirait alors renforcée de cette période trouble et le spectre d’une nouvelle élection anticipée sous haute tension s’évaporerait aussitôt (risque de prime abord baissier pour la livre). Un tel scénario offrirait l’occasion à la livre sterling de souffler un peu et d’effacer une partie de ses récentes pertes pour potentiellement tenter de revenir sous le seuil de £0,88 face à l’euro.

Perf 2018 = -0,64% / Moyenne 2018 = £0,8835 / Point haut 23 octobre 2018 = £0,8850 / Point bas 23 octobre 2018 = £0,8796 / Clôture 23 octobre 2018 = £0,8836

JPY

La recrudescence des incertitudes politiques en Italie, les tensions géopolitiques autour de la tentative d’isolement de l’Arabie Saoudite et les conséquences que cela implique sur les marchés pétroliers (chute de -4% des prix du pétrole mardi) ou encore la mauvaise passe actuelle des marchés actions internationaux (notamment américains et chinois) sont autant de facteurs qui pèsent sur la confiance globale des acteurs de marché et réduisent par corollaire leur appétence au risque. Dans un tel contexte, le yen japonais reste très largement recherché par des acteurs de marché à la recherche d’actifs stables ou « refuges ». Le cours EUR/JPY a donc enregistré mardi une seconde séance consécutive de repli pour s’installer dans la borne inférieure du couloir de fluctuation de ¥128-¥130. Les dommages auraient néanmoins pu être plus importants que cela puisque la paire de change a approché tout près de son support de ¥128 (point bas recensé à ¥128,20), lequel n’a plus été franchi depuis le 10 septembre dernier ; avant de retracer et clôturer la séance aux portes du seuil de ¥129.

Perf 2018 = -4,82% / Moyenne 2018 = ¥130,85 / Point haut 23 octobre 2018 = ¥129,38  / Point bas 23 octobre 2018 = ¥128,20 / Clôture 23 octobre 2018 = ¥128,96

CAD

Ce mercredi, une très large majorité d’observateurs anticipe l’annonce en fin d’après-midi d’une 3ième hausse de taux d’intérêt cette année au Canada (cons. : 1,75% Vs 1,50%). La dissipation de la menace de rupture de l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA) après l’entente trouvée avec les Etats Unis en début de mois ainsi que la bonne dynamique de l’économie canadienne depuis le début de l’année offrent une parfaite occasion aux responsables monétaires pour procéder à un nouveau resserrement monétaire après celui opéré en juillet dernier. S’inscrivant dans une logique d’éviter une surchauffe de l’économie canadienne, la pertinence de cette décision peut être questionnée et la possibilité d’un statu quo surprise ne doit absolument pas être négligée au regard de la forte décélération récente de l’inflation au Canada (de 3,0% A/A en juillet à 2,2% en septembre) et de la fébrilité des places boursières mondiales (notamment aux Etats Unis) ces dernières semaines. L’absence de réaction de la paire EUR/CAD mardi malgré un repli des prix du pétrole de plus de 4% (Brent à $76) et le repli de la paire ce matin sous le seuil de C$ 1,50 illustrent l’orientation actuelle du marché, c’est-à-dire clairement « acheteur de CAD ». Au regard des attentes et de la trajectoire baissière des prix du pétrole, les gains potentiels pour la devise canadienne apparaissent limités (support de C$ 1,49 possiblement testé). Ceux-ci seront surtout corrélés aux orientations données par la banque et impressions laissées par les nouvelles projections trimestrielles publiées par la banque en marge de cette réunion.  À l’inverse une forte correction et un retraçage de la paire EUR/CAD vers le niveau de C$ 1,51 pourrait être observée si la banque centrale canadienne prend les marchés de court et décide de maintenir ses taux inchangés. La volatilité de la devise canadienne pourrait s’opérer en deux temps, d’abord lors de la publication du communiqué officiel de la Banque du Canada à 16h00 puis au moment de la conférence de presse du gouverneur central Stephen Poloz qui débutera à 17h15.

Perf 2018 = -0,96% / Moyenne 2018 = C$ 1,5334 / Point haut 23 octobre 2018 = C$ 1,5051  / Point bas 23 octobre 2018 = C$ 1,4987 / Clôture 23 octobre 2018 = C$ 1,5007


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