Actualités du marché des devises

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oct. 22, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 22 octobre 2018 – Sommaire :

  • Le fort rebond des marchés actions chinois et l’important repli des taux souverains italiens viennent atténuer le sentiment de défiance des derniers jours et offrent un tremplin à un rebond de l’euro ce matin.
  • Nouveau solide rebond de l’EUR/USD à hauteur de $1,1550. Les inquiétudes autour de la question budgétaire en Italie restent toujours un risque baissier important pour la devise européenne. Rome doit présenter les détails de son budget à la Commission européenne.
  • La paire EUR/GBP rebondit et oscille sur ses plus hauts niveaux depuis deux semaines à presque £0,8830.
  • Le cours EUR/JPY remonte à ¥130 et la paire EUR/CHF tente de faire un retour au-dessus de ₣1,15, plus de deux mois après avoir chuté sous ce seuil.
  • Le cours EUR/CAD remonte sur ses pics du mois d’octobre à plus de C$1,51.
  • Après une correction de -1,5%, le cours EUR/AUD enregistre ce matin sa 2ième séance consécutive de hausse et remonte au-dessus de A$1,62.
  • Paire EUR/CNH de retour au-dessus de la barrière de ¥8,0.

Calendrier économique, politique & monétaire de la séance :       

  • Détails budgétaires présentés par le gouvernement italien auprès de la Commission européenne & Discours de Theresa May au parlement britannique

USD

Porté à la fois par les commentaires du commissaire européenne aux affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, clamant une volonté de Bruxelles d’avoir un dialogue constructif avec Rome sur son programme budgétaire et d’adoucir les tensions récemment observés sur les marchés financiers italiens, mais également par les rumeurs de possibles concessions de la part de la première ministre britannique destinées à débloquer le contentieux actuel autour de la frontière irlandaise, le cours EUR/USD a retracé à hauteur de son support de $1,15(+0,53% à $1,1513) et ainsi effacé les pertes qui l’avaient envoyé sur ses plus bas niveaux depuis 2 mois (point bas recensé vendredi à $1,1431). L’annonce vendredi soir, après la fermeture des marchés européens, du choix de l’agence Moody’s de déclasser la note de crédit de l’Italie d’un grade, de Baa2 à Baa3, juste un rang au-dessus de la classe des investissements spéculatifs n’a pas détourné l’EUR/USD de sa dynamique de redressement, et ne semble pas avoir non plus grand impact lors de la séance asiatique de ce matin. Il faut croire qu’aux regards des mouvements observés ces derniers jours sur les rendements d’emprunts d’Etat italien – pic depuis janvier 2014 atteint en fin de semaine dernière par le taux souverain 10 ans à plus de 3,7% - cette décision était déjà plus ou moins grandement attendue et que pour le moment il n’y a pas réellement, aux yeux des investisseurs, « péril en la demeure » tant que la dette italienne n’est pas considérée comme « toxique ». Il faudra cependant rester attentif aux éventuelles réactions que pourraient provoquer une dégradation de la note de crédit du pays par une agence de notation, en l’occurrence Standard & Poor’s qui publiera les conclusions de son enquête à la fin de cette semaine (vendredi soir).

Néanmoins, les récents mouvements observés sur la paire de change doit bien nous faire prendre conscience que la question italienne et ses éventuelles répercussions économiques et financières sur le reste de l’Europe est prise très au sérieux par les investisseurs européens, et que l’euro semble destiné à jouer encore quelque temps le rôle de jauge de confiance des acteurs de marché vis-à-vis de l’Europe. Le cours EUR/USD rebondit ce matin sous l’effet d’un fort repli des taux italiens et tente à cette occasion de s’écarter du seuil de $1,15 auquel il reste collé depuis le début du mois. Cependant ce sursaut reste au combien fragile. En effet la paire de change n’est absolument pas à l’abri ce lundi d’une nouvelle correction si de nouveaux différends entre Bruxelles et Rome apparaissent au grand jour alors qu’on attend ce lundi les explications détaillés de l’exécutif italien sur son programme budgétaire et son objectif de déficit de 2,4% du PIB en 2019 qualifié par un grand nombre de responsables européens de « violation » des règles fixées par l’Union Européenne. Si Bruxelles a le pouvoir de rejeter ce plan et de sanctionner à terme l’Italie d’une pénalité pouvant monter jusqu’à 0,2% de son PIB, l’historique récent et notamment la relative laxité budgétaire accordée récemment à des pays comme l’Espagne ou encore même la France (plafond de 3% du PIB de déficit structurel annuel dépassé) laisse espérer un terrain d’entente possible, et un prochain apaisement de la nervosité ambiante qui englobe actuellement l’Europe et ses marchés financiers. Si l’Italie reste au centre de l’actualité, c’est néanmoins une semaine riche qui attend l’EUR/USD avec notamment la publication mercredi des premiers indices PMI européens d’octobre, l’organisation jeudi de l’avant dernière réunion monétaire de l’année pour la BCE et le dévoilement vendredi des premières estimations de croissance au 3ième trimestre aux Etats Unis.

Perf 2018 = -3,78% / Moyenne 2018 = $1,1911 / Point haut 19 octobre 2018 = $1,1534/ Point bas 19 octobre 2018 = $1,1431 / Clôture 19 octobre 2018 = $1,1513

GBP

Une fois n’est pas coutume, le cours EUR/GBP a fait encore le « yo-yo » vendredi, rebondissant dans un premier temps au-dessus du niveau de £0,88 et touchant à cette occasion un pic de 2 semaines à plus de £0,8832 avant soudainement de corriger légèrement en fin de journée (+0,10% vendredi à £0,8806 en cours de clôture) à l’occasion de la publication vendredi soir par l’agence Bloomberg d’un rapport laissant entendre que Theresa May serait prête à abandonner une de ses exigences majeures concernant le dossier irlandais afin de pouvoir débloquer les négociations de sortie et pouvoir présenter rapidement une proposition d’accord au parlement britannique. Selon ce document, plusieurs personnes proches du dossier révèlent que la première ministre britannique reviendrait sur son refus inflexible d’inscrire un « filet de sécurité » illimité dans le temps qui lierait l’Irlande du Nord au marché unique et à l’espace douanier européen en cas d’échec d’accord final entre Bruxelles et Londres – ce qui éviterait alors le retour de frontières physiques entre la République d’Irlande (UE) et l’Irlande du Nord (R-U) et ainsi la réouverture de cicatrices d’un passé pour le moins très tumultueux entre les deux pays - et réclamerait en retour un alignement intégral du Royaume-Uni sur les règles européennes. Avant même de savoir si cette option est recevable du côté européen, elle fait déjà grand bruis outre-Manche parmi les partisans du Brexit qui perçoive dans ce choix le maintien d’une liaison dangereuse avec l’Union Européenne qui pourrait se révéler être un frein important pour le pays dans le futur au moment de négocier ses propres accords bilatéraux de libre-échange avec ses partenaires.

Après avoir affronté les responsables européens à Bruxelles ces derniers jours, Theresa May restera du côté de Londres cette semaine et notamment sera très présente au parlement où elle doit présenter aux députés l’état des lieux des négociations de sortie actuelles ainsi que le bilan de la posture actuelle du Royaume-Uni à un peu plus de 5 mois de sa sortie effective de l’Union Européenne. Selon les premiers échos publiés dimanche dans la presse britannique, la chef du gouvernement est censée ce lundi rassurer les députés en leur déclarant qu’un accord avec l’Europe est désormais à « 95% conclu » et que seul la question irlandaise reste pour le moment un point de divergence. Il sera important pour les marchés de voir comment ces annonces sont accueillis au parlement et l’ampleur du soutien reçu par May et son plan de sortie. Il est clair que le retour de rumeurs de frondes et de vote de défiance à son encontre ne seraient pas des plus rassurants, et par conséquent venir pénaliser légèrement la livre sterling. Très peu de données économiques majeures cette semaine au Royaume-Uni aussi le volet politique demeurera un catalyseur important pour la livre sterling, ce qui promet une volatilité potentiellement encore non-linéaire et diffuse autour de la devise britannique. Pour le moment, celle-ci n’a pas connu une forte correction (moins de 1% face à l’euro) au regard de l’optimisme qui reste résolument important autour de la tournure finale des négociations de sortie. La donne pourrait quelque peu changer si aucune solution autour du dossier irlandais ne voit poindre le bout de son nez et/ou une clameur des députés britanniques contre le plan de May se fait entendre.

Perf 2018 = -0,65% / Moyenne 2018 = £0,8835 / Point haut 19 octobre 2018 = £0,8832 / Point bas 19 octobre 2018 = £0,8773 / Clôture 19 octobre 2018 = £0,8806

JPY

Après une chute à un plus bas depuis 5 semaines au plus fort des tensions en Europe autour de la question budgétaire italienne, le cours EUR/JPY a fortement corrigé vendredi (+0,83% à ¥129,56) sous l’impulsion d’une atténuation générale (mais temporaire) des craintes des acteurs de marché européen autour des conséquences et possible contagion sur le reste de l’Europe que pourraient causer un mouvement de panique sur les marchés financiers italiens. Le yen ne semble pas avoir été réellement sensible aux nouveaux signes vendredi de décélération de l’économie chinoise, les acteurs de marché ayant été plus ou moins rassurés par la réactivité des autorités à prendre des contre-mesures pour stimuler la liquidité des établissements bancaires et soutenir un marché action en pleine « déconfiture » (point bas depuis novembre 2014 atteint vendredi par la bourse de Shanghai avant que celle-ci ne rebondisse). Le rebond de la paire EUR/JPY se poursuit ce matin, toujours grâce au regain de confiance des acteurs de marché européens qui voient d’un bon œil le fort repli des taux souverains italiens, et le celle-ci remonte au-dessus du seuil de ¥130. Comme pour l’EUR/USD, ce regain de forme reste très fragile et peut à tout moment s’inverser si de nouvelles frictions étaient observées entre Bruxelles et Rome. Alors que la voie de l’apaisement et du dialogue semble privilégier du côté des instances européennes, l’inflexibilité pour le moment du gouvernement italien à réduire son programme de dépenses pour l’année prochaine pourrait être à l’origine de vives tensions. Comme les précédents semaines, la paire EUR/JPY pourrait compter un temps sur la présence du seuil technique représenté par sa moyenne mobile 100 jours (¥129,50) pour limiter la casse. Outre l’Italie, il faudra surveiller de prêt les éventuelles tensions géopolitiques autour de l’Arabie Saoudite et ses éventuelles répercussions sur les marchés du pétrole (risque de sanctions internationales suite à l’affaire du journaliste saoudien mort en Turquie) mais également les débats continus aux Etats Unis et accusations contre Pékin et une éventuelle manipulation de sa monnaie. Ces thèmes sont sources de tension sur les marchés des changes et donc représentent un levier haussier potentiel pour la valeur refuge qu’est le yen.

Perf 2018 = -3,74% / Moyenne 2018 = ¥130,88 / Point haut 19 octobre 2018 = ¥129,69  / Point bas 19 octobre 2018 = ¥128,44 / Clôture 19 octobre 2018 = ¥129,56

CAD

C’est à une forte correction du dollar canadien auquel on a assisté vendredi (-0,7% à C$ 1,5081) après la publication de chiffres d’inflation et de ventes au détail très décevants au Canada. Si les marchés misaient sur une légère décélération de la croissance des prix à la consommation en septembre (cons. 2,7% A/A vs 2,8% en août), quelle ne fut pas leur surprise à la lecture d’une dynamique annuelle de « seulement » 2,2%. Quant aux ventes au détail, celles-ci ont en fait connu une très légère contraction de -0,1% M/M en août (Vs cons. +0,3%). Ces mauvais indicateurs économiques sont plutôt mal venus à l’approche de la réunion monétaire de la banque centrale canadienne qui aura lieu mercredi 24 octobre. Une très large majorité des acteurs de marché voit la banque procéder à une 3ième hausse de taux cette année – probabilité estimée à 96% sur les marchés monétaires – depuis que le spectre de la menace de suppression de l’ALENA s’est envolé en début du mois d’octobre. Si l’optimisme reste au rendez-vous, ces petites « défaillances » de l’économie ou encore les fortes pressions actuelles observées sur les prix du pétrole (-7,5% sur l’indice Brent en un peu plus de deux semaines) pourraient peser dans la balance au moment de prendre la décision finale. Ce matin, le rebond de l’euro sur fond d’atténuation temporaire des inquiétudes vis-à-vis de l’Italie vient accentuer le redressement de la paire EUR/CAD et la renvoie sur ses pics du mois à plus de C$ 1,51.

Perf 2018 = -0,01% / Moyenne 2018 = C$ 1,5338 / Point haut 19 octobre 2018 = C$ 1,5130  / Point bas 19 octobre 2018 = C$ 1,4922 / Clôture 19 octobre 2018 = C$ 1,5081


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