Actualités du marché des devises

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oct. 11, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

  Séance du 11 octobre 2018 – Sommaire :

  • Le mouvement de panique observé sur les marchés actions américains mercredi (pire séance en 7 mois) a eu d’importantes répercussions sur les marchés des changes.
  • Le repli hier des marchés actions américains (-3% S&P 500 & -4% pour le Nasdaq) pénalise lourdement le dollar. Le cours EUR/USD se réinstalle au-dessus de $1,15.
  • Rebond correctif de la paire EUR/GBP après 6 séances consécutives de repli. Prises de bénéfices à l’approche du seuil support de £0,87.
  • La présence de la moyenne mobile 100j située à ¥129,40 freine un nouveau repli de la paire EUR/JPY. Rebond correctif ce matin mais EUR/JPY toujours sous ¥130.
  • Le cours EUR/CAD a bondi de plus de 1% la veille et se maintient ce matin au niveau de C$ 1,5050 alors que les cours du pétrole continuent de reculer (-1% pour le Brent à $82)
  • Légère correction de la paire EUR/AUD qui a de nouveau testé la veille un plafond « vieux » de 2009 situé à A$ 1,6350.
  • Le cours EUR/CNH remonte ce matin au-dessus du seuil de ¥8,0 (pic de presque 2 semaines)

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

 

USD

EUR/USD : Alors qu’il a beaucoup été question d’ « Italie » en ce début de semaine, mercredi ce sont les tensions continues entre Etats Unis et Chine et la lourde chute des marchés actions américains qui ont été au centre de l’attention des investisseurs et les principaux vecteurs de volatilité de la paire EUR/USD. Le dollar a fortement souffert de la lourde chute hier des marchés actions américains, lesquels ont connu hier leur pire journée depuis plus de 7 mois avec des pertes de plus de 3% pour l’indice principal S&P 500 et de plus de 4% pour l’indice des valeurs technologiques Nasdaq. Les attaques répétées ces derniers jours de nombreux responsables américains contre la Chine qu’ils accusent d’ingérence et considèrent comme « la pire menace pour le contre-espionnage américain à long terme » (propos tenus mercredi par la secrétaire intérieure à la sécurité intérieure) ou encore les frictions observées entre les deux pays en marche de la visite lundi du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo à Pékin ravivent sérieusement les craintes d’une rupture irréversible et possible confrontation au niveau commercial entre les deux principales économies mondiales. Outre le volet commercial, les investisseurs s’inquiètent également qu’une trop forte remontée des taux d’intérêt aux Etats Unis puisse venir freiner l’investissement et la consommation des ménages (crédit plus onéreux). La conjugaison de ces deux hauts facteurs de risque pour l’économie américaine ont véritablement créé mercredi un mouvement de panique sur les marchés américains dont le dollar fut l’une des principales victimes collatérales. Alors que l’EUR/USD avait touché mardi un point bas depuis 7 semaines à $1,1430, celui-ci a profité du repli de la devise américaine pour se réinstaller au-dessus de son support de $1,15 et touché à cette occasion un pic cette semaine à presque $1,1550.

Les bourses asiatiques ont lourdement chuté ce matin en écho à la lourde chute des marchés actions américains de la veille. Preuve s’il en est que l’inquiétude autour des marchés actions, et plus globalement de l’économie mondiale, est bel et bien de retour, ce matin l’indice de volatilité principal (VIX), indicateur retranscrivant l’appétit au risque des marchés, grimpe à un pic de 6 mois. Cela n’a pas de conséquences directes pour le moment pour l’EUR/USD qui profite pleinement des défaillances de la devise américaine pour tenter de reprendre le chemin en direction de $1,16. Le potentiel haussier de la paire de change dans les conditions actuelles d’aversion au risque et de retour soudain et significatif de la volatilité sur les marchés actions apparaît très limité. Le statut de « valeur de réserve » du dollar associé aux nombreuses incertitudes, économiques et politiques, qui pèsent actuellement sur la Zone Euro offre selon toute vraisemblance assez peu d’opportunités de rebond à l’EUR/USD. Un retour au-dessus du niveau de $1,16 ; seuil qui n’a plus été touché depuis 9 séances (performance en cours) ; n’est cependant pas inconcevable alors que l’on pourrait observer à nouveau ce jeudi d’importants remous sur les marchés, notamment à l’occasion de la publication des statistiques d’inflation aux Etats Unis. Une nouvelle dégringolade des actions américaines en cas d’accélération plus soutenue que prévu de l’inflation américaine viendrait très probablement endommager le dollar.

GBP

EUR/GBP :   Portée par les propos optimistes de Michel Barnier, négociateur en chef européen, réaffirmant la thèse reprise par un grand nombre de médias mardi qu’un accord sur les termes du Brexit pourrait être trouvé d’ici le 17 octobre, mais également par des indicateurs de PIB semblant confirmer un solide rebond de l’économie britannique sur le 3ième trimestre (croissance nulle au mois d’août mais rebond légèrement plus important que prévu sur la période juin-août), la livre sterling a enregistré mercredi sa 6ième séance consécutive de gains face à l’euro et atteint un nouveau pic depuis le 15 juin dernier à £0,8720. Au total, la devise britannique s’est raffermie de presque 2% depuis mercredi dernier et de quasiment 3% depuis son précédent point bas touché fin septembre. Le cours EUR/GBP se rapproche encore un peu plus de la barrière de £0,87 qui n’a plus été franchi depuis le mois de mai dernier et qui fait office de seuil support depuis le mois de juin 2017. La proximité de ce niveau clé pourrait néanmoins freiner de nouvelles prises d’achat, d’autant plus si elle ne s’accompagne pas de nouvelles justifiant cette action, et donc il ne serait pas surprenant d’observer quelques prises de bénéfices sur la livre sterling d’ici lundi prochain, date supposée à laquelle les deux camps pourraient officialiser un premier accord de principe sur les termes de la future sortie du Royaume-Uni hors de l’UE. Si l’obtention d’un accord n’est qu’une première étape et que la ratification de celui-ci est une seconde qui s’annonce très périlleuse du côté de Londres alors qu’une fronde semble s’organiser au sein du parti conservateur pour s’opposer au plan de sortie de sa leader Theresa May, les marchés semblent uniquement focalisés pour le moment sur l’officialisation ou non d’un accord. Ce matin, le cours de change accusait un léger rebond et revenait à hauteur de £0,8750.

 

JPY

EUR/JPY  :  Le contexte actuel d’aversion au risque, renforcé la veille par l’accentuation des craintes autour de la relation tendue entre Pékin et Washington et la lourde chute des bourses américains hier et asiatiques ce matin, est clairement favorable au yen japonais. Déjà très largement sur la défensive depuis le début de semaine à cause des tumultes émanant d’Italie, le cours EUR/JPY a accentué son repli mercredi et n’a vu sa chute stoppée que grâce à la présence sur son chemin de  la moyenne mobile 100 jours située au niveau de ¥129,40. En un peu plus de deux semaines, celui-ci a vu sa valeur se réduire de presque 3% mais cela pourrait n’être que le début d’un mouvement de plus forte ampleur si d’aventure la volatilité était amenée à s’intensifier et les marchés actions corriger davantage. La lourde chute des bourses asiatiques ce matin ne semble pas avoir de répercussions sur la paire EUR/JPY qui au contraire tente d’amorcer un rebond, néanmoins on restera très attentif au comportement des marchés américains où de nouvelles fortes secousses pourraient s’observer à l’occasion de la publication cette après-midi des nouvelles statistiques d’inflation aux Etats Unis. Si tel était le cas, un décrochage de la paire de change en direction du support de ¥128 pourrait être observé.

CAD

EUR/CAD & EUR/AUD  :  Le retour de la volatilité sur les marchés financiers, illustré par la forte correction mercredi des bourses américaines et les nouvelles fortes frictions entre Pékin et Washington, a entraîné un large repli des prix du baril de pétrole brut de plus de 2% (indice Brent entre $82-83) , et par corolaire une dépréciation des devises de pays exportateurs de matière première comme le dollar canadien ou le dollar australien. Le cours EUR/CAD a bondi de 1,2% hier et est revenu au-dessus du support de C$1,50 tandis que la paire EUR/AUD a progressé de presque 1% pour re-tester un seuil plafond, non-franchi depuis 2009, situé à A$ 1,6350.


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