Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

oct. 01, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 1er octobre 2018 – Sommaire : 

  • L’annonce d’accord sur l’ALENA entre Canada et les Etats Unis mettent les marchés en émoi, néanmoins cela ne profite pas à l’euro qui reste pénalisé par les inquiétudes des marchés à l’égard de la situation financière de l’Italie.
  • L’EUR/USD reste sur la défensive et enregistre actuellement sa 4ième séance consécutive de repli. Le cours oscille à un plus bas depuis plus de deux semaines sous $1,16. PMI manufacturier et taux de chômage en Zone Euro (11h00) à suivre ce matin.
  • Après une brève accalmie vendredi, le cours EUR/GBP corrige à nouveau et retombe sous le seuil de £0,89 ce matin. Les regards sont principalement tournés vers Birmingham où se déroule, non sans tension, la convention annuelle du parti conservateur de T. May.
  • L’EUR/JPY se cherche une direction au regard d’une actualité politique et économique résolument divergente (incertitudes en Europe mais soulagement au Canada). La paire oscille ce matin autour du niveau de ¥132.
  • Le cours EUR/CAD abandonne -0,8% et approche tout près de la barrière de C$1,48 qui constitue son plus bas niveau de l’année 2018.
  • Le pétrole reste en hausse et l’indice Brent approche ce matin le niveau de $83, pour le plus grand plaisir des devises liées au pétrole comme le rouble (EUR/RUB sous RUB 76,0) et MXN (-1,1% à MXN 21,50). Le peso mexicain bénéficie évidemment d’un effet « ALENA ».
  • Malgré les pressions sur l’euro, le cours EUR/CNH reste stable et se maintient aux portes du niveau de ¥8,0. L’observation de nouvelles tensions entre Pékin et Washington, cette fois sur le plan diplomatique et non commerciale, laisse le yuan sous pression.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :

Déjà sous pression jeudi après l’annonce du gouvernement italien de mener lors des trois prochaines années une politique de déficit (projection d’un déficit annuel de 2,4% du PIB sur la période 2019-2021) destinée à relancer l’économie mais néanmoins susceptible d’aggraver encore davantage la situation financière préoccupante du pays (dette nationale supérieure à 130% du PIB = 2nd plus haut ratio en Zone Euro), l’euro a souffert vendredi d’un nouveau sentiment de déception des marchés après la publication de premiers chiffres d’inflation décevants en Zone Euro au mois de septembre. Le recul surprise de l’indice d’inflation de base (panier excluant les produits aux prix les plus volatiles comme l’énergie, l’alcool, le tabac et les produits alimentaires) sous le seuil de 1% alors même que le consensus misait sur une accélération – 0,9% A/A vs Cons. 1,1% - a été reçu comme une « gifle » venant jeter un discrédit aux propos tenus par le gouverneur central européen Mario Draghi sur l’observation actuelle d’une « inflation vigoureuse » en Zone Euro. L’absence continue de signes tangibles de pressions haussières durables sur les prix en Europe vient corroborer avec l’idée que la banque centrale européenne n’a aucune raison de précipiter dans l’immédiat son projet de hausse de taux et d’avancer son calendrier avant l’automne 2019, échéance actuellement évoquée par cette dernière. Sous couvert d’incertitudes politiques, notamment illustrées vendredi par la montée temporaire des taux 10 ans italiens tout près de ses pics de l’année à plus de 3,25%, et de divergences monétaires importantes – et destinées à le rester encore un certain temps - entre les Etats Unis et la Zone Euro, la paire EUR/USD a accentué son repli lors de la dernière séance de la semaine dernière et chuté pour la 1ière fois depuis deux semaines sous le seuil de $1,16. Si la paire de change a néanmoins réussi en fin de séance à se hisser avec grande peine au-dessus de cette barrière grâce à quelques prises de bénéfices de la part de certains acheteurs de dollar, celle-ci retombe dans ses travers ce lundi matin. Le cours enregistre actuellement sa 4ième séance consécutive de recul (performance en cours) pour une perte cumulée s’élevant actuellement à plus de 1,5%.

L’Italie et les préoccupations autour de sa situation financière resteront au centre des débats cette semaine, notamment du côté de Bruxelles où le ministre italien des finances Giovanni Tria sera très certainement assailli de questions (de reproches ?) par ses collègues européens à l’occasion de la réunion de l’Eurogroupe organisée ce lundi. Il faudra pour lui trouver les mots justes pour convaincre son auditoire, mais aussi les marchés, que la situation financière de la 3ième économie européenne n’est pas à risque. Du côté des statistiques économiques, on jettera un œil attentif cette semaine en Europe à la révision des indicateurs PMI de septembre (lundi & mercredi), mais également aux nouveaux chiffres de chômage (lundi) et de ventes au détail (mercredi) en Zone Euro, et aux statistiques de commandes industrielles en Allemagne (vendredi). Néanmoins comme lors de chaque première de chaque mois, c’est la publication ce vendredi des nouvelles estimations d’emploi aux Etats Unis qui devrait faire office de fil rouge cette semaine pour la paire EUR/USD. Entre temps, on assistera outre-Atlantique à la publication des nouveaux indicateurs d’activité ISM (lundi et mercredi) et aux sorties de nombreux banquiers centraux américains, dont le gouverneur central Jerome Powell ce mardi. Si on peut espérer cette semaine un rebond correctif de l’EUR/USD sous couvert d’un contexte global moins hostile avec l’annonce ce matin d’un accord de dernière minute entre les Etats Unis et le Canada pour « sauver » l’ALENA, le contexte politique italien pèse lourdement sur la paire de change et limite pour le moment son redressement au sein de son couloir de fluctuation de $1,15-$1,18. Pire encore, le support de $1,15 apparaît plus que menacé si d’aventure un mouvement de panique, sous la pression d’une nouvelle forte montée des taux italiens (intégration d’un risque de dégradation de la note de crédit de l’Italie par les agences de notation ?), devait s’emparer des marchés européens. 

Perf 2018 = -3,50% / Moyenne 2018 = $1,1941 / Point haut 28 septembre 2018 = $1,1651 / Point bas 28 septembre 2018 = $1,1566 / Clôture 28 septembre 2018 = $1,1608

GBP

EUR/GBP :

Après quatre séances consécutives de rebond face à l’euro et un gain cumulé approchant 1%, la livre sterling a cédé du terrain et corrigé vendredi dernier après la publication d’estimations finales de PIB britannique au second trimestre étonnement révisées à la baisse (dynamique annuelle finalement de 1,2% A/A contre 1,3% initialement estimée). Le cours EUR/GBP en a ainsi profité pour s’accrocher et se maintenir au-dessus de la barrière de £0,89 (clôture à £0,8908), laquelle fait office depuis le mois d’août dernier de véritable seuil support « psychologique » pour les investisseurs. Cette accalmie au niveau de la paire de change est néanmoins très brève puisque ce matin celle-ci apparaît à nouveau sur la défensive, comme un symbole que du côté des marchés on veut croire en la possibilité que britanniques et européens finissent par s’entendre sur un accord de sortie final. Bien que totalement distinct, l’accord néanmoins trouvé dans les dernières minutes cette nuit entre le Canada et les Etats Unis sur le dossier commercial de l’ALENA peut ce matin redonner un peu d’espoir aux plus pessimistes. Cependant, pour que ce scénario puisse se concrétiser, encore faut-il que le Royaume-Uni, comme il l’a été vivement réclamé par le camp européen il y a un peu plus d’une semaine à Salzburg, de revoir sa copie. Une optique à laquelle la première ministre britannique, Theresa May, refuse de se résoudre. La donne pourrait quelque peu changer en ce début de semaine alors que s’est ouvert dimanche à Birmingham, et cela jusqu’à mercredi, la convention annuelle du parti conservateur auquel appartient May. Au programme de cette grande messe de la formation politique actuellement au pouvoir, une lutte d’influence entre les europhiles sollicitant un accord de sortie avec Bruxelles et à l’opposé les partisans d’une rupture nette avec l’Union Européenne. Ce sera surtout l’occasion pour la chef du gouvernement britannique de tenter de rassembler ses deux extrêmes derrière son plan de sortie, quitte à procéder à quelques ajustements pour cela. En d’autres termes, cette réunion politique locale à priori anodine pourrait jouer un rôle clé dans la dernière ligne droite des négociations qui mène jusqu’au sommet européen du 18-19 octobre où pourrait se jouer une facette importante de la future relation économique et politiques entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. Si aucune conclusion définitive ne pourra véritablement être tirée à l’issue de cet évènement, l’attention des marchés sera néanmoins pleinement concentrée sur la teneur et potentielles annonces faites par Theresa May mercredi matin (11h00) lors du discours de clôture.  Si les prémices d’une entente viendrait accentuer la correction du cours EUR/GBP et le ramener sur ses plus bas niveaux depuis 2 mois (seuil de £0,8850 comme forme de test), à l’inverse le retour des craintes que l’on se dirige tout droit vers un échec face au regard de l’inflexibilité assumée de la part de Londres viendrait effacer les pertes des dernières séances et renvoyer la paire de change vers le niveau de £0,90 (dans un premier temps). Outre le volet politique qui a une influence majeure sur la livre sterling, celle-ci sera également résolument sensible à l’aspect économique et aux potentiels signaux venant confirmer une accélération de l’activité au 3ième trimestre. L’attention se portera ainsi en ce début de semaine sur la publication entre lundi et mercredi des trois traditionnelles enquêtes PMI relatives à l’activité économique au Royaume-Uni sur le mois de septembre.

Perf 2018 = -0,01% / Moyenne 2018 = £0,8838 / Point haut 28 septembre 2018 = £0,8914 / Point bas 28 septembre 2018 = £0,8870 / Clôture 28 septembre 2018 = £0,8908

JPY

EUR/JPY :

Les investisseurs apparaissent totalement indécis quant à la direction prendre, à savoir augmenter leur profil de risque ou rester au contraire prudents, compte tenu des messages divergents offerts ces dernières heures/jours par l’actualité économique et politique mondiale
. Alors que le retour de facteurs d’instabilité en Europe, sous la houlette de l’Italie et de son choix assumé une politique de déficit financièrement dangereuse, ou encore l’observation de nouveaux signes d’hostilité entre la Chine et les Etats Unis après l’annulation ce lundi d’un sommet militaire annuel organisé de longue date entre les deux pays sont des éléments qui n’inspirent pas la confiance et auraient tendance à renvoyer les investisseurs vers les valeurs refuges comme le yen, l’annonce ce matin d’un accord de dernière minute trouvée entre Ottawa et Washington sur l’ALENA vient quelque peu contrebalancer cette perspective. Après une tentative initiale, observée vendredi dernier, de retour en direction de sa moyenne mobile 200 jours de ¥131, le cours EUR/JPY a finalement retracé et se maintient ce lundi à proximité de la barrière de ¥132. Cet équilibre peut-il tenir longtemps et l’effet de « soulagement » procuré par la sauvegarde l’accord historique de libre-échange nord-américain se prolonger pour éviter au cours de change un nouveau repli important ? Difficile à dire, mais il semblerait qu’un des éléments de réponse à cette question repose sur le sentiment global des marchés européens et notamment de leur niveau d’inquiétudes vis-à-vis de la situation italienne. Il est clair qu’un mouvement de panique en Europe déclenché par de nouvelles vives pressions sur les taux d’emprunt publics italien viendrait « briser » cette protection invisible dont jouit ce matin l’EUR/JPY. La relation tumultueuse entre Washington et Pékin restera, bien évidemment, un élément auquel le yen reste très sensible et qu’on ne peut véritablement pas négliger.

Perf 2018 = -2,40% / Moyenne 2018 = ¥130,94 / Point haut 28 septembre 2018 = ¥132,30 / Point bas 28 septembre 2018 = ¥131,16 / Clôture 28 septembre 2018 = ¥131,91

CAD

EUR/CAD :

C’est l’annonce qui met ce matin les marchés en émoi
. Après des semaines de négociation et la multiplication du côté américain de menaces de suppression de cet accord commercial historique à trois entre le Canada, les Etats Unis et le Mexique, responsables canadiens et américains sont tombés d’accord pour sauvegarder l’ALENA. Les doutes persistaient encore ce dimanche alors que Washington avait laissé entendre qu’il ne prolongerait pas les discussions au-delà de cette date mais finalement les deux voisins ont réussi à trouver un terrain d’entente dans les dernières minutes et ainsi éviter la disparition d’un partenariat économique vital pour la région. Du côté d’Ottawa, malgré les concessions réalisées autour de son industrie laitière, laquelle était jusqu’ici protégée par d’importantes barrières douanières, c’est un grand « ouf » de soulagement qui tiré ce matin après l’officialisation de cette accord qui lui assure de conserver un lien exclusif et privilégié avec son voisin avec lequel le Canada réalisait encore la semaine dernière 75% de ses exportations. Surtout cet accord devrait éviter au Canada de se voir adresser des barrières douanières sur ses automobiles comme l’avait un temps sous-entendu la Maison Blanche. Alors que le cours EUR/CAD avait déjà subi une forte correction vendredi sous l’impulsion de meilleurs chiffre de croissance que prévu au mois de juillet (+0,2% M/M vs cons. +0,1%) et le retour de spéculations monétaires soutenant un scénario de nouvelle hausse de taux au Canada fin octobre, celui-ci abandonne plus de 0,8% et approche ses plus bas niveaux de l’année sous le seuil de C$ 1,49. La paire EUR/CAD aura-t-elle les reins solides pour aller tester la barrière de C$1,48 ? Réponse cette semaine mais il est clair qu’un nouveau mouvement de repli de l’euro sous couvert d’un regain d’incertitudes politiques en Europe pourrait lui ouvrir cette perspective.

Perf 2018 = -1,66% / Moyenne 2018 = C$ 1,5367 / Point haut 28 septembre 2018 = C$ 1,4946 / Point bas 28 septembre 2018 = C$ 1,4854 / Clôture 28 septembre 2018 = C$ 1,4857


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.