Actualités du marché des devises

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sept. 18, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 18 septembre 2018 – Sommaire :

  • L’officialisation de nouvelles taxes douanières américaines contre la Chine n’a pas provoqué beaucoup de remous. Les marchés profitent de la période de réflexion des autorités chinoises pour reprendre des positions à risque. Un optimisme qui semble néanmoins provisoire.
  • L’EUR/USD se heurte au seuil de $1,17 (seuil franchi en séance asiatique). Essoufflement visible des pressions haussières sur le dollar & premières inquiétudes autour de l’économie US dans un contexte extérieur dégradé.
  • L’EUR/GBP retape à la porte de son ancien support de £0,89.
  • Après avoir atteint un pic de 2 mois en séance asiatique à plus de ¥131, le cours EUR/JPY a cédé un peu de terrain et est retombé sous cette barrière en début de séance européenne.
  • Stimulée par le rebond ce matin des bourses asiatiques, l’EUR/AUD corrige et tente de revenir sous le seuil de A$1,62 (seuil testé). RBA relativement prudente en septembre à l’encontre des risques économiques suscités par une hausse des tensions commerciales mondiales.
  • Le cours EUR/CNH a atteint ce matin un nouveau pic depuis août 2014 à presque ¥8,05.
  • Le cours EUR/NOK se rapproche progressivement de son support de NOK 9,50 à l’approche de la réunion monétaire de jeudi en marge de laquelle la Norges Bank devrait annoncer une 1ière hausse de taux depuis 7 ans.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD : Malgré le retour au premier plan de la rivalité commerciale entre Chine et Etats Unis, le cours EUR/USD a connu lundi un rebond d’un peu moins de +0,5% pour revenir à proximité du seuil de $1,17 (clôture à $1,1683). Si le cours de change s’est approchée tout près de cette barrière, il n’a cependant pas été en mesure de l’atteindre lundi (pic à $1,1698). Véritable serpent de mer de l’été, la nouvelle taxe douanière américaine ciblant $200Mds chinois (sur la base des chiffres d’importation 2017), dont l’officialisation a été faite lundi soir par la Maison Blanche, n’a pas provoqué hier davantage de remous par rapport à vendredi dernier(-0,5%). Bien au contraire, le cours de change a effacé ses pertes et est de retour sur les mêmes niveaux que ceux observés jeudi dernier à la sortie de la réunion de la BCE. De retour également dans l’actualité lundi, les inquiétudes autour du budget italien semblent progressivement se dissiper au gré des efforts déployés par le ministre italien de l’Economie, Giovanni Tria, lequel n’est issu d’aucune des deux formations politiques au pouvoir (Mouvement 5 Etoiles et Ligue du Nord), à défendre une hausse contrôlée des déficits dans le pays. L’hypothèse d’un plafond à 1,6% de déficit budgétaire en 2019, contre 0,9% initialement fixé par l’ancien gouvernement et 3% la limite fixée par les institutions européennes, a été relayé par la presse lundi sans pour autant que la nouvelle soit confirmée par le chef du gouvernement, Giuseppe Conté. À la base de ce rebond, outre le soulagement des marchés européens, on peut probablement y ajouter un possible ras-le-bol des acteurs américains à l’égard des nouvelles turbulences commerciales entre Pékin et Washington dont la dégradation des relations pourrait à termes avoir des répercussions néfastes sur l’économie américaine. Un essoufflement des pressions haussières sur le dollar semble en effet s’observer depuis quelques semaines, cependant cette impression demande à être confirmée et seul le temps nous permettra de tirer, éventuellement, de véritables conclusions.

Malgré de nouvelles menaces hier soir de la part de Donald Trump d’alourdir encore davantage les taxes sur les produits chinois – totalité du volume d’importations de près de $500Mds 2017 est actuellement en jeu – le silence actuel des autorités chinoises au sujet de possibles représailles (réunion ce mardi pour décider des réponses à apporter – cf Bloomberg News) semble servir de prétexte aux investisseurs à de nouvelles prises de position plus risquées. Malgré son statut de valeur refuge, la devise américaine continue ce matin à payer les pots cassés d’une inflexion apparent de sentiment des investisseurs à l’égard de l’économie américaine dans un contexte extérieur à nouveau tendu. Reste à voir si ce sentiment se prolonge dans le temps, mais en attendant le cours EUR/USD accentue son rebond de la veille et remonte ce matin à plus de $1,17. Peu d’évènements à suivre ce mardi si ce n’est l’intervention du gouverneur central européen, Mario Draghi, présent ce matin à une conférence à Paris, ou encore l’indice de confiance des constructeurs immobiliers américains. Dans ce contexte, la volatilité du cours devrait principalement être dirigée par l’évolution du sentiment des acteurs de marché. Parti sur cette lancée, le cours pourrait tenter de franchir ce mardi un pic de 3 semaines situé à $1,1733 (seuil atteint le 28 août dernier).

Perf 2018 = -2,59% / Moyenne 2018 = $1,1953 / Point haut 17 septembre 2018 = $1,1698 / Point bas 17 septembre 2018 = $1,1616 / Clôture 17 septembre 2018 = $1,1683

GBP

EUR/GBP :  Nouvelle semaine et nouveau rebond pour la livre sterling lundi face à l’euro (+0,2% à £0,8877), le cours EUR/GBP tentant une nouvelle fois de s’écarter du seuil de £0,89 (ex-niveau support), avec plus ou moins de réussite. La devise britannique continue de surfer sur le sentiment d’optimisme retrouvé qui se dégage des récents échanges entre négociateurs britanniques et européens, lequel s’est vu quelque peu renforcé lundi par les propos du diplomate européen, Michel Barnier, insistant sur la poursuite d’une bonne coopération entre les deux parties. Néanmoins, comme il l’avait été évoqué dans l’édition de la veille, le rebond de la livre reste fébrile de par le fait qu’il repose pour le moment sur peu d’éléments concrets et de la prédominance de certains risques importants. L’inflexibilité apparente de Theresa May à ajuster sa position et faire des concessions, laquelle a prévenu hier que serait « son plan ou rien », en est un majeur puisqu’il pourrait non seulement être un frein à l’obtention d’un accord avec Bruxelles ou encore faire l’objet d’un rejet des députés britanniques. D’ailleurs, le responsable du comité en charge de la question du Brexit au parlement réclame ce matin à ce que le gouvernement planche sur un plan B et apporte les réponses aux questions qui se poseront inévitablement en cas d’échec des négociations et sortie de l’UE sans accord. Le FMI a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme sur les coûts financiers et les répercussions économiques que provoquerait une rupture franche en mars prochain. Preuve de cette fébrilité, le cours EUR/GBP se redresse ce matin et remonte à hauteur de la barrière de £0,89 à la veille de la publication des nouvelles statistiques d’inflation qui seront publiées mercredi au Royaume-Uni.

Perf 2018 = +0,12% / Moyenne 2018 = £0,8835 / Point haut 17 septembre 2018 = £0,8904 / Point bas 17 septembre 2018 = £0,8872 / Clôture 17 septembre 2018 = £0,8877

JPY

EUR/JPY  :  C’est avec une certaine perplexité que l’on observe depuis hier le rebond de la paire EUR/JPY alors même que l’on observe de nouvelles vives tensions entre Pékin et Washington et que le flou reste total autour des négociations sur l’ALENA qui se poursuivront cette semaine avec comme nouvelle échéance pour obtenir un accord la journée de jeudi. Faut-il y voir un certain soulagement des acteurs de marché face à la taxe graduelle appliquée par Washington – taxe de 10% sur $200Mds de produits chinois appliquée à partir du 24 septembre et qui progressera jusqu’à atteindre 25% d’ici la fin de l’année – qui ouvre la porte à une éventuelle reprise des négociations entre les deux camps ? Fort possible mais difficile néanmoins de tirer de véritables conclusions à ce stade. La proximité de la nouvelle réunion monétaire de la Banque du Japon, laquelle pourrait opter mercredi pour une communication une nouvelle fois prudente au gré des risques qui pèsent sur l’économie japonaise (inflation toujours inférieure à 1% contre objectif de 2% visé par la banque) et ainsi rejeter toute idée de sortie dans un futur proche de son cycle très accommodant, est un élément à prendre en compte dans la faiblesse passagère du yen. Au même titre que l’incertitude (modeste) qui se dégage de la course à la présidence du parti libéral démocrate (PLD) qui rendra son verdict jeudi. Si le premier ministre, Shinzo Abe, à la tête de son parti depuis fin 2012, apparaît comme le grand favori, sa côte de popularité a été ces derniers mois vivement égratignée par des affaires impliquant sa famille ou ses proches. Tous ces éléments mis bout à bout, on aboutit à un cours EUR/JPY qui enregistre depuis le début de semaine un rebond de plus de +0,8% et qui oscille désormais à plus de ¥131, soit ses plus hauts niveaux depuis 2 mois. Prochain objectif, la barrière de ¥132 qui n’a plus été franchie depuis le début du mois de mai. Prudence à ce que cette dynamique ne s’inverse au gré de nouvelles tensions commerciales.

Perf 2018 = -3,20% / Moyenne 2018 = ¥ 13 0,88 / Point haut 17 septembre 2018 = ¥ 131,03 / Point bas 17 septembre 2018 = ¥ 130,08 / Clôture 17 septembre 2018 = ¥ 130,67

AUD

EUR/ AUD : Naviguant en fin de semaine dernière en eaux troubles, sans véritable direction, dans un couloir étroit de A$1,62-A$1,63, le cours EUR/AUD corrige fortement ce mardi et teste ce mardi le seuil de A$1,62 malgré les avertissements des responsables monétaires australiens, visibles dans le compte rendu de la réunion monétaire de début septembre, que les tensions commerciales pourraient endommager « matériellement » les perspectives économiques optimistes en Australie (pic à A$ 1,6332 observé ce matin). Le dollar australien apparaît davantage sensible au sentiment optimisme et au regain d’appétit au risque observé sur les marchés asiatiques ce matin, et notamment des marchés actions chinois (presque +2% pour la bourse de Shanghai), après l’officialisation lundi soir d’une nouvelle taxe graduelle – 10% puis 25% - ciblant $200Mds de produits chinois. Ce rebond de la devise australienne pourrait n’être que succinct, et s’inverser très rapidement alors que les risques liés à une intensification des tensions entre la Chine et les Etats Unis restent prédominants. Il s’agit d’un optimisme de rigueur profitant de la phase de réflexion actuelle – et donc de l’absence de réponses pour le moment - des autorités chinoises quant à d’éventuelles représailles. Le passage du support de A$1,62 apparaît, dans le contexte actuel, comme une première étape importante d’une éventuelle dynamique de redressement de la devise australienne.

Perf 2018 = +5,57% / Moyenne 2018 = A$ 1,5 744 / Point haut 17 septembre 2018 = A$ 1,6283 / Point bas 17 septembre 2018 = A$ 1,6227 / Clôture 17 septembre 2018 = A$ 1,6278

CNH

EUR/ CNH : L’annonce de nouvelles taxes américaines contre la Chine, et la menace sous-jacente du président américain hier d’étendre ses mesures de rétorsion à l’intégralité des importations chinoises (volume d’un peu plus de $500Mds en 2017), semble provoquer peu de remous sur les marchés des changes, si ce n’est contre le yuan chinois qui voit les pressions baissières s’accentuer face aux nouveaux risques qui pèsent sur l’économie chinoise. Conséquence directe, le cours EUR/CNH a atteint ce matin un nouveau pic depuis août 2014 à presque ¥8,05. Si celui-ci a légèrement corrigé en début de séance européenne, il reste néanmoins sur ses plus hauts niveaux de l’année.

Perf 2018 = +2,70% / Moyenne 2018 = ¥ 7,7629 / Point haut 17 septembre 2018 = ¥ 8,0320 / Point bas 17 septembre 2018 = ¥ 7,9862 / Clôture 17 septembre 2018 = ¥ 8,0250

 


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