Actualités du marché des devises

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août 06, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 6 août 2018 – Sommaire :

  • Les tensions entre Pékin et Washington semblent atteindre un point de non-retour… Une situation qui met en émoi les marchés et profitent amplement aux valeurs refuges (CHF, JPY & USD).
  • Malgré des chiffres de l’emploi américain relativement conformes aux attentes, l’EUR/USD n’est pas parvenu à revenir au-dessus de $1,16. Contexte politique européen (Italie) et global qui reste défavorable à l’euro (favorable au dollar).
  • L’EUR/GBP reste à proximité de £0,89 alors que le scénario de sortie brutale sans accord semble peu à peu se préciser en l’absence d’avancées majeures dans les négociations. Le ministre du commerce britannique évoque une probabilité de 60-40 à ce scénario.
  • Le cours EUR/JPY a brisé vendredi dernier son support de ¥129 face à la recrudescence de tensions entre Pékin et Washington et la publication par les autorités chinoises d’un plan de taxes sur $60Mds de produits américains. La paire semble se stabiliser pour le moment.
  • Rebond timide de la paire EUR/CHF ce matin alors qu’elle a retouché vendredi dernier le palier psychologique de ₣1,15. Doit-on s’attendre à une prochaine intervention des responsables monétaires suisses ?
  • Paire EUR/AUD stable à un plus bas depuis 6 semaines sous A$1,56 avant la décision de la RBA mardi.
  • L’EUR/CAD oscille sur ses plus bas niveaux depuis 2 mois, légèrement au-dessus de son support de C$1,50. La baisse vendredi de son déficit commercial à un plus bas depuis 17 mois a renforcé la perspective d’une possible nouvelle hausse de taux au Canada dans les prochaines semaines.
  • Le cours EUR/CNH reste stable ce matin autour de ¥7,93. Les mesures prises vendredi par la banque centrale chinoise pour augmenter le coût de ventes à terme de yuan ont eu leur effet sur les marchés des changes et inversé la dynamique baissière sur la devise chinoise.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :  L’EUR/USD a tenté à plusieurs reprises de remonter au-dessus du seuil de $1,16 vendredi (pic recensé à $1,1611), essayant notamment de surfer sur la légère frustration provoquée par un volume de créations d’emploi moins important que prévu (157k vs cons. 190k), mais n’est finalement pas parvenu à s’y installer. Pire encore la paire de change a enregistré sa 4ième séance consécutive de recul (-0,13% vendredi et -1,2% en cumulé) pour clôturer à un nouveau point bas depuis 5 semaines (clôture à $1,1567). Le retour dans la lumière des tensions entre les Etats Unis et la Chine sur les derniers jours et des craintes de guerre commerciale associées à cette rivalité mettent à nouveau les marchés en émoi, et dans ce contexte d’hostilité générale le dollar américaine reste une valeur sûre aux yeux des investisseurs et un actif très largement plus attractif que l’euro. C’est d’autant plus vrai que la Zone Euro n’offre à l’heure actuelle peu de gages de garantie, aussi bien économiquement, comme on a pu le voir la semaine dernière à travers des chiffres de croissance au T2 2018 moins importants que prévu, que politiquement. Les nouvelles inquiétudes en provenance d’Italie où le ministre de l’économie, Giovanni Tria, fait face à des pressions internes au sein du gouvernement pour valider un budget 2019 qui risque de se voir retoquer par Bruxelles car trop couteux (règle de maintien des déficits sous le niveau de 3% certainement pas respectée) ont fait vivement monter les primes de risques des actifs italiens et suscité un peu de nervosité parmi les acteurs de marché européens. Ce lundi matin, le taux souverain à 10 ans italien a franchi le seuil de 3% pour la 1ière fois depuis un peu moins de deux mois, preuve s’il en est que la situation politique italienne reste très attentivement suivie et constitue un facteur de risque pris très au sérieux par les investisseurs européens. L’Italie apparaît comme un « épouvantail » évident en Europe, mais il ne faut pas non plus négliger la situation politique de l’Allemagne où la coalition d’Angela Merkel a été récemment très fragilisée par les débats sur la question migratoire. Interrogée ce week-end sur la possibilité d’une implosion du gouvernement, la présidente de la formation social-démocrate du SPD, partenaire de coalition du gouvernement actuel, n’en exclut pas la possibilité.  

En ce début de semaine très calme en matière de publication économique, aussi bien en Europe qu’aux Etats Unis - chiffres d’activité industrielle à suivre néanmoins en Allemagne lundi et mardi – la paire EUR/USD reste toujours sur la défensive, sous l’influence principalement d’une accentuation ce weekend de la rhétorique de « guerre commerciale » de la part des camps américains et chinois, et s’approche peu à peu de son support de $1,15. Il s’agit là d’un palier psychologique très important puisque cette barrière qui n’a plus été touchée depuis plus d’un an et le début des spéculations au cours de l’été 2017 autour d’une future fin de cycle accommodant de la part de la BCE. On peut espérer que la présence de ce seuil puisse à lui seuil freiner un temps les nouvelles pressions baissières sur le cours de change, néanmoins qu’en sera-t-il si d’aventure la relation entre les Etats Unis et la Chine se dégrade fortement et/ou de nouvelles turbulences politiques secouent l’Europe ?  La fin de semaine pourrait s’avérer plus rythmée avec notamment la publication lors des sessions de jeudi et vendredi des chiffres d’inflation aux Etats Unis (indices PPI jeudi et CPI vendredi). L’indice d’inflation générale est attendue par les économistes au niveau de 3% pour la 1ière fois depuis juillet 2011, un résultat non anodin qui à défaut de renforcer un scénario de hausse de taux par la réserve fédérale américaine en septembre prochain pourrait potentiellement créer un peu de tensions sur les marchés actions, et alors engendrer une petite correction du dollar. À suivre…

Perf 2018 = -3,65% / Moyenne 2018 = $1,2028 / Point haut 3 août 2018 = $1,1611 / Point bas 3 août 2018 = $1,1558 / Clôture 3 août 2018 = $1,1567

GBP

EUR/GBP :  Toujours aussi peu de mouvements à observer sur la paire EUR/GBP qui n’a pas vraiment, ou très peu, été impactée par la décision à l’unanimité des responsables monétaires britanniques de relever une nouvelle fois les taux d’intérêt, moins d’un an après leur première opération similaire observée en novembre dernier. Il faut dire que l’économie britannique ne dégage pas, ou très peu, de sérénité comme l’a démontré la semaine dernière la série d’indicateurs PMI, dont la performance générale a été moins robuste que prévu. Le dernier en date, l’indice d’activité du secteur des services est ressorti vendredi -1,6pts en-dessous du consensus, à son plus bas niveau sur les 3 derniers mois. L’action de la banque centrale britannique ne change pas la donne puisque les perspectives économiques britanniques, et le cycle monétaire qui en découle, restent très fortement dépendantes de l’accord de sortie obtenu par le Royaume-Uni dans les négociations actuellement menées avec l’Union Européenne. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’heure n’est pas à l’optimiste après le récent refus de la part de Bruxelles des nouvelles propositions britanniques élaborées par Theresa May en juillet dernier. Un scénario de sortie brutale (ou « hard Brexit ») sans accord commence à faire son chemin dans les deux camps et commence peu à peu à devenir le scénario auquel tous les acteurs (politiques et financiers) se préparent. Dans un entretien au Sunday Times,le ministre britannique du commerce, Liam Fox, a pointé du doigt l’intransigeance européenne dans les discussions actuelles sur le Brexit, et évalue désormais à 60-40 la probabilité d’une absence d’accord entre les deux camps au moment de la sortie officielle du Royaume-Uni hors de l’Union Européenne le 29 mars 2019. Il y a donc peu de réelles arguments pour le moment pour justifier une nouvelle prise d’achat massive en livre sterling, d’où le maintien depuis une semaine du cours de change EUR/GBP autour du niveau de £0,89.

Si cette nouvelle hausse de taux au Royaume-Uni n’a pas réellement revigoré la devise britannique, elle pourrait néanmoins, si l’on se place d’un point de vue strictement risque/rendement, limité les pertes sur la livre sterling (plafond à £0,8950/£0,9000 ?). Alors que le calendrier sera très léger en ce début de semaine au Royaume-Uni et laissera donc la part belle aux actualités politiques et commerciales (Brexit & tensions US/Chine), la volatilité sur la livre sterling pourrait s’accélérer en fin de semaine à l’approche de la publication vendredi des premiers chiffres de croissance au second trimestre. La mauvaise performance de l’économie britannique au premier trimestre (+0,2% T/T au T1 2018) avait été justifiée à l’époque par des facteurs temporaires telles que des conditions météorologiques peu clémentes, aussi on attend de voir à quelle magnitude l’activité s’est accélérée sur la période Avril-Juin. Le consensus économique table sur une croissance deux fois plus importante au T2 2018 (cons. +0,4% T/T), une performance qui, si elle se confirme, viendrait donner du crédit à la récente hausse de taux réalisée par la Banque d’Angleterre et souligner une certaine résilience de l’économie britannique malgré les nombreuses incertitudes véhiculées par le Brexit. Un tel résultat pourrait offrir un argument à un petit rebond de la livre sterling vers le niveau de £0,88 d’ici la fin de semaine.

Perf 2018 = +0,37% / Moyenne 2018 = £0,8809 / Point haut 3 août 2018 = £0,8919 / Point bas 3 août 2018 = £0,8891 / Clôture 3 août 2018 = £0,8895

JPY

EUR/JPY :   Le retour dans la lumière des tensions entre Pékin et Washington agite de nouveau fortement les marchés des changes, et principalement la paire EUR/JPY qui en l’espace de trois séances a reculé de près de -1,6% et brisé pour la 1ière fois en un mois son support de ¥129 (clôture vendredi à ¥128,70). Ce n’est pas la première fois que les deux camps se livrent à des menaces de rétentions commerciales puisque de part et d’autres ont déjà été mis en vigueur en juillet des taxes douanières sur des volumes de transaction de l’ordre de $50Mds sauf que cette fois-ci les deux partis semblent être prêts à passer à la vitesse supérieure et à faire face aux éventuelles répercussions d’une « guerre commerciale ». En guise de représailles au projet américain de rehausser ses droits de douane de 10% à 25% sur $200Mds de produits chinois, Pékin a répliqué vendredi en évoquant un plan de taxes, pouvant aller de 5% à 25%, sur un volume de $60Mds de produis américains. Une décision qui a été aussitôt raillée par la Maison Blanche et jugée « faiblarde ». Ce matin, les autorités chinoises ont réaffirmé leur intention de ne pas se laisser faire face à la politique de « la carotte et du bâton » menée par l’exécutif américain. Ce nouvel excès de tension peut paraître surprenant alors que l’on reparlait en début de semaine dernière de reprise de dialogue entre les deux camps et d’une volonté des responsables chinois à vouloir négocier. Doit-on donc y voir une stratégie d’intimidation de part et d’autres ou un nouvel épisode nous rapprochant à grand pas de l’éclatement d’une « guerre commerciale » entre les deux principales économies mondiales ? Du côté des investisseurs on opte clairement pour la prudence, d’autant plus que l’on sait que le président américain n’a pas l’habitude de procéder à des concessions lors de négociations et a fait d’une réduction des déficits commerciaux avec ses partenaires un de ses principaux cheval de bataille. Il apparaît par ailleurs peu probable que celui-ci change sa position alors que l’on approche peu à peu les élections de mi-mandat aux Etats Unis (début novembre) que beaucoup d’observateurs donnent gagnantes au camp démocrate.

Le cours EUR/JPY reste assez stable et se maintient ce lundi matin toujours sous le niveau de ¥129, les marchés restant globalement en alerte après les déclarations du président américain au cours du weekend faisant l’éloge de la politique protectionniste à l’égard de la Chine et de l’ « avantage» dont dispose les Etats Unis face à ce dernier en matière de leviers de rétention. Si une stabilisation des relations entre les deux pays pourraient œuvrer à une tentative de retour au-dessus de ¥129, le maintien de tensions pourrait à l’inverse installer la paire EUR/JPY dans un couloir de ¥127-¥129 pendant un certain temps. Cette semaine, on gardera un œil attentif à la publication mercredi des premiers commentaires relatifs à la dernière réunion monétaire de la Banque du Japon qui s’est déroulée les 30 et 31 juillet dernier, lesquels pourraient confirmer une volonté des décisionnaires monétaires japonais d’étendre sa politique de soutien à l’économie en l’absence de pressions inflationnistes fortes et durables dans le pays. Si tel est le cas nous pourrions alors assister à un dégonflement temporaire des pressions haussières sur le yen. Les premiers chiffres de croissance au second trimestre au Japon publiés ce vendredi seront également un évènement marquant à suivre cette semaine.

Perf 2018 = -4,87% / Moyenne 2018 = ¥ 131, 33 / Point haut 3 août 2018 = ¥ 129,53 / Point bas 3 août 2018 = ¥ 128,62 / Clôture 3 août 2018 = ¥ 128,70

CHF

EUR/ CHF :   Allons-nous assister à un retour de la banque centrale suisse sur les marchés des changes alors que la paire EUR/CHF a retouché vendredi, et franchi temporairement, le palier psychologique des 1,15 ? Jusqu’à présent, les décisionnaires monétaires helvètes se sont démarqués par leur absence malgré la forte valorisation du franc, laquelle a régulièrement été pointée du doigt dans le passé comme un frein majeur à un redressement de l’économie suisse. Si les banquiers centraux suisses apparaissaient confortables avec un cours EUR/CHF valorisé entre 1,15- 1,17, on peut douter que ces derniers restent toujours impassibles en cas de nouvel afflux accru de demande des investisseurs pour la valeur refuge qu’est le franc suisse face à un contexte européen (incertitudes en Italie) et global (tensions US/Chine) relativement hostile. Ce lundi matin, la paire EUR/CHF amorçait un léger rebond et tentait de s’éloigner légèrement du seuil de 1,15. La réaction reste pour le moins timide, et la paire n’est pas à l’abri d’une nouvelle chute en cas de nouvel excès de nervosité sur les marchés financiers.

Perf 2018 = -1,55% / Moyenne 2018 = 1,1681 / Point haut 3 août 2018 = 1,1541 / Point bas 3 août 2018 = 1,1496 / Clôture 3 août 2018 = 1,1500

AUD

EUR/ AUD :   Malgré le regain de tension entre les Etats Unis et la Chine auquel le dollar australien, en tant que « devise cycle » très étroitement à la dynamique de croissance mondiale, est habituellement très sensible, celui-ci s’est étonnement renforcé vendredi face à l’euro (+0,70%) et a atteint un pic de plus de 6 semaines sous A$1,57 (clôture à A$1,5629). On peut y voir là une possible anticipation des marchés d’un ajustement de discours, plus optimiste, de la part de la banque centrale australienne lors de sa nouvelle réunion monétaire qui aura lieu mardi matin sachant que les marchés australiens sont fermés ce lundi. Le retour de l’inflation en Australie au-dessus du niveau de 2% au second trimestre, mais également les récents bons chiffres de ventes au détail et d’activité commerciale publiés la semaine dernière, pourraient convaincre les banquiers centraux australiens à commencer à se pencher plus sérieusement sur l’éventualité de rehausser prochainement ses taux d’intérêt. Si pour l’heure, une telle action n’est pas attendue avant mi-2019, une allusion, même mineur, des banquiers centraux australiens à une telle opération pourrait alors engendrer quelques spéculations sur les marchés monétaires d’une possible sortie plus tôt que prévu du cycle accommodant actuelle. Si tel est le cas, cela ouvrirait la porte à une revalorisation très importante de la devise australienne (recul de la paire EUR/AUD en direction de A$1,53). Néanmoins, on peut douter d’un changement de positionnement soudain de la part de la RBA alors même que l’on est témoin d’une recrudescence des risques de tensions commerciales dont les répercussions seraient importantes sur la croissance mondiale, et donc l’économie australienne. Le cours EUR/AUD se maintient pour le moment au-dessus du seuil de A$1,56 et semble en position d’observation en attendant de connaître le positionnement de la banque centrale australienne. Compte tenu des tensions actuellement importantes entre Pékin et Washington, une absence de direction donnée demain par la RBA viendrait très certainement renvoyer la paire de change dans son ancien couloir de A$1,57-A$1,59.

Perf 2018 = +1,64% / Moyenne 2018 = A$ 1,5703 / Point haut 3 août 2018 = A$ 1,5169 / Point bas 3 août 2018 = A$ 1,5080 / Clôture 3 août 2018 = A$ 1,5629


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