Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

août 01, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 1er août 2018 – Sommaire :

  • Séance relativement calme avant la réunion de la Fed de ce soir. L’annonce ce matin d’une réflexion de Washington à la mise en place de mesures de rétorsion plus agressives contre Pékin n’a pas de réelles répercussions sur les marchés. Le yen reste sur la défensive.
  • L’EUR/USD reste aux portes des $1,17 alors que les marchés digèrent le retour mardi de craintes autour de la situation en Grèce. Le dollar reste également favorisé par les marchés à l’approche de la réunion de la Fed de ce soir (20h00).
  • L’EUR/GBP se maintient au-dessus de £0,89 en l’absence d’éléments nouveaux sur le Brexit. L’approche de la réunion de la Banque d’Angleterre (jeudi) ne semble pas avoir d’effets.
  • L’EUR/JPY prolonge son rebond de la veille et pointe ce matin à ¥131. La décision jugée trop timide la BoJ et la reprise de dialogue entre Pékin et Washington sont deux catalyseurs pénalisant le yen.
  • Le cours EUR/CHF retape à la porte des ₣1,16 mais éprouve des difficultés à retourner au-dessus de ce palier.
  • Le yuan chinois est de nouveau sur la défensive après la publication ce matin d’un repli de l’indice PMI privé Caixin dans le secteur manufacturier à un plus bas depuis 8 mois. Le cours EUR/CNH reste à proximité du niveau de ¥8,0.
  • Les craintes de ralentissement de la croissance chinoise rejaillissent sur le dollar australien qui perd 0,3% face à l’euro et oscille désormais tout près du seuil de A$1,58.
  • Les bons chiffres de croissance publiés hier au Canada ravivé les spéculations de nouvelle hausse de taux avant la fin de l’année. L’EUR/CAD est de retour sur son support de C$1,52 mais la faiblesse des prix du pétrole réfrène les pressions haussières sur la devise canadienne.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :

Après deux séances de gain, l’EUR/USD a finalement clôturé le mois de juillet sur un repli sous le seuil de $1,17 qu’il était pourtant parvenu à refranchir la veille. Avec une performance sur le mois de seulement +0,07% et une volatilité globale dans un couloir de $1,16-$1,18, la paire de change s’est fait remarquée par sa relative inertie. La raison de cela relève du peu d’attractivité de l’euro au regard d’une économie européenne fragilisée par les récents tumultes politiques domestiques et mondiaux et de taux qui pourraient rester négatifs pendant une période prolongée de temps (au moins jusqu’à la seconde partie d’année 2019). Cette réalité s’est à nouveau confirmée hier à l’occasion de la publication des premiers chiffres de croissance au second trimestre en Zone Euro qui sont ressortis étonnement plus bas que prévu (+0,3% T/T vs cons. +0,4%), la région enregistrant sur la période de mai à juin sa plus mauvaise performance sur les deux dernières années (8 trimestres). Il se pourrait que les turbulences politiques observées consécutivement en Allemagne et en Italie, mais également l’escalade de tensions commerciales à l’échelle globale aient impacté plus fortement que prévu l’activité économique de la Zone Euro. Un tel constat vient donner du grain à moudre aux partisans d’un maintien prolongé des taux directeurs à leur plus bas niveau actuel. La situation n’est pas pour autant désastreuse et il convient de noter à ce sujet les points positifs comme la baisse graduelle du chômage en Zone Euro qui a atteint en juin un nouveau point bas depuis plus de 9 ans à 8,3% et la hausse surprise de l’inflation qui, en atteignant 2,1% au mois de juillet, culmine désormais à un nouveau pic de 5 ans ½. Les investisseurs ont accueilli de manière mitigé ces séries de chiffres car s’il s’en est suivi une tentative de rebond à $1,1750 (pic de la séance recensé à $1,1745), les pressions haussières sur la paire de change se sont rapidement estompées en début d’après-midi après la publication d’un rapport du Fond Monétaire International dans lequel l’organisation pointe son inquiétude vis-à-vis de la Grèce et le prochain arrêt de son plan de sauvetage. Selon elle, le pays aurait besoin pour se redresser durablement d’une réduction plus importante de sa dette, une option qui a toujours été pour l’heure refusé par les créanciers européens. Alors que les investisseurs pensaient avoir définitivement tourner la page de la crise grecque, celle-ci revient retaper à leur porte au milieu du mois d’août d’où l’observation d’un regain de nervosité de leur part, matérialisé par un nouveau repli de l’euro (clôture mardi à $1,1691).

Ce matin l’EUR/USD reste sur la défensive et navigue en eaux troubles dans la partie supérieure de son couloir de $1,16-$1,17. Le dollar américain a la faveur des marchés ce mercredi alors que l’on évoque du côté de Washington un plan de taxes douanières plus agressif contre Pékin (taxes de 25% sur 200Mds de produits chinois contre 10% initialement évoqué) et que se profile ce soir une réunion de la réserve fédérale américaine (20h00) au cours de laquelle les responsables monétaires devraient vraisemblablement opter pour un statu quo mais pourraient néanmoins préparer le terrain pour une nouvelle hausse de taux cette année. Entre-temps, les marchés seront également attentifs à la série de chiffres économiques publiés de part et d’autre dont la révision de l’indice PMI manufacturier en Zone Euro ce matin (10h00), puis dans l’après-midi le rapport ADP de création des emplois privés aux Etats Unis (14h15) et l’indice ISM manufacturier américain (16h00). Sauf balbutiement étonnant de la Fed sur son calendrier de hausse de taux (deux sont inscrites à l’agenda pour la fin d’année 2018), les divergences monétaires pourraient rester très largement profitables au dollar et ainsi maintenir l’EUR/USD sur ses bas niveaux actuels (couloir $1,15-$1,17).

Perf 2018 = -2,58% / Moyenne 2018 = $1,2038 / Point haut 31 juillet 2018 = $1,1745 / Point bas 31 juillet 2018 = $1,1681 / Clôture 31 juillet 2018 = $1,1691

GBP

EUR/GBP :

Très peu de mouvements majeurs observés mardi sur la paire EUR/GBP, laquelle a semble-t-il été très largement influencée par les mouvements de l’euro. Ainsi après avoir tenté d’accroître son rebond en début de journée après la publication de bons chiffres d’inflation en Zone Euro (pic recensé à £0,8935), le cours a par la suite corrigé et retracé vers le seuil de £0,89 sous l’effet d’un repli soudain de l’euro provoqué par la publication d’un rapport du FMI sur la situation en Grèce. La correction est restée modeste car du côté des investisseurs on observe toujours peu d’arguments pour le moment justifiant une reprise de positions à l’achat sur la livre sterling en l’absence de nouveaux éléments concernant le Brexit. On reste toujours pour le moment dans une situation d’impasse dans laquelle les européens s’opposent aux dernières propositions avancées par Theresa May notamment celles censées résoudre le contentieux autour de la frontière en Irlande que les deux camps souhaitent qu’elle reste invisible. L’approche de la réunion monétaire de la Banque d’Angleterre de jeudi ne semble pas avoir de réels impacts pour le moment sur la livre sterling, preuve de plus s’il en est qu’un scénario de hausse de taux est probablement déjà très largement intégré par les acteurs de marché (probabilité estimée mercredi matin à quasiment 88% sur les marchés à terme).

Le cours EUR/GBP est relativement stable ce matin et se maintient au-dessus du seuil de £0,89 avant la publication du résultat de l’enquête d’activité PMI du mois de juillet dans le secteur manufacturier britannique. Un recul comme attendu de l’activité des usines britanniques en ce début de 3ième trimestre pourrait venir faire pression sur la livre et ainsi assurer le maintien du cours de change sur ses niveaux actuels. On surveille toujours de près l’actualité liée au Brexit alors qu’une rencontre est prévue ce vendredi entre Theresa May et Emmanuel Macron.

Note  : Erreur glissée dans l’édition du FX Breakfast de la veille, l’indice PMI manufacturier britannique est bien publié mercredi et non mardi. Celui du secteur de la construction sera publié jeudi et celui du secteur des services vendredi.

Perf 2018 = +0,30% / Moyenne 2018 = £0,8807 / Point haut 31 juillet 2018 = £0,8935 / Point bas 31 juillet 2018 = £0,8902 / Clôture 31 juillet 2018 = £0,8906

JPY

EUR/JPY :

La frustration causée par le positionnement mardi de la Banque du Japon (contrôle de la courbe de rendements plus souple mais néanmoins maintenu), jugé par les marchés trop timide de la part des marchés, a engendré une sortie massive des positions à l’achat sur le yen. Quelques jours après avoir testé le seuil de ¥129, le cours EUR/JPY a touché mardi un pic de 7 séances à plus de ¥131 (pic recensé à ¥131,14) avant de se rétracter légèrement en fin de journée. Le repli du yen a été d’autant plus renforcé par un regain d’appétit au risque des investisseurs à l’accueil de la nouvelle d’une tentative de reprise de dialogue entre Pékin et Washington pour régler leurs différends commerciaux.

Le rebond sur le cours EUR/JPY se prolonge ce matin et l’EUR/JPY repointe de nouveau au niveau du seuil de ¥131. Les traders de yen ne semblent pas réellement prêter attention à la publication au cours de la nuit de rapports évoquant une réflexion de la part de Washington à mettre en place de nouvelles mesures de rétorsion plus agressives contre la Chine (taxes de 25% sur $200Mds de produits chinois contre 10% initialement anticipé). Cela peut refléter un peu de lassitude face à ces menaces permanentes de la Maison Blanche dont on sait qu’elles sont souvent utilisées comme un levier de négociation.

Perf 2018 = -3,06% / Moyenne 2018 = ¥131,38 / Point haut 31 juillet 2018 = ¥131,14 / Point bas 31 juillet 2018 = ¥129,67 / Clôture 31 juillet 2018 = ¥130,77

CAD

EUR/CAD :

Comme évoquée en substance dans l’édition de la veille, la très bonne performance de l’économie canadienne au mois de mai, laquelle s’est d’ailleurs révélée meilleure que prévue (+0,5% M/M vs cons. +0,4% / meilleure performance mensuelle depuis 1 an), est venue chasser les incertitudes résidant autour de l’ALENA et d’une supposée mise à l’écart du Canada dans le nouveau cycle de discussions opéré entre les Etats Unis et le Mexique autour de la renégociation des termes de l’accord de libre-échange nord-américain. La bonne santé de l’économie canadienne pourrait, si elle persiste, venir relancer les débats autour d’une nouvelle hausse de taux avant la fin de l’année. On a d’ailleurs observé une petite hausse des anticipations sur les marchés monétaires autour d’une possible intervention au mois d’octobre prochain, réunion en marge de laquelle la banque publiera ses nouvelles projections économiques. Ainsi après un bref retour à C$1,53, le cours EUR/CAD s’est à nouveau rétractée pour revenir sur son support de C$1,52 (clôture à C$1,5203). La présence de ce seuil clé mais également la faiblesse des prix du pétrole mardi (-1% pour le Brent / -2% pour le WTI américain) n’ont pas offert l’occasion au dollar canadien d’accroître ses gains face à l’euro.  

La nouvelle faiblesse des prix du pétrole ce mercredi matin, provoqué par les craintes de ralentissement de la croissance mondiale sous l’effet des tensions commerciales mondiales (croissance moins importante que prévu de la croissance en Zone Euro hier, recul de l’indice privé PMI manufacturier chinois à un plus bas depuis 8 mois ce matin) et la baisse des stocks américains en pétrole, pèse légèrement sur le dollar canadien, et assure le maintien de la paire EUR/CAD au-dessus de C$1,52. À suivre cette après-midi la publication au Canada des résultats de l’enquête d’activité PMI dans le secteur manufacturier au mois de juillet.

Perf 2018 = +0,75% / Moyenne 2018 = C$ 1,5439 / Point haut 31 juillet 2018 = C$ 1,5323 / Point bas 31 juillet 2018 = C$ 1,5190 / Clôture 31 juillet 2018 = C$ 1,5203


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