Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

juil. 31, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 31 juillet 2018 – Sommaire :

  • Rebond de l’euro qui profite de la 1ière salve de chiffres positifs publiés ce matin (fort rebond des ventes au détail en Allemagne et solide PIB en Espagne au T2). La Banque du Japon a de son côté déçu en décidant de ne procéder à un ajustement de ses outils monétaires.
  • L’EUR/USD consolide sa position à plus de $1,17 après le rebond de plus de 1% des ventes au détail allemandes et la bonne performance de l’économie espagnole au T2  (+0,6% T/T vs cons. +0,7%). PIB et inflation en Zone Euro en Europe (11h00) et indices PCE aux Etats Unis (14h30) à suivre.
  • L’EUR/GBP se maintient à plus de £0,89 alors que plusieurs enquêtes signalent une dégradation du sentiment des ménages britanniques à l’égard des négociations sur le Brexit.
  • Le cours EUR/JPY remonte à plus de ¥130 ce matin après la décision de la Banque du Japon de maintenir son engagement de contrôle du taux obligataire à 10 ans autour de 0% malgré une politique de rachat désormais plus flexible.
  • Le cours EUR/CHF reste toujours à proximité du seuil de ₣1,16 mais ne parvient toujours pas à l’atteindre.
  • La paire EUR/CAD a fait un bref passage à plus de C$ 1,53 alors que plusieurs médias américains ont révélé hier que le Canada serait pour le moment exclu du nouveau cycle de discussions sur l’ALENA.
  • L’EUR/SEK corrige au-dessus de SEK 10,25 après son important repli de la veille provoqué par une croissance du PIB au T2 plus robuste que prévu.
  • L’EUR/CNH franchit ce matin le seuil de ¥8,0 après la publication d’indicateurs PMI officiels (manufacturier & services) en repli par rapport au mois précédent. Depuis 2014, c’est seulement la 2ième fois que le cours franchit ce plafond.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :

Bien que les premiers indicateurs d’inflation de juillet publiés lundi en Europe se soit avérés légèrement moins robustes que prévu – repli de l’inflation en Allemagne de 2,1% à 2,0% en juillet (cons. 2,1% A/A) et inflation stable à 2,3% en Espagne sur la même période (cons. 2,4% A/A) – cela n’a pas pour autant apeuré les investisseurs européens qui préfèrent louer le maintien de ces indices sur des niveaux proches de 2%, ou l’objectif de long terme fixé par la Banque Centrale Européenne (BCE). Au contraire, sur la lancée de la séance de vendredi, l’EUR/USD a accentué son rebond jusqu’à retourner au-dessus du seuil des $1,17 (clôture à $1,1704), bien aidé il faut le reconnaître par un dollar sur la défensive à l’approche de la nouvelle réunion de la Fed (mercredi) et également sensible à la mauvaise performance sur les derniers jours des valeurs boursières du secteur de la Technologie (-1,4% lundi et -4,2% sur les 3 dernières séances pour l’indice américain Nasdaq). Du côté des acheteurs de dollar, on reste prudent quant à un éventuel volte-face de la Fed sur son calendrier de deux hausses de taux au second semestre 2018 après les critiques virulentes proférées par la président américain à son encontre. La réunion du milieu de semaine devrait nous en dévoiler plus sur ses intentions.

La journée de mardi sera extrêmement riche en chiffres économiques en Europe avec comme point d’orgue les publications coup sur coup en fin de matinée (11h00) des premières estimations de croissance au second trimestre et les premiers indicateurs d’inflation du mois de juillet en Zone Euro. On aura également un œil sur les premières estimations de PIB au T2 en Espagne et en Italie, mais également aux statistiques de chômage en Allemagne et en Zone Euro. À la lueur de ces indicateurs, cela permettra de jauger de la dynamique de croissance en Zone Euro et ainsi évaluer si l’optimisme dégagé par le gouverneur central européen, Mario Draghi, à l’égard des perspectives économiques de la région est justifié ou mérite d’être nuancé. De bons fondamentaux européens viendraient probablement soutenir la dynamique positive actuelle autour de l’EUR/USD, d’autant plus que le dollar pourrait quant à lui rester en retrait en attendant la Fed ce mercredi, cela malgré la publication dans l’après-midi des indices mensuels PCE de dépenses de consommation des ménages et de l’indice Conference Board de confiance des ménages américains. Ainsi, il est fort possible que l’on assiste à une consolidation de la paire de change dans un couloir de $1,17-$1,18, un couloir qui pourrait néanmoins s’élargir quelque peu vers le haut (pic à $1,1851 sur les deux derniers mois) en cas de performances en Europe bien supérieures aux attentes du consensus. Attention à la douche froide si l’économie européenne déçoit et montre comme au 1er trimestre quelques signes de fébrilité, auquel cas un retour de l’EUR/USD sous $1,17 est à attendre.

Perf 2018 = -2,34% / Moyenne 2018 = $1,2040 / Point haut 30 juillet 2018 = $1,1719 / Point bas 30 juillet 2018 = $1,1646 / Clôture 30 juillet 2018 = $1,1704

GBP

EUR/GBP :

En l’absence d’indicateurs et nouvelles majeurs au Royaume-Uni lundi, le cours EUR/GBP a surtout vogué au gré des mouvements de l’euro. Influencé par le rebond de la paire EUR/USD et les relativement bons indicateurs économiques parus lundi en Europe (1ière fois depuis 2012 que l’inflation en Allemagne ressort à 2% ou plus pendant trois mois consécutifs), l’EUR/GBP a fait son retour au-dessus du seuil de £0,89 (clôture à £0,8911) après s’en être écarté brièvement la semaine dernière. Le refus du camp européen aux dernières propositions de Theresa May semble avoir finalement laissé un goût amer dans la bouche des investisseurs, lesquels attendent désormais la réponse du gouvernement et de sa première ministre Theresa May.  Les incertitudes du Brexit restent encore et toujours un handicap pour la livre malgré l’approche de la réunion de la Banque d’Angleterre de jeudi en marge de laquelle une nouvelle hausse de taux est largement anticipée (probabilité estimée à 87% ce mardi sur les marchés à terme).

Ce matin la livre sterling poursuit son recul  et oscille autour de £0,8920 face à l’euro alors qu’un indicateur du cabinet Gfk indique un recul de la confiance des ménages britanniques au mois de juillet à un plus bas depuis 5 mois (-10 vs cons. -9 et -9 en juin). Cela fait écho au sondage publié lundi par la chaine Sky qui indique que 65% des sondés estiment que le résultat des négociations sur le Brexit seront mauvaises pour le Royaume-Uni, tandis que 80% d’entre eux jugent mauvaise la gestion du Brexit par la 1ière ministre Theresa May. En milieu de matinée, les regards seront tournés vers la première des trois enquêtes PMI publiées cette semaine au Royaume-Uni, celle sur le secteur manufacturier dont l’activité est attendue en léger repli en juillet (cons. 54,2 vs 54,4 en juin). Un contraste de résultats économiques en Europe et au Royaume-Uni pourrait maintenir l’EUR/GBP sur une dynamique haussière, et ainsi confirmer son retour à plus de £0,89. On reste attentif à l’approche du seuil de £0,8967 qui est le pic du cours de change cette année.

Perf 2018 = +0,36% / Moyenne 2018 = £0,8806 / Point haut 30 juillet 2018 = £0,8919 / Point bas 30 juillet 2018 = £0,8879 / Clôture 30 juillet 2018 = £0,8911

JPY

EUR/JPY :

Les marchés attendaient un premier ajustement monétaire de la part de la Banque du Japon ce mardi, finalement celui-ci n’a pas eu lieu, les décisionnaires japonais jugeant le niveau d’inflation dans le pays trop faible pour justifier une modification notable de sa politique accommodante actuelle. Si sans surprise, la banque centrale a conservé son taux directeur et son programme de rachats d’actif inchangé, les marchés s’étaient laissés convaincre la semaine dernière sur l’éventualité d’un assouplissement des mesures de contrôle de la courbe de rendement. Mal lui en pris puisque la Banque du Japon a décidé ce mois-ci de réitérer son engagement à maintenir le taux 10 ans autour de 0% mais se montrera néanmoins plus flexible vis-à-vis des futures variations des taux obligataires qui seront autorisés à s’écarter succinctement de l’objectif fixé. C’est un premier (petit) pas réalisé par l’organisme monétaire mais les mesures ne sont pas aussi importantes que ce l’avait imaginé les marchés. Résultat, après avoir rejoint ses plus hauts niveaux depuis deux ans, le taux obligataire japonais à 10 ans chute de moitié et tombe sous 0,06% (seuil de de 0,11% franchi la veille), tandis que l’EUR/JPY remonte à plus de ¥130.

Perf 2018 = -3,46% / Moyenne 2018 = ¥131,39 / Point haut 30 juillet 2018 = ¥130,07 / Point bas 30 juillet 2018 = ¥129,24 / Clôture 30 juillet 2018 = ¥129,98

CAD

EUR/CAD :  

Alors que le dollar canadien avait amorcé un rebond la semaine dernière sur fond de réduction des frictions commerciales mondiales, la devise touchant au passage un pic de plus d’un mois face à l’euro à moins de C$ 1,52 (point bas enregistré à C$1,5171), celui-ci connait un début de semaine plus difficile et subit à nouveau les incertitudes extérieures concernant l’ALENA. L’accord conclu entre les Etats Unis et l’Union Européenne mercredi dernier avait ravivé l’espoir d’une possible sortie d’impasse des négociations sur l’accord de libre-échange nord-américain, un sentiment d’optimisme qui avait été d’autant plus renforcé par les échos positifs publiés jeudi en marge de la venue à Washington d’une délégation mexicaine bien décidée à réamorcer les discussions sur le sujet. Alors que les deux camps évoquaient jeudi dernier la possibilité d’un accord à trois fin août, le Canada se voit exclu du nouveau processus de discussions à en croire une source proche du représentant américain au commerce, Robert Lighthizer. Les Etats Unis réclament d’importantes concessions de la part de son voisin canadien avant de pouvoir le réinclure dans le cercle de discussion, un scénario qui semble davantage renforcer la thèse d’accords bilatéraux plutôt qu’un accord à trois, un scénario privilégié par Donald Trump mais craint par les autorités canadiennes. Ce jeudi, le ministre de l’économie mexicain se rendra à Washington pour rencontrer Lighthizer, une réunion à laquelle ne participera pas la ministre canadienne des affaires étrangères Chrystia Freeland. Doit-on y voir une tentative américaine d’isolation du Canada afin de le forcer à revoir sa copie et ajuster ses positions ? Cela en a tout l’air, mais quoi qu’il en soit le dossier de l’ALENA reste loin d’être clôt et son éventuelle rupture reste une menace importante pour l’économie canadienne. L’EUR/CAD a retouché le niveau de C$1,53 ce matin avant de corriger légèrement et de retomber sous ce seuil. Malgré le retour de pressions baissières sur le dollar canadien, celles-ci pourraient être temporairement atténuées par la publication dans l’après-midi d’un très robuste chiffre de croissance mensuelle du PIB canadien au mois de mai (cons. +0,4% M/M – meilleure performance de l’année potentiellement égalée). Cela pourrait ainsi permettre à la paire de change de se stabiliser sur ses niveaux actuels entre C$1,52 (plancher actuel) et C$1,53.

Perf 2018 = +1,21% / Moyenne 2018 = C$ 1,5441 / Point haut 30 juillet 2018 = C$ 1,5268 / Point bas 30 juillet 2018 = C$ 1,5209 / Clôture 30 juillet 2018 = C$ 1,5228


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.