Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

juil. 27, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 27 juillet 2018 – Sommaire :

  • Gueule de bois post-BCE pour l’euro qui tente d’effacer une partie des importantes pertes de la veille. Un PIB français décevant au T2 n’y aide cependant pas. Le yen poursuit son rebond alors que le taux 10 ans est sur ses plus hauts niveaux depuis 2016.
  • L’EUR/USD se stabilise au niveau de $1,1640 mais ne parvient pas réellement à se redresser. La 1ière estimation de PIB en France publiée ce matin s’avère moins robuste que prévu (+0,2% T/T vs cons. +0,3%) et contraste avec la très probable performance impressionnante de l’économie américaine sur cette période (cons. 4,1% T/T vs 2,0% au T1). PIB US publié à 14h30.
  • L’EUR/GBP reste stable et se maintient à £0,8880. Les investisseurs préfèrent rester prudents après le nouveau refus adressé par Bruxelles au plan de sortie britannique. Le ton plus conciliant du camp européens appelle à l’espoir d’une issue positive.
  • L’EUR/JPY poursuit sa correction et se dirige tout droit vers le seuil de ¥129 alors que les taux 10 ans japonais sont de retour ce matin sur le niveau plafond de 0,1% formé début 2016. Beaucoup d’attentes avant la réunion de la Banque du Japon de mardi prochain.
  • L’EUR/CHF tente de se redresser après avoir chuté la veille à un plus bas depuis 3 semaines sous ₣1,16, mais reste néanmoins sous ce seuil ce matin.
  • L’EUR/CAD continue de chuter et est ce matin à hauteur de C$1,52 (plus bas depuis mi-juin) après les échos positifs en provenance de Washington concernant l’ALENA. Américains et mexicains se veulent optimistes sur la possibilité de convenir d’un accord de principe à trois d’ici fin août.
  • La couronne suédoise abandonne 0,2% face à l’euro après la publication ce matin d’une contraction surprise de près de 2% des ventes au détail au mois de juin. L’EUR/SEK remonte légèrement après avoir atteint la veille un point bas depuis 2 semaines à SEK 10,25.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :  Comme l’on pouvait s’y attendre, la banque centrale européenne (BCE) n’a pas varié sa position par rapport à juin, malgré un certain optimisme à l’égard des perspectives économiques en Europe jugées toujours solides et généralisée, et entend ainsi maintenir ses taux inchangés au moins « tout au long de l’été 2019 ». Cette décision a forcément déçu les investisseurs qui espéraient des signes flexibilité de la banque sur son calendrier de taux au regard d’un regain de dynamique de l’économie en Zone Euro sur la fin du second trimestre et d’un retour de l’inflation en juin à l’objectif de 2% fixé par la banque. Sur ce dernier point, le président de la banque, Mario Draghi, s’est déclaré satisfait mais pas pour autant triomphaliste. Il est encore trop tôt, selon lui, pour crier victoire et reste prudent sur la durabilité de cette dynamique qui reste amplement dépendante du sursaut récent des prix de l’énergie et des denrées alimentaires. Le maintien d’un indice d’inflation de base sous le seuil de 1% (0,9% en juin) a par ailleurs été pointé du doigt pour illustrer un risque qui néanmoins tend à progressivement se résorber, a toutefois tenu à préciser le gouverneur central lors de sa conférence de presse. Maintenant son cap monétaire, la BCE n’a pas réellement surprise mais confirmé un non-empressement pour l’heure à relever ses taux contrairement à ses homologues américains, canadiens et britanniques, mais aussi norvégiens et suédois qui envisagent une 1ière hausse de taux d’ici la fin de l’année. Ce choix contraste avec la dynamique actuellement observés dans un grand nombre d’économies développées et traduit ainsi un décalage de cycle monétaire, lequel se traduit sur les marchés monétaires par un écart de rendements entre les taux européens et ceux de ses pairs. Ce décalage est d’autant plus grand avec les Etats Unis (taux directeur américains à 1,75%-2,00% vs 0,0% en Europe) où la Fed est engagée dans une politique de normalisation monétaire pour le moins agressive (déjà deux hausses de taux au S1 et deux nouvelles prévues au S2). L’euro a ainsi cédé du terrain face aux devises contre lesquelles les divergences monétaires sont les plus importantes, et en premier lieu face au dollar américain contre lequel la devise européenne a enregistré jeudi sa plus mauvaise performance au sein de l’univers du G10.  L’EUR/USD s’est en effet rétracté de plus de 0,7% et chuté à son plus bas niveau de la semaine sous le seuil de $1,1650 (clôture à $1,1641).

De nouveau dans les cordes, l’EUR/USD peut néanmoins compter sur la présence à proximité d’un support important à $1,16 – seuil qui n’a été franchi qu’à deux reprises au mois de juillet et que la paire de change peine à casser durablement sur les dernière semaines – pour se stabiliser et reprendre un peu son souffle. C’est ce qui semble être le cas ce matin où l’on voit le cours rebondir légèrement et tenté de rejoindre le seuil de $1,1650, cela malgré la publication ce matin d’une première estimation de croissance en France au second trimestre moins robuste que prévu, la dynamique restant du même calibre que celle déjà entrevue au premier trimestre. (+0,2% T/T vs cons. +0,3% et +0,2% au T1 2018). Ce petit répit pourrait cependant être de très courte durée alors que l’on attend en début d’après-midi (14h30) les premiers chiffres de croissance aux Etats Unis au T2 2018. Le consensus table sur une croissance de l’économie deux fois plus importante qu’au trimestre précédent de plus de 4% (cons. +4,1% T/T annualisée), ce qui serait tout bonnement la meilleure performance enregistrée par l’économie américaine depuis plus de 8 ans. Même si l’on peut penser que ce résultat est déjà plus ou moins anticipé et intégré par les marchés, celui-ci pourrait néanmoins soutenir un nouveau rebond du dollar et offrir l’occasion à l’EUR/USD de retester la résistance du plancher de $1,16.

Perf 2018 = -2,94% / Moyenne 2018 = $1,2044 / Point haut 26 juillet 2018 = $1,1743 / Point bas 26 juillet 2018 = $1,1637 / Clôture 26 juillet 2018 = $1,1641

GBP

EUR/GBP :  Après une réunion de travail de trois jours entre négociateurs des deux camps,Bruxelles, par la voix de son négociateur en chef, Michel Barnier, a demandé à Londres de revoir sa copie, la version actuelle du plan de sortie proposé par le gouvernement de Theresa May étant jugée pour l’heure pas totalement satisfaisant au regard des exigences des responsables européens. Le point de la frontière irlandaise (entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord) , que britanniques et européens souhaitent qu’elle reste invisible, reste toujours le point de contentieux principal dans les négociations. L’Union Européenne (UE) ne souhaite en aucun cas déléguer la collecte des droits de douanes sur l’ensemble des marchandises transitant par le Royaume-Uni et pousse pour la mise en place d’un « filet de sécurité » assurant que la réglementation en Irlande du Nord reste rattachée à celle de l’UE pour une période illimitée en cas d’absence d’accord final, ce qui demeure pour l’heure une option inenvisageable aux yeux des décisionnaires britanniques qui refusent la caractéristique d’ « illimitée ». Malgré ce nouvel écueil, on reste plutôt optimiste du côté européen sur la capacité de trouver un terrain d’entente commun d’ici le mois d’octobre, date du prochain sommet européen. Sur ces derniers jours, on remarque un nouveau visage plus conciliant du côté européen qui tranche avec l’inflexibilité démontrée lors des mois précédents. Aussi, bien que cela ne se voit pas encore matériellement, un motif d’espoir demeure quant à une issue positive des négociations. La livre sterling reste donc bien dans une position de revalorisation face à l’euro même si l’on observe encore une certaine prudence des investisseurs à se tourner massivement vers la livre sterling. Echaudés par les turbulences politiques des dernières semaines, ces derniers préfèrent se montrer patients et attendre des arguments tangibles d’amélioration avant de s’emballer et reprendre des positions massives à l’achat sur la livre. Après une tentative de retour à £0,8850 largement soutenu par un ralentissement de l’euro en marge de la réunion de la BCE  (point bas recensé à £0,8862), le cours a abandonné une partie de ses pertes suite à l’annonce en fin d’après-midi du refus par l’Europe des dernières proposition britanniques mais n’a été cependant en aucune mesure de revenir au-dessus du seuil de £0,89 (clôture à £0,8880).

Le cours EUR/GBP est relativement stable ce matin et se maintient à hauteur des niveaux de £0,8880-90 en attendant d’éventuelles réactions en provenance du gouvernement britannique après les annonces de la veille . Il reste à savoir si Theresa May est prête à procéder à de nouvelles concessions, au risque de s’attirer les foudres de son parti et de déclencher de nouvelles turbulences politiques dans le pays, ou se montre inflexible et accentue alors le risque d’un scénario de sortie sans accord en mars 2019. Dans les deux cas, cela pourrait faire renaître de nouvelles pressions baissières sur la livre et ainsi freiner sa récente dynamique de revalorisation face à l’euro alors même que les regards devraient normalement désormais se tourner vers la réunion de la Banque d’Angleterre de jeudi prochain au cours de laquelle une hausse de taux est attendue (cons. 0,75% vs 0,50% auparavant). Le seuil de £0,89 reste toujours à proximité, aussi les investisseurs n’hésiteront pas à pousser le cours au-dessus de ce niveau s’ils perçoivent de nouvelles sources importantes d’inquiétude au Royaume-Uni.

Perf 2018 = -0,06% / Moyenne 2018 = £0,8805 / Point haut 26 juillet 2018 = £0,8896 / Point bas 26 juillet 2018 = £0,8862 / Clôture 26 juillet 2018 = £0,8880

JPY

EUR/JPY :   La déception des marchés qui accompagne la politique prudente de la BCE en matière de politique de taux tranche avec l’espoir d’un premier ajustement monétaire par la Banque du Japon lors de la réunion programmée mardi prochain. Cette dernière pourrait en effet se montrer moins rigide que dans le passé concernant l’encadrement des taux d’obligataires, d’où le rebond observé depuis le début de la semaine des rendements à 10 ans qui reviennent ce matin à hauteur de ses plus hauts niveaux depuis 2016 (seuil de 0,1% touché ce matin). Cette hausse attire de nouveaux acheteurs de yen attirés par ces rendements plus attractifs et soutient la dynamique de revalorisation du yen amorcé la semaine dernière. Surtout elle a constitué l’élément déclencheur assurant le franchissement du support de ¥130 contre lequel la paire butait depuis le début de la semaine (clôture jeudi à ¥129,50) . Portée par les divergences d’attente en matière de politique monétaire entre la BCE et la Banque du Japon (BoJ), la paire EUR/JPY accentue ce matin sa chute grâce notamment à des chiffres d’inflation meilleurs que prévu dans la métropole de Tokyo (indice de base ressorti à +0,8% A/A vs cons. +0,7% et +0,7% en juin). Le seuil de ¥129 est désormais dans le viseur et pourrait être atteint d’ici la fin de la journée si les taux japonais se maintiennent sur ces niveaux élevés. Attention tout de même au retour de manivelle si les décisionnaires monétaires japonais ne délivrent pas ce que l’on attend d’eux.   

Perf 2018 = -4,36% / Moyenne 2018 = ¥ 131, 40 / Point haut 26 juillet 2018 = ¥ 130,27 / Point bas 26 juillet 2018 = ¥ 129,43 / Clôture 26 juillet 2018 = ¥ 129,50

CHF

EUR/ CHF : La déception causée par la BCE et son inflexibilité vis-à-vis de sa politique de taux, malgré un regard optimiste vis-à-vis des perspectives économiques en Zone Euro, aura été jeudi un facteur préjudiciable à la paire EUR/CHF. Mis à mal depuis plusieurs jours, le seuil de 1,16 a cette fois cédé et la paire EUR/CHF a chuté à son plus bas niveau depuis 3 semaines (clôture à 1,1572 ). En l’absence d’éléments suggérant une prochaine hausse de taux en Europe – pas attendue avant l’automne 2019 – et des risques politiques prédominants en Europe, avec en premier lieu l’Italie et son gouvernement populiste qui font toujours office de bombe à retardement aux yeux de certains observateurs européens, les investisseurs voient peu de raisons de se détacher de leurs positions en franc suisse. Bien au contraire. Compte tenu de la proximité du cours avec le seuil plancher de 1,15 qui fait office de support psychologique important sur la paire de change, le potentiel baissier de celle-ci reste limité en l’absence de nouvelles turbulences importantes en Europe. Le cours EUR/CHF tente ce matin de se redresser mais reste néanmoins sous 1,16.

Perf 2018 = -0,87% / Moyenne 2018 = 1,1687 / Point haut 26 juillet 2018 = 1,1638 / Point bas 26 juillet 2018 = 1,1571 / Clôture 26 juillet 2018 = 1,1572


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