Actualités du marché des devises

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juil. 19, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 19 juillet 2018 – Sommaire :

  • Sentiment mitigé des marchés face aux nouvelles pertes des bourses chinoises (5ième séance consécutive de pertes) et du recul du yuan à un plus bas depuis 1 an face au dollar US. Dynamique baissière sur les paires EUR/USD & EUR/CHF qui se prolongent.
  • L’EUR/USD & l’EUR/CHF restent à proximité de leur support respectif à $/₣ 1,16. Une cassure de ces barrières pourrait initier des pertes plus importantes.
  • L’EUR/GBP se maintient ce matin sur ses plus hauts niveaux depuis 4 mois à plus de £0,89 en attendant la publication des nouvelles statistiques de ventes au détail au Royaume-Uni (10h30). Nouveau ministre britannique du Brexit (D. Raab) attendu à Bruxelles ce jeudi.
  • L’EUR/JPY poursuit son repli mais reste pour le moment au-dessus de ¥131. Le retour sur la pointe des pieds hier des craintes liées aux tensions commerciales garde un effet très mesuré sur le yen.
  • Malgré de très solides chiffres de l’emploi publiés ce matin en Australie (+51k vs cons. +17k), l’EUR/AUD reste stable ce matin à hauteur de A$1,5750. La devise est pénalisée par la lourde chute des prix des métaux provoquée par la montée des inquiétudes vis-à-vis de la Chine.
  • La couronne norvégienne recule ce matin de -0,3% face à l’euro et revient à hauteur de NOK 9,54 à cause d’un recul ce matin de près de 1% du prix de l’indice pétrolier Brent ($72).
  • Le cours EUR/CNH enregistre un solide rebond de +0,5% et approche tout doucement le niveau de ¥7,90.
  • L’EUR/ZAR s’échange ce matin à plus de ZAR 15,50 (+0,6%) avant la décision monétaire de cette après-midi (cons. Statu quo). Le rand apparaît lui aussi pénalisé par la chute des prix des matières premières.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :  Surfant sur les propos tenus mardi par le gouverneur central américain, le dollar américain a prolongé son rebond durant la première partie de journée de la séance de mercredi, l’EUR/USD se rapprochant alors tout doucement du seuil de $1,16. L’euro s’est avéré être également pénalisé par la révision à la baisse, non attendue, de l’indice d’inflation de base en Zone Euro au mois de juin, de 1,0% à 0,9% (plus bas depuis 5 mois). La paire de change a ralenti sa chute à l’approche de ce seuil clé (barrière néanmoins touchée hier pour la 1ière fois en 12 séances) et légèrement retracé pour finir la séance non loin du niveau de $1,1650 (clôture à $1,1638). L’échec au test de $1,16 tend à confirmer notre commentaire de la veille, à savoir l’aspect psychologique que revêt cette barrière pour les investisseurs. Si la nouvelle sortie du président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, mercredi devant les députés de la chambre des Communes, n’a pas eu cette fois de réels impacts sur la devise américaine - celui-ci ne laissant transparaître aucun élément susceptible de venir menacer l’engagement à poursuivre la politique en cours de remontée des taux d’intérêt (deux nouvelles hausses inscrites à l’agenda pour le second semestre 2018) – les statistiques décevantes du secteur de la construction aux Etats Unis (contraction des permis de construire et mises en chantier en juin), la mise en garde du FMI contre les effets néfastes du protectionnisme ou les premiers signes d’inquiétude observés chez les industriels américains à l’égard de la hausse des droits de douane dans le monde se sont consécutivement révélés être des facteurs venant freiner le rebond de la devise américaine. En effet, le Livre Beige de la Fed, document revenant en détail sur les dynamiques économiques au sein de 12 zones géographiques aux Etats Unis, a mis en exergue les craintes des industries américaines à l’égard des mesures douanières mises en place par Washington, notamment sur l’acier et l’aluminium, mais également en Chine, en Europe ou au Canada, qui laissent entrevoir pour eux un double risque de baisse de la demande globale et de leurs marges sous l’effet d’une hausse rapide des coûts de production due à des frais d’import d’intrants plus importants.

L’EUR/USD reste globalement influencé ces derniers jours par le regain de forme du dollar américain, principalement provoqué par une plus forte attractivité des rendements des taux américains (taux souverains 10 ans US de retour à un pic de 3 semaines à presque 2,90%) face à ses pairs européens sous l’effet d’une nouvelle mise en lumière cette semaine de divergences fortes des deux côtés de l’Atlantique en matière de politique monétaire. La paire souffre au passage d’une relative absence de leviers et/ou arguments offrant l’occasion aux « acheteurs d’euro » de se repositionner sur les marchés des changes. Le calendrier économique très léger en Europe cette semaine n’aide pas. Aussi, ce jeudi on voit peu de raisons à l’horizon à ce que la dynamique baissière des deux dernières séances ne variefortement. Néanmoins, dans son malheur peut pour le moment compter sur la présence du support de $1,16 qui parvient pour le moment à repousser les assauts de la paire de change. Si l’EUR/USD reste plus que jamais à l’écoute des rumeurs et bruits de couloir concernant le sentiment des responsables monétaires (Fed & BCE) et politiques (Italie & Etats Unis), celle-ci ne montre pour le moment aucun signe de redressement et s’échange ce matin autour de $1,1630.

Perf 2018 = -3,18% / Moyenne 2018 = $1,2059 / Point haut 18 juillet 2018 = $1,1665 / Point bas 18 juillet 2018 = $1,1600 / Clôture 18 juillet 2018 = $1,1638

GBP

EUR/GBP :  La livre sterling a été, une fois n’est pas coutume, la grande perdante de la séance de mercredi, pénalisée à la fois par des chiffres d’inflation en dessous des attentes venant ajouter un peu d’incertitude sur le scénario central actuel de possible hausse de taux de la Banque d’Angleterre en août et un contexte politique toujours très incertain dans lequel la première ministre Theresa May est de plus en plus remis en cause. Attendue par les économistes en hausse (cons. 2,6%), la dynamique annuelle d’inflation générale est finalement restée stable à 2,4% tandis que celle de l’indice de base est à la surprise générale retombée sous le seuil de 2% pour la 1ière fois depuis 15 mois (1,9% vs cons. 2,2% et 2,1% en mai). Ce fléchissement naturel des prix à la consommation pourrait constituer un argument susceptible de convaincre les responsables monétaires britanniques à ne pas se précipiter à procéder à une nouvelle hausse de taux le 2 août prochain, d’autant plus que les perspectives économiques restent toujours très floues en l’absence de réelles avancées dans les négociations de sortie, laissant de ce fait planer une épée de Damoclès au-dessus de l’économie britannique en cas de sortie sans accord. Sur les marchés monétaires, on maintient la confiance dans le scénario d’une intervention dans deux semaines, même si la probabilité de cet évènement n’est plus ce matin que de 68% contre un peu plus de 77% à la même heure la veille. Au niveau politique, Theresa May tente de maintenir le cap tant bien que mal malgré la grogne qui monte et a renouvelé mercredi devant les parlementaires son engagement à poursuivre son plan de sortie. De son côté, Boris Johnson, lors de son discours revenant en longueur sur son récent départ du gouvernement, est resté plutôt mesuré dans ses critiques à l’égard de Theresa May, à qui il demande de revenir à sa précédente ligne de conduite, moins conciliante avec l’Europe. La livre sterling a ainsi enregistré mercredi sa 3ième séances consécutives de recul face à l’euro pour une performance cumulée de -0,8% depuis le début de la semaine et touché à cette occasion un nouveau point bas sur les 4 derniers mois à £0,8931, avant de corriger légèrement en fin de séance et revenir à hauteur du seuil de £0,89 (clôture à £0,8903). Cette barrière de £0,89, justement, continue de jouer à merveille son rôle de résistance sur la paire EUR/GBP et parvient pour le moment à contenir les vives pressions haussières sur le cours de change.

Alors que le cours de change reste assez stable ce matin, à plus de £0,89, la volatilité pourrait progressivement s’agiter au fil de la journée puisque la livre sterling devrait être très sensible à la vigueur des nouvelles statistiques de ventes au détail publiées en milieu de matinée au Royaume-Uni, mais également à la couleur des premiers échanges attendus aujourd’hui le nouveau ministre britannique du Brexit, Dominic Raab, et les négociateurs européens. Alors que l’on observe une importante couverture médiatique des vifs débats entre pro-européens et partisans du Brexit sur le nouveau plan de sortie proposé par Theresa May il y a un peu plus de 10 jours, on reste toujours dans l’attente des premières impressions des responsables politiques européens sur ces propositions. Le seuil de £0,89 déjà franchi, le prochain seuil clé pour la paire EUR/GBP se situe à hauteur de £0,8960 qui n’est autre que le pic de l’année 2018. Néanmoins, compte tenu de l’agitation récente, on peut raisonnablement tabler sur une légère correction de l’EUR/GBP si tenté que les ventes au détail ne viennent pas entraver le scénario de hausse de taux cet été et que les incertitudes politiques ne s’intensifient pas.

Perf 2018 = +0,39% / Moyenne 2018 = £0,8801 / Point haut 18 juillet 2018 = £0,8931 / Point bas 18 juillet 2018 = £0,8872 / Clôture 18 juillet 2018 = £0,8903

JPY

EUR/JPY :   Le yen a enregistré mercredi un léger sursaut grâce à l’appui d’un retour, sur la pointe des pieds, des tensions commerciales et de ses répercussions potentielles sur la croissance mondiale. Dans une note publiée mercredi, le Fond Monétaire Internationale a de nouveau tiré la sonnette d’alarme face aux risques que font porter les politiques protectionnistes sur l’économie mondiale et évalue les dommages collatéraux d’un déclenchement d’une guerre commerciale à une réduction de -0,5% du PIB mondial à horizon 2020, soit $400Mds. À ce jeu-là, les Etats Unis pourraient être le pays le plus sévèrement impacté, juge l’organisation. C’est aussi la crainte ressentie et partagée par un nombre croissant de d’industriels américains si l’on se réfère à un rapport publié par la réserve fédérale américaine mercredi soir (Livre Beige). De son côté, la Chine ne semble pas décidée à se laisser faire et entend prochainement répliquer à Washington et ses taxes sur l’acier et l’aluminium (respectivement de 25% et 10%), a indiqué mercredi le ministre du commerce chinois. Un léger vent d’anxiété soufflé sur les marchés a ainsi suffi à légèrement inverser la dynamique haussière des deux dernières semaines (rebond de plus de 2%) et renvoyé la paire EUR/JPY vers ¥131. Néanmoins, ces pressions haussières sur le yen ne se sont pas révélées assez puissantes pour assurer un retour permanent du cours de change sous cette barrière (clôture à ¥131,32). Ce matin, le yen accentue son rebond grâce aux effets combinés relevant de l’annonce ce matin par la Banque du Japon d’une première réduction depuis janvier de ses volumes mensuels de rachat d’actifs de très long terme et de la publication d’un surplus commercial en juin plus important que prévu (¥721Mds vs cons. ¥534Mds et -¥580Mds). L’EUR/JPY reste ainsi à proximité du seuil de ¥131 mais parvient pour le moment au-dessus de cette barrière.

Perf 2018 = -2,94% / Moyenne 2018 = ¥ 131, 46 / Point haut 18 juillet 2018 = ¥ 131,77 / Point bas 18 juillet 2018 = ¥ 130,86 / Clôture 18 juillet 2018 = ¥ 131,32

CHF

EUR/C HF :   Nouvelle séance baissière pour l’EUR/CHF mercredi, lequel a testé le seuil de 1,16 sans toutefois réussir à la briser   (point bas recensé à 1,1601). La révision à la baisse de l’estimation d’inflation de base en Zone Euro (panier de valeur excluant les produits aux prix jugés trop volatiles tels que l’énergie, les denrées alimentaires, le tabac et l’alcool) a surpris les marchés et réduit au passage la perspective d’une action anticipée de la BCE à l’été 2019 plutôt qu’à l’automne 2019 comme il l’est aujourd’hui grandement anticipé (scénario central). Le cours de change a rapidement stoppé sa chute à l’approche du palier de 1,16, qui se pose officiellement comme un support clé aux yeux des investisseurs, et modestement retracé en fin de séance pour revenir à hauteur du niveau de 1,1630. La dynamique reste amplement baissière en l’absence de solides leviers de rachat d’euro et l’EUR/CHF se maintient ce matin toujours très proche de son support, qui pourrait être mis une nouvelle fois aujourd’hui à rude contribution. Comme avec le niveau de 1,17 en début de semaine, la frustration pourrait gagner les acheteurs de franc suisse en cas d’échecs répétés dans les tentatives de cassure de la barrière de 1,16 et ainsi soutenir un modeste rebond correctif de la paire de change vers 1,1650- 1,1700.

Perf 2018 = -0,60% / Moyenne 2018 = ₣1,1690 / Point haut 18 juillet 2018 = ₣1,1669 / Point bas 18 juillet 2018 = ₣1,1601 / Clôture 18 juillet 2018 = 1, 1625


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