Actualités du marché des devises

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juil. 18, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 18 juillet 2018 – Sommaire :

  • Forte résonnance ce matin des propos optimistes tenus la veille par le gouverneur américain tandis que le Royaume-Uni apparaît de nouveau secoué par d’importantes secousses politiques. Résultat fort rebond du dollar & livre sterling sous pression.
  • L’EUR/USD accentue sa chute de la veille et se rapproche tout près du seuil de $1,16 (support clé). Révision des chiffres d’inflation en Zone Euro (11h00) & nouvelle apparition publique de Jerome Powell (16h00) à suivre.
  • L’EUR/GBP reste à proximité de son plafond de £0,89 alors que Theresa May apparaît plus que jamais en position de faiblesse et voit son leadership remis en cause. Inflation (10h30) à suivre.
  • L’EUR/JPY se replie mais reste au-dessus de ¥131 tandis que l’EUR/CHF retombe à ₣1,1650.
  • L’EUR/CAD et l’EUR/AUD restent stables à respectivement C$1,54 et A$1,58 alors que les prix des matières premières – pétrole et cuivre - sont en recul après les nouvelles pertes enregistrées par la bourse chinoise.
  • Hausse plus modeste que prévu de l’inflation générale (de 4,4% à 4,6%) mais recul surprise de l’indice de base (de 4,4% à 4,2%) en Afrique du Sud. Investisseurs indécis sur l’issue de la réunion monétaire de demain. EUR/ZAR stable à ZAR 15,45.

Volatilité sur les marchés des changes  – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :  Profitant d’un contexte global moins hostile et d’un élan de confiance des investisseurs envers l’euro, notamment favorisé par l’annonce dans la matinée de mardi d’un accord de libre-échange sans précédent entre l’Union Européenne et le Japon après près de 6 ans de négociation, l’EUR/USD semblait en marche pour se détacher du seuil de $1,17 et enregistrait dans la foulée un pic à $1,1744. Cette dynamique s’inversa totalement dans l’après-midi sous l’impact d’un nouveau rebond du dollar américain soutenu par les propos optimistes du gouverneur central américain, Jerome Powell. En effet, à l’occasion de son audition semestrielle devant le Sénat, la 1ière depuis sa prise de fonction à la présidence de la réserve fédérale américaine (Fed), ce dernier a loué la robustesse de l’économie américaine et s’est voulu très confiant sur les perspectives du pays qui devrait continuer de profiter des assouplissements fiscaux réalisés en décembre dernier et de nouveaux gains sur le marché de l’emploi malgré un taux de chômage tout proche de ses plus bas niveaux depuis 18 ans. L’observation de tensions commerciales à l’échelle mondiale ne semble pas effrayer plus que cela Powell qui voit au contraire dans le retour durable de l’inflation vers son objectif de 2% des raisons de poursuivre la politique actuelle de remontée des taux d’intérêt. Pas ou peu de réels nuages à l’horizon du côté de la banque centrale américaine, ce qui offre ici un peu plus de crédits à la réalisation de l’agenda actuel, à savoir deux nouvelles hausses de taux au second semestre. Les propos de Jérôme Powell ont eu une vive résonnance sur le dollar et donc la paire EUR/USD qui, à nouveau victime de la mise en lumière d’un accroissement des divergences monétaires entre la Fed et la BCE, a retracé sous le seuil de $1,17 (clôture à $1,1659). Le rebond du dollar américain s’est prolongé en séance asiatique et l’EUR/USD fonce tout droit ce matin en direction du seuil de $1,16, sous lequel le cours n’a plus évolué depuis maintenant plus de deux semaines.

La publication en fin de matinée (11h00) des estimations finales d’inflation en Zone Euro au mois de juin permettra-t-elle de redonner un peu de baume au cœur aux acheteurs d’euro ? Sauf révision surprise, la confirmation d’un retour de la croissance des prix à la consommation vers l’objectif de 2% que s’est fixé la BCE pourrait relancer les débats sur le timing de la 1ière hausse de taux à venir en Europe (été ou automne 2019) et, à défaut de redresser significativement, au moins réfréner la dynamique baissière actuelle. Jerome Powell fera une seconde apparition dans l’après-midi (16h00), cette fois devant les membres de la Chambre des représentants, seulement il est peu probable que ses propos, très certainement très similaires à ceux délivrés au Sénat, ne provoquent autant de remous que mardi. À suivre également ce mercredi quelques statistiques clés dans le secteur de la construction aux Etats Unis (permis de construire et mises en chantier) et en fin de soirée la publication du Libre Beige de la Fed, rapport publié toutes les 8 semaines revenant en détail sur les dynamiques économiques actuelles au sein de plusieurs régions américaines.

Les investisseurs se sont montrés peu enclins à laisser l’EUR/USD chuter sous le niveau de $1,16 ces dernières semaines en l’absence de frictions politiques en Europe venant justifier un tel repli , aussi on pourrait à nouveau rencontrer des résistances et voir les pressions baissières actuelles dégonfler à mesure que le cours se rapprochera de ce niveau. Cependant, ce seuil apparaît comme un marqueur clé, aussi son franchissement pourrait revêtir un aspect psychologique pour les marchés et initier des pertes plus importantes pour l’EUR/USD.

Perf 2018 = -3,13% / Moyenne 2018 = $1,2062 / Point haut 17 juillet 2018 = $1,1744 / Point bas 17 juillet 2018 = $1,1648 / Clôture 17 juillet 2018 = $1,1659

GBP

EUR/GBP :  Si Theresa May a évité de justesse mardi un revers au parlement qui lui aurait été fort préjudiciable, ce résultat ne fait que confirmer d’importantes divisions dans les rangs de la majorité entre pro-européens et partisans du Brexit, cela malgré une vaine tentative la semaine dernière d’unité retrouvée, et fait craindre un échec des négociations d’accord avec l’Union Européenne. Après avoir perdu un vote obligeant le gouvernement britannique à conserver la réglementation européenne pour ce qui relève des médicaments, la première ministre a réussi grâce à un écart de seulement 6 voix (307-301), notamment apportées par quatre députés de l’opposition travailliste, à obtenir un rejet de l’amendement 18 déposé par le camp pro-européen qui voulait obliger le gouvernement à rester au sein de l’union douanière européenne en cas d’échec d’accord avec Bruxelles sur la mise en place d’une zone de libre-échange sur les biens et marchandises. Il s’en est fallu de peu pour que l’on ait un résultat qui aurait irrémédiablement discrédité la dirigeante britannique et sa capacité à mener à bien les négociations de sortie. Preuve que la menace de fronde était prise très au sérieuse par le gouvernement, certains médias révèlent que celui-ci préparait déjà un retrait intégral du projet de loi en cas de revers. Si Theresa May s’offre un peu d’air, les ennuis ne sont pas pour autant terminés pour elle puisqu’elle doit encore affronter ce mercredi le vote de la chambre des Lords qui doit débattre de son côté des propositions d’amendements votés mardi par ses homologues de la chambre des Communes. De plus, son autorité n’a jamais semblé autant remise en cause, autant par les pro-européens que les supporters du Brexit, et on en veut pour preuve l’annonce mardi du 10ième départ au sein du gouvernement britannique – en la personne de Gutto Bebb, secrétaire d’Etat à la défense – depuis l’annonce du nouveau plan de sortie hors de l’UE il y a un peu moins de deux semaines. Pour l’ancien premier ministre travailliste, Tony Blair, ces divisions sont intenables et pénalisent le pays et ses citoyens, aussi la meilleure option à ce jour apparaît être selon lui l’organisation d’un nouveau referendum.

La livre sterling souffre plus que jamais de ces troubles et incertitudes qui secouent la scène politique au Royaume-Uni et freinent irrémédiablement l’avancée des discussions de sortie . L’ombre d’une rupture brutale avec l’Union Européenne apeure les investisseurs qui voit là un scénario qui serait très préjudiciable à l’économie britannique, et qui pourrait voir la Banque d’Angleterre actionner à nouveau une baisse de ses taux d’intérêt (pas explicitement dit mais sujet évoqué en filigrane mardi par le gouverneur central britannique Mark Carney). Le cours EUR/GBP a ainsi bondi de plus de 0,5% en séance mardi et touché, seulement pour la 2ième fois en 4 mois, le seuil de £0,89 (pic recensé à £0,8915 = plus haut niveau observé depuis le 9 mars dernier). Si le cours a quelque peu retracé en fin de séance sur fond de soulagement global des investisseurs après le vote de la Chambre des communes contre l’amendement 18, celui-ci reste néanmoins ce matin à proximité de ce seuil clé qui fait toujours, pour le moment, office de « plafond ».

Les tensions politiques restent palpables et les investisseurs continuent de surveiller tout nouvel épisode de frictions politiques alors qu’une nouvelle session parlementaire est prévue ce mercredi avant la pause estivale qui a été cette année avancée d’une semaine à jeudi. Sur le plan économique, les regards seront tournés vers les nouvelles statistiques d’inflation du mois de juin, derniers indices de ce type qui seront en main des membres de la Banque d’Angleterre lors de leur prochaine réunion monétaire programmée le 2 août prochain. Une hausse des spéculations de hausse de taux – déjà très importantes (probabilité de réalisation estimée à 77% ce mercredi sur les marchés monétaires) – en cas d’accélération de l’inflation pourrait offrir un répit temporaire à la livre sterling et lui assurer d’effacer une partie des pertes de la veille. Le volet politique reste néanmoins un facteur moteur de la volatilité de la livre sterling, d’où le maintien pour le moment de fortes pressions baissières.

Perf 2018 = -0,01% / Moyenne 2018 = £0,8800 / Point haut 17 juillet 2018 = £0,8915 / Point bas 17 juillet 2018 = £0,8839 / Clôture 17 juillet 2018 = £0,8890

 

JPY

EUR/JPY :   La barrière de ¥132 s’est révélée être une marche trop haute à gravir pour l’EUR/JPY qui après avoir approché ce seuil pour la 1ière fois depuis avril a vite retracé en direction du niveau de ¥131,50. Ce mouvement apparaît davantage reposer sur des facteurs techniques – possibles prises de profit après un rebond de plus de 2% en près de 2 semaines – plutôt que sur des facteurs économiques, monétaires ou politiques. Les tensions commerciales n’ont pas disparu mais semblent s’être globalement calmées ; du moins ne se sont pas intensifiées ; depuis le début de la semaine. Après plusieurs séries de mesures de rétorsion commerciale de part et d’autre, on semble peu à peu revenir à l’option du dialogue. Plusieurs médias ont révélé hier un projet de l’Union Européenne de réduire ses droits de douane sur les importations d’automobiles américaines pour tenter de convaincre le président américain d’adoucir ses positions vis-à-vis l’Europe et de renoncer à son projet de taxes, à hauteur de 20%, sur les automobiles européennes. L’accord de libre-échange sans précédent signé mardi par le Japon et l’Union Européenne se veut rassurant et apparaît comme un rayon de soleil dans une actualité pleinement assombrie ces dernières semaines par des sujets traitant de protectionnisme et de guerre commerciale mondiale. Bien qu’en léger recul ce matin, sous l’impulsion principalement d’un affaiblissement de l’euro, la paire EUR/JPY reste néanmoins sur des niveaux de valorisation assez hauts (sur la base d’un historique récent) à plus de ¥131.

Perf 2018 = -2,83% / Moyenne 2018 = ¥ 131, 46 / Point haut 17 juillet 2018 = ¥ 131,98 / Point bas 17 juillet 2018 = ¥ 131,44 / Clôture 17 juillet 2018 = ¥ 131,61

 

CHF

EUR/C HF :   L’influence de la volatilité de l’EUR/USD aura une nouvelle fois été fatale à la paire EUR/CHF, laquelle a enregistré mardi sa seconde séance consécutive de recul et confirmé son retracement au centre d’un couloir de 1,16- 1,17 . Les pressions baissières restent néanmoins modestes en l’absence de facteurs justifiant une vente d’euros comme en témoigne la tentative vaine mardi de retour sous le seuil de 1,1650 (point bas recensé hier à 1,1638 ). Le contexte politique en Europe reste fragile, notamment depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement italien aux positions très critiques vis-à-vis de l’Europe et de l’euro, néanmoins aucune crise majeure ne couve pour le moment dans la région, d’où aucune raison majeure pour les investisseurs de se tourner vers le franc qui reste très peu attractive de part la présence de taux négatifs les plus bas du monde (taux directeur de la BNS à -0,75%). La paire EUR/CHF affiche un léger recul ce matin et revient à hauteur du seuil de 1,1650, à nouveau semble-t-il sous l’influence de sa consœur EUR/USD. De bons chiffres d’inflation en Zone Euro – du moins la confirmation d’un retour de la dynamique générale à hauteur de 2% - est néanmoins susceptible de venir quelque peu soutenir l’EUR/CHF.

Perf 2018 = -0,35% / Moyenne 2018 = ₣1,1691 / Point haut 17 juillet 2018 = ₣1,1681 / Point bas 17 juillet 2018 = ₣1,1638 / Clôture 17 juillet 2018 = 1, 1661


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