Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

juil. 16, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 16 juillet 2018 – Sommaire :

  • Séance de lundi très calme sur les marchés des changes malgré une croissance chinoise en recul au second trimestre et la rencontre dans la journée entre Donald Trump et Vladimir Poutine à Helsinki.
  • L’EUR/USD se casse les dents à revenir durablement à $1,17 et se heurte ce matin à ce palier… tout comme l’EUR/CHF avec le seuil de ₣1,17 qui lui barre pour le moment la route.
  • L’EUR/GBP reste stable à hauteur de £0,8830 alors que les négociations sur le Brexit reprennent ce lundi à Bruxelles après une pause de deux semaines… et un changement de ministre en charge des discussions de sortie du côté britannique.
  • L’EUR/JPY s’attaque de nouveau à la barrière de ¥131,50 qui fait office de plafond depuis 2 mois ½ . Marchés peu nerveux malgré l’apparition de nouveaux signes de ralentissement de l’économie chinoise. Faut-il y voir ici une lassitude des marchés du conflit entre Pékin et Washington ?
  • Après une perte de 1,3% la semaine dernière face à l’euro (5 séance consécutive de recul), la couronne suédoise rebondit ce matin de 0,3% et revient à hauteur de SEK 10,35.
  • Recul comme attendu de la croissance chinoise au 2nd trimestre de 6,8% à 6,7% (plus faible performance des 7 derniers trimestres !) mais malgré tout le yuan offshore progresse de +0,1% face à l’euro et oscille autour de ¥7,83 ce matin.
  • Le rouble russe progresse de +0,5% face à l’euro sous RUB 73,0 malgré le léger recul des prix du pétrole ce matin. Les marchés semblent plutôt confiant de l’issue de la première rencontre officielle entre le président américain et son homologue russe.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :  Sur la défensive une grande partie de la journée de vendredi, le cours EUR/USD a finalement réussi a effacé ses pertes et clôturé dans le vert, aux portes des $1,17 (clôture à $1,1685). Un peu plus tôt, le cours de change avait fait une tentative de retour à $1,16 (point bas recensé à $1,1610), mais ce seuil n’a pas trouvé preneur du côté des investisseurs, et notamment des acheteurs de dollar après la publication de l’indice préliminaire de l’université de Michigan mettant en lumière un recul de la confiance des ménages américains en juillet à un plus bas depuis 6 mois. Le dégonflement au fil de la journée de la nervosité liée aux craintes de conflit entre la Chine et les Etats Unis, lesquelles étaient apparues en matinée sous l’impulsion de la publication de statistiques de déficit commercial record des Etats Unis avec la Chine au mois de juin, n’est pas non plus anodin dans le redressement du cours de change, pour qui le couloir de fluctuation de $1,15-$1,17 n’apparaît pas « naturel ».  On notera que dans le même temps, la réserve fédérale américaine a publié vendredi, à l’intention du Congrès, son rapport semi-annuel dans lequel elle souligne la robustesse de l’économie américaine au 1er semestre et réaffirme son intention à poursuivre une politique de remontée graduelle de ses taux d’intérêt. Néanmoins, ce document n’a pas eu de réelles résonnances sur les marchés des changes.

L’EUR/USD aborde cette nouvelle semaine avec, semble-t-il, une forte envie de repasser la barre des $1,17, seulement ce palier offre pour le moment une belle résistance et ne cède pas . Il faut dire que le contexte global n’est guère rassurant, bien au contraire. Le recul de la croissance chinoise au second trimestre (6,7% en rythme annuel vs 6,8% au T1), observée ce matin, vient mettre en relief les possibles premières répercussions du bras de fer mené depuis des semaines contre Washington. Si pour le moment Pékin n’a pas répondu aux dernières menaces de la Maison Blanche de taxer $200Mds de nouveaux produits chinois, sa contre-performance économique pourrait l’inciter à agir. Autre source potentielle de tensions ce lundi, c’est la rencontre programmée à Helsinki entre le président américain et son homologue russe. Peu de chiffres à suivre cette semaine en Europe si ce n’est la révision mercredi des chiffres d’inflation de la Zone Euro au mois de juillet, aux Etats Unis les regards seront attentifs aux chiffres de ventes au détail publiés lundi après-midi, à l’audition semi-annuelle devant le Sénat du gouverneur central Jérôme Powell (mardi) et aux premiers indicateurs de juin du secteur de la construction (mercredi). La fin de semaine nous offrira un calendrier économique un peu plus calme, néanmoins l’EUR/USD restera sensible à l’évolution des conflits commerciaux mais également aux divergences de cycle monétaire entre banques centrales, notamment entre BCE et FED, qu’il est fort probable que l’on retrouve dans les débats de la réunion du G20 des ministres des finances et de responsables monétaires qui débutera à partir de jeudi Buenos Aires en Argentine.

Perf 2018 = -2,53% / Moyenne 2018 = $1,2068 / Point haut 13 juillet 2018 = $1,1688 / Point bas 13 juillet 2018 = $1,1610 / Clôture 13 juillet 2018 = $1,1685

GBP

EUR/GBP :  En laissant entendre qu’un accord de libre-échange entre les Etats Unis et le Royaume-Uni était peu probable, voire impossible, si ce dernier s’évertuait à mettre en place une réglementation commerciale calquée en grande partie sur celle de l’Union Européenne, Donald Trump a réveillé vendredi de nouvelles pressions baissières sur la livre sterling et ainsi renvoyé le cours EUR/GBP au-dessus du seuil de £0,8850 (pic recensé vendredi à £0,8867). Face à l’écume provoqué dans les médias par ses propos, le président américain a quelque peu atténué son discours et réouvert la perspective d’un accord lors de la conférence de presse commune avec la première ministre britannique Theresa May. Ce volte-face est venu freiner le rebond de la paire EUR/GBP qui a finalement retracer non loin de son niveau d’ouverture autour des niveaux de £0,8830. Malgré une semaine des plus agités qui aura vu deux ministres clés démissionner, la publication détaillée de la nouvelle feuille de route que Theresa May compte suivre en matière de Brexit et la 1ière visite officielle du président américain, la livre sterling a affiché une belle résilience face à l’euro, le cours EUR/GBP retraçant systématiquement dès lors qu’il s’approchait trop près du niveau de £0,89. Ce seuil n’ayant été franchi qu’à de très rares occasions cette année, on peut vraisemblablement parler de « plafond ».    

Comment expliquer une telle résilience ? Malgré la fragilité apparente de la situation politique britannique – Theresa May restant toujours sous la menace d’une fronde interne (au sein du parti conservateur) ou externe (au parlement) des déçus du Brexit – les investisseurs louent les efforts qui sont réalisés pour éviter une rupture « brutale » hors de l’UE qui serait préjudiciable à l’économie britannique. On ne peut réellement s’enthousiasmer en l’absence pour le moment de réactions du camp européen à l’égard de cette nouvelle version de sortie « adoucie », néanmoins il semble que l’on veut croire du côté des investisseurs à l’adage « qui ne dit mot consent ». L’autre marqueur clé qui tend à expliquer la résilience de la livre est la perspective d’une nouvelle hausse de taux au mois d’août (réunion monétaire le 2 août) qui prend de jour en jour un peu plus d’ampleur et dont la probabilité est évaluée sur les marchés monétaires à plus de 70% ce matin. Les débats devraient se poursuivre cette semaine à l’occasion de la publication coup sur coup entre mardi et jeudi des nouvelles statistiques d’emploi, d’inflation et de ventes au détail qui seront les derniers chiffres clés qu’auront en main les décisionnaires britanniques lorsqu’ils se réuniront dans un peu plus de deux semaines. Sur le plan politique, Theresa May a réclamé l’unité de tous les britanniques derrière sa vision du Brexit qui est, selon elle, le meilleur moyen de préserver les intérêt du Royaume-Uni. On aura très rapidement l’occasion de voir si le message a été entendu dans les rangs des parlementaires qui se réuniront cette semaine à l’occasion de sessions de débat sur le plan de sortie hors de l’UE proposé par la première ministre britannique. Au fur et à mesure que les incertitudes politiques se réduiront, il ne serait pas surprenant de voir l’EUR/GBP tenter d’amorcer un retour sous le seuil de £0,88. En attendant, celle-ci reste en position d’observation, coincée dans un couloir de fluctuation de £0,8800-£0,8850. À noter ce lundi la reprise des négociations à Bruxelles sur le Brexit après une pause de deux semaines depuis le sommet européen des 28 et 29 juin dernier. 

Perf 2018 = -0,62% / Moyenne 2018 = £0,8799 / Point haut 13 juillet 2018 = £0,8867 / Point bas 13 juillet 2018 = £0,8822 / Clôture 13 juillet 2018 = £0,8831

JPY

EUR/JPY :   Après un bref recul et une tentative de retour en direction du seuil de ¥130 (point bas recensé à ¥130,78) observés en début de séance vendredi en réaction à la publication des nouvelles statistiques chinoises laissant craindre un nouvel épisode de tensions entre Pékin et Washington, le cours EUR/JPY a finalement limité les pertes et réussi à se maintenir au-dessus du niveau de ¥131 au fur et à mesure que l’anxiété sur les marchés des changes se dissipait. Ce matin, la paire de change s’attaque de nouveau à la barrière de ¥131,50 – plafond depuis 2 mois ½ - malgré les incertitudes que font peser sur l’économie mondiale le ralentissement en cours de l’économie chinoise. Si la décélération au second semestre reste modeste et conforme aux attentes (6,7% vs cons. 6,7% et 6,8% au T1 2018), on ne peut s’empêcher de voir l’ombre des tensions commerciales derrière cette contre-performance. Si le yen est apparu la semaine dernière étonnement moins sensible aux pointes de nervosité apparues en marge du dévoilement par Washington de nouvelles mesures de taxes douanières contre la Chine – la lassitude gagnant les acteurs de marché ? – celui-ci restera toutefois toujours très attentif à l’évolution du sentiment global des investisseurs. Sur le plan économique, l’évènement marquant de la semaine sera la publication vendredi des nouvelles statistiques d’inflation au Japon, lesquelles devraient confirmer des pressions sur les prix toujours très modestes et handicapant tout projet de sortie anticipée du cycle accommodant actuel de la part de la Banque du Japon. Si l’on dénote peu de nervosité ce matin sur les marchés des changes et ne semble pas prêter grande attention à la rencontre prévue ce lundi entre Donald Trump et Vladimir Poutine, celle-ci pourrait s’agiter en cours de journée en cas de nouvelles frictions entre les deux pays.

Perf 2018 = -2,72% / Moyenne 2018 = ¥ 131, 46 / Point haut 13 juillet 2018 = ¥ 131,52 / Point bas 13 juillet 2018 = ¥ 130,78 / Clôture 13 juillet 2018 = ¥ 131,27

 

CHF

EUR/C HF : Après un bref décrochage en début de séance vendredi en direction du niveau de 1,1650, la paire EUR/CHF a réussi à freiner sa chute et finalement retracer en fin de journée et revenir à hauteur du palier de 1,17. On observe néanmoins un plafond sur ce niveau précis que le cours EUR/CHF ne parvient pas à briser. C’est encore le cas ce matin où l’on voit l’EUR/CHF se cogner les dents sur ce palier ce lundi matin. Trop frustré par l’incapacité de la paire à accélérer, certains investisseurs pourraient décider de se tourner vers le franc en cas d’apparition de nouvelles tensions sur les marchés financiers mondiaux. Très sensible aux rumeurs circulant sur les plans de hausse de taux de la BCE, l’EUR/CHF peine à trouver des nouveaux leviers soutenant un rebond faute d’éléments laissant suggérer une intervention plus tôt que prévu en 2019. Pour le moment, les décisionnaires européens ne préfèrent pas s’engager et restent attentistes à observer un retour de l’inflation vers l’objectif de 2%.

Perf 2018 = +0,06% / Moyenne 2018 = ₣1,1692 / Point haut 13 juillet 2018 = ₣1,1708 / Point bas 13 juillet 2018 = ₣1,1656 / Clôture 13 juillet 2018 = 1, 1703


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.