Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

juin 18, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 18 juin 2018 – Sommaire :

  • Le retour des tensions commerciales entre Pékin et Washington agitent de nouveau les marchés et pèsent sur leur appétence au risque. Ouverture au Portugal (Sintra) du forum annuel de la BCE.
  • L’EUR/USD se replie de -0,3% et retombe sous le seuil de $1,16.
  • La paire EUR/GBP reste stable au centre de son couloir de £0,87-£0,88. Amendement du gouvernement sur le projet de loi de sortie hors de l’UE voté ce lundi à la chambre des Lords.
  • Rebond du yen de +0,4% et chute de l’EUR/JPY sous ¥128
  • La paire EUR/CHF efface ses gains de vendredi et retombe au centre de son couloir de ₣1,15-₣1,16
  • La couronne suédoise abandonne plus de 0,5% face à l’euro et l’EUR/SEK remonte à SEK 10,25 (pic d’une semaine)
  • Fort recul de l’indice pétrolier WTI qui chute ce matin de plus de -1,5% à son plus bas niveau depuis plus de 2 mois ($64-$65). Peso mexicain (MXN 24,0) et rouble russe (RUB 73,5) sur le recul, couronne norvégienne stable (NOK 9,46), dollar canadien insensible et en hausse (C$1,5260)

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

Après sa dégringolade de jeudi (-1,9% ou la plus mauvaise performance en séance depuis l’annonce du Brexit en juin 2016), la paire EUR/USD a bénéficié lors de la dernière séance de la semaine de prises de légères prises de bénéfices de la part d’acheteurs de dollar américain, et ainsi amorcé un retour au-dessus du seuil de $1,16. Ce rebond a néanmoins été perturbé par la reprise par les marchés d’une fausse information indiquant un départ du gouvernement allemand de la formation politique CSU, alliée historique de la chancelière allemande et de son parti conservateur démocrate (CDU). Après un bref décrochage à $1,1541 (plus bas niveau recensé en séance vendredi), le cours de change a vite effacé ses pertes une fois la nouvelle démentie. Les marchés surveillaient également la rencontre entre le président français et le nouveau 1er ministre italien, lesquels s’étaient invectivés un peu plus tôt dans la semaine sur les questions migratoires et plus particulièrement l’épisode de l’Aquarius (refus de Rome d’accueillir les bateaux humanitaires et les 630 migrants à son bord). Les deux chefs d’Etat ont mis de côté leur querelle et affiché vendredi un visage uni, Emmanuel Macron ne manquant pas à cette occasion de relever de « fortes convergences » entre les deux pays sur une série de réformes clés que ce dernier souhaite mettre en place en Zone Euro (budget commun et union bancaire). Cette cohésion, peut-être de façade, se veut néanmoins rassurante alors que le thème de crise politique européenne a été remis sur le devant de la scène à l’occasion de l’épisode italien. Si cela n’offre pas, pour le moment, de réels leviers haussiers à l’euro, celle-ci évite de se trouver être la cible de nouveaux « mouvements de panique vendeurs ».

Si le calendrier s’annonce un peu plus léger que la semaine dernière, ce sont néanmoins à nouveau les banques centrales qui devraient garder la main sur la volatilité du cours EUR/USD alors que s’ouvre ce lundi, et pendant une période de trois jours, le forum annuel de la Banque Centrale Européenne à Sintra au Portugal. Lors de cette « grande messe monétaire », plusieurs invités de marque seront présents tels que les gouverneurs centraux américain, japonais ou encore australien. Compte tenu du faible intervalle de temps qui sépare cet évènement des dernières réunions monétaires de la FED et de la BCE de la semaine dernière, on peut s’attendre à peu de nouveauté dans le contenu des discours des responsables monétaires. Néanmoins, il faudra rester vigilant car on se rappelle que c’est lors de cet évènement que  l’année dernière Mario Draghi avait décidé d’évoquer ; à demi-mots ; pour la première fois publiquement le souhait de la BCE de réduire prochainement son soutien monétaire. Outre l’aspect monétaire, l’EUR/USD surveillera d’un œil les chiffres immobiliers américains publiés mardi et mercredi, l’unité du bloc européen avec la rencontre mardi à Berlin entre Angela Merkel et Emmanuel Macron, et surtout les premiers indicateurs d’activité PMI publiés vendredi en Zone Euro et aux Etats Unis.

Pour le moment, l’EUR/USD reste assez stable et vogue au centre de sa fourchette de prix de $1,15-$1,17. Ce matin, on observe un léger repli sous le seuil de $1,16, la faute à un environnement global à nouveau dégradé par le retour en fin de semaine dernière de tensions commerciales entre Pékin et Washington et à des divergences de taux très clairement favorables au dollar.  Pas de chiffres majeurs à suivre ce lundi, l’évènement marquant de la journée sera le discours en fin de journée du président de la BCE, Mario Draghi, à Sintra (18h30).

Perf 2018 = -3,53% / Moyenne 2018 = $1,2136 / Point haut 15 juin 2018 = $1,1627 / Point bas 15 juin 2018 = $1,1541 / Clôture 15 juin 2018 = $1,1607

EUR/GBP

Nouvelle semaine sous haute turbulence pour la livre sterling qui voit le projet de loi sur la sortie hors de l’Union Européenne revenir à la chambre des Lords ce lundi et se profiler ce jeudi une nouvelle réunion monétaire de la Banque d’Angleterre. Sur le plan politique, Theresa May marche véritablement sur des œufs, tentant à fois de cajoler les pro-européens tout en essayant de ne pas s’attirer les foudres des partisans du Brexit qui gardent une influence très importante, aussi bien au sein du gouvernement qu’à l’intérieur du parti conservateur. Le nouvel amendement proposé par le gouvernement sur le projet de loi de sortie a été reçu vendredi comme une trahison par les pro-européens qui estiment que le compromis, conclu en début de semaine avec Theresa May en échange de leur soutien lors du vote organisé à la chambre des Communes, n’a pas été respecté. Il est question ici de l’importance du rôle du Parlement sur l’approbation de l’accord final conclu avec Bruxelles et de son éventuelle implication dans les négociations de sortie en cas d’impasse à l’approche de la date de sortie. La cheffe du gouvernement britannique a clairement fait savoir ce weekend qu’elle refusait de se voir les pieds et poings liés dans les négociations par une frange politique qui irait à l’encontre de la majorité ayant voté en juin 2016 pour une sortie hors de l’Union Européenne. N’ayant pas la majorité au sein des deux chambres parlementaires, Theresa May s’expose ainsi cette semaine à un éventuel revers en cas d’entente entre travaillistes et membres rebelles du parti conservateur. Un premier vote aura lieu ce lundi à la chambre des Lors avant que le texte ne soit renvoyé mercredi à la chambre des Communes pour lecture finale. De nouveaux éléments illustrant une instabilité politique au sein du pays viendraient alors pénaliser la livre sterling. Pour le moment, la paire EUR/GBP se maintient au centre du couloir de £0,87-£0,88 et observe les débats.

L’autre fait marquant de la semaine sera la réunion monétaire de la Banque d’Angleterre qui, à défaut de se conclure sur des annonces marquantes (large statu quo attendu), pourrait raviver l’espoir qu’une nouvelle hausse de taux cette année reste envisageable. Dès cet été et le mois d’août ? Difficile à dire compte tenu des résultats pour le moment affichés par l’économie britannique, néanmoins le sursaut de la consommation domestique ces derniers mois, favorisé par un renforcement du pouvoir d’achat des ménages britanniques, pourrait susciter un peu d’optimisme dans les rangs de la BOE. Compte tenu du pessimisme global qui règne sur les marchés à l’égard du calendrier monétaire de la banque centrale britannique, une communication plus optimiste que lors de ses précédentes sorties pourrait inities de nouvelles prises d’achat en livre sterling. Peut-on s’attendre à un rebond de grande ampleur en cas de retour des ambitions de la banque à resserrer les conditions monétaires ? Peu probable car très certainement encore échaudés par le rétropédalage de la banque en mai, les investisseurs pourraient se montrer très mesurés dans leur enthousiasme.

Perf 2018 = -1,61% / Moyenne 2018 = £0,8794 / Point haut 15 juin 2018 = £0,8756 / Point bas 15 juin 2018 = £0,8715 / Clôture 15 juin 2018 = £0,8736

EUR/JPY

La séance de vendredi a mis en lumière le retour des tensions commerciales entre Pékin et Washington, lesquels ont tous deux annoncé une série de taxes douanières sur un volume estimé de $50Mds de produits. Alors que l’on pensait qu’une trêve avait été conclue entre les deux pays et que l’on travaillait de part et d’autre à trouver des solutions pour équilibrer la relation commerciale, l’annonce de nouvelles mesures protectionnistes, qui doivent prendre effet début juillet, viennent à nouveau perturber l’équilibre mondial et plongent les marchés dans l’incertitude la plus totale. Après un léger rebond vendredi sur fond de correction naturelle après la lourde chute post-BCE de jeudi, le cours EUR/JPY débute cette nouvelle semaine dans le rouge et revient sur le palier de ¥128. Le soulagement des marchés provoqué par la rencontre mardi entre Donald Trump et Kim Jong-un n’aura pas duré bien longtemps, les risques géopolitiques voyant se succéder de nouveaux risques commerciaux. L’absence de répit pour les marchés obligent ces derniers à conserver leur exposition en yen afin de se prémunir contre toutes nouvelles turbulences. Au milieu de ciel ombrageux, on notera une éclaircie à travers la reprise des discussions entre le Japon et la Corée du Nord qui pourrait se matérialiser en l’organisation d’une rencontre entre le premier ministre japonais Shinzo Abe et Kim Jong-un.  

Perf 2018 = -5,39% / Moyenne 2018 = ¥131,84 / Point haut 15 juin 2018 = ¥128,50 / Point bas 15 juin 2018 = ¥127,68 / Clôture 15 juin 2018 = ¥128,43

EUR/CHF

Après une léger rebond technique observé vendredi, le cours EUR/CHF est de nouveau sur le recul ce lundi et consolide sa position au sein de son couloir1,15-1,16. On aurait pu espérer que l’entente cordiale affichée vendredi par le président français et le premier ministre italien lors de leur rencontre aurait permis à l’EUR/CHF d’amorcer un retour au-dessus de ₣1,16, or les pressions haussières sur la paire de change ne perdurent pas face au retour sur les marchés des craintes de « guerre commerciale » mondiale entre les Etats Unis et la Chine après l’annonce vendredi de nouvelles taxes douanières significatives ciblées l’un envers l’autre. Le franc s’est apprécié de 3-4% face à l’euro depuis ses points bas à plus  ₣1,20 atteint au mois de mai sans que cela n’ait provoqué d’interventions majeures de la part de la banque centrale suisse, qui reste néanmoins partisane d’un franc faible comme soutien de l’économie. Doit-on y voir un ajustement de la politique monétaire menée par cette dernière ? Un élément de réponse devrait nous être offert cette semaine, et plus particulièrement jeudi matin à l’occasion de la seconde réunion monétaire de l’année de la Banque Nationale Suisse. Ce sera notamment l’occasion de voir si celle-ci maintient ou ajuste sa rhétorique de « franc surévalué ». Si telle est le cas, nous pourrions alors voir surgir de nouvelles pressions baissières sur le franc qui permettraient alors à la paire EUR/CHF de revenir sur les niveaux de ₣1,16-₣1,17. Le potentiel haussier du cours de change reste toutefois très mesuré eu égard aux incertitudes politiques qui ont fait leur retour en Europe et qui restent toujours présentes, et au contexte de marché global qui reste sous la menace de tensions commerciales, voire géopolitiques.

Perf 2018 = -1,23% / Moyenne 2018 = ₣1,1709 / Point haut 15 juin 2018 = ₣1,1586 / Point bas 15 juin 2018 = ₣1,1524 / Clôture 15 juin 2018 = ₣1,1576


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