Actualités du marché des devises

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juin 15, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 15 juin 2018 – Sommaire :

  • L’euro panse ses plaies après sa lourde chute de la veille provoquée par la frustration des investisseurs à l’accueil du report de la date de 1ière hausse de taux en Europe, au plus tôt, au second semestre 2019 (vs anticipations initiales fixées à juin 2019).
  • L’EUR/USD approche le niveau de $1,16 après avoir subi la veille sa plus forte chute en séance depuis l’annonce du Brexit. De bons chiffres d’inflation en Zone Euro ce matin pourraient aider l’euro à reprendre des couleurs.
  • La paire EUR/GBP reste au centre du couloir de £0,87-£0,88 alors que Theresa May reste toujours sous la menace d’une rébellion des députés conservateurs pro-européens concernant l’adoption finale du projet de loi de sortie hors de l’UE.
  • L’EUR/JPY reste stable et oscille autour de ¥128, le yen apparaissant peu sensible au nouveau statu quo décidé par la Banque du Japon ce matin. Le dévoilement ce vendredi de nouvelles taxes douanières sur une liste de 800-900 produits chinois risque de réveiller la rivalité entre Pékin et Washington.
  • Le cours EUR/CHF se maintient au centre du couloir ₣1,15-₣1,16. Les investisseurs européens restent vigilants et sensibles aux récentes passes d’arme entre la France et l’Italie sur la question migratoire. Visite de G. Conte à Paris ce vendredi à suivre.
  • La crainte de retour de tensions commerciales dans l’actualité et le recul des prix des matières premières pénalisent les devises dites « cycliques » comme le CAD et l’AUD : L’EUR/CAD remonte au-dessus de C$1,52 et l’EUR/AUD rebondit au-dessus de A$1,55.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :  L’EUR/USD a connu jeudi sa plus forte chute en séance depuis le 24 juin 2016 et l’annonce du Brexit au Royaume-Uni. Après avoir oscillé une bonne partie de la matinée au-dessus du seuil de $1,18, la paire de change a reculé de -1,9% en réaction au discours plus prudent que prévu du président de la BCE, Mario Draghi, et est retombée à son plus bas niveau depuis 2 semaines sous le seuil de $1,16 (clôture à $1,1567). Si, comme espéré, la banque centrale européenne a bien confirmé jeudi son intention de mettre fin, de manière définitive, à son programme d’assouplissement quantitatif cette année – la fin de ce programme étant néanmoins décalée de septembre à décembre mais avec un volume de rachat mensuel d’actifs divisé par deux, de €30Mds à €15Mds – elle s’est montrée particulièrement prudente en ce qui concerne sa future politique de taux. Alors que les marchés anticipaient une 1ière hausse de taux en Europe à horizon juin 2019, la banque centrale européenne a fait savoir qu’elle n’avait pas l’intention de relever ses taux d’intérêt avant l’été 2019, précisant au passage que ceux-ci resteront à leur plus bas historique aussi longtemps que nécessaire tant que la trajectoire d’inflation n’aura pas montré de signes de convergence durable vers l’objectif de 2%. La formulation se veut volontairement imprécise, a précisé le gouverneur central, et reflète le choix de la banque de privilégier une stratégie de temporisation en réponse à la montée récente des incertitudes dans le monde (tensions commerciales et conflits géopolitiques) qui pourraient à terme venir menacer le redressement économique de la Zone Euro. Les conséquences de cette décision sont doublement pénalisantes pour l’euro, la devise européenne subissant d’abord la frustration des investisseurs à l’égard d’un calendrier monétaire décalé dans le temps (pas de hausse de taux, au mieux, avant le second semestre 2019) et surtout souffrant de la comparaison avec un dollar bien plus attractif eu égard à la politique de normalisation plus agressive énoncée par la réserve fédérale américaine ce mercredi. Le facteur de divergences de cycle monétaire entre la banque centrale américaine et européenne se veut très largement renforcé en juin, au détriment de l’euro mais à la faveur du dollar. Cet effet « double lame » vient expliquer la magnitude d’un tel recul jeudi, et pourrait être à l’origine de nouvelles pressions baissières dans les semaines et mois à venir.

Ce matin, l’EUR/USD peine à retrouver ses esprits et semble toujours sonné . Le cours de change enregistre un léger recul et oscille au centre d’une fourchette de $1,15-$1,16, à quelques encablures à peine de ses plus bas niveaux sur les 10 derniers mois atteints à la fin du mois de mai au moment de la crise politique survenue en Italie (point bas de l’année enregistrée à $1,1506 le 29 mai dernier). La devise européenne tentera tout de même de se redresser à l’occasion de la publication en fin de matinée des estimations finales d’inflation en Zone Euro au mois de mai, lesquelles devraient confirmer une forte accélération des indices de prix sur la période sous l’effet d’un « facteur énergie » (inflation générale : cons. 1,9% A/A vs 1,2% en avril). Dans l’après-midi, le dollar aura néanmoins l’occasion d’accroître ses gains si de nouvelles statistiques confirment la bonne dynamique de l’économie américaine (ventes au détail ressorties jeudi à un niveau deux fois plus importants qu’attendu, +0,8% M/M vs cons. +0,4%). Chiffres de production industrielle et indice préliminaire Michigan de confiance des ménages. À l’approche d’une semaine prochaine qui s’annonce bien plus calme sur le plan économique, et donc qui pourrait voir le facteur politique reprendre son influence sur la volatilité des marchés (tensions commerciales Etats Unis-Chine, relation Etats Unis-Corée du Nord, préparation du Sommet européen de juin,…), l’EUR/USD pourrait également profiter d’un mouvement de prises de bénéfices de la part des détenteurs de dollar pour revenir doucement vers le niveau de $1,16.

GBP

EUR/GBP :   Sous couvert d’une forte perte de vitesse de l’euro en marge de la réunion de la BCE, qui n’a pas donné pleinement satisfaction aux investisseurs européens, et d’un regain de forme de la livre sterling en réaction à des chiffres de ventes au détail au Royaume-Uni bien meilleurs que prévu au mois de mai (+1,3% M/M vs cons. +0,5%), le cours EUR/GBP a reculé de -1,0% et est retombé à son plus bas niveau au mois de juin, juste au-dessus du seuil de £0,87 (clôture à £0,8724). La chute aurait pu être plus importante mais c’était sans compter sur le maintien d’un certain halo d’incertitudes politiques au Royaume-Uni.La première ministre britannique reste sous la menace d’un mouvement de rébellion des membres pro-européens de sa propre formation politique qui souhaitent acquérir un droit de regard plus important du parlement britannique sur les négociations finales du Brexit. Ces derniers ont rejeté jeudi la proposition d’amendement sur le projet de loi hors de l’Union Européenne et accusent le gouvernement britannique de vouloir revenir sur ses engagements après le compromis trouvé en début de semaine afin d’éviter à Theresa May un revers qui aurait pu lui être préjudiciable. Une tempête a été évitée cette semaine mais le ciel reste toujours très sombre au-dessus du Royaume-Uni alors que de nouvelles sessions parlementaires sont programmées la semaine prochaine pour convenir du texte final de ce projet de loi de sortie.  L’EUR/GBP retrouve un peu de vigueur ce vendredi et s’écarte du seuil de £0,87.

JPY

EUR/JPY :  La paire EUR/JPY n’a pas été épargnée par la forte dépréciation de l’euro qui a suivi la réunion monétaire de la BCE jeudi. Le cours de change a reculé de plus de 1,6% jeudi et chuté ) son plus bas niveau depuis plus d’une semaine, la paire retournant sur les niveaux de ¥128. Le statu quo opéré ce vendredi matin par la Banque du Japon – taux directeur principal inchangé à -0,1%, politique de plafonnement du taux 10 ans autour de 0% conservée – n’a pas de réelles répercussions sur le yen ce vendredi matin. Le retour probable au premier plan de tensions commerciales entre Washington et Pékin en marge de l’annonce ce vendredi par la Maison Blanche d’une liste de 800-900 produits chinois sujets à de nouvelles taxes douanières (source Washington Post) vient annihiler toute tentative de recul de la devise japonaise. Certains observateurs pointent également du doigt ce matin les éventuelles répercussions néfastes sur le processus de paix avec la Corée du Nord que susciteraient une nouvelle rivalité avec Pékin, lequel a joué un rôle clé dans l’organisation de la rencontre de mardi entre Donald Trump et Kim Jong-un. Ce vendredi, le cours EUR/JPY reste globalement stable et oscille autour du palier de ¥128.

CHF

EUR/CHF :  La paire EUR/CHF n’a pas échappé au large mouvement de recul de l’euro en marge de la BCE, celle-ci enregistrant jeudi un recul de plus de -0,7% et retombant au centre du couloir de fluctuation de 1,15- 1,16. Sans l’appui de la BCE, le potentiel haussier de la paire EUR/CHF apparait désormais limité, le retour d’un risque de fractures politiques en Europe depuis la prise de fonction du nouveau gouvernement italien demeurant un argument favorable au maintien d’un certain niveau d’exposition en franc suisse comme produit de « couverture naturelle » au sein des portefeuilles des investisseurs européens. Ce vendredi, outre la publication en fin de matinée des estimations finales d’inflation en Zone Euro qui pourrait offrir un petit rebond à l’euro, les acheteurs de franc surveilleront de très près la visite du premier ministre italien Giuseppe Conté à Paris et sa rencontre avec le président français Emmanuel Macron. Ces derniers se sont livrés cette semaine à une véritable passe d’arme par médias interposés sur la question migratoire après le refus de l’Italie d’accueillir le bateau humanitaire Aquarius sur lequel naviguait plus de 600 migrants. Cette dispute tombe plutôt mal alors que l’Italie semble déjà peu enclin à suivre les directives de Bruxelles dont elle critique l’interventionnisme permanent. Un durcissement de ton entre la France et l’Italie renforce les craintes d’affaiblissement économique de l’Europe à l’heure même où la cohésion d l’ensemble des membres européens apparaît plus que nécessaire, sinon vital, pour mettre en place les réformes dont la région a besoin et lutter contre la montée du protectionnisme dans le monde.


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