Actualités du marché des devises

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juin 14, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 14 juin 2018 – Sommaire :

  • Le durcissement de ton de la Fed et l’ajout d’une 4ième hausse de taux à l’agenda 2018 n’a pas eu d’importantes répercussions sur l’EUR/USD. Signe que les investisseurs sont davantage focalisés sur la décision de la BCE.
  • L’EUR/USD oscille au-dessus de $1,18 et profite de l’optimisme actuel des marchés qui anticipent très largement une annonce de la BCE confirmant l’arrêt de son programme quantitatif cette année. Un retournement pourrait s’observer si la communication officielle diverge des attentes.
  • Si le Royaume-Uni s’évite une crise politique après deux jours de débats à la chambre des Communes, la paire EUR/GBP reste sur une trajectoire haussière à plus de £0,88. Ventes au détail à suivre au Royaume-Uni.
  • Peu de mouvements sur les valeurs refuges. Position d’observation avant la BCE : l’EUR/JPY plafonne à ¥130 tandis que l’EUR/CHF oscille juste au-dessus du seuil de ₣1,16.
  • Le dollar australien abandonne 0,5% face à l’euro et l’EUR/AUD remonte à un pic de 3 semaines à plus de A$1,56 suite à la publication de statistiques économiques chinoise très décevantes et d’une contraction du volume de création d’emploi à temps plein en Australie.
  • Après trois séances de hausse et un pic de 2 mois atteint face à l’euro sous SEK 10,15, la couronne suédoise corrige légèrement ce matin alors que les statistiques d’inflation sont ressorties ce matin en ligne aux attentes (1,9% en mai). Le cours EUR/SEK oscille à SEK 10,17.
  • Rebond de plus de 0,5% de la livre turque et du rand sud-africain après la réaction contenue des marchés au durcissement monétaire de la FED. Le cours EUR/ZAR retombe à ZAR 15,60.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :  C’était le point d’orgue de la séance de mercredi, la nouvelle réunion de la Fed a livré son verdict et le moins que l’on puisse dire est qu’elle nous a réservé quelques surprises qui n’ont pas eu réellement les répercussions escomptées sur les marchés des changes, notamment sur la paire EUR/USD. Si l’annonce d’une nouvelle hausse de taux de 25pbs (fourchette de 1,75%-2,00%) n’a pas été une surprise en soi, à l’inverse le ton résolument optimiste à l’égard de l’économie américaine et l’ajout d’une 4ième hausse de taux à l’agenda monétaire de cette année l’ont été. On savait qu’il existait depuis plusieurs semaines un vif débat dans les rangs de la FED quant à l’éventualité d’accélérer le rythme de normalisation monétaire, laquelle avait été menée « graduellement » sous la présidence de Janet Yellen, pour répondre à un risque de surchauffe de l’économie américaine. Face à la forte montée de l’inflation – les statistiques publiées mardi et mercredi ont fait état de dynamique annuelle à des pics de plus de 6 ans pour les indices de prix à la consommation et à la production – qui menace de venir briser le cycle économique actuellement robuste, la Fed a décidé de durcir le ton et de rompre avec sa rhétorique de « gradualité » estimant que l’économie américaine est suffisamment solide et n’a plus besoin d’être soutenue par une politique monétaire accommodante. Il s’agit là d’un ajustement majeur dans la communication des banquiers centraux américains. Sous couvert d’une révision à la hausse des projections de croissance (de 2,7% à 2,8%) et d’inflation (de 1,9% à 2,1%), la Fed projette deux nouvelles hausses de taux pour la fin d’année (ce qui porte le total à quatre pour l’année vs trois anticipé en mars dernier), trois hausses pour 2019 (inchangé par rapport à mars) et une hausse de taux pour 2020. On aurait pu penser que ce choix d’opter pour une politique monétaire plus agressive aurait eu d’importantes répercussions sur les marchés obligataires et des changes, or les réaction hier soir et ce matin se sont avérées étonnement modestes. Le taux 10 américain a bondi temporairement au-dessus de 3% mais n’est pas parvenu à se maintenir, celui-étant retombé jeudi matin sous le niveau de 2,96%. La paire EUR/USD a chuté à un point bas depuis une semaine de $1,1723 en réaction immédiate à la publication du communiqué officiel de la banque centrale américaine, cependant le cours a très vite effacé ses pertes et retracé vers le niveau de $1,18. Les investisseurs semblent guère impressionnés par ce changement de position de la part de la Fed ; lequel n’est pas aussi surprenant qu’il en a l’air aux vues des statistiques parues ces dernières semaines ; et ont les regards tournés vers la réunion de la BCE et sa possible confirmation d’un arrêt définitif de son programme de rachat d’actifs à la fin de l’année. Un scénario sur lequel les investisseurs spéculent depuis une semaine et qui est en partie responsable du rebond de l’EUR/USD après que celui-ci ait touché un point bas depuis 10 mois à la fin du mois de mai ($1,1506).

Les conclusions de la nouvelle réunion monétaire de la banque centrale européenne publiées en début d’après-midi (13h45) et la conférence de presse du gouverneur central européen Mario Draghi (14h30) seront les deux évènements majeurs de la journée pour la paire EUR/USD. La faible réaction de cette dernière hier aux propos de la Fed laissent suggérer que beaucoup d’attente, pour ne pas dire d’espoir, entoure cet évènement qui pourrait venir confirmer les velléités de la BCE de réduire sa politique de soutien monétaire malgré le fléchissement de la croissance sur le début d’année 2018 et le retour de turbulences politiques dans la région (Italie). Outre l’arrêt du programme quantitatif, dont l’échéance actuelle est fixée à septembre mais qui pourrait cependant être décalée à décembre, l’information sur laquelle les investisseurs sont sensibles est la date de la 1ière hausse de taux en Zone Euro. Si les marchés monétaires anticipent une première intervention à horizon juin 2019, la BCE n’a pour le moment jamais évoqué publiquement de date. Toute référence à cet évènement sera étroitement surveillée par les investisseurs, et aura très certainement d’importantes répercussions sur l’euro (à la hausse si la projection actuelle est confirmée ou à la baisse si cette décision est repoussée dans le temps). Si un discours optimiste et interventionniste de la BCE pourrait venir asseoir un retour de l’EUR/USD au-dessus de $1,18 et initier un retour vers $1,20, à l’inverse une communication prudente maintenant le flou sur l’agenda de la banque pourrait venir déclencher un important mouvement baissier… celui que l’on pensait voir hier soir mais qui n’est finalement pas intervenu.  

Les marchés sont résolument optimistes ce matin et semblent convaincus que la BCE va ajuster sa communication cette après-midi et faire d’importantes annonces sur son calendrier. Le cours EUR/USD oscille avant l’ouverture des marchés européens au-dessus du seuil de $1,18 et teste actuellement le seuil de résistance de $1,1820, qui tient plutôt bien depuis une semaine. La confirmation ce matin d’un redressement de l’inflation allemande à plus de 2% en mai (2,2% ou un pic de 15 mois) vient également soutenir la dynamique positive de l’euro, même si ce rebond doit être relativisé car résultant principalement d’un « effet énergie » sur cette période.

GBP

EUR/GBP :   Après deux jours de débat de  haute volée à la chambre des Communes sur le projet de sortie du Royaume-Uni, Theresa May en ressort avec un crédit renforcé. L’ensemble des amendements (15) discutés a été rejeté par les députés britanniques, offrant ainsi l’opportunité à la première ministre britannique de conserver la main sur les négociations de sortie. Le Royaume-Uni s’évite une crise politique, ce qui est plutôt rassurant mais ce qui n’a pas eu d’importantes répercussions sur la livre sterling sinon qu’elle a globalement contenu les pressions baissières auxquelles elle fait face depuis le début de la semaine. La paire EUR/GBP a fait son retour mercredi au-dessus du seuil de £0,88 mais n’a pas été en mesure de s’attaquer au palier de £0,8850, lequel n’a plus été franchi depuis la fin du mois de mars. La cote d’amour de la livre sterling reste résolument basse, la faute à une dynamique économique modeste qui offre peu de place à d’éventuelles spéculations sur une prochaine hausse de taux de la part de la Banque d’Angleterre. Le maintien de l’inflation britannique sur ses plus bas niveaux depuis un an (indice général stable à 2,4% & indice de base stable à 2,1%) malgré l’envolée des prix de l’énergie au mois de mai ne justifie aucun empressement à vouloir resserrer les conditions monétaires. La perspective d’une intervention au mois d’août s’assombrit de jour en jour, ce qui tend à expliquer la trajectoire actuellement haussière de la paire EUR/GBP au mois de juin. Car à contrario, en Zone Euro on veut croire en l’idée qu’une première hausse de taux approche et pourrait être observée d’ici la fin du 1er semestre 2019. De telles spéculations nécessitent néanmoins confirmation, d’où l’importance de la réunion monétaire de la BCE de ce jeudi. La mise en relief d’une divergence de discours entre la BCE et la BOE pourrait offrir un tremplin à l’EUR/GBP pour accroître ses récents gains et approcher du seuil de £0,89. Les statistiques de vente au détail publiées ce jeudi au Royaume-Uni pourraient cependant venir quelque peu soutenir la livre sterling… à condition que le rebond attendu se matérialise (cons. +0,5% M/M vs +1,6%).

CHF

EUR/CHF :    Le cours EUR/CHF a fait son retour au-dessus de 1,16 mercredi sur fond d’anticipation d’un discours positif de la BCE et l’annonce potentielle d’une confirmation d’arrêt du programme de rachat d’actif cette année. En réaffirmant son intention de réduire sa politique de soutien monétaire, la BCE pourrait cette après-midi à nouveau mettre en lumière les divergences de cycle monétaire avec son homologue suisse, laquelle reste résolument accommodante et ne semble pas être disposée à changer de position dans un futur proche. Doit-on y voir un élément susceptible d’accélérer le rebond de la paire EUR/CHF, lequel reste résolument modeste depuis le retour de turbulences politiques en Italie ? Pas si sûr. Bien que les incertitudes à l’égard de l’arrivée au pouvoir en Italie d’un gouvernement aux accents populistes se sont dissipées ces dernières semaines, les risques n’ont pas totalement disparu. Des tensions entre Rome et Paris se sont observées cette semaine sur la question migratoire, au point que le premier ministre Giuseppe Conte pourrait finalement annulé sa venue à Paris ce vendredi et sa rencontre initialement programmée avec le président français. Déjà peu europhile de base, le gouvernement italien pourrait voir dans ces premières disputes une nouvelle occasion de s’écarter du giron de Bruxelles. Les craintes que des fractures politiques puissent venir déstabiliser économiquement la Zone Euro pourraient alors obliger les investisseurs européens à rester prudents et conserver leurs positions en franc. Si le cours EUR/CHF n’est pas encore parvenu à revenir à 1,17 depuis le 22 mai dernier, néanmoins une forte poussée de l’euro en marge de la publication des conclusions de la BCE pourrait lui offrir l’occasion de revenir sur ces niveaux.   Pour le moment, celui-ci reste assez stable, les investisseurs demeurant en position d’observation avant la BCE.


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