Actualités du marché des devises

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juin 06, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 6  juin 2018 – Sommaire :

  • La déclaration hier de G. Conte (PM Italie) de ne pas quitter la Zone Euro & les propos optimistes ce matin du chef économiste de la BCE viennent accentuer le redressement de l’euro.
  • L’EUR/USD a fortement réagi aux propos de P. Praet soulignant sa confiance en un retour de l’inflation vers son objectif de 2% et confirmant l’organisation au sein de la BCE de débats la semaine prochaine sur la fin du programme quantitatif. Retour de la paire à $1,1750.
  • Léger rebond de la paire EUR/GBP ce matin qui consolide sa position au-dessus de £0,8750.
  • La paire EUR/JPY remonte au-dessus de ¥129 et enregistre actuellement un rebond de plus de 3% sur les 6 dernières séances. L’EUR/CHF remonte et s’approche de son plafond de ₣1,16.
  • L’AUD est la seule devise du G10 à résister ce matin au rebond de l’euro. L’Australie a égalé au T1 sa meilleure performance sur les 6 dernières années avec un rebond de +1,0% T/T (vs cons. +0,9%). L’EUR/AUD oscille entre A$1,53 et A$1,54.
  • Le rebond de l’euro couplé à la frustration laissée hier à la lecture de la forte contraction de l’économie sud-africaine au T1 (-2,2% en rythme annualisé ou la pire performance depuis plus de 9 ans) envoient l’EUR/ZAR au-dessus de ZAR 15,0 ce mercredi.
  • Le cours EUR/MXN oscille ce mercredi sur ses plus hauts niveaux historiques à plus de MXN 24,0 sur fond de craintes de suppression de l’ALENA

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD : L’EUR/USD a accentué son rebond mardi lors d’une séance à nouveau très largement influencée par l’actualité politique, et à l’inverse très peu par les chiffres économiques . Le discours d’investiture du premier ministre italien ; Giuseppe Conte ; devant le Sénat italien était l’évènement majeur autour duquel les investisseurs étaient pleinement focalisés. Si ce dernier a confirmé son intention de mettre sur pied un « programme politique radical » prônant un modèle de croissance basé sur une politique de la demande très coûteuse (salaire minimum, revenu universel, uniformisation des impôts sur les sociétés et ménages, réforme du système de santé,…), les marchés auront été malgré tout soulagés d’entendre le nouveau chef du gouvernement italien répéter qu’il n’avait en aucun cas l’intention de quitter la Zone Euro. Pas de place pour l’euphorie, mais tout de même un environnement en Europe qui paraît moins incertain qu’il y a encore une semaine. De ce fait, la paire EUR/USD continue, doucement mais sûrement, d’effacer les importantes pertes accumulées ces dernières semaines (rebond de +1,6% sur les 6 dernière séances)  et a ainsi clôturé hier au-dessus du seuil de $1,17 pour la 1ière fois depuis 8 séances (clôture mardi à $1,1717). Le redressement reste malgré tout encore modeste, la faute principalement à un maintien de nombreuses incertitudes en Europe – le gouverneur central allemand Jens Weidmann a mis le doigt mardi sur les réformes nécessaires à mettre en place en Europe, l’exemple italien prouvant selon lui que la région n’est pas encore « immunisé contre les risques [politiques] » - et à une divergence de cycle économique aujourd’hui clairement à l’avantage des Etats Unis par rapport à la Zone Euro. Les enquêtes d’activité PMI du mois de mai aux Etats Unis pointent une croissance potentielle de l’économie américaine de l’ordre de 3,5% en rythme annualisé au second trimestre, une dynamique bien meilleure à celle de 3,1% aujourd’hui estimée par le consensus économique. Le rebond bien plus important que prévu de l’activité du secteur tertiaire américain en mai (58,6 vs cons. 57,5 et 56,8 en avril), observé à travers l’enquête ISM publiée mardi après-midi, tend à confirmer la solide dynamique actuelle de l’économie américaine. En Zone Euro, ces même enquêtes signalent un nouveau ralentissement de l’activité au mois de mai à un plus bas depuis 18 mois. Les chiffres de ventes au détail européennes du mois d’avril n’ont pas davantage rassuré mais plutôt laissé une impression mitigée (révision à la hausse des estimations de mars de +0,1% M/M à +0,4% mais estimation au mois d’avril très largement en-dessous des attentes, à +0,1% M/M contre +0,5% anticipé).

Ce mercredi matin, la cours de change poursuit son rebond et s’éloigne du seuil de $1,17, l’effet de soulagement provoqué par les commentaire du premier ministre italien vis-à-vis de l’euro semblant continuer à faire effet. Celui-ci a passé haut la main le test du vote de confiance au Sénat (171 voix pour vs 117 contre) et tentera ce mercredi d’acquérir l’aval des députés afin de pouvoir officiellement débuter son mandat. Avant l’ouverture des marchés européens, on notera que l’EUR/USD a touché un pic de 10 séances à plus de $1,1750 en réaction aux propos de Peter Praet, le chef économiste de la BCE, faisant état de son optimisme vis-à-vis d’un retour de l’inflation en Zone Euro vers son objectif de 2% sous l’impulsion d’une progression des salaires dans la région.  Ces gains pourraient cependant ne pas perdurer, le redressement du cours de change restant malgré tout fragile au sein d’un environnementà nouveau hostile qui voit ressurgir les tensions commerciales (sort de l’ALENA au centre des débats) et dans lequel des doutes importants demeurent concernant la dette italienne. Giuseppe Conte a en effet confirmé son intention d’augmenter les dépenses sans pour autant préciser comment il comptait les financer. Compte tenu de la pauvreté du calendrier économique ce mercredi, il se pourrait que la volatilité du cours soit influencée par les échéances massives de contrats à terme : volume de $1,5Mds sur des niveaux $,1650, $742Mln sur $1,1680-$1,1700, $1Md sur $1,1750-60 et $1,8Mds sur $1,18.

Perf 2018 = -2,00% / Moyenne 2018 = $1,2166 / Point haut 5 juin 2018 = $1,1732 / Point bas 5 juin 2018 = $1,1651 / Clôture 5 juin 2018 = $1,1717

GBP

EUR/GBP :  Grâce à l’appui d’un résultat bien meilleur que prévu de l’enquête d’activité PMI du secteur des services britanniques – Rebond bien au-dessus des attentes du marché à pic de 3 mois (de 52,8 à 54,0 contre 53,0 anticipé) – la livre sterling s’est renforcée par rapport à l’euro et est retournée au centre de son couloir de fluctuation de £0,87-£0,88 (clôture mardi à £0,8749) au sein duquel elle oscille depuis maintenant plus de 3 semaines. Ce rebond de l’activité tertiaire au Royaume-Uni en mai (moteur de la croissance du pays), mis en parallèle avec la hausse d’activité également observée sur cette période au sein des secteurs manufacturier et de la construction, vient quelque peu atténuer le pessimisme ambiant vis-à-vis de l’économie britannique. Un rebond potentiel de la croissance au second trimestre – dont on n’aura la véritable confirmation qu’a la fin du mois de juillet lors de la publication des 1ières estimations de PIB au T2 – pourrait rouvrir les débats sur une éventuelle hausse de taux au mois d’août. Néanmoins, pour l’heure ce n’est pas du tout le scénario central partagé par les acteurs de marché, lesquels continuent de miser sur un possible statu quo de la Banque d’Angleterre jusqu’à la fin de l’année. La pointe d’optimisme offert par les chiffres économiques britanniques n’est néanmoins pour l’heure insuffisante pour dissiper les incertitudes actuelles relatives au Brexit. Alors qu’un nouveau Sommet européen approche à grand pas (28-29 juin), aucune réelle avancée n’est observée sur un grand nombre de points clés : frontière en Irlande, appareil juridique pour encadre le processus de sortie et future relation commerciale. De ce fait, le pouvoir d’attractivité de la devise britannique reste modeste, d’où finalement une relative stabilité du cours EUR/GBP depuis la mi-mai et la réunion de la Banque d’Angleterre (10 mai).

Pas de chiffres économiques clés à attendre au Royaume-Uni jusqu’à la fin de semaine, aussi la volatilité de la livre sterling sera globalement influencée par le contexte financier global (montée actuelle des incertitudes commerciales = biais plutôt défavorable à la livre sterling) et par l’actualité politique liée au Brexit. Ce mercredi, la première ministre britannique accueillera à Londres son homologue norvégienne pour discuter de la future relation commerciale entre les deux pays. Il sera intéressant de suivre ces discussions notamment du fait du statut particulier de la Norvège qui en tant que membre de l’espace économique européen a accès au marché commun européen sans pour autant être membre de l’Union Européenne. Si Theresa May a toujours été claire qu’elle n’était pas intéressée par le « modèle norvégien »,  affichant sa préférence pour la mise en place d’un partenariat unique et sans précédent, elle pourrait néanmoins s’en inspirer alors que le temps lui est désormais compté et qu’un accord avec Bruxelles est encore loin d’être acquis. Sous l’impulsion d’un rebond de l’euro ce matin, la paire EUR/GBP amorce la séance européenne dans le vert et est à nouveau de retour dans la partie supérieure de sa fourchette £0,87-£0,88. Sauf annonce majeure ou recrudescence soudaine de volatilité sur les marchés des changes, l’EUR/GBP pourrait continuer d’évoluer dans ce couloir étroit.

Perf 2018 = -1,42% / Moyenne 2018 = £0,8796 / Point haut 5 juin 2018 = £0,8791 / Point bas 5 juin 2018 = £0,8720 / Clôture 5 juin 2018 = £0,8749

JPY

EUR/JPY:   Après une séance relativement calme mardi, la paire EUR/JPY ayant passé une majeure partie de la séance à osciller dans un couloir de ¥128-¥129, le cours de change enregistre ce mercredi un rebond de plus de +0,5% sous l’impulsion des effets combinés d’une dissipation accentuée des incertitudes politiques en Europe et d’un réveil des spéculations monétaires en marge de la réunion de la BCE programmée la semaine prochaine. C’est d’ailleurs ce dernier point qui semble être à l’origine de la nouvelle poussée de l’EUR/JPY puisque les propos rassurants du premier ministre G. Conte et la réaffirmation de son intention de ne pas quitter la Zone Euro n’avaient pas provoquer beaucoup de remous sur la paire de change hier soir. Néanmoins, on peut voir dans l’amélioration du contexte politique européen – ou du moins sa non détérioration pour être plus correct – un terreau favorable à un renforcement de l’euro face à la valeur refuge qu’est le yen après sa lourde chute survenue la semaine dernière (recul de l’EUR/JPY à un point bas depuis 11 mois sous ¥125). Les propos optimistes ce matin du chef économiste de la banque centrale européenne P. Praet sur les perspectives d’inflation en Zone Euro – confiance sur un retour vers l’objectif de 2% - et la confirmation par ce dernier que la question de la fin du programme quantitatif sera débattue lors de la réunion de juin (14 juin) ravivent la confiance des investisseurs que malgré les récents troubles rencontrées la BCE pourrait néanmoins maintenir inchangés ses plans de réduction de son soutien monétaire. Le facteur de divergence de cycle monétaire entre la Zone Euro et le Japon, lequel n’a pour le moment pas officialiser de date de début de réduction de ses rachats d’actifs, apparaît clairement favorable à l’euro par rapport au yen.

Le cours EUR/JPY remonte ce matin au-dessus du seuil de ¥129, barrière qui fut le support de la paire de change pendant quasiment 9 mois, et accuse actuellement un rebond de plus de 3% sur les 6 dernières séances (performance en cours). L’accentuation des tensions commerciales outre-Atlantique, et notamment la montée des craintes autour d’une implosion de l’ALENA après la confirmation du conseiller économique de la Maison Blanche ; Larry Kudlow ;  d’une préférence de Donald Trump de poursuivre les négociations sous la forme de discussions bilatérales et non plus à trois, pourrait raviver la nervosité des marchés financiers et engendrer une nouvelle hausse de la demande en yen. Les récents gains de l’euro restent fragiles faute d’un maintien des incertitudes autour du profil fiscal de l’Italie (peur de hausse dangereuse de la dette italienne).

Perf 2018 = - 4,31% / Moyenne 2018 =   ¥ 132, 04 / Point haut 5 juin 2018 = ¥ 128,70 / Point bas 5 juin 2018 = ¥ 127,77 / Clôture 5 juin 2018 = ¥ 128,65

CHF

EUR/ CHF :  Les acheteurs de franc suisse n’avaient semblé hier guère rassuré par le premier discours public du premier ministre italien ; celui confirmant son intention d’augmenter considérablement les dépenses sans pour autant donner de précisions sur ses sources de financement ; ils l’ont été davantage par les propos optimistes ce matin du chef économiste de la BCE qui ravivent les spéculations de fin prochaine du programme quantitatif (QE), dont l’échéance arrive à son terme en septembre prochain. Aussi après un nouveau recul en direction de 1,15 mardi (point bas enregistré à 1,1503), la paire EUR/CHF a clairement pris une direction inverse ce mercredi et se rapproche désormais de 1,16 . Cela fait désormais 7 séances (celle de mercredi incluse) que l’EUR/CHF n’a plus franchi ce seuil, le cours de change oscillant en effet depuis la semaine dernière dans un couloir étroit de 1,15- 1,16. Il sera important de voir si les simples déclarations de Praet seront suffisantes pour casser le plafond de verre qui semble s’être formé au-dessus de la paire de change depuis le mouvement de panique survenu la semaine dernière sur les marchés européens en réaction aux craintes de future crise politique en Italie. Les risques haussiers sur le franc qui subsistent en amont du référendum de dimanche sur la réforme du système monétaire helvète pourraient freiner l’ascension de l’EUR/CHF et le maintenir, au moins jusqu’à la fin de semaine, sous ce niveau de 1,16. À noter également ce matin l’accélération surprise de la dynamique annuelle d’inflation générale en Suisse qui progresse en mai de 0,8% à 1,0%, soit un rythme plus élevé que ce qui était initialement anticipé (cons. +0,9% A/A) et qui s’avère être un pic plus observé depuis plus de 7 ans. Si cela ne devrait pas initier de changements d’orientation monétaire de la part de la banque centrale suisse à court terme, cela reste néanmoins une nouvelle rassurante envoyé par l’économie suisse qui confirme ici son redressement. Cela tend à conforter l’idée d’une hausse modérée de la paire EUR/CHF.

Perf 2018 = -0,95% / Moyenne 2018 =   1,1718  / Point haut 5 juin 2018 = 1,1563 / Point bas 5 juin 2018 = 1,1503 / Clôture 5 juin 2018 = 1,1535


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