Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

juin 05, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 5  juin 2018 – Sommaire :

  • Le premier discours du premier ministre italien G. Conte (12h00) devrait dévoiler les détails des priorités du nouveau gouvernement italien, lequel doit encore recevoir le vote de confiance du Sénat (aujourd’hui) et de la Chambre des députés (demain) pour entrer en fonction.
  • Le cours EUR/USD oscille toujours autour du niveau de $1,17. La paire semble plafonner sur ce niveau. Frilosité des acteurs européens à se réengager sur l’euro malgré la dissipation  (temporaire) des risques en Italie. La prudence reste de mise.
  • La paire EUR/GBP tape de nouveau à la porte du seuil de £0,88. Regards tournés ce matin vers le résultat de l’enquête PMI des services au Royaume-Uni (10h30).
  • L’EUR/CHF reste stable dans un couloir de ₣1,15-₣1,16 tandis que le rebond de l’EUR/JPY semble avoir décéléré à l’approche de l’ancien seuil support clé de ¥129. L’observation de nouvelles frictions commerciales n’est pas anodine à ce mouvement de stabilisation.
  • L’EUR/AUD consolide sa position sur son support de 4 mois de A$ 1,53 alors que la RBA a opté sans surprise ce matin pour un nouveau statu quo.
  • La couronne norvégienne retombe sous NOK 9,50 face à l’euro grâce à l’appui d’un rebond des prix du pétrole après sa forte chute de la veille (-2% pour le Brent). L’indice Brent remonte à $75,5
  • Le peso mexicain abandonne +0,5% face à l’euro à MXN 23,60 alors que les marchés craignent d’importantes représailles américaines en réponse à l’annonce du Mexique d’imposer une taxe de 20% sur les importations de pieds de porc depuis les Etats Unis.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

La paire de change a globalement surfé lundi sur la propagation du sentiment de soulagement des investisseurs dans un contexte de reflux des tensions politiques, que ce soit du côté de l’Italie où l’accord de coalition conclu la semaine dernière entre le Mouvement 5 Etoiles et la Ligue du Nord a de ce fait chassé les craintes d’un nouveau scrutin à haut risque dans le pays, ou même du côté des Etats Unis où le président Donald Trump s’est finalement résolu à rencontrer la semaine prochaine à Singapour son homologue nord-coréen. Malgré une pointe dans la matinée à $1,1744, soit un pic sur la semaine écoulée, le cours EUR/USD n’a néanmoins pas réussi à s’installer durablement au-dessus de $1,17 (clôture lundi à $1,1698). Si le dollar américain a très certainement bénéficié d’un prolongement de l’euphorie provoqué par la publication vendredi après-midi de très bons chiffres de l’emploi, il convient d’analyser le plafonnement apparent des gains du cours de change comme la conséquence d’une certaine frilosité des investisseurs à reprendre des positions à l’achat en euro en l’absence de leviers justifiant une revalorisation de la devise européenne. Le retour des incertitudes politiques en Europe mais également la multiplication des frictions commerciales dans le monde pèsent lourdement sur la confiance des acteurs économiques européens, comme en témoigne l’important repli de l’indice Sentix de sentiment économique en Zone Euro, publié lundi matin, à un plus bas depuis le mois d’octobre 2016 (9,3 pts en juin vs 19,2pts en mai), et représentent une réelle menace pour les perspectives économiques de la région. La relative stabilité de la paire de change semble également illustrer un certain manque d’initiatives des investisseurs avant les deux réunions monétaires de la semaine prochaine, mercredi de la FED et jeudi de la BCE.

Peu de mouvements à noter ce matin sur l’EUR/USD qui continue de fluctuer autour du niveau de $1,17. Sauf forte révision, les estimations finales des indices d’activité PMI de la Zone Euro en mai (secteur des services & indice agrégé) ne devraient pas provoquer beaucoup de remous sur la paire EUR/USD, tout l’inverse de l’indice d’activité ISM du secteur non-manufacturier américain dont la hausse attendue (cons. 57,5 vs 56,8 en avril) pourrait soutenir un petit renforcement du dollar américain. Néanmoins, c’est à nouveau vers l’Italie que les regards devraient aujourd’hui se pencher puisqu’en marge du vote de confiance programmé dans la soirée au Sénat, lequel doit valider la formation du nouveau gouvernement italien issu d’une alliance inédite entre antisystème (M5E) et extrême-droite (LN), le premier ministre italien Giuseppe Conte tiendra à la mi-journée (12h00) son premier discours public depuis sa prise de fonction dans lequel il présentera son plan de route. Les investisseurs seront à cette occasion très attentifs aux détails portant sur le financement des réformes d’assouplissements fiscaux massifs évoquées ces dernières semaines et le positionnement de l’Italie vis-à-vis de Bruxelles et de ses institutions. Un renforcement des inquiétudes autour d’un possible déraillement des comptes publics italiens et/ou accentuation des divisions politiques en Zone Euro pourrait réanimer des pressions baissières sur l’euro et œuvrer à une contraction de la paire de change vers le niveau de $1,16.

GBP

La volatilité de la paire EUR/GBP a très largement été influencée lundi par le rebond de l’euro dans contexte de dissipation des inquiétudes des acteurs de marché vis-à-vis de l’Italie, la meilleure performance que prévu de l’indice d’activité du secteur de la construction britannique au mois de mai (52,5 vs cons. 52,0 et 52,5 en avril) n’y changeant rien. Le cours de change a ainsi pratiquement effacé l’ensemble des pertes enregistrées vendredi dernier et fait son retour aux portes du seuil de £0,88 (clôture lundi à £0,8787). La livre sterling souffre également d’une nouvelle montée des inquiétudes des marchés vis-à-vis du processus de sortie du Royaume-Uni hors de l’UE, certains médias évoquant leurs doutes sur la capacité du gouvernement britannique à conclure un accord final avec Bruxelles d’ici la fin du mois et l’organisation du Sommet européen qui se tiendra à Bruxelles les 28 et 29 juin prochain. Pour le moment peu d’informations ne filtrent sur un éventuel terrain d’entente trouvé entre les deux parties concernant le futur statut juridique de la frontière en Irlande ou l’encadrement législatif en charge de gérer les conflits en marge du Brexit. 

La paire EUR/GBP sera très attentive ce mardi au résultat de l’enquête d’activité PMI du secteur des services au Royaume-Uni (10h30). Une progression plus importante que prévu (cons. 53,0 vs 52,8 en avril) de la croissance de ce secteur clé de l’économie britannique pourrait permettre à la livre sterling de reprendre quelques couleurs. Si ce résultat pourrait assurer un léger renforcement des observateurs vis-à-vis de la santé économique du pays, il est à l’inverse peu probable qu’il soit suffisant pour réanimer seul les spéculations autour d’un scénario de hausse de taux de la Banque d’Angleterre avant la fin de l’année. Le cours de change reste pour le moment solidement ancré dans son couloir de £0,87-£0,88.

JPY

Sous l’impact d’un regain d’appétit au risque des marchés au sein d’un contexte bien moins incertain qu’il y a encore quelques jours lorsque les investisseurs européens affichaient leurs craintes à l’égard de l’éventualité d’un nouveau scrutin en Italie, le cours EUR/JPY a accentué le rebond amorcé en fin de semaine dernière et fait son retour lundi au-dessus du seuil de ¥128 (clôture à ¥128,45), ou un pic sur les 8 dernières séances. Néanmoins, le retour dans la lumière de frictions commerciales en fin de semaine dernière en réponse à l’application par Washington de taxes sur l’acier et l’aluminium auprès de l’Union Européenne et du Canada réfrène pour le moment une revalorisation plus importante de la paire de change. Le Canada a d’ores et déjà annoncé des mesures de rétorsion sur l’importation de C$16Mds de produits américains tandis que ce matin les médias évoquent une velléité du Mexique d’imposer un taxe de 20% sur les importations de pieds de porc en provenance des Etats Unis. Du côté européen, on réfléchit également à la mise en place de barrières douanières sur plusieurs produits américains tels que les jeans, le whisky ou encore les motos.

Si le cours de change est désormais à quelques encablures de son ancien seuil support de ¥129, il a néanmoins vu les pressions haussières décélérées à l’approche de cette barrière clé. Le premier discours du premier ministre italien depuis sa prise de fonction, attendu à la mi-journée en Europe, cristallise les craintes des investisseurs ce mardi. L’absence de mouvements majeurs de la paire EUR/JPY ce matin – celle oscillant au centre d’un couloir de fluctuation de ¥128-¥129 - semble illustrer un attentisme des acteurs de marché en amont cet évènement clé. Un nouvel excès de nervosité des investisseurs européens viendrait mettre en péril les 2,4% de gains accumulés lors des quatre dernières séances.

CHF

Si la paire EUR/CHF a été également influencée par le rebond de l’euro – rebond de +0,36% lundi à 1,1556 - celle-ci reste néanmoins toujours coincée dans un couloir étroit de 1,15- 1,16 . Les statistiques hebdomadaires publiées lundi sur les encours bancaires suisses ne montrent toujours aucun signe de la BNS sur les marchés des changes. L’inertie du franc suisse semble confirmer le maintien d’une position relativement prudente des investisseurs européens face au retour du risque de fragmentation de la Zone Euro depuis l’officialisation la semaine dernière en Italie d’un gouvernement aux positions relativement eurosceptiques. Celui-ci devrait vraisemblablement obtenir la confiance des parlementaires italiens lors des votes organisés mardi au Sénat et mercredi au sein de la Chambre des députés (M5E et LN disposent d’une majorité au sein des deux chambres parlementaires), aussi il convient de se faire à l’idée de voir gouverner cette alliance inédite à la tête de la 3ième économie européenne. Le premier discours public – programmé à la mi-journée – du premier ministre italien G. Conte devrait permettre d’éclairer les marchés sur les chantiers prioritaires du gouvernement. Ce sera ainsi l’occasion d’avoir en mains davantage de détails sur la manière dont celui-ci compte mettre en place ses réformes économiques et sa position politique au sein d’une Europe qui a davantage brillé ces dernières années par ses divisions que sa cohésion.  

Le référendum public programmé ce weekend en Suisse sur la question d’un éventuel changement du système monétaire – lequel offrirait un monopole de la création monétaire à la banque centrale helvète (BNS) ce qui limiterait la capacité de prêts des banques locales – est considéré par un grand nombre d’observateurs comme un risque majeur pour l’économie suisse et un potentiel risque de perte d’indépendance de la BNS. De nombreux traders se sont d’ores et déjà positionnés contre une éventuelle hausse du franc en cas de vote de cette réforme. Les stratégies déployées en amont de ce scrutin peuvent également expliquer l’inertie actuelle de la paire EUR/CHF malgré le regain de confiance graduel des marchés européens.


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