Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

juin 04, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 4 juin 2018 – Sommaire :

  • Regain général d’optimisme sur les marchés en réaction à l’officialisation du sommet Etats-Unis/Corée du Nord, le retour dans la lumière du couple franco-allemand et les propos constructifs du secrétaire américain au Commerce après sa visite en Chine.
  • L’EUR/USD retape à la porte de $1,17 mais peine à franchir ce cap.
  • La paire EUR/JPY remonte à un pic d’une semaine à plus de ¥128. Celle-ci enregistre actuellement un rebond de plus de 2% sur les 4 dernières séances.
  • EUR/CHF toujours inerte qui se maintient dans un couloir de ₣1,15-₣1,16. Le dégonflement des risques en Europe (Italie & Espagne) demande confirmation. Prudence prônée.
  • L’EUR/AUD chute ce matin à son plus bas niveau depuis 4 mois et teste son support de A$1,53. Regain d’appétit au risque & mouvements d’anticipation en amont de la réunion de la RBA (mardi) et des chiffres du PIB au T1  (mercredi) qui sont bénéfiques à l’AUD.
  • Les devises nordiques accentuent le rebond amorcé vendredi dernier face à l’euro :  l’EUR/NOK retombe à NOK 9,50 et l’EUR/SEK revient au centre de son couloir de SEK 10,20-10,30

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD : Des chiffres de l’emploi américain étonnement robustes – plus de 200k créations d’emploi en mai (+223k vs cons. 188k), recul surprise du chômage à un nouveau plus bas depuis 18 ans (3,8% vs 3,9% en avril) et croissance plus importante que prévu des salaires (+0,3% M/M vs cons. +0,2%, dynamique annuelle qui accélère comme attendu de 2,6% à 2,7%) – ont favorisé un rebond du dollar américain vendredi dernier et temporairement renvoyé la paire EUR/USD vers le niveau de $1,16 (point bas recensé vendredi à $1,1616). On aurait pu s’attendre à un mouvements de plus grande ampleur compte tenu du fait que ces statistiques viennent non seulement confortées l’hypothèse d’un second resserrement monétaire en juin – scénario déjà très largement anticipé et intégré dans la valorisation actuelle du dollar (probabilité estimée à 85% sur les marchés à terme) – mais ravivent les débats sur une possible révision des projections monétaires de la banque et l’éventuel ajout d’une 4ième hausse de taux au calendrier de 2018. Les investisseurs n’ont, semble-t-il, pas voulu cédé au jeu des spéculationsavant les deux réunions de la FED et de la BCE de la semaine prochaine, et la paire EUR/USD a quelque peu retracé pour clôturer la semaine au-dessus du seuil de $1,1650, un niveau sur lequel le cours de change avait ouvert lundi dernier. Si le gain est très minime (+0,1% de performance la semaine dernière), il est malgré tout important de noter que l’EUR/USD a réussi à stopper l’hémorragie et a enregistré à cette occasion sa 1ière semaine de gain après avoir cumulé -5,5% de pertes sur les 6 dernières semaines. Le dégonflement des incertitudes politiques, aussi bien à l’échelle régionale que globale semble avoir profité à l’EUR/USD, celle-ci se nourrissant du regain d’appétit au risque des investisseurs. Du côté européen, la situation se stabilise quelque peu en Italie même si cela reste très fragile, tandis qu’en Espagne le parlement a voté à la majorité la motion de censure adressée au premier ministre Mariano Rajoy, forçant de ce fait son départ et son remplacement par le leader socialiste Pedro Sanchez. Néanmoins, compte tenu de la faible représentation du parti socialiste au parlement (84 sièges sur 350), il est fort possible que l’on n’est pas à attendre jusqu’à 2020 pour voir s’organiser de nouvelles élections dans le pays. Au niveau global, les marchés ont positivement accueilli l’annonce tardive du président américain indiquant qu’il accepterait finalement de rencontrer son homologue nord-coréen Kim Jong-un le 12 juin prochain à Singapour, comme il l’était initialement prévu.

Ce lundi, le cours EUR/USD a ouvert en hausse à proximité du seuil de $1,17, lequel semble pour le moment bien résister aux assauts de celui-ci. L’euro semble profiter d’un regain d’optimisme des investisseurs alors que les évènements du weekend ont mis en lumière un réchauffement de la relation du couple franco-allemand ; Angela Merkel apportant son soutien sur plusieurs réformes européennes proposées par le président français Emmanuel Macron (création d’un Fond Monétaire Européen et développement modèle européen de Défense notamment) ; et une tentative de rassemblement dans un contexte difficile de hausse des divisions en Europe. Le choix du parti socialiste espagnol de ne pas s’allier au parti d’extrême gauche Podemos est également un soulagement pour les acteurs de marché qui voient de ce fait les incertitudes politiques en Europe, à défaut de ne pas disparaître au moins ne pas s’intensifier. Compte tenu du calendrier économique moins dense que les semaines précédentes (activité industrielle en Allemagne, révision des indices PMI en Zone Euro, balance commerciale américaine et indice ISM non-manufacturier à suivre néanmoins) et l’approche des réunions de la FED et de la BCE – respectivement le 13 et 14 juin prochain - autour desquelles résident beaucoup d’attente. Nous pourrions assister cette semaine à un « round d’observation ». La volatilité pourrait néanmoins rester encore fortement alimentée par le sentiment global alors que se profile en fin de semaine au Canada une réunion du G7 où les Etats Unis, après le non-renouvellement auprès de l’Union Européenne et du Canada des exemptions des taxes douanières sur l’acier et l’aluminium, apparaîtront très isolés.

Perf 2018 = -2,54% / Moyenne 2018 = $1,2174 / Point haut 2 juin 2018 = $1,1717 / Point bas 2 juin 2018 = $1,1616 / Clôture 2 juin 2018 = $1,1660

GBP

EUR/GBP :   Grâce à l’appui d’un résultat bien meilleur qu’attendu de l’enquête d’activité PMI du secteur manufacturier (54,4 vs consensus 53,5), la livre sterling a enregistré un solide rebond de +0,6% face à l’euro, la paire EUR/GBP retombant sous le seuil de £0,8750 (clôture vendredi à £0,8738) alors qu’elle avait atteint un pic de deux semaines à plus de £0,88 dans la matinée. Il faut y voir là une correction en réaction à un résultat positif venant atténuer quelque peu le pessimisme exacerbé des observateurs à l’égard de l’économie britannique que l’on observe depuis la publication début mai des chiffres décevants de croissance au 1er trimestre. La magnitude du mouvement semble indiquer la présence d’ « acheteurs de livre » qui, bien que tapis dans l’ombre, restent très attentifs et sensibles à la teneur des publications économiques publiées au Royaume-Uni. La frustration laissée par les récentes imbroglios autour de la communication de la Banque d’Angleterre (rétropédalage sur son calendrier monétaire en mai) et des médias sur les avancées du Brexit semblent avoir involontairement offert aux « fondamentaux » un statut plus important aux yeux des investisseurs.

De ce fait, les deux nouvelles enquêtes PMI publiées lundi et mardi (secteur de la construction et des services) pourraient provoquer à nouveau d’importants remous sur la paire EUR/GBP. Concernant le Brexit, l’Irlande du Nord a réclamé ce week-end au gouvernement britannique plus d’avancées concrètes sur le dossier du statut juridique de la frontière en Irlande.  Pour le moment, la paire EUR/GBP continue de naviguer sans réelle direction dans son couloir étroit de £0,87-£0,88 et ne semble pas disposer pour le moment à en sortir. Notons néanmoins, qu’en cas de regain d’optimisme des investisseurs à l’égard de la santé économique du Royaume-Uni, nous pourrions assister à une tentative de retour du cours EUR/GBP sous le seuil de £0,87. Les incertitudes politiques en Zone Euro n’ont pas eu de réels effets sur la paire de changes, les pressions baissières sur l’euro étant alors compenser par le peu d’attrait des investisseurs pour la livre sterling. Un recul décalé pourrait donc s’observer si les marchés regagnent un peu de confiance dans la livre et que la situation politique en Zone Euro apparaît toujours peu stable.

Perf 2018 = -1,44% / Moyenne 2018 = £0,8796 / Point haut 2 juin 2018 = £0,8809 / Point bas 2 juin 2018 = £0,8724 / Clôture 2 juin 2018 = £0,8738

JPY

EUR/JPY:   C’est une demi-surprise compte tenu de la multiplication des échanges ces derniers jours entre les deux camps, néanmoins l’officialisation vendredi dans la soirée du sommet entre les Etats Unis et la Corée du Nord, le 12 juin prochain à Singapour, est positivement accueillie par les investisseurs. La dissipation des turbulences politiques en Italie, et dans une moindre mesure en Espagne, avait déjà stimulé la paire EUR/JPY vendredi et renvoyé aux portes de ¥128 (clôture vendredi à ¥127,69). Ce seuil a été franchi ce lundi matin et désormais la paire de change oscille sur un pic d’une semaine. La paire de change enregistre actuellement un rebond de plus de 2% sur les 4 dernières séances (performance en cours) depuis le point bas de 11 mois touché mardi dernier à moins ¥125 (point bas recensé à ¥124,61). La paire restera sensible à l’évolution du sentiment global des acteurs de marché alors que l’attention se portera cette semaine sur les conclusions de la visite ce weekend du secrétaire américain au Commerce en Chine, la réunion à Washington entre le Donald Trump et le premier ministre japonais (jeudi) et le sommet du G20 au Canada (vendredi-samedi). Les dossiers de la Corée du Nord – dont un démantèlement intégral de son programme nucléaire est exigé par les Etats Unis – et des tensions commerciales entre les Etats Unis et ses partenaires commerciaux devraient à nouveau faire l’actualité. S’il n’y a aucune raison pour l’heure de céder à l’euphorie, une accentuation du regain d’appétit au risque des investisseurs pourrait néanmoins aider la paire de change à revenir au-dessus de son ancien support de ¥129. Pour se faire, une inflexion du discours du président américain dans sa politique de protectionnisme commercial serait la bienvenue… Si le revirement de position sur le dossier nord-coréen peut nourrir cet espoir, il est néanmoins pour le moment impossible d’anticiper les futures réactions d’un président américain qui brille par son imprévisibilité. À noter la publication vendredi au Japon des chiffres révisés de croissance du PIB au 1er trimestre.

Perf 2018 = - 5,28% / Moyenne 2018 =   ¥ 132, 09 / Point haut 2 juin 2018 = ¥ 128,13 / Point bas 2 juin 2018 = ¥ 127,10 / Clôture 2 juin 2018 = ¥ 127,69

CHF

EUR/ CHF :    Malgré une stabilisation de la situation politique en Italie et un regain général d’optimisme des marchés financiers, la paire EUR/CHF brille par son inertie, celle-ci apparaissant depuis deux séances coincée dans un couloir étroit de 1,15- 1,16 . Les investisseurs européens semblent prôner la prudence dans leur attitude, le retour au calme dans la région réclamant à leurs yeux d’être confirmé. Surtout, parmi les nombreux risques soulevés par l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement populiste et eurosceptique en Italie et d’un gouvernement socialiste minoritaire en Espagne, si certains ont disparu d’autres demeurent quant à eux bien présents (crise de la dette en Italie en cas de hausse dangereuse des déficits). Par ailleurs, le facteur de divergence monétaire n’est plus aussi intensément défavorable au franc face à l’euro car dans ce contexte d’émergence de nouveaux troubles politiques au sein de la Zone Euro, un nombre croissant d’observateurs de marché voit la BCE retarder ses plans de normalisation monétaire mais au contraire rallonger sa politique de soutien monétaire. Un élément de réponse devrait nous être offert à ce sujet à l’occasion de la réunion de la BCE programmée jeudi prochain. En attendant, peu de leviers haussiers pour l’euro face au franc, le seuil de 1,16 faisant toujours figure d’obstacle temporaire.

Perf 2018 = -1,27% / Moyenne 2018 =   1,1721  / Point haut 2 juin 2018 = 1,1574 / Point bas 2 juin 2018 = 1,1499 / Clôture 2 juin 2018 = 1,1515


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