Actualités du marché des devises

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juin 01, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 1er juin 2018 – Sommaire :

  • Un risque en remplaçant un autre, les tensions s’apaisent en Italie après l’accord de coalition mais s’intensifient en Espagne où un nouveau gouvernement de centre-gauche pourrait arriver au pouvoir en cas de départ forcé de M. Rajoy.
  • L’EUR/USD recule mais reste néanmoins à proximité de $1,17. La volatilité pourrait s’accélérer dans l’après-midi en marge de la publication des chiffres de l’emploi aux Etats Unis (14h30) et du dévoilement du résultat du vote au parlement espagnol.
  • L’EUR/GBP a touché le seuil de £0,88 pour la 1ière fois en 2 semaines. Le prochain départ d’un membre de la BOE vient renforcer la thèse d’un statu quo prolongé au Royaume-Uni. Indice PMI du secteur manufacturier à suivre (10h30).
  • L’EUR/JPY consolide sa position au-dessus du seuil de ¥1,27. Gains fragiles compte tenu de l’accentuation des tensions commerciales. Exemptions des taxes US sur l’acier/aluminium non renouvelées pour l’UE, le Canada et le Mexique.
  • Cours EUR/CHF stable juste au-dessus de ₣1,15.
  • Rebond des devises nordiques NOK & SEK en réaction à des enquêtes PMI relativement robustes. L’EUR/NOK retombe sous le seuil NOK 9,55.
  • L’EUR/CAD panse ses plaies après son rebond de la veille (PIB canadien décevant au T1 – plus mauvaise performance sur les 7 derniers trimestres). Le cours oscille au-dessus de C$1,51 ce matin.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

L’apaisement des tension en Italie (accord de coalition finalement trouvé entre le M5E et la LN)  et la hausse bien plus importante que prévu des indices inflation en Zone Euro en mai – progression de la dynamique annuelle de l’indice de prix général de 1,2% à 1,9% (pic de 13 mois) contre 1,6% attendu / de l’indice de base de 0,7% à 1,1% (pic de 8 mois) contre 1,0% attendu – ont poussé l’EUR/USD vers $1,17. Néanmoins, malgré plusieurs  pointes au-dessus de ce seuil - notamment en fin de matinée (pic à $1,1724) et en début d’après-midi à la réception de chiffres PCE américains suggérant une stabilisation des pressions inflationnistes aux Etats Unis - la paire de change n’a pas réussi à s’installer au-dessus de cette barrière, la faute principalement à un contexte global qui reste toujours hautement incertain.  Si l’annonce d’un accord final de coalition trouvé entre les dirigeants du Mouvement 5 Etoile et de la Ligue du Nord tend à rassurer les marchés européens sur le fait que l’Italie devrait échapper selon toute vraisemblance à un nouveau scrutin à haut risque que beaucoup d’observateurs craignaient qu’il ne devienne une consultation publique sur le maintien de la 3ième économie européenne au sein de la Zone Euro, néanmoins l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement anti-austérité inédit, au profil peu europhile, maintient en vie les craintes initiales portant sur une possible risque de hausse dangereuse des déficits publics italiens (spectre de crise de la dette) et de nouvelles fragmentations politiques au sein de la Zone Euro. De ce point de vue-là, il apparaît pour l’heure normal de voir un certain plafonnement des gains sur l’euro. Cela est d’autant plus vrai que parallèlement au début de stabilisation de la situation politique en Italie, on observe dans le même temps quelques secousses politiques en Espagne. La motion de censure adressée par le parti de centre-gauche socialiste à l’encontre du premier ministre Mariano Rajoy pourrait être votée par le parlement espagnol vendredi et précipiter son départ du gouvernement. S’il n’est pas question là-bas de « risque populiste », néanmoins l’instabilité politique qui émane actuellement de la Zone Euro ne tend pas à renforcer la confiance des investisseurs vis-à-vis de la région. Le retour jeudi des tensions commerciales en réaction au choix du président américain de ne pas renouveler les exemptions accordées à l’Union Européenne, au Canada et au Mexique aux taxes douanières sur l’acier (25%) et l’aluminium (10%), et les annonces de mesures de rétorsion qui se sont succédées parmi les partenaires commerciaux des Etats Unis, ont eu également peser sur la paire EUR/USD. Si de manière générale, les investisseurs ont en effet tendance dans un contexte global hostile, cette tendance est actuellement renforcée par la présence d’incertitudes politiques en Europe.

Le retour des tensions commerciales mondiales mais aussi la nervosité des investisseurs européens en amont du vote de confiance programmée en fin d’après-midi en Espagne pèsent légèrement sur la valorisation de l’EUR/USD ce vendredi matin, la paire restant tout même toujours à proximité du seuil de $1,17. Les pertes du cours de change restent tout de même modeste alors qu’il semble se dégager un sentiment de soulagement global sur les marchés des changes en réponse à la résolution de la crise politique en Italie. Après presque trois mois de tractation, le pays va enfin avoir un gouvernement, avec à sa tête le juriste Giuseppe Conte, et composé d’une personnalité favorable au maintien de l’Italie au sein de la Zone Euro au ministère de l’économie et des finances et un pro-européen en charge des affaires étrangères. La volatilité pourrait s’accentuer progressivement au fil de la journée, surtout lors de la séance américaine alors que le point d’orgue de cette séance de vendredi sera la publication des nouvelles statistiques de l’emploi aux Etats Unis, et dans une moindre mesure les résultats de l’enquête ISM d’activité du secteur non-manufacturier américain.  Les marchés tablent sur un maintien du taux de chômage sous le niveau de 4% (cons. 3,9%) grâce à l’appui d’un volume de créations d’emploi toujours très robuste et avoisinant les 200k (cons. 188k). Les regards seront, une fois n’est pas coutume, très attentifs aux statistiques des salaires. Une nouvelle accélération de la dynamique annuelle des salaires, comme il l’est actuellement attendu (cons . 2,7% A/A vs 2,6% en avril), pourrait à nouveau venir alimenter les débats autour du calendrier monétaire de la Fed et l’éventuel ajout d’une 4ième hausse de taux à l’agenda de l’année lors de la réunion du 13 juin prochain. Auquel cas, cela pourrait être une nouvelle occasion pour voir la paire EUR/USD se rétracter après deux séances consécutives de gain. D’importants mouvements sur les taux souverains américains, mêlé à une nervosité des acteurs européens en amont du vote au parlement espagnol, pourraient alors pousser l’EUR/USD sous le niveau de $1,16. Des chiffres de l’emploi mitigés pourraient à l’inverse offrir l’opportunité à la paire de change de s’installer au-dessus de $1,17.

Perf 2018 = -2,59% / Moyenne 2018 = $1,2178 / Point haut 31 mai 2018 = $1,1724 / Point bas 31 mai 2018 = $1,1639 / Clôture 31 mai 2018 = $1,1690

GBP

La dissipation des risques politiques en Italie et l’annonce du départ en septembre prochain d’un membre du comité exécutif de la Banque d’Angleterre aux positions favorables à un durcissement des conditions monétaires sont venues soutenir la dynamique haussière du cours EUR/GBP amorcée mercredi et renvoyer celle-ci vers le niveau de £0,88. Si le cours de change n’était parvenue à franchir ce palier jeudi – pointe recensée à £0,8799 – c’est désormais chose faite ce vendredi matin. Le départ de Ian McCafferty – lequel fut le seul membre de la banque centrale britannique à avoir voté en faveur d’une hausse de taux lors deux précédentes réunions monétaires de mars et de mai – et son remplacement par le professeur d’économie au sein de l’école de commerce londonienne Imperial Collegevient renforcer l’hypothèse actuelle d’un possible maintien prolongé d’un statu quo sur les taux directeurs britanniques jusqu’à la fin de l’année. Faute d’attractivité offerte par ses rendements obligataires, et compte tenu du maintien des incertitudes relatives au Brexit, les investisseurs voient ici peu d’arguments de se repositionner à l’achat sur la devise britannique.

Alors qu’elle oscille ce vendredi matin sur ses plus hauts niveaux depuis deux semaines autour du niveau de £0,88, la paire EUR/GBP sera particulièrement sensible aux résultats dans la matinée des enquêtes d’activité PMI du secteur manufacturier en Zone Euro (révision) et au Royaume-Uni. Un léger ralentissement de l’activité des usines britanniques au mois de mai, comme il l’est actuellement attendu par le consensus (cons. 53,5 vs 53,9 en avril), pourrait offrir peu de soutien à la livre. Comme cela a été le cas pendant une grande partie de la semaine, les possibles freins à une ascension plus importante de la paire de change pourraient venir d’Europe et d’un possible regain de nervosité des investisseurs en amont du résultat en Espagne du vote de la motion de censure adressée contre le 1er ministre M. Rajoy, dont le résultat final est attendu dans l’après-midi. L’approche du seuil de résistance de £0,8850 qui n’a plus été franchi depuis plus de 2 mois pourrait également contenir les tentatives de rebond de la paire de change.  

Perf 2018 = -0 99% / Moyenne 2018 = £0,8797 / Point haut 31 mai 2018 = £0,8799 / Point bas 31 mai 2018 = £0,8753 / Clôture 31 mai 2018 = £0,8792

JPY

Malgré l’accentuation des tensions commerciales mondiales initiée par la décision de Washington de ne pas renouveler les exemptions sur ses taxes douanières sur l’acier et l’aluminium accordées à l’époque aux membres de l’Union Européenne, au Canada et au Mexique, le cours EUR/JPY a fait preuve d’une étonnante résistance et est parvenu à se maintenir au-dessus du seuil de ¥127. La nouvelle ne semble à priori pas avoir réellement surpris les marchés, plusieurs responsables politiques européens n’avaient en effet pas cacher leurs doutes quant à une issue favorable sur ce dossier. La résolution apparente de la crise politique en Italie après l’annonce d’un accord de coalition trouvé entre le Mouvement 5 Etoiles et la Ligue du Nord, et le soulagement général des investisseurs face l’absence de personnalités eurosceptiques clivantes dans le nouvel organigramme proposé au président Mattarella semblent avoir annihiler toute tentative de nouveau décrochage de la paire de change. Si les incertitudes politiques en Europe n’ont pas disparu, loin de là, les investisseurs accueillent dans un premier temps favorablement la disparition du risque majeur qu’aurait suscité l’organisation d’un nouveau scrutin en Italie.  

Le cours EUR/JPY reste sur une pente ascendante ce vendredi matin et reste globalement connecté à l’actualité politique, très riche en ce moment. L’annonce ce matin de la réduction des achats d’obligations souveraines de la part de la Banque du Japon ; nouvelle preuve d’une velléité de cette dernière de réduire progressivement son empreinte monétaire sur l’économie japonaise et son contrôle sur la courbe des taux ; n’a pas eu de réels impacts sur le yen alors que l’on aurait pu penser que celui-ci se serait renforcé. Les investisseurs digèrent ce matin l’officialisation d’un nouveau gouvernement en Italie , moins eurosceptique qu’initialement craint, après trois mois de flou et d’imbroglio politique. Les gains de l’EUR/JPY restent toutefois fragiles dans un contexte global relativement dégradé. La hausse des tensions commerciales et un regain de nervosité des acteurs européens possible en marge du vote au parlement espagnol cette après-midi pourraient progressivement venir peser sur la valorisation du cours de change. Le potentiel haussier de l’EUR/JPY nous semble pour l’occasion limité, et un retour vers l’ancien seuil support de ¥129 apparaît peu probable.  

Perf 2018 = -5,67% / Moyenne 2018 =   ¥132,12 / Point haut 31 mai 2018 = ¥127,70 / Point bas 31 mai 2018 = ¥126,30 / Clôture 31 mai 2018 = ¥127,21

CHF

Malgré la dissipation des incertitudes en Italie provoquée par l’officialisation d’un nouveau gouvernement après trois mois de négociations, les sources d’incertitudes en Europe restent néanmoins importantes. Le peu de rigueur budgétaire de cette nouvelle équipe dirigeante dont les réformes d’assouplissement fiscal menacent de faire dangereusement gonfler la dette  (déjà très importante) du pays, et le changement probable de gouvernement en Espagne en attendant de nouvelles élections anticipées renvoient l’image à nouveau l’image d’une zone géographique instable. De ce fait, l’EUR/CHF n’a pas réussi à réellement s’écarter du niveau de1,15. Par ailleurs, le franc a très certainement pu bénéficier de l’accueil positif fait à la lecture de chiffres de croissance au 1er trimestre légèrement plus importants que prévu (+0,6% T/T vs cons. +0,5%).

Le cours EUR/CHF reste ce vendredi matin relativement stable, les investisseurs européens semblant privilégier une approche prudente en attendant l’issue du vote du parlement espagnol cette après-midi. Un départ forcé du premier ministre espagnol M. Rajoy et son remplacement par le leader socialiste Pedro Sanchez pourraient raviver un peu de nervosité sur les marchés des changes et peser sur la valorisation de la paire EUR/CHF. Comme on l’a vu jeudi, le support de ₣1,15 est friable et pourrait à nouveau céder en cas de recrudescence des incertitudes politiques en Europe. Il faudrait une réelle bonne nouvelle venant réconforter le sentiment des acteurs européens pour offrir l’opportunité au cours de change de revenir à ₣1,16… un scénario qui ne semble pas à l’ordre du jour.

Perf 2018 = -1,31% / Moyenne 2018 =   ₣ 1,1722  / Point haut 31 mai 2018 = ₣ 1,1571 / Point bas 31 mai 2018 = ₣ 1,1462 / Clôture 31 mai 2018 = ₣ 1,1525


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