Actualités du marché des devises

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mai 25, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 25 mai 2018 – Sommaire :

  • Les marchés des changes ont activé le mode « risk-off » en réaction à l’annonce inattendue du président américain d’annuler sa rencontre, initialement programmée mi-juin, avec son homologue nord-coréen.
  • Les valeurs refuges sont à nouveau recherchés par des investisseurs anxieux : EUR/USD sous $1,17 (plus bas depuis 6 mois), EUR/JPY sous ¥128 (plus bas depuis 9 mois) & EUR/CHF sous ₣1,16 (plus bas depuis ~3 mois).
  • La situation politique en Italie reste une source de préoccupation : Le tout fraichement confirmé 1er ministre G. Conte pourrait dévoiler son futur gouvernement ce vendredi. Regards tournés vers le futur titulaire du ministère de l’Economie.  
  • La livre sterling reste stable ce matin en amont de la publication des chiffres révisés de PIB au T1 au Royaume-Uni. Une révision à la hausse de ces estimations pourrait offrir un tremplin à un retour de l’EUR/GBP sous £0,8750.
  • La montée des tensions géopolitiques se répercute sur les prix des matières premières : Paires EUR/CAD (C$1,51) & EUR/AUD (A$ 1,5450) assez stables ce matin.
  • Fort rebond de la couronne suédoise ce matin (+0,8%) & l’EUR/SEK corrige sous SEK 10,20 (plus bas depuis 2 mois).
  • Rebond de la paire EUR/ZAR de 0,4% à ZAR 14,60 en amont de la publication du rapport de crédit sur la dette sud-africaine par l’agence de notation Standard & Poor’s

EUR/USD

La paire a enregistré un très léger frémissement suite à l’annonce d’approbation par le président de la République, Sergio Mattarella, de la candidature de Giuseppe Conté au poste de premier ministre. Les marchés ont positivement accueilli les premiers mots de celui qui sera à la tête de la coalition gouvernementale réunissant les antisystèmes du Mouvement 5 Etoiles et les populistes de la Ligue du Nord, dans lesquels il insiste sur le fait qu’il ne souhaite pas tourner le dos à l’Europe mais plutôt instaurer un dialogue. Pas d’excès de confiance non plus du côté des investisseurs européens puisque celui-ci a par la même occasion formuler sa volonté de renégocier les traités européens et mettre en place le programme de réformes expansionnistes qui menace de faire exploser la dette du pays. Ce soupçon d’optimisme a vite été balayé, l’EUR/USD échouant à dépasser le seuil de $1,1750 (pic de la séance), puisque les marchés ont vite été rattrapés par la réalité du moment, c’est-à-dire un nouveau vent d’incertitude venu des Etats Unis. L’enquête interne sur les importations d’automobile qui pourrait conduire à une nouvelle taxe douanière sur ce secteur similaire à celle déjà mise en place sur l’acier et l’aluminium, mais également l’annulation inattendue par le président américain de la rencontre avec le président nord-coréen initialement programmée mi-juin à Singapour ont provoqué de vives réactions et replonger les investisseurs dans leurs doutes. Dans ce nouveau contexte hostile, le dollar américain semble avoir les épaules un plus solide que l’euro pour affronter cette période de troubles. Il faut dire que le contexte politique actuel très incertain en Italie et la décélération de l’activité économique observée depuis le début d’année 2018 n’engagent pas forcément les investisseurs à se réfugier sur la devise européenne. De ce fait, le sursaut d’orgueil de l’EUR/USD a vite été calmé et le cours se maintient pour le moment à proximité du support de $1,17.

Le cours de change est de nouveau sur la défensive ce vendredi et fait face à des pressions baissières qui tentent de l’envoyer sous le seuil de $1,17 faute d’appétence au risque des investisseurs dans un environnement commercial et politique mondial incertain . Le mouvement de recul de l’EUR/USD reste pour le moment modeste, les marchés se raccrochant à l’espoir que la rencontre entre Etats Unis et Corée du Nord pourrait finalement avoir lieu. C’est du moins la volonté du président nord-coréen rapporte l’agence d’information Bloomberg dans un de ses rapports ce matin. La paire pourrait malgré tout enregistrer une seconde séance consécutive de gains, ce qui ne lui est plus arrivé depuis deux semaines, grâce à l’appui de statistiques économiques pour une fois plus favorables en Europe qu’aux Etats Unis. Les indices Ifo de confiance des entreprises allemandes publiés en milieu de matinée sont attendus à des niveaux quasi similaires à ceux observés le mois dernier (consensus : 102,0 vs 102,1 en avril) alors qu’aux Etats Unis les économistes tablent sur une sévère contraction des commandes de biens durables en avril (consensus : -1,4% M/M vs +2,6% en mars) et aucune révision de l’indice Michigan de confiance des ménages en mai. Néanmoins, la volatilité de la paire de change pourrait être une nouvelle fois principalement influencée par les évènements en Italie puisque le tout fraîchement confirmé au poste de premier ministre, Giuseppe Conte, pourrait dévoiler les noms de son futur gouvernement dès ce vendredi. Les principales préoccupations concernent le ministère de l’économie qui semble promis à l’économiste eurosceptique Paolo Savona.

EUR/GBP

Elle s’en est approchée tout près, l’a même franchi (point bas de la séance recensé à £0,8736), mais finalement la paire EUR/GBP a échoué à briser le seuil de £0,8750 (clôture à £0,8754 pour une performance de -0,08%) . La livre sterling a été dans un premier temps été tirée vers le haut par de très bons chiffres de ventes au détail ressortis très largement au-dessus des attentes du consensus (+1,6% M/M vs consensus +0,7% - Plus forte croissance mensuelle sur les 16 derniers mois) puis a par la suite été pénalisée par la montée d’un sentiment global d’aversion au risque au sein des marchés financiers suite à l’annonce d’annulation du sommet politique entre Etats Unis et Corée du Nord. L’imbroglio autour de l’annonce dévoilée par le journal The Times d’une volonté des autorités britanniques de rallonger la période de transition post-Brexit jusqu’à 2023, et son démenti dans la foulée par le gouvernement, n’ont pas non plus contribué à faire monter la cote de popularité de la devise britannique auprès des investisseurs.  

Malgré le peu de volatilité de la paire EUR/GBP, due en partie à la présence de forces motrices divergentes, on note néanmoins depuis le début de la semaine une dynamique plutôt à la baisse qu’à la hausse. D’un point vue strict des fondamentaux économiques, les statistiques publiées cette semaine au Royaume-Uni sont plutôt réconfortants puisque la décélération de l’inflation est un poids à priori en moins sur le pouvoir d’achat des ménages et les bons chiffres de ventes au détail semblent corroborer la thèse d’une contre-performance au premier trimestre résultant de facteurs saisonniers (mauvaises conditions météorologiques notamment énoncées). Ce sentiment d’embellie, ou du moins la perception d’un environnement économique moins dégradé que prévu, pourrait être à nouveau renforcé ce vendredi en cas de révision à la hausse des estimations de PIB au 1er trimestre. Un scénario qui n’est pas celui du consensus qui table très largement sur une confirmation de la performance très décevante de +0,1% T/T sur le début d’année 2018. À nouveau, la paire EUR/GBP pourrait tenter de repasser sous le seuil de £0,8750 et amorcer un retour vers son support de £0,87 en cas de regain de confiance des marchés à l’égard de l’économie britannique.

EUR/JPY

Après sa lourde chute survenue lors de la séance de mercredi, la paire EUR/JPY a connu jeudi une nouvelle journée difficile (-0,56%) et chuté à un nouveau point bas depuis 9 mois sous le seuil de ¥128 (point bas recensé jeudi à ¥127,70). Le refus du président américain de rencontrer son homologue nord-coréen, sous prétexte d’une « hostilité ouverte » de ce dernier, vient raviver les craintes de nouveaux déséquilibres de l’ordre mondial alors que l’actualité de l’année 2017 fut globalement rythmée par la menace nucléaire que faisait peser le régime de Pyongyang sur le continent asiatique et sur les Etats Unis. Malgré les signes de dialogue envoyés par la Corée du Nord ce matin – Kim Jong-un semble déterminer à maintenir coûte que coûte ce sommet – le yen reste sur une pente ascendante face à l’euro, la paire EUR/JPY oscillant ce matin à nouveau sous son seuil support de ¥128. Le cours est à une position charnière puisque celui-ci a oscillé de manière constante au-dessus de ce seuil des ¥128 depuis la fin du mois de juin 2017 et le discours de Mario Draghi à Sintra dans lequel il annonçait pour la 1ière fois publiquement l’intention de la BCE de réduire son soutien monétaire. Les pressions baissières pourraient néanmoins progressivement se dégonfler en cas d’annonces rassurantes concernant les relations entre Etats Unis et Corée du Nord et entre Etats Unis et Chine.

EUR/CHF

La montée des risques mondiaux suite à l’annonce d’annulation du sommet entre Etats Unis et Corée du Nord, couplée aux incertitudes qui entourent le dévoilement de la composition du futur gouvernement italien ont déclenché une nouvelle vague d’achat de franc suisse. La paire EUR/CHF enregistre actuellement sa 4ième séance consécutive de baisse (performance globale de -1,4%) et teste à nouveau son support de 1,16 ce vendredi matin. Le franc peut remercier la montée des risques politiques dans le monde et en Europe, puisqu’en deux semaines la devise suisse s’est apprécié de près de 3% face à l’euro et est désormais sur ses plus hauts niveaux depuis début mars.


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