Actualités du marché des devises

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mai 23, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 23 mai 2018 – Sommaire :

  • Donald Trump se déclare insatisfait des récentes négociations avec la Chine et évoque une possible annulation du sommet avec la Corée du Nord si ce dernier refuse tout engagement de dénucléarisation… Retour de la nervosité sur les marchés des changes.
  • Le cours EUR/JPY recule de plus de 1% et retombe sur ses plus bas niveaux de l’année à ¥129 tandis que le cours EUR/CHF accentue son recul (presque 3% en deux semaines) et se dirige désormais de la barrière de ₣1,16.
  • Le contexte italien pesant déjà très lourdement sur l’euro, la devise européenne se voit ce matin pénalisé par des indicateurs PMI à nouveau décevants (indice principal allemand à un plus bas depuis 20 mois). Le seuil de $1,17 est en danger.
  • Le cours EUR/GBP tente d’amorcer un retour dans la partie inférieure du couloir de £0,87-£0,88 avant la publication des nouveaux chiffres d’inflation au Royaume-Uni (10h30).
  • L’euro enregistre ce matin une bonne performance face aux devises nordiques : +0,3% face à la NOK et à la SEK – Correction technique (prises de profit)
  • Les nouvelles tensions commerciales et géopolitiques pénalisent les matières premières : prix du pétrole et des métaux en recul. Les paires EUR/CAD et EUR/AUD restent néanmoins assez stables, sous C$ 1,51 pour la première et sous A$1,56 pour la seconde.  

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

 

EUR/USD

La paire EUR/USD s’est stabilisée hier au-dessus de son support de $1,1730 et tentée un retour au-dessus du seuil de $1,18, mais cette tentative fut avortée. Les débats des médias étrangers sur le CV de Giuseppe Conté ; candidat officiel de l’alliance Mouvement 5 Etoiles-Ligue du Nord pour occuper le poste de premier ministre du futur gouvernement italien ; que l’on accuse d’avoir gonflé pour apparaître plus crédible, soulèvent des interrogations sur la capacité de celui-ci à diriger la 3ième économie de la Zone Euro et mettre en place efficacement l’agenda de réformes économiques controversé proposé par cette alliance politique inédite. Ce matin, le retour des tensions politiques et commerciales sur les marchés en réaction aux commentaires du président américain Donald Trump sur la Chine et la Corée du Nord (voir le segment EUR/JPY) vient soutenir un nouveau rebond du dollar américain et maintient la paire EUR/USD dans son couloir de fluctuation de $1,17-$1,18 dans lequel elle est coincée depuis maintenant une semaine. Celle-ci pourrait s’en échapper dès aujourd’hui, mais cependant plutôt vers le bas. Si la situation politique en Italie reste toujours un facteur auquel le cours de change reste très sensible ; le président de la république italien Sergio Mattarella n’a toujours pas donné son aval sur la candidature de Conté ; on jettera ce mercredi un œil attentif aux premiers résultats des enquêtes PMI du mois de mai en Zone Euro et aux Etats Unis. Un recul plus important que prévu de ces indices d’activité – comme le laisse présager ce matin les résultats décevants des indices publiés en Allemagne (indice PMI composite à un plus bas depuis 20 mois) et en France – conforterait l’hypothèse d’un ralentissement prolongé de la croissance en Europe et donc d’un possible report dans le temps des plans de normalisation monétaire de la BCE. Le contexte politique italien étant déjà très largement défavorable à l’euro – réveil du spectre de fragmentation politique et nouvelle crise de la dette – celui-ci pourrait voir les pressions baissières s’accentuer face au dollar américain si le contexte économique se dégrade en Europe et vient accentuer les effets de  divergences monétaires entre les Etats Unis et la Zone Euro. Le seuil de $1,1720 fait toujours figure de seuil support clé, mais son franchissement pourrait ouvrir la porte à un décrochage plus marqué en direction de $1,16.

 

EUR/GBP

Peu de mouvements majeurs à dénoter sur la paire EUR/GBP lors de la séance de mardi (bande de fluctuation très étroite de £0,8755-£0,8789), si ce n’est un furtif rebond de la livre sterling en réaction aux propos sensiblement interventionnistes de certains responsables monétaires britanniques, et notamment de Gertjan Vlieghe qui a laissé entendre que les taux directeurs seront rehaussés chaque année à hauteur de 25 à 50bps lors des trois prochaines années. Les investisseurs ont accueilli ces propos avec un certain scepticisme et restent globalement échaudés par le statu quo et la communication prudente formulée par la banque centrale britannique en mai alors qu’un nouveau resserrement monétaire semblait imminent. La réaction modeste de la livre hier semble dénoter d’une perte de confiance graduelle des investisseurs vis-à-vis de la Banque d’Angleterre, le rétropédalage du mois de mai ayant laissé des traces et démontré que finalement les futures décisions monétaires restent (faut-il s’en étonner ?) étroitement liées à la robustesse des fondamentaux économiques. De de fait, les trois séances à venir seront très intéressantes à suivre. Ce mercredi matin, le Royaume-Uni publiera ces nouvelles estimations d’inflation du mois d’avril, avant de publier jeudi les résultats des ventes au détail d’avril et vendredi la seconde estimation des chiffres de croissance au 1er trimestre. Compte tenu le pessimisme actuel qui a gagné les acheteurs de livre sterling ces dernières semaines, lesquels ne voient pas la Banque d’Angleterre procéder à une hausse de ses taux avant l’année prochaine, de bons indicateurs économiques pourraient venir nourrir de nouvelles spéculations monétaires à l’égard d’une action prématurée de la banque centrale britannique cette année.  Cela donnerait alors l’occasion à la paire EUR/GBP d’amorcer un retour sous le seuil de £0,87, ce dernier demeurant néanmoins un obstacle majeur à franchir pour la paire de change. Il est important de noter que la faiblesse récente de l’euro n’a eu que très peu d’impacts sur la paire EUR/GBP, ce qui laisse suggérer une dynamique corrective « tardive » en cas de regain de confiance des investisseurs à l’égard de la devise britannique. Les économistes tablent sur une dynamique annuelle d’inflation générale stable à 2,5% en avril et sur un léger recul de l’indice de base de 2,3% à 2,2%. Néanmoins, ces estimations pourraient surprendre à la hausse étant donné du fort rebond des prix des matières premières, et notamment du pétrole, ces dernières semaines. Cela pourrait alors être la première étincelle déclenchant une revalorisation de la livre.

EUR/JPY

Après avoir à nouveau échoué à briser le seuil de résistance de ¥131 la veille, la paire EUR/JPY s’est rétractée et teste ce matin son support de ¥130, lequel a déjà été mis à rude épreuve comme en témoigne la multiplication des franchissements de ce palier clé depuis le mois de mars (point bas de l’année recensé à ¥128,94 le 23 mars dernier). Alors que l’on croyait le calme revenu sur les marchés sous couvert d’une dissipation des risques de guerre commerciale mondiale depuis l’annonce tombée ce dimanche d’un accord commun entre Pékin et Washington pour mettre de côté leurs différends, celui-ci à nouveau été mis à mal par des remarques du président américain, Donald Trump. Ce dernier a dans un premier temps tenu à minimiser l’enthousiasme global entourant le semblant de normalisation des relations entre la Chine et les Etats Unis, rappelant au passage qu’il restait toujours insatisfait de la tournure des récentes négociations avec Pékin. Si l’on peut voir cette remarque comme un nouveau moyen de pression destiné à convaincre son partenaire à faire les efforts nécessaires pour rééquilibrer la relation commerciale, cela vient néanmoins mettre en lumière la fragilité des acquis et qu’aucun accord n’est marqué dans le marbre. Cela semble cependant aller dans le bon sens si l’on s’attarde un tant soit peu sur les annonces de la veille : la Chine abaissera à partir du 1er juillet prochain ses taxes douanières de 25% à 15% sur les importations automobiles ; une annonce non négligeable quand on connait l’importance de l’industrie automobile américaine ; et un accord semble être en bonne voie pour lever l’interdiction américaine de ventes de composantes électroniques à l’entreprise de télécommunication chinoise ZTE. L’autre annonce à l’origine de la nervosité des investisseurs, et ce matin très palpable sur les marchés des changes, c’est l’évocation pour la 1ière fois par le président américain d’une possible annulation du sommet de Singapour programmé le 12 juin prochain avec le leader nord-coréen Kim Jong-un. Pour Donald Trump, l’engagement de la Corée du Nord de dénucléarisation est une condition nécessaire et préalable à l’organisation de cette rencontre historique. Là encore, on peut nuancer les propos et inscrire cette déclaration comme un exercice d’influence politique. Justement, ce mercredi la Corée du Nord a annoncé qu’elle démantelait son site de test atomique de Punggye-ri, preuve s’il en est à nouveau que des avancées sont en cours… du moins dans les discours (démantèlement réellement questionné en l’absence de couverture médiatique étrangère).  On est sur une volatilité « de l’instant » ou « de réaction » qui devrait progressivement se normaliser une fois la nouvelle intégrée. De ce fait, il apparaît peu probable que le recul de la paire EUR/JPY aille durablement au-delà du seuil de ¥129, il l’est davantage que l’on observe à l’inverse une stabilisation du cours au-dessus du support de ¥130. Le cours EUR/JPY restera malgré tout sensible aux commentaires du président américain et à l’actualité relative aux tensions commerciales/géopolitiques.

EUR/CHF

Les séances passent et rien ne semble pour le moment capable de stopper la glissade de la paire EUR/CHF. Celle-ci a franchi un nouveau cap la veille en cassant le seuil de 1,17, moins d’une semaine après avoir brisé celui de 1,18. Un nouveau point bas depuis 2 mois à d’ailleurs été atteint mardi à 1,1682, cependant cela ne semble pas constituer un réel frein à cette dynamique baissière puisque le cours de change était à nouveau sur le recul ce matin . En l’espace de près de deux semaines, celui-ci s’est rétracté de presque 3% (performance en cours), une chute de la même magnitude que celle observée sur la fin du mois de janvier à l’occasion de l’apparition de vives frictions commerciales. Le contexte actuel , au niveau global et local, est doublement pénalisant pour la paire de change. En effet, les commentaires de la veille du président américain sur la Chine et la Corée du Nord sont venus à nouveau raviver quelques tensions commerciales et géopolitiques. En Europe, les incertitudes politiques et économiques en provenance d’Italie restent vives même si pour le moment l’arrivée du duo Mouvement 5 Etoiles-Ligue du Nord au gouvernement n’a toujours pas été officialisée par le président Mattarella. Les risques de fragmentation politique au sein de la Zone Euro et budgétaires soulevés par le discours aux consonnances eurosceptiques et l’agenda économique onéreux de cette alliance politique remémorent de mauvais souvenirs aux européens, ceux de la crise de la dette souveraine des années 2011-12 et de la crise de la Grèce qui en a suivi. En tant que valeur refuge de référence pour les acteurs européens, le franc suisse est donc dans ces conditions très largement convoité par des investisseurs nerveux et soucieux de protéger leurs investissements d’un décrochage des bourses européennes. Le prochain support pour la paire de change se situe désormais à 1,16, mais il semble que le vrai « stop » pour celle-ci est représenté par le palier de 1,15 . Il apparaît pour le moment très difficile de voir le cours retomber sous ce seuil compte tenu que les divergences monétaires restent toujours très favorables à l’euro face au franc. Ce palier avait d’ailleurs été testé au mois de février dernier, au plus fort de la nervosité au sein des marchés financiers, mais avait tenu. 


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