Actualités du marché des devises

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mai 22, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 22 mai 2018 – Sommaire :

  • Le regain d’appétit au risque des investisseurs dans un contexte global moins tendu (détente des tensions entre Pékin et Washington) assure un rebond de l’euro et des devises liées aux matières premières (AUD, CAD & RUB), et à l’inverse un recul des valeurs « refuges ». La situation politique en Italie reste néanmoins attentivement observée.
  • L’EUR/USD se redresse et remonte à $1,18 alors que les marchés semblent digérer les annonces de la veille en Italie (nomination d’une personne politiquement neutre et non-clivante au poste de premier ministre). Gains néanmoins fragiles.
  • Les incertitudes liées au Brexit ravivées par Boris Johnson (pas de volonté du gouvernement de demander l’adhésion à l’union douanière européenne) pénalisent à nouveau la livre sterling. Celle-ci retape à la porte des £0,88.
  • La détente des risques de guerre commerciale entre Pékin et Washington continue de stimuler la paire EUR/JPY qui tente ce matin une percée au-dessus de ¥131. À l’inverse, les incertitudes italiennes assurent la stabilité de l’EUR/CHF sous ₣1,18.
  • Malgré le rebond de l’euro, le CAD et l’AUD résiste bien. EUR/CAD sous C$1,51 ce mardi matin et EUR/AUD sous A$1,56.
  • Le regain d’appétit au risque des investisseurs mêlé au recul du dollar offrent l’occasion à plusieurs devises émergentes de se renforcer : Le rand sud-africain progresse de 1,0% à ZAR 14,80, la livre turque de +0,5% à TRY 5,37 et le zloty polonais de +0,3% à PLN 4,27.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

La paire de change a touché lundi un nouveau point bas depuis 6 mois à $1,1715 sous la pression principalement d’une nouvelle contraction de l’euro qui continue de pâtir des craintes des investisseurs à l’égard de la situation politique en Italie . Les menaces sont doubles, à la fois politique et économique. L’Europe pacifiée telle que l’on la connait depuis un an depuis l’arrivée au pouvoir en France du candidat europhile Emmanuel Macron et de la réélection en Allemagne de la chancelière allemande Angela Merkel risque à nouveau de se fragmenter politiquement avec la probable future arrivée au pouvoir, au sein de la 3ième économie de la région et membre fondateur de la construction, de ce duo Mouvement 5 Etoiles-Ligue du Nord à la rhétorique très critique à l’encontre des institutions européennes. Au niveau économique, la hausse dangereuse des déficits italiens que laisse suggérer le programme économique très expansionniste (hausse des dépenses publiques et réduction des impôts pour un coût annuel estimé à plus de €100Mds) proposé par cette coalition ravive le spectre d’une crise similaire à celle observée quelques années auparavant en Grèce. Si l’EUR/USD s’est quelque peu repris en fin de journée et a finalement terminé la journée dans le vert, aux portes du seuil de $1,18 (clôture lundi à $1,1790), les marchés restent néanmoins très prudents. Ce mardi, le président de la République italien, Sergio Mattarella, doit s’entretenir avec les présidents des deux chambres parlementaires afin de mûrir sa réflexion et décider s’il apporte son consentement sur le projet gouvernemental et la nomination du candidat Giuseppe Conte au poste de premier ministre. Celui-ci peut s’opposer à cette nomination, seulement une telle décision impliquerait très probablement un nouveau scrutin en Italie. Une situation qui ne rassurerait pas davantage les marchés car elle pourrait offrir un pouvoir encore plus important aux formations eurosceptiques au sein du Parlement.

En savoir plus sur les craintes des marchés vis-à-vis de l’Italie : Les responsables du Mouvement 5 Etoile et de la Ligue du Nord ont soumis hier après-midi au président de la république italien, Sergio Mattarella, leur projet gouvernemental et dévoilé dans le même temps le nom du candidat communément choisi pour occuper la fonction de premier ministre (le juriste Giuseppe Conte), les marchés restent toujours très préoccupés par les risques systémiques qui émanent de cet attelage gouvernemental inédit. Plus que l’inexpérience du probable chef de gouvernement ; sa nomination officielle reposant encore sur l’approbation de Mattarella ; c’est le financement des réformes fiscales (réduction d’impôt, revenu minimum universel, abaissement de l’âge à la retraite) et des importantes dépenses publiques, dans un pays déjà très fortement endetté et pourvu d’un système bancaire encore très fragile, qui inquiète fortement les observateurs. La volonté de la coalition entre antisystème et extrême-droite de recourir à des « mini-bons du Trésor » de courte maturité, libellé en euro, sans coupon et dont le collatéral est lié aux revenus fiscaux futurs, comme moyen de paiement auprès des entreprises afin de court-circuiter la règle d’encadrement des déficits imposée par Bruxelles (déficit budgétaire annuel limité à 3% du PIB) fait craindre l’introduction d’une devise parallèle qui ramène sur la table les débats identitaires sur l’euro.

Peu de chiffres économiques ce mardi, que ce soit en Europe ou aux Etats Unis, de ce fait la paire EUR/USD reste globalement sensible à l’actualité politique en Italie et aux spéculations monétaires aux Etats Unis où les débats entre les membres de la Fed sur un éventuel ajout d’une 4ième hausse de taux à l’agenda monétaire cette année battent leur plein. Le cours EUR/USD repasse ce matin au-dessus du seuil de $1,18 après avoir passé une partie de la séance asiatique dans le rouge, preuve s’il en est que les récents gains de la paire restent fragiles. La séance pourrait demeurer relativement calme en attendant la publication lors des deux prochains jours des compte rendu des dernières réunions monétaires de la Fed (mercredi soir) et de la BCE (jeudi en début d’après-midi).

EUR/GBP

La première ministre Theresa May ne trahira pas les électeurs qui ont voté pour le Brexit a tenu à rassurer le ministre des affaires étrangères, Boris Johnson , grand partisan d’une rupture intégrale du Royaume-Uni avec l’Union Européenne, face aux rumeurs de demande du gouvernement britannique de maintien du pays au sein de l’union douanière européenne une fois la période de transition terminée. Ces propos ont eu l’effet inverse sur les acheteurs de livre sterling qui voyaient dans cette requête, relayée dans un article publié la semaine dernière dans le journal britannique The Telegraph, la minimisation des répercussions économiques relatives au Brexit. Autre facteur négatif pour la devise britannique, la chute continue des prix de l’immobilier à Londres.  Malgré les maux dont souffre l’euro ces derniers jours à cause des risques politiques en Italie, la livre s’est dépréciée de plus de 0,4% face à l’euro, la paire EUR/GBP remontant à un pic d’une semaine à quelques encablures du seuil de £0,88 (clôture à £0,8778).

Si l’on jettera un œil attentif au résultat de l’enquête CBI mesurant la tendance en matière de commandes industrielles des usines britanniques, la livre sterling devrait globalement fluctuer ce mardi au gré des spéculations en marge de la publication demain des nouvelles estimations d’inflation au Royaume-Uni. La forte montée des prix de l’énergie ces dernières semaines, et notamment du pétrole qui a atteint la semaine dernière un nouveau pic depuis 2014 à plus de $80 (indice Brent), fait peser le risque d’une nouvelle accélération de la dynamique des prix dans le pays après un ralentissement important au 1er trimestre (indice général retombé à 2,5% en mars & consensus économique estimé à 2,5% en avril). Une nouvelle hausse de l’inflation pourrait dès lors raviver les spéculations de possible hausse de taux de la part de la Banque d’Angleterre cette année, et de ce fait initier de nouveaux mouvements acheteurs sur la livre sterling (objectif premier ciblé à £0,87). À l’ouverture des marchés européens, la devise britannique apparaissait relativement stable après une tentative avortée de rebond observé en séance asiatique.

EUR/JPY

Les signes de détente des tensions commerciales entre Pékin et Washington suite à l’annonce ce weekend d’un renoncement (temporaire) des deux partis à s’engager dans une guerre commerciale ont ravivé l’optimisme des acteurs de marché, d’où un reflux de la demande globale en yen. De ce fait, la paire EUR/JPY a accusé un rebond de plus de 0,4% lors de la session de lundi et retape de nouveau à la porte des ¥131, seuil sur lequel la paire voit ses gains plafonner depuis la semaine dernière. Autant l’amélioration du contexte global est un réel soulagement pour les investisseurs et donc un facteur pénalisant pour les valeurs refuges telles que le yen, autant l’accentuation des risques politiques au niveau local en Europe (nouveau gouvernement italien & Brexit) est un facteur pénalisant pour l’euro. De ce fait, le potentiel haussier sur la paire EUR/JPY apparaît pour le moment limité (premier plafond à ¥131 puis à ¥132 et à 133,5).

La volatilité de la paire EUR/JPY sera à nouveau sensible aujourd’hui au contexte politique en Europe et géopolitique au niveau mondial. Le durcissement du discours des Etats Unis vis-à-vis de l’Iran (série de 12 mesures préalables réclamée par Washington pour assurer un nouvel accord sur l’Iran) et la visite ce mardi du président sud-coréen Moon Jae-in à Washington pour préparer le sommet de juin entre Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un seront très certainement au centre de l’actualité ce mardi. Le cours de change était relativement stable ce mardi matin et éprouvait toujours autant de difficultés à franchir le palier de ¥131. Il sera intéressant de voir le rapport de force entre risques politiques globaux et risques locaux sur le cours de change.

EUR/CHF

La volatilité de la paire EUR/CHF reste toujours très similaire à celle de son homologue EUR/USD. Le cours de change a ainsi chuté lundi à un nouveau point bas depuis deux mois à 1,1705 avant de se reprendre en fin de séance et clôturer au-dessus de son seuil support de 1,1730 (clôture lundi à 1,1758). La demande en franc reste très sensible à l’évolution du contexte politique européen, et de ce fait bénéficie pleinement de la montée des incertitudes des investisseurs à l’égard des risques systémiques en provenance d’Italie. Le cours de change reste globalement stable ce mardi matin, sous le seuil de 1,18, alors que l’on suit attentivement l’évolution de la situation politique italienne et la possible officialisation du nouveau gouvernement entre le Mouvement 5 Etoiles et la Ligue du Nord . Il faudrait une nette dissipation des doutes actuels des investisseurs européens pour offrir un rebond important de la paire de change. Une atténuation de la rhétorique eurosceptique de la part des deux formations politiques italiennes - notamment de la Ligue du Nord - et/ou un réajustement de l’agenda de réformes fiscales dévoilé la semaine dernière pourraient venir soulager les marchés. Le palier support de 1,1730 reste néanmoins toujours à proximité et pourrait de ce fait être à nouveau testé en cas de mouvements de panique.


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