Actualités du marché des devises

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mai 14, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 14 mai 2018 – Sommaire :

  • L’euro poursuit son rebond mais les regards restent néanmoins attentifs à la situation politique en Italie. Une alliance historique entre anticonformiste (M5E) et extrême-droite (Ligue du Nord) pourrait être officialiser ce lundi.
  • L’EUR/USD frappe à la porte des $1,20 et s’éloigne de ses plus bas niveaux de l’année touchés la semaine dernière à $1,1820. Revalorisation naturelle mais très graduelle. Rééquilibrage des dynamiques d’achat/vente au niveau de l’EUR et de l’USD.
  • Peu de leviers haussiers pour la livre sterling après la communication sibylline de la Banque d’Angleterre jeudi dernier. EUR/GBP à plus de £0,88 en attendant les chiffres de l’emploi britannique mardi.
  • L’EUR/JPY enregistre sa 4ième séance consécutive de hausse et tape à la porte des ¥131. Dissipation des tensions politiques alors que la Corée du Nord vient de promettre le démantèlement de son site d’essais atomiques.
  • L’enthousiasme autour du dollar canadien s’est effrité après des chiffres de l’emploi décevants vendredi. Seuil de C$1,52 comme nouveau palier support clé. Inflation et ventes au détail à suivre au Canada en fin de semaine.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :   La paire EUR/USD a touché mercredi dernier son plus bas de l’année 2018 à $1,1821 avant de rebondir de +0,8% sur les deux dernières séances de la semaine et clôturer aux portes du seuil de $1,1950 (clôture vendredi à $1,1942). Si celle-ci a enregistré sa 4ième semaine consécutive de recul (-0,13% et -3,1% depuis mi-avril), les pressions baissières semblent progressivement s’atténuer. Les chiffres d’inflation publiés la semaine dernière aux Etats Unis n’ont démontré aucun signal de nouvelle accélération des prix au mois d’avril – indices de prix général et de base ressortis au même niveau que le mois précédent à 2,5% et 2,1% alors même que le marché voyait l’indice de base progresser à 2,2% - ont quelque peu calmer l’enthousiasme des marchés à l’égard du dollar. Il est encore trop tôt pour crier victoire concernant l’inflation ont d’ailleurs tenu à rappeler plusieurs membres d’antennes régionales de la réserve fédérale américaine sur la fin de semaine. La question de l’ajout d’une 4ième hausse de taux à l’agenda monétaire reste dans ces conditions toujours en suspens, d’autant plus que le rapport sur l’emploi publié en début du mois a mis en exergue une croissance des salaires plus modeste que prévu en avril. Les tergiversations des investisseurs sur le calendrier de la Fed se sont répercutées sur les taux d’intérêt américains ; le taux 10 ans retombant sous le seuil de 3% ; et handicapées le dollar américain.

Doit-on y voir les prémisses d’un réveil de l’EUR/USD dans les prochains jours et/ou semaines ? Difficile à dire tant les interrogations autour de l’euro restent importantes. Les indicateurs économiques publiés la semaine dernière n’ont apporté aucun élément nouveau sinon confirmé le ralentissement de l’activité sur le 1er trimestre, laissant ainsi planer les doutes sur les futurs choix monétaires de la BCE alors que l’échéance du programme quantitatif fixée à fin septembre approche à grand pas. Outre l’aspect monétaire une nouvelle épine est venue s’insérer dans le pied de l’euro, à savoir la situation politique en Italie. Après deux mois de négociations, le parti anticonformiste le Mouvement 5 Etoiles et le parti d’extrême droite à la ligne de conduite assez eurosceptique la Ligue du Nord seraient tous deux prêts à convenir d’une alliance pour former un nouveau gouvernement. Si les deux formations politiques ont globalement atténué leur discours originel vis-à-vis de l’euro et ne parle plus de référendum de sortie, elles entendent néanmoins faire entendre leur voix contre la politique d’austérité budgétaire imposée par Bruxelles (fameuse règle de limitation des déficits à 3% du PIB). L’Europe doit-elle se préparer à une nouvelle crise d’identité politique ? Il est trop tôt pour le dire, néanmoins le spectre d’une crise de la dette ne doit pas être sous-estimé en Italie qui est le second pays européen, derrière la Grèce, le plus endetté de la région (130% du PIB). En vertu d’un calendrier économique plutôt léger de part et d’autre, la paire EUR/USD regardera du côté de l’Italie où l’on attend le dévoilement du futur gouvernement et surtout le nom de celui qui le pilotera. La nomination de Matteo Salvini, leader de la Ligue du Nord qui a fait preuve d’une rhétorique très dure envers l’euro durant la campagne électorale, pourrait être accueillie froidement par les marchés et déclencher un nouveau mouvement vendeur sur l’euro. La BCE sera également dans l’actualité avec les sorties publiques ce lundi de quatre membres éminents du comité exécutif de la banque centrale européenne dont le chef économiste Peter Praet invité à une conférence organisée par la Banque d’Angleterre ou encore Benoit Coeuré qui fera une apparition à un diner en Suisse.

Ce lundi, la paire EUR/USD continuait sa progression et prenait le chemin des $1,20. Le passage de ce seuil pourrait alors confirmer que la magnitude de la récente chute du cours de change était probablement exagérée et réamorcer un mouvement haussier graduel et lent. Attention tout de même aux vendeurs d’euro qui, bien qu’en retrait depuis deux séances, restent très attentifs à la situation politique en Italie. Le seuil de $1,1820 fait aujourd’hui figure de support, mais si celui-ci devait être cassé dès lors la paire prendrait la direction de son prochain niveau technique à $1,1720 (plus bas niveaux observés en décembre dernier). La journée de mardi promet d’être potentiellement la séance la plus agitée de la semaine avec la publication des 1ières estimations de PIB en Allemagne, la révision des chiffres de la Zone Euro et les chiffres de vente au détail aux Etats Unis.

Perf 2018 = -0,16% / Moyenne 2018 = $1,2272 / Point haut 11 mai 2018 = $1,1968 / Point bas 11 mai 2018 = $1,1889 / Clôture 11 mai 2018 = $1,1942

GBP

EUR/GBP :  La réunion monétaire de la Banque d’Angleterre de jeudi dernier a rebattu toutes les cartes et tué dans l’œuf les récentes tentatives de revalorisation de la livre sterling face à l’euro - point bas depuis 8 séances enregistré mercredi dernier par la paire EUR/GBP à £0,8725 - malgré un contexte, reconnaissons-le, plutôt défavorable à la devise européenne. Si la banque centrale britannique a décidé sans surprise de maintenir ses taux directeurs inchangés à 0,5% ; une décision très largement anticipée par les marchés depuis la parution des chiffres de croissance très décevants au 1er trimestre (+0,1% T/T) ; elle s’est montrée plutôt sibylline sur son calendrier, maintenant ainsi sur le doute des investisseurs sur le timing du prochain resserrement monétaire (à l’été ou en fin d’année ?). Pour le gouverneur central Mark Carney, la responsabilité de la mauvaise performance du début d’année est en partie à mettre à sur le compte de conditions météorologiques défavorables et ne devrait pas perdurer. Néanmoins, en attendant d’avoir en main davantage de garantie sur la solidité de l’économie britannique, et compte tenu la présence continue du spectre du Brexit, la Banque d’Angleterre semble cette fois ne pas vouloir reproduire les erreurs des dernières semaines, c’est à dire effectuer en mai un rétropédalage de sa communication après avoir laissé sous-entendre en mars qu’elle s’apprêtait à procéder prochainement à une nouvelle hausse de taux. Se sentant à nouveau « tromper » par celui que les médias britanniques surnomment désormais de « partenaire peu fiable » (cf. M. Carney), les investisseurs ont fortement sanctionné la livre sterling et ainsi offert l’opportunité à la paire EUR/GBP de revenir au-dessus du seuil de £0,88 en fin de semaine dernière. Bien que les leviers de revalorisation de la livre sterling apparaissent désormais modestes en l’absence de certitudes sur les futures actions de la Banque d’Angleterre, cela ne doit pas non plus présumer la reprise d’une trajectoire baissière de la devise britannique.

Semaine relativement calme en terme à venir au Royaume-Uni en terme de calendrier économique avec comme unique évènement clé la publication mardi matin des chiffres de l’emploi du mois de mars. Ce sera alors l’occasion de voir si la dynamique de croissance des salaires continue d’accélérer ou marque le pas, constituant ainsi un frein toujours important à la consommation domestique dans un contexte où l’inflation reste toujours relativement importante. Faute de statistiques économiques, la livres sterling pourrait dès lors être davantage sensible aux débats politiques, en cela le Brexit reste toujours un sujet brûlant auquel la livre reste sensible, aussi les observateurs de marché restent attentifs aux annonces du gouvernement de T. May dont on attend toujours l’officialisation de l’option qu’il souhaite défendre face aux responsables européens en matière de futur partenariat économique et commercial une fois le Brexit effectif.  

Pas de grands mouvements à dénoter ce lundi matin au niveau de la paire EUR/GBP qui continue de fluctuer comme en fin de semaine dernière dans un couloir étroit de £0,8800-£0,8850. La volatilité de la paire de change pourrait demeurer relativement modeste ce lundi en attendant les chiffres de l’emploi britanniques qui seront publiés demain, à moins qu’un important mouvement de l’euro (à la hausse ou à la baisse) vienne subitement troubler ce calme ambiant. Le seuil de £0,8840 fait figure de résistance technique (pic depuis près de 2 mois) tandis que le seuil de £0,88 reste un palier support toujours important aux yeux des cambistes. La réunion de la Banque d’Angleterre passée, sauf nouveaux tumultes politiques, on peut raisonnablement envisager le maintien de la paire EUR/GBP dans un couloir de £0,87-£0,89 lors des prochaines séances.

Perf 2018 = -0,82% / Moyenne 2018 = £0,8804 / Point haut 11 mai 2018 = £0,8826 / Point bas 11 mai 2018 = £0,8786 / Clôture 11 mai 2018 = £0,8817

JPY

EUR/JPY:   La paire de change a la semaine dernière, pour la seconde fois cette année (précédemment en mars), franchi son support de ¥130 (point bas enregistré depuis 6 semaines à ¥129,22) à l’occasion de l’annonce du retrait des Etats Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. Ce décrochage a été de courte durée puisqu’une fois la nouvelle digérée par les marchés, la paire a rebondi de 0,9% et clôturé la semaine juste au-dessus du seuil de ¥130,5. Outre l’aspect technique de ce rebond, celui-ci a probablement été également nourri par l’officialisation, tombée en fin de journée jeudi, de la date de rencontre entre le dirigeant américain Donald Trump et son homologue nord-coréen Kim Jong-un. Ce sommet historique aura donc lieu le 12 juin prochain dans la ville de Singapour, et sera surtout l’occasion pour le président américain de négocier avec Pyongyang le lancement d’un programme de dénucléarisation de ce dernier. Semeur de troubles de l’ordre mondial durant toute l’année 2017, la Corée du Nord pourrait définitivement perdre ce statut dans les prochains jours, pour le plus grand bonheur des investisseurs.

Le sursaut de la paire EUR/JPY reste néanmoins fragile alors que la relation tendue entre Washington et Pékin reste sous le feu des projecteurs dans l’attente de la venue du vice premier ministre Liu He aux Etats Unis cette semaine. Les statistiques publiées la semaine dernière ont mis en avant une hausse en avril du surplus commercial chinois vis-à-vis des Etats Unis de l’ordre de $22,2Mds contre $15,4Mds le mois précédent, soit une hausse de l’ordre de $80Mds sur les quatre premiers mois de l’année contre $71Mds sur la même période en 2017. Sauf nouveaux tumultes politique et/ou commercial, il faudra surveiller de près les éventuelles nouvelles secousses dont pourrait faire l’objet la devise japonaise à l’occasion de la publication cette semaine des premières estimations de croissance au 1er trimestre (mercredi) et des nouvelles statistiques d’inflation en avril (vendredi). Les économistes sont plutôt pessimistes et tablent sur une croissance nulle sur le début d’année et un 2nd recul consécutif de la dynamique annuelle de l’indice de prix de base de 0,9% à 0,8%. Alors que la Banque du Japon commence à réfléchir sur la manière d’ajuster sa politique accommodante, ces signaux de vacillement de l’économie japonaise, temporaires ou non, pourraient enjoindre ses membres à ne pas se précipiter et prolonger son soutien monétaire. Le facteur de divergences de cycle monétaire entre la Zone Euro et le Japon pourrait être un principe moteur actif de la volatilité du cours EUR/JPY cette semaine, et potentiellement offrir l’occasion à celui-ci de revoir le niveau de ¥132 quitté en début de mois.

La paire EUR/JPY continue de se renforcer ce lundi et enregistre actuellement sa 4ième séance consécutive de hausse. Celle-ci frappe désormais aux portes des ¥131 , probablement stimulée par la revalorisation graduelle de l’euro depuis la fin de semaine dernière et l’annonce durant le weekend de l’intention de la Corée du Nord de démanteler son site d’essais atomiques la semaine prochaine (entre le 23 et 25 mai) ou encore la main tendue offerte par le président américain envers l’entreprise chinoise ZTE (télécommunication) après lui avoir préalablement fermé la porte du marché américain.

Perf 2018 = - 2,81% / Moyenne 2018 =   ¥ 132, 81 / Point haut 11 mai 2018 = ¥ 130,68 / Point bas 11 mai 2018 = ¥ 129,98 / Clôture 11 mai 2018 = ¥ 130,59

CAD

EUR/ CAD :   Après avoir buté pendant plusieurs séances sur son support de C$1,5370, la paire EUR/CAD a finalement réussi briser ce seuil, retombant sur niveaux depuis 3 mois à C$1,5, sous l’effet de nouvelles pressions haussières sur le dollar canadien initiées par le fort rebond des prix du pétrole après l’annonce du retrait américain des accords sur le nucléaire iranien. Les futures sanctions américaines contre Téhéran font craindre aux observateurs de probables difficultés rencontrées par ce dernier pour écouler sa production de pétrole sur les marchés. En effet, désormais commercer avec l’Iran revient à s’exposer à de possibles sanctions économiques et politiques de la part de l’administration américaine. Les anticipations de possible forte réduction de l’offre en pétrole sur les marchés, en cas d’impossibilité de liquidation des stocks iraniens, ont envoyé les prix du baril de brut à des nouveaux pics depuis 2014, $78 pour le brut de mer du Nord et presque $72 pour le brut américain (WTI). Si la paire de change a bien tenté d’accentuer sa chute (point bas recensé à C$1,5176), cette initiative s’est révélée infructueuse et celle-ci a clôturé la semaine sur une note positive à quelques encablures du seuil de C$1,53 (clôture vendredi à C$1,5278). Tout d’abord, le seuil de C$1,52 s’est avéré être une marche trop haute aux yeux des investisseurs puis la contraction surprise des créations d’emploi au Canada en avril (-1,1k vs consensus +17,4k) – 2nd contraction cette année - a également participé à atténuer l’enthousiasme des marchés vis-à-vis du dollar canadien.

La fluctuation des prix du pétrole sera à nouveau à surveiller cette semaine, néanmoins une correction pourrait s’observer si l’idée d’une récente surréaction se diffuse parmi les acteurs de marché. Le dollar canadien devrait toutefois être assez sensible aux enjeux commerciaux qui se joueront cette semaine alors qu’un haut responsable chinois effectuera une visite officielle aux Etats Unis, et que dans le même temps les parlementaires américains ont fixé au 17 mai la date butoir pour recevoir en mains propres un nouveau traité de l’ALENA afin de disposer d’assez de temps pour discuter et voter le texte avant la fin de l’année. La fin de semaine ne sera pas de tout repos pour la devise canadienne alors que sont attendues vendredi après-midi les statistiques d’inflation et de ventes au détail du mois d’avril, des chiffres clés qui pourraient donner un peu plus de relief (ou pas) au scénario d’une seconde hausse de taux cette année au mois rai juillet qu’un nombre croissance d’investisseurs anticipe ces dernières semaines. À nouveau le support de C$1,52 pourrait être testé, mais en attendant le cours EUR/CAD pourrait osciller dans la partie inférieure d’une fourchette de fluctuation de C$1,52-C$1,55.

Ce lundi matin, la paire de change poursuivait sur sa lancée de vendredi dernier et regardait vers le niveau de C$1,53. Le palier de C$1,5370, ancien niveau support du cours de change en février, apparaît aujourd’hui comme un niveau de résistance clé. Son franchissement verrait alors la paire EUR/CAD prendre la route des C$1,55. Il faudrait néanmoins un élément déclencheur important pour envisager un retour rapide vers ce niveau, la paire EUR/CAD demeurant toujours pour le moment dans une dynamique de correction.

Perf 2018 = -1,47% / Moyenne 2018 =   C$ 9,6348 / Point haut 11 mai 2018 = C$ 1,5287 / Point bas 11 mai 2018 = C$ 1,5176 / Clôture 11 mai 2018 = C$ 1,5278


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