Actualités du marché des devises

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avr. 30, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 30 avril 2018 – Sommaire :

  • Début de semaine à priori calme en l’absence des investisseurs chinois et japonais (marchés fermés). L’euro retrouve un peu de couleur en cette dernière séance du mois et efface les pertes importantes des derniers jours.
  • L’EUR/USD en léger recul mais qui se maintient au-dessus de $1,21 en amont des chiffres d’inflation en Allemagne (14h00) et Etats Unis (14h30).
  • La paire EUR/GBP consolide sa position au-dessus de £0,88 alors que le Royaume-Uni est à nouveau secoué par des troubles politiques domestiques après la démission ce weekend de la ministre de l’intérieur.
  • Paires EUR/JPY & EUR/CHF qui restent très stable, la première au-dessus de son support de ¥132 et la seconde aux portes de ₣1,20.
  • Recul des devises liées aux matières premières (AUD, CAD, NOK & ZAR) alors que semble s’amorcer un dégonflement des prix des matières premières. Recul de -1% des prix du pétrole ce matin. Les prix du nickel, du cuivre et de l’aluminium chutent ce matin de plus de 2%.
  • L’EUR/ZAR remonte à ZAR 15,0 tandis que l’EUR/AUD reprend la direction des A$1,61. Les paires EUR/CAD (sous C$1,56) & EUR/NOK (NOK 9,66) affichent un recul plus modeste.

L’humeur des marchés des changes :                               

La session de vendredi a été marquée par la performance décevante de l’économie britannique au 1er trimestre et la dépréciation de la livre sterling qui en a découlé. Les chiffres de croissance aux Etats Unis ont été bien meilleurs que prévu mais n’ont pas eu de réel impact sur le dollar, la faute à un nouveau recul des rendements obligataires de longue maturité retraçant sous le niveau de 3%. La couronne suédoise est restée sur la défensive et touché un nouveau point bas depuis 9 ans face à l’euro.

Si les économistes tablaient sur une croissance plutôt modeste (consensus : +0,3% T/T) de l’économie britannique au 1er trimestre, ils ne s’attendaient cependant pas à la contre-performance affichée par les 1ières estimations de PIB publiées vendredi matin. Avec un rebond de « seulement » +0,1% au T1 2018, le Royaume-Uni enregistre sa plus faible performance depuis 5 ans. La dynamique de croissance annuelle poursuit son recul et chute elle-aussi à son plus bas depuis 2013 à 1,2% ! Si des doutes sur la capacité de la Banque d’Angleterre à relever ses taux directeurs en mai avaient récemment éclos, désormais on commence même à douter de l’éventualité d’une telle opération d’ici la fin de l’année. Au mieux, celle-ci pourrait attendre les dernières réunions de l’année ; en novembre et/ou décembre ; pour décider de rehausser ses taux d’intérêt. La livre sterling a fait face vendredi à de nouvelles fortes pressions vendeuses et l’EUR/GBP a fait son retour au niveau de £0,88 ou son plus haut niveau depuis plus d’un mois (+1,22% à £0,8799).

La croissance aux Etats Unis au 1er trimestre s’est avérée meilleure que prévu et est ressortie à 2,3% T/T en rythme annualisé contre 2,0% attendu. Il s’agit d’une dynamique légèrement inférieure à celle de 2,6% enregistrée le trimestre précédent, performance révisée à la baisse vendredi car initialement ressortie au niveau de 2,9%. L’attention des marchés était focalisée ailleurs, et plus particulièrement sur les indicateurs trimestriels de prix PCE – indice privilégié par la réserve fédérale américaine pour mesurer l’inflation aux Etats Unis – et de croissance des salaires. Ce qu’on peut dire c’est que ceux-ci n’ont pas déçu, et surtout confirmé la tendance d’une accélération des salaires aux Etats Unis qui se répercute sur l’inflation. Pour preuve, la dynamique annuelle de l’indice de base PCE (excluant l’énergie et les produits alimentaires) a vivement accéléré au 1er trimestre 2018 et atteint un nouveau pic de 9 ans à 2,5%. Si ces résultats offrent du grain à moudre aux débats de possible accélération du processus de normalisation monétaire aux Etats Unis, le cours EUR/USD a échoué dans sa tentative de retour à $1,20 (point bas recensé à $1,2053) et rebondi au-dessus du seuil de $1,21. Le retraçage naturel des rendements obligataires américains de maturité 10 ans sous le seuil de 3% et le recul à un plus bas depuis 1 semaine (2,95%) semblent avoir soutenu un mouvement de prises de bénéfices sur le dollar, ce qui fait sens après que celui-ci ait atteint un pic de plus de trois mois face à l’euro.

Le recul des taux d’intérêt de longues maturité aux Etats Unis a offert une décompression du mouvement de sortie des capitaux hors des marchés émergents. Les devises qui avaient été les plus pénalisées en début de semaine par la rotation des positions des investisseurs des marchés émergents vers les marchés avancés, à savoir le rand sud-africain et le zloty polonais, ont repris un peu de couleur et se sont à nouveau appréciées vendredi face à l’euro (+0,5% pour le zloty et +0,3% pour le rand). Après avoir atteint un pic d’un mois à PLN 4,24, le cours EUR/PLN a retracé vers le seuil de PLN 4,20 (clôture à PLN 4,2053). La paire EUR/ZAR a quant à elle conforté sa position sous le seuil de ZAR 15,0 (clôture à ZAR 14,95).

Les pressions vendeuses qui sont apparues jeudi sur la couronne suédoise en réaction à la reconduite d’un discours prudent de la banque centrale se sont temporairement prolongées vendredi. À cette occasion un nouveau pic de 9 ans à presque SEK 10,55 a été atteint par la paire EUR/SEK (clôture à SEK 10,5050).

Calendrier économique, politique & monétaire de la semaine :       

  • Premières estimations de croissance en Zone Euro au T1 2018 (Mercredi) – Autopsie d’un ralentissement : Ce n’est plus une surprise pour personne, l’économie en Zone Euro a bien marqué le pas au 1er trimestre. Le recul des indices d’activités et de sentiment sur cette période nous l’ont clairement indiqué, et qui plus est ce recul nous a été confirmé la semaine dernière par la banque centrale européenne. La question qui se pose néanmoins est la magnitude de ce ralentissement. Si celui reste modeste, dès lors cela pourrait rassurer les investisseurs dans l’idée d’une simple pause relevant de facteurs temporaires et sans réelle conséquence sur la politique actuelle de la banque centrale européenne de réduction progressive de son soutien. À l’inverse, un véritable décrochage de la croissance renforcerait les craintes d’un possible rallongement de la transition monétaire actuelle, et donc d’une éventuelle extension du programme de rachat d’actifs et un report dans le temps de la date de la 1ière hausse de taux en Europe. Un constat amer susceptible d’accentuer encore davantage le désamour dont est actuellement victime l’euro.
  • Réunion de la Fed (Mercredi) & chiffres de l’emploi (Vendredi) aux Etats Unis – Réouverture des débats sur une 4ième hausse de taux cette année ? : L’accélération de l’inflation aux Etats Unis, illustrée par la hausse des salaires et surtout par l’ensemble des indicateurs de prix auxquels la réserve fédérale américaine est sensible (en premier lieu les indicateurs PCE ressortis au 1er trimestre en nette hausse très largement au-dessus de l’objectif officiellement ciblé de 2%), ne laisse planer aucun doute sur le fait que la Fed devrait procéder à un second resserrement monétaire en juin, après celui opéré en mars dernier. La réunion de mercredi pourrait confirmer ce scénario déjà très largement anticipé par les marchés et intégré dans la valorisation actuelle de la devise américaine. Les attentes sont cependant ailleurs. De plus en plus d’observateurs sont convaincus que la Fed pourrait revenir sur sa ligne de conduite de « normalisation graduelle » et considérer l’idée d’une dynamique plus soutenue de remontée des taux d’intérêt, qui se matérialiserait dès cette année par l’ajout d’une 4ième hausse de taux au calendrier monétaire. Reste à savoir si cette perspective relève du fantasme ou pourrait devenir réelle dans les prochaines semaines/mois. Si les investisseurs scruteront dans le communiqué officiel publié mercredi soir par la Fed (20h00) d’éventuels indices laissant suggérer que les responsables monétaires américains sont prêts à revoir leurs plans, cette hypothèse pourrait toutefois continuer à prendre de l’ampleur en cas de nouveaux signes positifs en provenance du marché de l’emploi américain. Le consensus table sur un volume de créations d’emploi important et proche de 200k (consensus : 195k), une baisse du chômage de 4,1% à 4,0% (nouveau point bas depuis 17 ans), et une accélération de la dynamique annuelle des salaires de 2,7% à 2,8% (pic depuis 2009). 
  • Tensions commerciales surveillées – Fin des exemptions sur l’acier (Mardi), Secrétaire au Trésor américain en visite à Pékin & préparation d’un nouveau tour de table sur l’ALENA : Après avoir fait trembler le monde en février et mars, les tensions commerciales se sont globalement dissipées en avril, grâce notamment à une rhétorique protectionniste moins marquée du côté de Washington relevant de premières tentatives de dialogue entre les Etats Unis et ses partenaires commerciaux (Pékin en tête). Cette pause pourrait néanmoins rapidement s’achever et les frictions reprendre de plus belle dès le début du mois de mai alors qu’une série d’évènements clés se profile. Ce mardi, les exemptions temporaires des taxes américaines sur l’importation d’acier et d’aluminium (taxes de 25%/10%) accordées par la Maison Blanche a plusieurs partenaires commerciaux tels que l’Australie, le Canada ou encore l’Union Européenne arriveront à leur terme. Si l’Europe a tenté par l’intermédiaire d’Emmanuel Macron et Angela Merkel, tous deux en voyage la semaine dernière à Washington, une opération séduction auprès du président américain, il n’est pas certain que de nouvelles exemptions lui soit accordées. Ce jeudi, le secrétaire américain au Trésor ; Steve Mnuchin ; se rendra à Pékin pour un voyage officiel de deux jours en compagnie de plusieurs conseillers économiques afin de discuter des problématiques commerciales qui existent entre Etats Unis et Chine. Enfin, la nouvelle a été officialisée vendredi dernier, responsables américains, canadiens et mexicains se réuniront à Washington lundi 7 mai pour un nouveau tour de négociation sur l’ALENA. De premières consultations auprès des secteurs de l’industrie autour desquels les contentieux sont les plus importants, comme celui de l’automobile, devraient s’opérer cette semaine.

  • Réunions monétaires en Australie (Mardi), Norvège & République Tchèque (Jeudi) – Statu quo attendu donc communication scrutée : Vraisemblablement, aucune des trois banques centrales citées ne devrait procéder à un ajustement de ses taux directeurs ce mois-ci, cependant les marchés surveilleront attentivement les éventuels signaux sur leur calendrier. En Australie, la stagnation de l’inflation sous le niveau de 2% (1,9% A/A au T1 2018) et les récents chiffres décevants de l’emploi offrent un prétexte aux responsables monétaires australiens pour temporiser encore un peu et rester éloignés des débats de normalisation monétaire. Si tel est le cas, cela conforterait les anticipations actuelles des marchés qui ne tablent pas sur une 1ière hausse de taux avant mi-2019. En Norvège, le message est désormais clair et un premier resserrement monétaire devrait être opéré au plus tôt au 3ième trimestre, les doutes actuels demeurant sur la date exacte en août ou septembre. En République Tchèque, la décélération récente de la dynamique d’inflation, laquelle progresse depuis deux mois sous le seuil de 2% (février/mars), pourrait chambouler les plans de la CNB ou du moins l’obliger à conserver une position d’attente avant de considérer une nouvelle hausse de taux sur la seconde partie d’année. La confirmation d’une position neutre de ces trois banques et/ou l’absence d’éléments nouveaux concernant leur calendrier monétaire pourraient générer un peu de frustration parmi les acteurs financiers et donc initier de possibles mouvements de recul (temporaire & modeste) sur ces devises.

Calendrier économique, politique & monétaire de la séance :       

  • Première estimation d’inflation en Allemagne au mois d’avril (14h00) – Toujours pas de signal d’accélération des prix ? : Le consensus économique voit la dynamique d’inflation générale en Allemagne se maintenir au mois d’avril au même niveau que le mois précédent, c’est-à-dire progresser à un rythme de 1,6%. Pas vraiment rassurant quand on sait que la croissance en Allemagne a enregistré un véritable coup d’arrêt au 1er trimestre à cause d’un repli des secteurs à l’export et de l’industrie, et que l’on sait la BCE désormais très prudente à l’égard de l’évolution des perspectives économiques en Zone Euro.

  • Indices PCE aux Etats Unis (14h30) – Confirmation d’une accélération de l’inflation aux Etats Unis ?  : Les indicateurs trimestriels publiés la semaine dernière ont mis en lumière une accélération de la dynamique de prix mesurée à travers les dépenses de consommation personnelle des ménages américains. Ces indicateurs sont particulièrement observés par la réserve fédérale américaine, laquelle s’appuie sur l’analyse de leur performance pour définir leur politique monétaire et décider de la célérité du processus de rehaussement des taux d’intérêt. La publication cette après-midi des chiffres mensuels du mois de mars devrait confirmer cette tendance haussière sur les prix (consensus : Indice de base à 1,9% vs 1,6% en février) et potentiellement alimenter un peu plus les débats actuels autour de l’ajout par la Fed d’une possible 4ième hausse de taux au calendrier monétaire de cette année.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

Si les nouveaux chiffres décevants publiés ce matin en Allemagne – contraction inattendue des ventes au détail au mois de mars (-0,6% M/M vs consensus +0,8%) - n’accentuent pas les pressions vendeuses sur l’EUR/USD, ils n’offrent pas non plus l’occasion à la paire de change de rebondir et de s’éloigner du seuil de $1,21 sur lequel la paire repose depuis deux séances. La volatilité pourrait s’accentuer dans l’après-midi à l’occasion de la publication coup sur coup des premières estimations d’inflation en Allemagne et des indicateurs mensuels de prix PCE aux Etats Unis. L’absence de pressions haussières sur les prix en Zone Euro et à l’inverse une confirmation d’une dynamique d’accélération aux Etats Unis pourraient avoir quelques répercussions sur les rendements obligataires. L’impression laissée d’un éventuel accroissement des divergences monétaires entre les Etats Unis et la Zone Euro pourrait venir accentuer les pressions baissières sur la paire de change.

Perf 2018 = +0,98% / Moyenne 2018 = $1,2283 / Point haut 27 avril 2018 = $1,2133 / Point bas 27 avril 2018 = $1,2053 / Clôture 27 avril 2018 = $1,2128

EUR/GBP

La paire EUR/GBP consolide ce matin son retour au-dessus du seuil de £0,88, sur ses plus hauts niveaux depuis mi-mars. Les chiffres décevants de croissance au 1er trimestre publiés vendredi au Royaume-Uni ont mis à mal le regain d’intérêt croissant des investisseurs pour la livre sterling. Outre le prolongement de l’effet de déception laissée par les statistiques de PIB, le Royaume-Uni est de nouveau le théâtre ce lundi de nouvelles turbulences politiques après l’annonce ce weekend de la démission de la ministre de l’intérieur, Amber Rudd, après la publication d’un rapport révélant l’existence d’objectifs d’expulsion d’immigrés clandestins au sein de son ministère. Ce départ à quelques jours des élections locales programmées ce jeudi est un nouveau coup dur pour Theresa May dont l’équipe gouvernementale apparaît régulièrement fragmentée entre les partisans d’un Brexit dur et ceux favorables à une sortie en douceur.

 Perf 2018 = -0,87% / Moyenne 2018 = £0,8804 / Point haut 27 avril 2018 = £0,8805 / Point bas 27 avril 2018 = £0,8680 / Clôture 27 avril 2018 = £0,8799

EUR/CHF

Pas de véritable changements majeurs à dénoter au niveau de la volatilité de la paire EUR/CHF qui continue d’osciller depuis plusieurs séances dans un couloir très étroit de ₣1,1950-₣1,2000. Pas de pics de volatilité à attendre au cours de cette séance à moins qu’un nouveau décrochage de la paire EUR/USD vienne troubler l’inertie observée actuellement sur la paire EUR/CHF. Le palier de ₣1,20 apparaît toujours comme une marche difficile à gravir.

Perf 2018 = +2,50% / Moyenne 2018 =  1,1710 / Point haut 27 avril 2018 = ₣ 1,1985 / Point bas27 avril 2018 = ₣ 1,1951 / Clôture27 avril 2018 = ₣ 1,1980

EUR/JPY

Malgré les pressions baissières récentes sur l’euro déclenchées à l’occasion de la réunion de la BCE de jeudi dernier, la paire EUR/JPY à réussi à se maintenir au-dessus de son support de ¥132. La volatilité reste contenue en l’absence de leviers haussiers sur l’euro. L’environnement relativement peu hostile limite à l’inverse tout risque de décrochage de la paire de change. La paire EUR/JPY sera néanmoins très attentive au possible retour soudain des tensions commerciales en marge des évènements clés à venir cette semaine (fin des exemptions américaines sur les taxes sur l’acier, visite d’une délégation américaine en Chine & préparation d’un nouveau cycle de négociation sur l’ALENA). En attendant, le cours de change devrait continuer à se maintenir dans le couloir de ¥132-134 dans lequel il réside depuis plus de deux semaines.

Perf 2018 = -2,08% / Moyenne 2018 =   ¥132,86 / Point haut 27 avril 2018 = ¥133,39 / Point bas 27 avril 2018 = ¥131,87 / Clôture 27 avril 2018 = ¥132,27


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