Actualités du marché des devises

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avr. 23, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 23 avril 2018 – Sommaire :

  • L’euro amorce la nouvelle semaine sur la même dynamique que la précédente…sur la défensive. La faiblesse des fondamentaux économiques commencent à se répercuter sur sa valorisation. Le climat général se détend alors que se profile vendredi un sommet historique entre Corée du Nord et Corée du Sud.
  • La paire EUR/USD reste sur la défensive (-0,2%) et oscille sous le niveau de $1,23. Le taux 10 ans américain approche du seuil de 3%
  • Correction de la paire EUR/GBP après un rebond de plus de 1,6% sur les 4 dernières séances. La frustration causée par Mark Carney se dissipe et la paire s’éloigne du seuil de £0,88.
  • Devises nordiques en léger recul ce matin (-0,1%). L’EUR/NOK oscille au-dessus de NOK 9,62 & EUR/SEK de retour aux portes des SEK 10,40.
  • Devises émergentes en net recul. Rand (-1,1% à plus de ZAR 15,0) et rouble russe (-0,6% à presque RUB 76,0) sont parmi les plus mauvais performeurs face à l’euro ce matin

L’humeur des marchés des changes :                               

Seconde chute consécutive pour l’EUR/USD vendredi qui apparaît de nouveau sensible aux mouvements sur les marchés obligataires, néanmoins la paire fut rattrapée en vol par les commentaires du gouverneur central Mario Draghi. L’environnement général se détend et les tensions s’amenuisent davantage en réaction aux annonces coup sur coup d’un arrêt des tests nucléaires en Corée du Nord et d’un probable voyage du secrétaire américain au Trésor en Chine. Le Canada voit son inflation atteindre un pic de 7 ans en mars, mais cela ne devrait pas avoir d’impact à court terme sur la politique monétaire prévient le gouverneur central canadien.

Nouvelle glissade pour l’EUR/USD qui après avoir tutoyé le seuil de $1,24 en début de semaine a clôturé la semaine sous le niveau de $1,23 (-0,47% vendredi à $1,2286) à nouveau sous l’impulsion des marchés obligataires et d’un élargissement croissant de l’écart entre les rendements obligataires américains et européens. Cette dynamique traduit surtout une divergence actuelle de dynamique économique entre les Etats Unis, qui progresse à un rythme modeste (projection de croissance au T1 estimée à 2,0% T/T annualisée d’après le consensus), et la Zone Euro au sein de laquelle un ralentissement de l’activité s’observe. La chute de l’EUR/USD aurait pu être plus importante (point bas recensé vendredi à $1,2248) mais c’était sans compter sur les propos optimistes du gouverneur central Mario Draghi qui, en marge du séminaire semestriel de la Banque Mondiale et du FMI organisé à Washington ; a réitéré sa confiance en une poursuite de l’expansion de l’économie européenne et une convergence à terme de l’inflation vers l’objectif fixé de 2%. Néanmoins, il reconnaît que cela peut prendre du temps d’où la ligne de conduite des « 3P » défendue en mars dernier et réaffirmée à cette occasion « Prudence, Patience & Pertinence ». 

Alors que se profile un sommet historique entre la Corée du Nord et les Etats Unis, Pyongyang poursuit son opération séduction et tente de restaurer la confiance des observateurs. Vendredi, le président nord-coréen a annoncé qu’il mettait un terme définitif à ses tests nucléaires, opérations qui, on le rappelle, avaient fortement secoué les marchés des changes l’année dernière et nourri les craintes de conflit mondial. Véritable gage de bonne foi en vue des négociations à venir ou fausse annonce qui intervient parce que le pays est arrivé au terme de son programme de nucléarisation ? Les marchés des changes préfèrent pour le moment y voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Cet optimisme de situation découle également de l’observation ce weekend d’un nouveau signe de détente dans la relation conflictuelle qui oppose Pékin à Washington. En marge de la réunion de printemps de la Banque Mondiale et du FMI, le secrétaire américain au Trésor, Steve Mnuchin, a évoqué son intention de se rendre en Chine pour y discuter avec ses homologues des contentieux économiques et commerciaux opposant les deux pays. Les « muscles » laissent place au dialogue veulent croire les investisseurs.

Si cette dissipation des tensions commerciales et politiques n’a pas suffi à compenser l’émergence de nouvelles pressions baissières sur l’euro, le regain de confiance des investisseurs a néanmoins permis à la devise européenne de « limiter la casse » face aux valeurs refuges que sont le yen japonais et le franc suisse. La paire EUR/JPY se maintient toujours dans un couloir étroit de ¥132-¥133 (clôture vendredi à ¥132,25), et la paire EUR/CHF reste toujours à proximité du seuil de ₣1,20 (clôture vendredi à ₣1,1976).

Les propos tenus jeudi par le gouverneur central britannique Mark Carney, affirmant qu’une hausse de taux au mois de mai n’était pas aussi certaine que ce que les observateurs voulaient bien le croire, ont eu des répercussions importantes sur les marchés à terme. La probabilité d’un resserrement monétaire le mois prochain a chuté de 70% à 40%, et de nombreux économistes ont changé leurs prévisions et tablent désormais sur un statu quo le 10 mai. La livre sterling a enchainé vendredi une 4ième séance consécutive de recul face à l’euro (performance totale de -1,6% entre mardi et vendredi) et clôturé à son plus bas niveau depuis trois semaines aux portes du seuil de £0,88 (clôture à £0,8775).

Malgré une nouvelle accélération de l’inflation générale à un nouveau pic de plus de 3 ans de 2,3% (vs 2,2% en février), le gouverneur central canadien a tenu à calmer le jeu et contenir toutes nouvelles spéculations monétaires portant sur les futurs choix de la Banque du Canada. Selon, Stephen Poloz, une accélération de l’inflation au-delà de l’objectif de 2% que se fixe la banque n’est pas selon lui un motif suffisant pour déclencher une hausse mécanique des taux d’intérêt. Si les investisseurs tablent toujours sur deux nouvelles hausses de taux cette année, on voit néanmoins poindre quelques incertitudes autour du calendrier monétaire de la banque centrale. Certains investisseurs ont revu à la baisse leurs anticipations et tablent désormais sur une nouvelle intervention en septembre plutôt qu’en juillet, lequel reste néanmoins pour l’heure le scénario central. La paire EUR/CAD a terminé la semaine dans le vert aux portes des C$1,57 (clôture vendredi à C$1,5682).

On notera au passage que la Banque Mondiale et le FMI a maintenu ses projections de croissance mondiale pour 2018 et 2019 inchangées à 3,9% mais néanmoins tiré la sonnette d’alarme sur les possibles répercussions néfastes que causeraient une montée des tensions commerciales et un non-encadrement de la dette sur les perspectives économiques globales.

Calendrier économique, politique & monétaire de la semaine :       

  • Voyage officiel d’Emmanuel Macron et Angela Merkel aux Etats Unis : Le premier réalisera un voyage de trois jours, entre lundi et mercredi, à Washington tandis que la seconde prendra le relais et rendra visite au président américain ce vendredi. Ce sera l’occasion pour ces deux leaders de porter la voix de l’Europe et tenter de faire fléchir Donald Trump sur les dossiers commerciaux (souhait européen d’extension après le 1er mai de l’exclusion de l’Union Européenne aux taxes douanières sur l’acier et l’aluminium), iranien (accord nucléaire) et syrien (opposition contre l’EI et sanctions à l’égard du régime de Bachar El-assad). 
  • Réunion de la BCE (Jeudi) : À la fois illustré par les indices de sentiment et d’activité, mais également pointé du doigt par les commentaires faits vendredi par Mario Draghi depuis le séminaire semestriel de la Banque Mondiale et du FMI à Washington, l’économie européenne semble marquer le pas sur le début d’année 2018. Cela pourrait n’être qu’un simple coup d’arrêt temporaire en partie dû à des facteurs saisonniers (mauvais temps) et d’importantes frictions commerciales. Ce ralentissement de l’activité ne semble pas pour le moment remettre en cause le calendrier de la banque, mais cela pourrait néanmoins devenir un sérieux contretemps si cette dynamique était amenée à se prolonger. Si le ton de la banque devrait rester en façade relativement optimiste, les vendeurs d’euro pourraient néanmoins se réjouir de voir la BCE jouer profil bas et rester sur ses gardes. Pour rappel en avril, à l’occasion de la publication du compte rendu de la réunion de mars, l’euro avait sévèrement chuté à la prise de connaissance de doutes dans les rangs de la banque à l’égard de facteurs ; tensions commerciales & euro fort ; susceptible d’impacter les perspectives économiques de la région.
  • Réunion de la Riksbank en Suède (Jeudi) : Jeudi matin, les responsables monétaires suédois dévoileront les conclusions de leur nouvelle réunion monétaire. Pas d’annonce majeure attendue, aussi les regards se porteront sur le communiqué officiel et les commentaires du gouverneur central. Si le rebond récent de l’inflation en Suède a de quoi rassuré, il est néanmoins trop tôt pour que la banque puisse réellement s’enthousiasmer et commence à préparer une 1ière hausse de taux. Les marchés gardent espoir que celle-ci devrait être réalisée d’ici la fin de l’année, reste à savoir si ce scénario est également totalement partagé par l’ensemble des responsables suédois. Malgré un léger recul la semaine dernière (-0,6%), la paire EUR/SEK reste toujours à proximité de ses plus hauts niveaux depuis 8 ans à presque SEK 10,40.
  • Premières estimations de croissance au T1 au Royaume-Uni (Vendredi) : Les économistes tablent sur une performance très modeste de l’économie britannique au 1er trimestre 2018, la médiane des projections anticipant un rebond de 0,3% et le maintien de la dynamique annuelle à son plus bas niveau depuis plus de 4 ans de 1,4%. Une performance mitigée viendrait encore un peu plus renforcer les doutes sur la réalisation d’une nouvelle hausse de taux de la part de la Banque d’Angleterre au mois de mai. Les marchés sont partagés sur la question et la probabilité de réalisation d’un tel scénario est désormais estimé à 40%. Le maintien des doutes des investisseurs à l’égard de l’agenda monétaire de la Banque d’Angleterre, et plus particulièrement ses choix au mois de mai, pourrait assurer un nouveau plafond de verre temporaire au-dessus de la livre sterling et assurer le maintien de la paire EUR/GBP dans un couloir de £0,86-£0,88.
  • Premières estimations de croissance au T1 aux Etats Unis (Vendredi) : Une fois n’est pas coutume, comme on l’observe depuis maintenant 5 ans, l’économie américaine pourrait avoir une nouvelle fois débuté doucement la nouvelle année. Les économistes tablent sur une croissance de 2,0% en rythme annualisé au 1er trimestre, une performance en deçà de celle de 2,9% enregistrée à la fin de l’année 2017 et l’objectif de 3% promis par Donald Trump. Simple facteur saisonnier ou réelle contre-performance ? Une contre-performance pourrait venir offrir un nouvel argument aux vendeurs de dollar voyant dans l’inversion en cours de la courbe de taux aux Etats Unis un signe annonciateur d’une récession à venir. C’est un thème qui a refait surface la semaine dernière sur les marchés et qui a globalement pénalisé la devise américaine. À contrario, une telle dynamique ne devrait pas constituer un obstacle aux responsables monétaires américains et empêcher un possible nouveau resserrement monétaire au mois de juin prochain (scénario central anticipé). La hausse des rendements obligataires américains, et notamment l’agrandissement de l’écart avec les rendements européens constitue un facteur auquel les marchés sont à nouveau sensibles. Attention alors au risque de glissade de la paire EUR/USD sur la fin de semaine si le facteur de divergences monétaires est de nouveau prisé par les marchés.
  • Sommet historique entre la Corée du Nord & la Corée du Sud (Vendredi)  : C’est un évènement historique auquel on assistera vendredi puisque pour la 1ière fois depuis plus de 10 ans, les présidents nord-coréen et sud-coréen se rencontreront physiquement. Cette rencontre devrait à priori se dérouler sur un air de paix entre les deux voisins alors que Pyongyang a de nouveau fait un geste fort vendredi dernier en annonçant l’arrêt définitif de ses tests nucléaires. Ce sommet sera avant tout une étape intermédiaire qui nous permettra de jauger des attentes et de ligne de conduite de la Corée du Nord, cela avant la rencontre très attendue entre Donald Trump et Kim Jong-Un.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

La paire EUR/USD a réussi à tenir bon malgré le retour des « vendeurs d’euro » sur les marchés vendredi et parvient à se maintenir pour le moment au centre de son couloir de $1,22-$1,24. Néanmoins, ce repli apparaît comme une première alerte de la fébrilité actuelle de l’euro qui est actuellement pénalisé par des fondamentaux économiques décevants, lesquels viennent nourrir quelques incertitudes sur les plans de la BCE. Celle-ci pourrait être amenée à prolonger la période de transition monétaire entamée en janvier si les conditions économiques étaient amenées à se détériorer. Un rapport publié par Bloomberg ce weekend met en lumière une possible temporisation de la banque jusqu’à juillet avant de communiquer sur la fin éventuelle de son programme quantitatif. Les premiers indicateurs PMI au mois d’avril publiés ce matin en Zone Euro pourraient venir confirmer ce ralentissement actuel de l’activité en Zone Euro et renforcer au passage les doutes naissants des investisseurs à l’égard de l’euro. Le support de $1,22 reste un seuil important qui contient pour le moment les pressions baissières sur la paire de change, mais pourrait être vivement testé dans les prochains jours, voire les prochaines heures.  

EUR/GBP

La paire EUR/GBP marque le pas en ce début de semaine après un solide rebond de plus de 1,6% en l’espace de 4 séances. La frustration causée jeudi par les commentaires du gouverneur central Mark Carney s’estompe quelque peu, et les investisseurs semblent estimer le seuil de £0,88 comme un plafond sur la paire de change. Des indices d’activité décevants en Zone Euro pourraient venir appuyer une légère correction de la paire EUR/GBP dans la partie inférieure de son couloir de £0,87-£0,88.

  

EUR/CHF

La faiblesse actuelle de l’euro et le plafond des 1,20 freinent à eux deux l’expansion de la paire de l’EUR/CHF. Le renforcement global de l’optimisme sur les marchés financiers assure néanmoins des conditions favorables à un maintien de la paire de change sur ses hauts niveaux actuels de valorisation. Malgré de probables indicateurs PMI en Zone Euro ce matin, il est peu probable que la paire EUR/CHF décroche et sorte de son couloir de 1,19- 1,20.

EUR/JPY

La paire EUR/JPY se reprend légèrement ce matin après un weekend au cours duquel les Etats Unis ont ouvert la porte à un dialogue avec Pékin pour résoudre leurs contentieux commerciaux. L’annonce d’un futur voyage en Chine du secrétaire américain au Trésor Steve Mnuchin (pas de détails sur la date précise) a été reçu comme un signe rassurant d’une possible normalisation à venir des relations entre les deux principales économies mondiales. Les pressions baissières actuelles sur l’euro limitent néanmoins le potentiel haussier de la paire de change. Les forces motrices s’exerçant actuellement sur l’EUR/JPY s’annihilant, celle-ci se maintient toujours dans son couloir étroit de ¥132-¥133…et pourrait s’y maintenir encore un peu.


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