Actualités du marché des devises

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avr. 19, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 19 avril 2018 – Sommaire :

  • Les marchés accueillent favorablement le calme actuel et l’absence de nouvelles tensions. L’euro poursuit sur sa lancée et reste fortement demandé. Le dollar est désormais victime des nouvelles craintes de récession (attention sur l’inversion de la courbe de rendements).
  • La paire EUR/USD reste aux portes des $1,24 mais ne trouve pas les leviers pour franchir cette barrière. Volatilité principalement sous influence politique (visite de E. Macron à Berlin) & monétaires (discours de J. Weidmann (BCE) & L. Brainard (Fed)).
  • La paire EUR/GBP consolide sa position au-dessus de £0,87 alors que les marchés anticipent des ventes au détail décevantes au Royaume-Uni (10h30).
  • L’EUR/CAD est relativement stable ce matin après son important rebond de la veille qui l’a vu revenir au-dessus du seuil de C$1,56.
  • L’EUR/CHF est tout proche du niveau de ₣1,20. Celui-ci pourrait céder aujourd’hui. La paire EUR/JPY a quant à elle touché ce matin le seuil de ¥133 pour la 1ière fois depuis plus d’un mois.
  • L’EUR/AUD oscille sous le niveau de A$1,59 malgré des chiffres de l’emploi assez décevants. Le dollar australien semble profité d’une hausse ce matin des prix des matières premières et d’un contexte de marché relativement détendu.
  • L’euro est en hausse ce matin face à l’ensemble des devises émergentes.

L’humeur des marchés des changes :                               

Nouvelle poussée de croissance mercredi pour les paire EUR/USD et EUR/CHF qui semblent avoir été favorablement impactées par l’annonce du gouvernement iranien de payer leurs transactions en euro plutôt qu’en dollar. Néanmoins, les grands perdants de la journée sont la livre sterling et le dollar canadien. La première a subi une importante correction en marge de la publication des nouvelles statistiques d’inflation britannique qui relance les débats sur les futures choix de la Banque d’Angleterre en mai prochain. Le second a été pénalisé par les propos prudents tenus par le gouverneur central canadien et le flou maintenu sur son agenda monétaire.

En fin de matinée, le gouvernement iranien a annoncé qu’il n’utiliserait désormais plus le dollar américain pour régler ses paiements en devises étrangères mais l’euro. Cette décision hautement politique s’inscrit dans une stratégie de réduire la dépendance du pays aux Etats Unis et sa juridiction. Cela vient surtout symboliser la perte progressive d’influence du dollar américain dans le monde alors que dans le même temps Washington s’inscrit dans une démarche isolationniste. Cette annonce, bien qu’elle n’ait pas encore d’impacts matériels, a néanmoins renforcé la confiance des acheteurs d’euro sur le long terme.

Le cours EUR/USD s’est ainsi maintenu dans la partie supérieure de son couloir actuel de $1,23-$1,24, mais a une nouvelle fois échoué à casser le seuil de $1,24. La paire EUR/CHF a quant à elle poursuivi sur sa lancée de mardi et s’est rapprochée encore un peu plus du seuil symbolique de1,20 (+0,28% à ₣1,1985). La paire EUR/JPY s’est également renforcée et franchi ce jeudi le seuil de ¥133 pour la 1ière fois depuis un mois.

Après avoir chuté à son plus bas niveau depuis plus de 10 mois (£0,8624), la paire EUR/GBP a enregistré un important rebond de presque 0,7% et fait son retour au-dessus du niveau de £0,87 (clôture à £0,8712). La chute inattendue de la dynamique annuelle des indices d’inflation générale et d’inflation de base à un plus bas depuis un an ; de 2,7% à 2,5% pour le premier et de 2,5% à 2,3% pour le second ; vient relancer les débats au Royaume-Uni sur la pertinence ou non de rehausser les taux d’intérêt le mois prochain. La décélération « naturelle » des prix à la consommation pourrait en effet pousser la Banque d’Angleterre à ne pas presser sa politique de normalisation monétaire…d’autant plus si la consommation domestique des ménages reste dégradée (chiffres de ventes au détail ce jeudi).

Le dollar canadien a lui aussi été victime mercredi d’ajustement des spéculations monétaires sur les marchés à terme. Si le statu quo de la Banque du Canada, le second consécutif, n’a pas surpris les marchés, à l’inverse le ton étonnement prudent du communiqué officiel de la banque et du discours du gouverneur central canadien ont fortement déçu. La banque centrale canadienne a en effet pointé du doigt la dynamique de croissance moins importante que prévu de l’économie au 1er trimestre et réaffirmé sa position plus « réactive » que « proactive ». Cette dernière entend rester en position d’observation et analyser la dynamique des prochaines statistiques avant de statuer de la future direction de ses taux directeurs. Pour l’heure, la banque réfléchit toujours sur la dynamique de hausse de taux, a précisé le gouverneur central, ce qui confirme que l’agenda monétaire pour cette année n’est pas encore clairement défini. L’absence de clarté vient nourrir quelques incertitudes sur la perspective d’une hausse de taux au mois de juillet, ce qui est actuellement le scénario central partagé sur les marchés. Alors que l’on avait vu un peuplus tôt cette semaine la paire EUR/CAD tester son support de C$1,55, celle-ci a enregistré mercredi un rebond de 0,7% à plus de C$1,56 (clôture à C$1,5626).

La chute de l’inflation à un plus bas depuis 7 ans de 3,8% et le rebond plus important de la dynamique annuelle des ventes au détail au mois de février (+4,9% A/A vs consensus +2,8%) ont soutenu un nouveau rebond du rand face à l’euro ; le second successif ; et un retour de la paire EUR/ZAR sous le seuil de ZAR 14,80 (-0,38% mercredi à ZAR 14,76).

Calendrier économique, politique & monétaire de la séance :       

  • Des chiffres de l’emploi en Australie « sans saveur » : Il est quasiment certain que les nouvelles statistiques de l’emploi publiées ce matin en Australie ne devraient pas susciter une vague d’enthousiasme dans les rangs de la banque centrale australienne. En effet, avec un volume de création d’emploi de l’ordre de 4,9k au mois de mars ;  soit un volume bien en dessous de la projection de 21k sur laquelle le consensus tablait mais surtout un rebond en trompe l’œil car réalisé grâce à une hausse des embauches sur des postes à temps partiel puisque le nombre de créations de postes à temps plein a reculé de près de 20k ce mois-ci ; cela offre un prétexte aux responsables monétaires pour conserver leur position d’observation et repousser les débats de hausse de taux. Cela n’empêche néanmoins pas le dollar australien de rebondir légèrement ce matin face à l’euro, la paire EUR/AUD retombant sous le seuil de A$ 1,59. Il faut croire que les marchés sont davantage sensible à la révision à la baisse de l’estimation de chômage le mois dernier. Celui-ci est stable depuis maintenant 3 mois à 5,5%. 
  • Contraction des ventes au détail attendue au Royaume-Uni : Pour la seconde fois au 1er trimestre 2018, le Royaume-Uni pourrait enregistrer en mars une contraction des ventes au détail de l’ordre de -0,5% M/M si l’on s’appuie sur les estimations du consensus. Les raisons d’une telle performance ? Tout premièrement, un pouvoir d’achat des ménages qui ne progresse toujours pas à cause d’un décalage, toujours observé, de dynamique entre la croissance des prix des biens de consommation et celle des salaires, quand bien même si l’écart tend à se réduire ces derniers mois. L’autre explication peut découler de facteurs saisonniers, mais également d’un effet de base eu égard à l’important rebond des ventes observé en février dernier (+0,8% M/M). Quoi qu’il en soit, de mauvais chiffres de ventes au détail pourraient venir renforcer les incertitudes sur la future décision de la Banque d’Angleterre. Alors que la décision d’une nouvelle hausse de taux au mois de mai ne faisait en début de semaine quasiment aucun doute dans l’esprit des investisseurs, la série de chiffres économiques récemment publiée a relancé le débat. Une hausse des convictions que la Banque d’Angleterre pourrait prendre son temps et reporter à plus tard sa décision de resserrement monétaire viendrait à coup sûr pénaliser la livre sterling. Dans ce cas précis, cela permettrait à la paire EUR/GBP de consolider ces gains de la veille et conforter son retour au-dessus du seuil de £0,87. Dans le cas inverse, de bons chiffres de ventes viendraient quelque peu dissiper les effets de déception causés par les chiffres d’inflation mercredi et potentiellement ramener la paire de change dans un couloir de £0,86-£0,87. 
  • Emmanuel Macron se rend à Berlin pour discuter des réformes européennes : Le président français rend ce jeudi visite à la chancelière allemande Angela Merkel afin d’y discuter de la feuille de route des réformes européennes à mener et ainsi dessiner les contours d’une refonte de l’Union Européenne que les deux dirigeants souhaitent plus forte, plus cohérente et plus unie.  Le retour au premier plan du couple franco-allemand comme moteur du projet européen est une bonne nouvelle pour les investisseurs, encore faut-il que ces derniers accordent leur violon. Le non-engagement de Berlin dans les récentes frappes en Syrie a mis en avant quelques divergences. Le fait est qu’Angela Merkel n’a plus le même aura qu’autrefois sur la politique allemande et est désormais même aujourd’hui sévèrement critiquée au sein de sa famille politique. Son nouveau mandat a été acquis dans la douleur au prix de longues négociations de coalition avec le rival historique social-démocrate, et quelques compromis qui ont du mal à passer (comme l’abandon du ministère des finances au SPD). Le projet d’expansion du budget européen, cher au président Macron qui y voit là un levier pour relancer les investissements, ne soulève pas les foules parmi les conservateurs allemands qui récusent de payer pour les nations du Sud (Grèce, Italie) et leur mauvaise gestion financière. Une déclaration commune des deux chefs d’Etat devrait être faite à la presse sur les coups de midi.

  • Plusieurs responsables monétaires sont de sortie, attention aux réactions épidermiques : Compte tenu de la légèreté du calendrier économique ce jeudi, les investisseurs pourraient dès lors prêter une oreille plus attentive que d’habitude aux commentaires délivrés par certains responsables monétaires. Concernant la livre sterling (GBP), c’est pas moins de trois membres de la Banque d’Angleterre qui délivreront un discours public cette après-midi. Aucun des trois n’a voté en mars en faveur d’une hausse de taux, aussi leur intervention ce jeudi pourrait venir offrir des signaux au marché sur leur sentiment à l’égard des perspectives économiques au Royaume-Uni, et ainsi potentiellement relancer les débats sur la crédibilité ou non d’une hausse de taux en mai. Au Canada, après la réunion monétaire de la veille qui s’est conclue sur un statu quo et un discours prudent de la part du gouverneur central Stephen Poloz, nous aurons le droit en fin de journée (19h45) aux commentaires de la 1ière sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Wilkins. La fin de journée verra aussi les interventions du gouverneur central norvégien (17h00) et du gouverneur central suédois (23h00). Un peu plus tôt dans la journée, les observateurs de l’EUR/USD pourront combler le manque de statistiques économiques avec les interventions à quelques minutes d’intervalle du président de la banque centrale allemand et possible successeur de Mario Draghi à la tête de la BCE en 2019 ; Jens Weidmann ; et de la membre permanent du comité exécutif de la réserve fédérale américaine ; Lael Brainard. 

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

Pas de nouvelles, bonne nouvelle ? L’absence de nouvelles tensions politiques et/ou commerciales continue de stimuler la paire de change. Le cours EUR/USD reste néanmoins aux portes des $1,24 en l’absence de leviers soutenant le franchissement de cette barrière. La divergence des fondamentaux économiques entre la Zone Euro et les Etats Unis ne semblent pas perturber la dynamique du cours de change comme en témoigne la non-réaction hier de celui-ci à la révision à la baisse surprise des chiffres d’inflation de la Zone Euro (de 1,4% à 1,3%). La volatilité semble davantage sensible aux débats de long terme discutés actuellement sur les marchés et globalement pessimistes vis-à-vis des Etats unis et du dollar. La dynamique actuelle d’inversion de la courbe de rendement aux Etats Unis (taux courts progressant plus rapidement que les taux longs) fait craindre une prochaine récessions économique aux Etats Unis. Dans le même temps, la montée très rapide des déficits aux Etats Unis renforce les incertitudes à l’égard des perspectives de croissance dans le pays. Pas de réels catalyseurs sur la paire de change à suivre ce jeudi, si ce n’est les sorties publiques de plusieurs responsables monétaires européens et américains, dont le président de la Bundesbank Jens Weidmann. Le cours EUR/USD devrait rester sur ces récents hauts niveaux de valorisation et très certainement rééditer ses tentatives de cassure des $1,24.

Perf 2018 = + 3,22% / Moyenne 2018 = $1,2293 / Point haut 18 avril 2018 = $1,2397 / Point bas 18 avril 2018 = $1,2341 / Clôture 18 avril 2018 = $1,2372

EUR/GBP

La paire EUR/GBP pourrait conforter sa position dans son couloir de £0,87-£0,88 si comme attendu les chiffres de ventes au détail s’avèrent décevants (consensus -0,5% M/M). Voir focus de la séance du jour. L’absence actuel de leviers haussiers sur l’euro devrait néanmoins limiter le potentiel haussier de la paire de change. Une résistance s’observe au niveau du seuil de £0,8750.

Perf 2018 = -1,82% / Moyenne 2018 = £0,8807 / Point haut 18 avril 2018 = £0,8722 / Point bas 18 avril 2018 = £0,8641 / Clôture 18 avril 2018 = £0,8712

EUR/CHF

La paire EUR/CHF poursuit sa hausse et est ce matin tout près de toucher le seuil symbolique de ₣1,20 qui n’a plus été atteint depuis janvier 2015. Il sera intéressant de voir comment la paire réagit à l’atteinte de cette barrière. Une correction pourrait être entrevue (prises de bénéfices).

Perf 2018 = +2,60% / Moyenne 2018 =  1,1687 / Point haut 18 avril 2018 = ₣ 1,1992 / Point bas18 avril 2018 = ₣ 1,1946 / Clôture18 avril 2018 = ₣ 1,1985

EUR/JPY

Doucement mais sûrement. Profitant de la dissipation graduelle du sentiment d’aversion au risque sur les marchés des changes, le cours EUR/JPY poursuit doucement sa revalorisation. Ce matin, la paire a touché pour la 1ière fois depuis plus d’un mois le seuil de ¥133. Si l’atteinte de ce niveau clé a provoqué un léger repli immédiat de la paire de change – preuve s’il en est que ce seuil précis de ¥133 revêt une importance pour les cambistes – celle-ci pourrait finir par briser cette barrière sous l’effet de pressions baissières sur le yen en amont de la publication des nouveaux chiffres d’inflation vendredi matin au Japon (1er recul depuis juillet 2016 attendu sur la dynamique annuelle de l’indice de base / consensus +0,9% A/A vs +1,0% en février).

Perf 2018 = -1,68% / Moyenne 2018 =   ¥132,89 / Point haut 18avril 2018 = ¥132,90 / Point bas 18 avril 2018 = ¥132,32 / Clôture 18 avril 2018 = ¥132,68


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