Actualités du marché des devises

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avr. 18, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 18 avril 2018 – Sommaire :

  • Une détente globale des tensions commerciales et politiques participe à un renforcement de la confiance des investisseurs. Cela n’a pas de réels influences sur l’EUR/USD qui reste stable.
  • EUR/USD en léger recul mais qui se maintient toujours dans un couloir de $1,23-$1,24. Les fondamentaux décevants en Zone Euro limitent la capacité d’expansion de l’euro.
  • Un recul surprise de l’inflation au Royaume-Uni (2,5% vs consensus 2,7% et 2,7% en février) remet en question le scénario de hausse de taux en mai. L’EUR/GBP remonte à £0,87.
  • La paire EUR/JPY reprend la direction de ¥133 sous l’influence d’un regain d’appétence au risque des marchés, mais la volatilité de la paire reste modeste.
  • L’EUR/CHF accentue son rebond et semble déterminé à rejoindre le niveau de ₣1,20.
  • La paire EUR/CAD oscille toujours dans un couloir de C$1,55-C$1,56 en attendant la décision monétaire de la Banque du Canada (16h00). Un visage plus optimiste de la banque pourrait offrir l’occasion à la paire d’enfin briser son support de C$1,55.
  • Le rouble russe profite du rebond des prix du pétrole et du soulagement des marchés à l’égard du retour en arrière de Washington et son projet de nouvelles sanctions contre Moscou. L’EUR/RUB retombe ce matin sous le niveau de RUB 76,0.

L’humeur des marchés des changes :                               

L’avancée des discussions entre les Etats Unis et la Corée du Nord et les meilleurs chiffres que prévu de la croissance chinoise ou encore le volte-face de Washington concernant de nouvelles sanction contre la Russie ont tous deux favorisé et nourri la dynamique générale de regain progressif d’appétence au risque au sein des marchés financiers. Cela a permis à l’euro de limiter la casse, lequel a été une nouvelle fois été victime de fondamentaux économiques décevants. Du côté du Royaume-Uni, les chiffres de l’emploi n’ont pas offert la rampe de lancement à la livre sterling pour poursuivre son rebond. Néanmoins, le point marquant de la séance de mardi fut le rebond significatif de la paire EUR/CHF qui se rapproche à grand pas du seuil symbolique des 1,20.

Le Washington Post a révélé mardi que le nouveau secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a rencontré Kim Jong-Un début avril en guise de préparation du prochain sommet de mai entre les présidents américain et nord-coréen. Dans le même temps, ce mercredi la presse révèle que Séoul souhaiterait amender sous forme de traité de paix l’armistice signée en 1953 par la Corée du Sud et la Corée du Nord ; les deux pays étant encore aujourd’hui « techniquement » en guerre ; afin de normaliser les relations entre les deux pays. Après avoir entretenu la menace d’un conflit nucléaire durant une grande partie de l’année 2017, la Corée du Nord semble avoir abandonné son rôle d’agitateur de l’échiquier géopolitique mondial pour adopter une démarche plus pacifique. Evoqué ces derniers jours, les Etats Unis semblent faire machine arrière sur son projet de nouvelles sanctions contre la Russie. Un tel volte-face a été favorablement accueilli par les investisseurs qui y voient là un recul du risque de conflit entre Washington et Moscou.

Grâce à une consommation domestique solide, l’économie chinoise a enregistré sur le premier quart d’année une croissance plus solide que prévu. Anticipée à 6,7% par le consensus, la dynamique annuelle du PIB sur le chinois est ressortie à 6,8% comme lors du précédent trimestre. Tout n’est pas rose néanmoins, et de nombreux observateurs font part de leurs inquiétudes à l’égard des signaux de ralentissement de l’activité industrielle et des investissements en capitaux fixe. La construction et l’immobilier occupant une place majeure dans la croissance chinoise, aussi la perte de vitesse de ces deux secteurs clés fait craindre des répercussions négatives sur la dynamique globale du pays dans les mois et trimestres à venir.

De manière générale, on assiste à un reprise de confiance chez les investisseurs au sein d’un environnement économique, politique et financier qui apparaît bien moins tendu que lors des deux mois précédents. Pour preuve, l’indice VIX, ou « indice de la peur » mesurant la volatilité sur les marchés actions américains (indice S&P 500), a chuté mardi à son plus bas niveau depuis un mois. Si le cours EUR/JPY reste globalement stable au sein d’une fourchette de ¥132-¥133, ce n’est pas le cas de la paire EUR/CHF qui a enregistré hier un rebond significatif de 0,6% et franchi allègrement la barrière de1,19 (clôture à ₣1,1951). Ce matin, la paire poursuivait son rebond et est désormais à portée de main du seuil symbolique de ₣1,20, ancien niveau stratégique défendu par la banque centrale suisse jusqu’en janvier 2015. La magnitude de ce rebond apparaît surprenant, d’autant plus au regard des récents fondamentaux économiques décevants publiés en Zone Euro, et fait planer le doute d’une possible influence de la BNS. Aucune preuve ne permet cependant aujourd’hui de l’indiquer avec certitude.

L’euro a connu quelques désagréments mardi, la faute à des chiffres économiques très décevants en Allemagne. Après une poussée dans la matinée au-dessus du niveau de $1,24, la paire EUR/USD a subi le contrecoup de mauvais indicateurs ZEW en Allemagne. L’indice de sentiment économique des investisseurs et analystes allemands a accusé un repli bien plus important qu’anticipé au mois d’avril (-8,7 vs consensus -1,0 et +5,1 en mars) et chuté à son plus bas niveau depuis le mois de novembre 2012. La montée des tensions commerciales et le ralentissement visible de l’activité économique de la Zone Euro au 1er trimestre 2018 semblent peser fortement sur le moral des observateurs de la 1ière économie européenne dont la croissance est fortement dépendante de la bonne santé de son activité exportatrice et industrielle. La paire EUR/USD a ainsi amorcé un retour en direction de $1,23 avant de se reprendre quelque peu en fin de séance (+0,06% à $1,2370). Les bonnes performances réalisées par les secteurs industriel et immobilier américain (production industrielle, permis de construire, mises en chantier) n’ont eu aucune influence sur la paire de change.

Réaction mitigée à la lecture des chiffres de l’emploi britannique. Si le taux de chômage a surpris l’ensemble des observateurs en reculant à un nouveau point bas depuis plus de 40 ans de 4,2% (consensus à 4,3%), les investisseurs ont été relativement déçus de voir la croissance annuelle des salaires, sur la période de trois mois entre décembre et février, ne pas accélérer autant que prévu (2,8% A/A vs consensus 3,0%), et surtout afficher une dynamique inférieure à celle de l’inflation sur la même période (2,9%). Malgré des progrès, le pouvoir d’achat des ménages ne s’améliore pas, mais à l’inverse continue de se détériorer. Point positif néanmoins, l’accélération des salaires de base hors bonus dont la dynamique annuelle a atteint sur la période de trois mois allant jusqu’à février un pic depuis août 2015 à 2,8% A/A. La livre sterling a légèrement accusé le coup et fait une pause dans son rebond. La paire EUR/GBP a ainsi rebondi de près de 0,3% mardi et est remonté au-dessus du seuil de £0,8650 (clôture à £0,8656).

Grâce à l’appui de ventes manufacturières plus robustes qu’anticipé au mois de février (+1,9% M/M vs consensus +1,0%) et d’une légère reprise des prix du pétrole (+0,5% à $66,5 pour l’indice WTI & +0,2% à $71,6 pour l’indice Brent), le dollar canadien a tenté une nouvelle fois de briser son support de C$1,55 face à l’euro (point bas recensé à C$1,5467), mais en vain (clôture à C$1,5523). Fragilisée depuis quelques séances maintenant, cette barrière pourrait céder ce mercredi à l’occasion de la réunion monétaire de la Banque du Canada.

Après six séances de hausse et un gain total de 1,1% face à l’euro, le zloty a reculé de près de 0,3% mardi et l’EUR/PLN a fait son retour au-dessus du seuil de PLN 4,16 en réaction aux propos d’un responsable monétaire polonais évoquant l’usage de politiques monétaires non-conventionnelles et suggérant qu’il y avait aujourd’hui autant de chances que la banque centrale maintienne un statu quo sur ses taux directeurs en 2019 qu’elle ne décide d’opérer à une hausse.

Calendrier économique, politique & monétaire de la séance :       

  • Exportations japonaises freinées par un yen fort et les tensions commerciales : La croissance des exportations japonaises n’ont progressé que de 2,1% en année glissante, soit une dynamique deux fois moins importante que celle de 4,7% initialement anticipée par le consensus. L’important renforcement du yen sur la période février-mars et l’accentuation des tensions commerciales mondiales sont cités ce matin comme les facteurs à l’origine de cette dynamique modeste. Le yen est sur la défensive ce matin et repasse au-dessus du niveau de ¥132,50 face à l’euro alors que se profile dans la journée une rencontre à Washington entre le président américain et le premier ministre japonais. Les investisseurs se veulent ce matin confiants qu’aucun nouvel effort commercial ne devrait être réclamé à Tokyo par son partenaire américain.
  • Stabilité attendue de l’inflation au Royaume-Uni (10h30) : Le consensus mise sur une inflation générale stable à 2,7% et un léger rebond de l’indice de base de 2,4% à 2,5% au mois de mars. Le maintien d’une telle dynamique soutenue des prix à la consommation, laquelle pèse sur le pouvoir d’achat des ménages, pourrait être interprété comme un nouveau signe (un de plus) créditant l’hypothèse d’une intervention de la Banque d’Angleterre le mois prochain. Une accentuation de la probabilité – actuellement à un peu plus de 71% d’après les positions sur les marchés à terme - d’un second resserrement monétaire en 6 mois viendrait soutenir une nouveau rebond de la livre sterling.

  • Révision des chiffres d’inflation au Zone Euro (11h00) : La seconde lecture des chiffres d’inflation du mois de mars devrait confirmer un rebond de la dynamique de prix après sa chute à un plus bas depuis 14 mois en février (consensus : 1,4% vs 1,1% en février) mais également une stabilité de l’indice de base à un niveau de 1,0% ou un seuil très loin de l’objectif de 2,0% de la BCE. Les chiffres allemands, espagnols et français n’ayant pas été modifiés en seconde lecture, cela ne laisse peu de place à une surprise sur les chiffres agrégés de la Zone Euro.

  • Statu quo attendu par la Banque du Canada (16h00)…Conférence de presse du gouverneur Stephen Poloz attentivement suivie (17h15) : Après avoir déjà opéré un rehaussement de ses taux d’intérêt au mois de janvier, la Banque du Canada devrait, pour la seconde réunion consécutive, opter pour un statu quo. C’est du moins le scénario central partagé par une majorité d’analystes et les investisseurs eux-mêmes. En l’absence d’accord sur l’ALENA, l’épée de Damoclès au-dessus de l’économie canadienne, que représente un retrait des Etats Unis de cet accord économique datant de 1994, continue de planer et maintient les responsables monétaires canadiens pieds et poings liés dans leurs actions. Néanmoins, probablement rassurée par les propos optimistes clamés par Washington et Ottawa concernant les « bons progrès » réalisés dans les négociations actuelles ou encore les récents signaux de renforcement de l’économie sur le début d’année (accélération de l’inflation & taux de chômage à un plus bas historique), la Banque du Canada pourrait offrir un visage plus optimiste que lors de ses précédentes sorties, et potentiellement ouvrir la porte à une nouvelle intervention cet été. La date de juillet semble avoir déjà été cochée par les investisseurs si l’on en croit les positions actuelles sur les marchés à terme. Des éléments venant soutenir ce scénario viendrait assurément renforcer la nouvelle côte de popularité dont jouit le dollar canadien, et assurer un retour durable de l’EUR/CAD sous le niveau de C$1,55. Il faudra avoir un œil attentif sur les nouvelles projections publiées par la banque en marge de cette réunion, et l’éventuelle influence des frictions commerciales entre Pékin et Washington sur l’évolution des perspectives économiques au Canada. Aussi, en cas de révision baissière des projections, dès lors le dollar canadien pourrait souffrir d’un mouvement de réajustement des positions acheteuses sur les marchés à terme relevant d’un report dans le temps des anticipations de prochaine hausse de taux au Canada.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

La paire est sur le recul ce matin mais se maintient néanmoins dans la partie supérieure de son couloir étroit de $1,23-$1,24. Malgré une divergence de dynamique économique et monétaire entre les Etats Unis et la Zone Euro, l’euro continue d’avoir le soutien des marchés tandis qu’à l’inverse le dollar a toutes les peines du monde à séduire. L’implication en ce début d’année de Washington dans un certain nombre de conflits (avec Pékin et Moscou notamment) et les craintes qui pèsent sur la situation fiscale du pays (double déficit & croissance dangereuse de la dette), point relevé hier par le chef économiste du FMI, semblent toujours peser lourdement sur l’attractivité de la devise américaine. Alors qu’il faudra garder un œil attentif sur les déclarations réalisées en marge de la rencontre entre Donald Trump et Shinzo Abe (1er ministre japonais), laquelle pourrait servir de tribune à un nouveau discours teinté de protectionnisme, l’un des points majeurs de la journée pour la paire EUR/USD sera néanmoins la publication en fin de matinée des estimations finales d’inflation en Zone Euro au mois de mars. L’absence de surprises sur ces chiffres pourrait être un prétexte à un maintien du cours de change dans son couloir de fluctuation actuel.

Perf 2018 = +3,04% / Moyenne 2018 = $1,2291 / Point haut 17 avril 2018 = $1,2413 / Point bas 17 avril 2018 = $1,2335 / Clôture 17 avril 2018 = $1,2370

EUR/GBP

La dynamique baissière de la paire EUR/GBP a été freinée mardi par des chiffres de l’emploi en demi-teinte, lesquels n’ont eu aucune réelle influence sur la probabilité de réalisation d’une hausse de taux par la Banque d’Angleterre le 3 mai prochain. Celle-ci aura très certainement de reprendre la direction du seuil de £0,86 ; route sur laquelle est observé un premier seuil de résistance à £0,8630 ; à l’occasion de la publication dans la matinée des chiffres d’inflation au Royaume-Uni. Le maintien d’une forte dynamique de croissance des prix à la consommation pourrait être considéré comme un facteur handicapant l’économie britannique et qui réclame une nouvelle intervention rapide de la banque centrale britannique. À l’inverse, une décélération naturelle de l’inflation pourrait venir perturber les spéculations monétaires actuelles, les responsables britanniques pouvant à cette occasion prétexter aucune urgence à intervenir et prendre le risque de perturber l’économie.

 Perf 2018 = -2,53% / Moyenne 2018 = £0,8808 / Point haut 17 avril 2018 = £0,8660 / Point bas 17 avril 2018 = £0,8618 / Clôture 17 avril 2018 = £0,8656

EUR/CHF

Rien ne semble arrêter la paire EUR/CHF, pas même des fondamentaux économiques mitigés en Zone Euro, qui semble déterminer à retourner sur le seuil symbolique de ₣1,20. Si la détente du climat mondial peut expliquer un reflux d’intérêt des investisseurs pour les valeurs refuges, néanmoins la dépréciation soudaine et forte du franc a de quoi surprendre. Pour le moment, aucun élément ne permet d’expliquer avec certitude la magnitude de ce mouvement haussier. L’atteinte du seuil de ₣1,20, ancien palier défendu par la banque centrale suisse, pourrait cependant faire office de choc psychologique pour les investisseurs et déclencher une correction du cours de change.

Perf 2018 = +2,44% / Moyenne 2018 =  1,1683 / Point haut 17 avril 2018 = ₣ 1,1954 / Point bas17 avril 2018 = ₣ 1,1879 / Clôture17 avril 2018 = ₣ 1,1951

EUR/JPY

Les chiffres décevants des exportations japonaises et la détente globale des tensions mondiales – commerciales et politiques – en amont de la rencontre entre Donald Trump et Shinzo Abe soutiennent un rebond ce matin de la paire EUR/JPY en direction du seuil de ¥133. La volatilité reste cependant mesurée compte tenu de l’absence de nouveaux arguments d’achat sur l’euro. On surveillera de près la réaction du cours de change si le palier de ¥133 devait être franchi. Cela pourrait envoyé le signal d’un nouveau rebond important de la paire de change. Le contexte y est bien plus favorable que lors des semaines précédentes.

Perf 2018 = -1,85% / Moyenne 2018 =   ¥132,89 / Point haut 17 avril 2018 = ¥132,77 / Point bas 17 avril 2018 = ¥132,09 / Clôture 17 avril 2018 = ¥132,35


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