Actualités du marché des devises

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avr. 17, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 17 avril 2018 – Sommaire :

  • L’euro continue une ascension surprenante malgré des signes de prudence de la BCE et des fondamentaux économiques moins robustes. Cette dynamique semble dénoter d’un regain d’optimisme général des marchés, lesquels sont rassurés ce matin par la stabilité de l’économie chinoise et l’absence (pour le moment) de nouvelles annonces de sanctions américaines contre la Russie malgré les rumeurs qui laissaient prétendre le contraire.
  • Le cours EUR/USD a touché ce matin le niveau de $1,24 pour la 1ière fois en 14 séances. Ce seuil fait néanmoins office de résistance à l’ascension actuelle de la paire de change. Rebond fragile alors que l’indice ZEW en Allemagne pourrait décevoir (11h00).
  • Sous l’impulsion du rebond de la paire EUR/USD, le cours EUR/CHF a franchi ce matin le seuil de ₣1,19 pour la 1ière fois depuis janvier 2015.
  • La livre sterling apparaît être la seule devise à véritablement résister au rebond soudain de l’euro. La paire EUR/GBP reste stable à £0,8630 avant les chiffres de l’emploi (10h30).
  • Légère frustration observée sur le dollar australien en réaction à la frilosité des responsables monétaires australiens à rehausser ses taux directeurs. Le cours EUR/AUD remonte au-dessus de A$1,59

L’humeur des marchés des changes :                               

La volatilité sur le marché des changes ce lundi a été une continuité des dynamiques observées en fin de semaine dernière, à savoir un rebond de l’euro sur fond de recul général du sentiment d’aversion au risque sur les marchés, une confirmation de la nouvelle attractivité de la livre sterling et une poursuite de la revalorisation des devises d’Europe de l’Est.

L’euro a poursuivi son rebond entamé en fin de semaine dernière et s’est apprécié de 0,4% face au dollar américain à $1,2380, cela malgré l’absence de véritables catalyseurs expliquant la magnitude de ce mouvement haussier. Le regain d’appétit au risque des acteurs de marché en réponse à un dégonflement temporaire des tensions commerciales et de réactions plus « mesurées » que prévu de Moscou aux frappes militaires américaines en Syrie peut expliquer en partie cette vague soudaine d’achat en devise européenne. Néanmoins, ce rebond de la paire EUR/USD - laquelle retouche le niveau de $1,24 ce mardi matin pour la 1ière fois en avril – apparaît totalement déconnecté des fondamentaux économiques actuels en Europe et aux Etats Unis. Après le gouverneur de la Fed de Boston lundi, celui de l’antenne régionale de New York a lui aussi ouvert la porte à un scénario de trois nouvelles hausses de taux d’ici la fin d’année. Au niveau des statistiques, les ventes au détail américaines ont affiché un rebond plus important que prévu au mois de mars, progressant de +0,6% M/M contre +0,4% anticipé. Cependant le rebond des rendements obligataires américains – nouveau pic de 9 ans pour le taux 2 ans à presque 2,38% et taux 10 ans de retour sur ses pics du mois à plus de 2,83% -  n’a cependant eu aucun impact sur le dollar américain.

Après une pause vendredi dernier, la livre sterling a repris sa marche en avant et enregistré lundi un rebond de 0,3% face à l’euro, atteignant un nouveau pic depuis mai 2017 à £0,8624 (clôture du cours lundi à £0,8633). L’optimisme des investisseurs à l’égard de la devise britannique reste important en amont d’une série de rapports économiques clés.

La lourde chute des prix du pétrole lundi (-1,7% pour le brut américain à $66,2 / -1,6% pour le brut de mer du Nord à $71,4), survenant après l’atteinte d’un pic de plus de 3 ans en fin de semaine dernière, n’a eu que peu d’influences sur le dollar canadien qui accueille favorablement la multiplication des échos positifs concernant les avancées des renégociations du traité de l’ALENA. Le cours EUR/CAD a enregistré lundi un modeste rebond de 0,1% et s’est maintenu sous le seuil C$ 1,56 (clôture à C$1,5560).   La couronne norvégienne n’a pas eu cette chance et s’est avérée plus sensible que son homologue canadien au décrochage des prix du pétrole. Le cours EUR/NOK a bondi de plus 0,3% lundi et revient frapper à la porte de la barrière de NOK 9,65 (clôture à NOK 9,6243), niveau que la paire rencontre des difficultés à franchir durant ce mois d’avril.

En termes de continuité, le zloty polonais fait figure d’exemple. La devise polonaise a enregistré lundi sa 6ième séance consécutive de hausse face à l’euro (+0,4% lundi et +1,1% depuis le 6 avril dernier), mais vu sa course stoppée à l’approche du palier de PLN 4,15 (clôture à PLN 4,1515). Le cours EUR/PLN oscille désormais à son plus bas niveau depuis plus de 7 semaines. Même dynamique pour le forint hongrois qui s’est apprécié lundi de 0,2% face à l’euro et atteint un nouveau pic de 9 semaines sous le seuil de HUF 310.

Calendrier économique, politique & monétaire de la séance :       

  • La croissance du PIB chinois au T1 2018 surprend positivement : L’économie chinoise a mieux performé que prévu durant ce premier quart d’année et progressé à une dynamique annuelle de 6,8%, soit un rythme similaire à celui entrevu au dernier trimestre 2017 et légèrement au-dessus des attentes du consensus qui misait sur une croissance de 6,7% (plus faible rythme sur les 6 derniers trimestres). Si on peut louer la résilience de l’économie chinoise qui ne semble pas avoir été matériellement affectée par les tensions commerciales avec Washington ou encore les efforts des responsables monétaires pour réguler l’activité de crédit et ainsi encadrer l’endettement du pays, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions hâtives et statuer d’une stabilité de la croissance qu’une majorité d’observateurs voit décélérer cette année (projection médiane 2018 : 6,5% vs 6,9% en 2017). Parallèlement à ces chiffres de croissance, Pékin a publié des statistiques mensuelles en demi-teintes. La dynamique annuelle de croissance de la production industrielle a enregistré un décrochage plus important que prévu (+6,0% A/A vs consensus +6,2% et +7,2% en février), tout comme celle des investissements urbains (+7,5% A/A vs consensus +7,6% et +7,9% en février). Seule note positive, la croissance des ventes au détail qui rebondit au-dessus du seuil de 10% pour la 1ière fois en trois mois (+10,1% A/A vs consensus +9,9% et +9,7% en février). Le yuan était sur le reculoir ce matin face à l’euro et affichait un recul de 0,2%-0,3% à plus de ¥7,77.
  • La RBA se veut optimiste (Minutes de la réunion monétaire d’avril) : Aux yeux des responsables monétaires australiens, l’économie australienne pourrait croître cette année à un rythme supérieur à son potentiel de croissance, et très certainement à celui entrevu l’année dernière (2,4% en 2017). Cela n’empêche pas les responsables australiens de maintenir la porte fermée à une remontée de ses taux directeurs à court terme. S’ils reconnaissent que la prochaine intervention de la banque sera très certainement un resserrement monétaire plutôt qu’un assouplissement des conditions de crédit, la croissance modeste des salaires, les craintes de voir un dollar australien fort freiner l’expansion attendue de l’économie ou encore les nouvelles tensions commerciales sont autant de facteurs justifiant le maintien pour le moment d’une position neutre. La frustration causée par le refus continu de la banque centrale australienne d’imiter ses consœurs dans la course à la « normalisation monétaire » pénalise ce matin le dollar australien, lequel repasse au-dessus du seuil de A$1,59 face à l’euro. 
  • Nouvelle accélération des salaires attendue au Royaume-Uni – Rapport sur l’emploi (10h30) : Le volume de création d’emplois devrait être relativement modeste au mois de février (consensus : +33k vs +168k en janvier) mais sans impact sur le taux de chômage dont une très large majorité d’observateurs anticipe le maintien à son plus bas niveau depuis 1975 (consensus : 4,3%). Le point marquant de ce nouveau rapport sur l’emploi britannique devrait être vraisemblablement être ailleurs. En effet, les regards devraient encore une fois se focaliser sur les salaires dont on attend une nouvelle accélération de la dynamique annuelle sur la période de décembre-février à des niveaux qui n’ont plus été vus depuis 2015. La médiane des projections des économistes table sur une accélération du salaire moyen de 2,8% A/A à 3,0% (pic depuis septembre) et du salaire hors bonus de 2,6% A/A à 2,8% (pic depuis août 2015). Une telle hausse des salaires intervenant dans un contexte de décélération naturelle de l’inflation dans le pays (chute de l’indice général à 2,7% en février) est une bonne nouvelle pour les ménages, et l’économie britannique dans son ensemble, puisqu’elle leur assure un meilleur pouvoir d’achat et donc une plus forte propension à consommer. Cela pourrait venir renforcer l’attractivité croissance de la livre sterling, et offrir de nouveaux arguments aux investisseurs pour accroître leurs positions en devise britannique. Suffisant pour assurer un retour de la paire EUR/GBP sous le niveau de £0,86 pour la 1ière fois depuis mai 2017 ? À suivre.
  • Le pessimisme semble gagner les investisseurs allemands – Indice ZEW de sentiment économique en Allemagne (11h00) : Pour la 1ière fois depuis juillet 2016 ; mois succédant à l’annonce du Brexit au Royaume-Uni ; l’indice ZEW de sentiment des investisseurs allemands pourrait chuter en avril en territoire négatif (consensus : -1,0 vs +5,1 en mars), signifiant ainsi que parmi les investisseurs allemands le nombre de personnes pessimistes à l’égard des perspectives économiques de la 1ière économie européenne dépassent désormais celui du camp des optimistes. Une confirmation de plus, si le besoin s’en faisait, des difficultés rencontrées par les économies de la Zone Euro sur le début d’année 2018. Si le sentiment des acteurs économiques ne préjuge pas des chiffres réels, il donne néanmoins une tendance des dynamiques de consommation/investissement. Un tel constat pourrait venir raviver quelques pressions baissières sur l’euro ce mardi.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

La paire enregistre en ce moment même sa 3ième séance consécutive de hausse (performance en cours) – gain cumulé de +0,7% - et vient de franchir le seuil de $1,24 depuis 14 séances. Ce rebond paraît néanmoins fragile car totalement décorrélé de la réalité économique du moment. L’euro pourrait être ainsi fragilisé par un indice ZEW allemand illustrant la dégradation de la confiance des investisseurs et analystes à l’égard des perspectives de la 1ière économie européenne. La seule inconnue du problème reste cependant la timidité actuelle des acheteurs de dollar qui semblent perturbés par la dégradation des relations entre Washington et Moscou, laquelle vient remémorer un souvenir désagréable et douloureux de « Guerre froide ». Sauf indicateurs économiques européens plus robustes que prévu, l’optimisme actuel mesuré autour de l’euro pourrait se montrer insuffisant pour permettre à la paire EUR/USD de franchir allègrement le seuil support de $1,24 et prendre la direction des $1,25.

Perf 2018 = +3,33% / Moyenne 2018 = $1,2291 / Point haut 16 avril 2018 = $1,2394 / Point bas 16 avril 2018 = $1,2323 / Clôture 16 avril 2018 = $1,2378

EUR/GBP

Jusqu’où s’arrêtera la chute de la paire EUR/GBP ? C’est la question que l’on est en droit de se poser aujourd’hui tant celle-ci affiche une trajectoire rectiligne depuis le début du mois de mars. La résistance temporaire observée au niveau du seuil de £0,8650 n’a pas tenu lundi et la paire de change semble désormais prête à s’attaquer au palier de £0,86. Celui-ci pourrait lui aussi ne pas résister aux nouvelles pulsions acheteuses dont la livre sterling pourrait faire l’objet ce matin si les nouvelles statistiques de l’emploi confirment les hautes attentes des analystes, à savoir un taux de chômage maintenu à un niveau historiquement bas et une accélération des salaires à un rythme qui n’a plus été observé depuis 2015. De nouveaux indicateurs économiques décevants en Europe (indice ZEW en Allemagne) pourraient également être un argument soutenant un nouveau recul important de la paire.

 Perf 2018 = -2,87% / Moyenne 2018 = £0,8809 / Point haut 16 avril 2018 = £0,8669 / Point bas 16 avril 2018 = £0,8624 / Clôture 16 avril 2018 = £0,8633

EUR/CHF

Sous l’impulsion d’un rebond de la paire EUR/USD, le cours EUR/CHF a réussi à franchir ce matin le seuil de ₣1,19 pour la 1ière fois depuis janvier 2015. Cette accélération de la paire de change apparaît surprenant et quelque peu exagérée, quand bien même un dégonflement des tensions commerciales et géopolitiques mondiales est actuellement observé. De nouveaux indicateurs économiques décevants en provenance de la Zone Euro pourraient venir freiner cette ascension et déclencher quelques prises de bénéfices parmi les vendeurs de franc suisse/acheteurs d’euro.

Perf 2018 = +1,83% / Moyenne 2018 =  1,1679 / Point haut 16 avril 2018 = ₣ 1,1884 / Point bas16 avril 2018 = ₣ 1,1858 / Clôture16 avril 2018 = ₣ 1,1880

EUR/JPY

Comme hier, la paire EUR/JPY fait du surplace et brille par son inertie au centre d’un couloir de fluctuation étroit de ¥132-¥133. La dissipation des risques et le regain d’appétit au risque des marchés n’offrent pas de leviers assez importants pour assurer une accélération de la paire de change, mais surtout ne permettent pas de compenser la déception causée par des fondamentaux économiques relativement décevants en Europe. De mauvais indicateurs ZEW ce matin en Allemagne pourraient faire basculer l’EUR/JPY dans la partie inférieure de sa fourchette de fluctuation actuelle, vers son support de ¥132. La prudence reste de mise parmi les investisseurs qui observent désormais plus uniquement la ligne Pékin-Washington, mais également la ligne Moscou-Washington.

Perf 2018 = -1,92% / Moyenne 2018 =   ¥132,90 / Point haut 16 avril 2018 = ¥132,96 / Point bas 16 avril 2018 = ¥132,09 / Clôture 16 avril 2018 = ¥132,58


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