Actualités du marché des devises

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avr. 11, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 11 avril 2018 – Sommaire :

  • Prolongement ce matin du regain d’enthousiasme des marchés pour l’euro suite aux commentaires « interventionnistes » d’un membre éminent de la BCE. 
  • La paire EUR/USD accroit ses gains et tape désormais à la porte des $1,24. Discours de Draghi (11h00), inflation US (14h30) et Minutes de la Fed comme de possibles freins à une sortie de la paire en-dehors de son couloir de $1,22-$1,24.
  • Accélération de la paire EUR/CHF qui prend la direction des ₣1,19 et a atteint ce matin un nouveau pic depuis janvier 2015 à ₣1,1880.
  • Paire EUR/JPY en léger recul ce matin après avoir atteint la veille un pic de 7 semaines à ¥132,6
  • La paire EUR/GBP reste à l’affut d’une occasion de casser la barrière de £0,87. Statistiques commerciales & production industrielle au Royaume-Uni ce matin (10h30).
  • Correction haussière des paires EUR/CAD et EUR/AUD après leur recul de -0,5% de la veille. Le cours EUR/CAD revient sur les niveaux de C$1,56.
  • Le rouble reste sur la défensive et a touché ce matin un nouveau plus bas depuis 2 ans face à l’euro à plus de RUB 80,0

L’humeur des marchés des changes :                               

Le discours du président chinois Xi Jinping depuis le forum de Boao pour l’Asie a eu résonnance significative sur les marchés des changes ce mardi. Le souhait d’ « ouverture » de la Chine au reste du monde vient contraster avec  la rhétorique protectionniste en vogue ces dernières semaines, et surtout ressuscite l’espoir qu’un dialogue est possible avec Washington et qu’une guerre commerciale peut être évité. L’euro a de nouveau vogué au gré des spéculations monétaires en provenance de la BCE. Les commentaires du gouverneur autrichien Ewald Nowotny sous-entendant l’hypothèse d’une première hausse de taux plus agressive que prévu ont été à l’origine d’un nouveau rebond important de l’euro face à ses pairs.

La volatilité sur les marchés des changes mardi s’est caractérisée par une détente générale des investisseurs qui ont retrouvé un peu d’appétence au risque sous l’effett des propos rassurants du président chinois. Aussi, nous avons assisté à un important repli du yen (-0,7% vs EUR) qui a chuté à un plus bas depuis 7 semaines face à l’euro à ¥132,61 (clôture du cours à ¥132,43), et à l’inverse un solide rebond de 0,5% des devises australienne et canadienne. À cette occasion, la paire EUR/CAD a touché un nouveau point bas depuis 6 semaines à C$1,5538 (clôture du cours à C$1,5569) alors que la paire EUR/AUD a échoué dans sa tentative de cassure du niveau support de A$1,59 (point bas sur les 18 dernières séances touché à A$1,5888).

En indiquant que le programme quantitatif serait stoppé cette année et que la première hausse de taux qui s’en suivra pourrait être un relèvement de 20pbs du taux de dépôt, et non de 10pbs comme beaucoup d’observateurs l’anticipent, le gouverneur autrichien de la banque centrale européenne, Ewald Nowotny, ne pensait peut-être pas susciter autant de réactions enthousiastes de la part des acteurs des marchés des changes. Résultat, l’EUR/USD a enregistré une 3ième séance consécutive de hausse et touché mardi un pic sur les 9 dernières séances à $1,2377 tandis que le cours EUR/CHF est parvenu à faire sauter le verrou du niveau de1,18 et s’est approché tout près de son pic de l’année de1,1831 (+0,37% mardi à ₣1,1822). La paire EUR/USD a quelque peu reculé sur la seconde partie de journée sous l’effet notamment de bons indicateurs PPI aux Etats Unis (accélération de la dynamique annuelle de l’indice général et de l’indice de base à un pic de plus de 6 ans) et terminé la séance de mardi juste au-dessus du seuil de $1,2350 (+0,28% mardi à $1,2354).

La couronne norvégienne est retombée à un plus bas depuis 1 semaine à NOK 9,6680 sous l’effet de chiffres d’inflation décevants, notamment illustrés par un recul inattendu de la dynamique annuelle de l’indice de base de 1,4% à 1,2% au mois de mars. La paire EUR/NOK n’est cependant pas parvenue à se maintenir au-dessus du seuil de NOK 9,65 (+0,42% mardi à NOK 9,6330), la faute aux commentaires rassurants du gouverneur central norvégien réaffirmant l’idée que la banque centrale devrait très vraisemblablement procéder à une première hausse de taux depuis 2011 d’ici la fin de l’été, en août ou septembre.

Le cours EUR/GBP a une nouvelle fois testé son support technique de £0,87…et a une nouvelle fois échoué à franchir durablement cette barrière qui tient depuis le mois de juin 2017. Le cours EUR/GBP a néanmoins chuté à un plus bas depuis plus de deux semaines à £0,8690 mais s’est rapidement redressé par la suite (-0,05% mardi à £0,8714). La livre sterling a été soutenue par les commentaires du membre exécutif de la Banque d’Angleterre Ian McCafferty qui dans un entretien publié mardi matin soutient l’idée qu’une nouvelle hausse de taux est nécessaire. Les effets sont restés relativement modestes puisque ce dernier est un des deux membres qui ont voté en mars en faveur d’un nouveau resserrement monétaire. Aussi sa position n’est pas une surprise. À l’inverse, il y avait beaucoup d’attentes autour du chef économiste Andy Haldane or celui n’a fait aucun commentaire sur la politique de taux de la banque centrale britannique.

Le rouble russe continue sa dégringolade, chute amorcée vendredi dernier à la suite de l’annonce de nouvelles lourdes sanctions économiques américaines à l’encontre de Moscou, et a enregistré mardi un repli de 4,5% face à l’euro. Cette dynamique baissière ne semble pas désenfler puisque la devise russe poursuit son recul ce mercredi. Le cours EUR/RUB enregistre depuis vendredi un gain de presque 13%  et est désormais tout proche du niveau de RUB 80,0, un seuil qui n’a plus été touché depuis le mois de mars 2016.

Calendrier économique, politique & monétaire de la séance :       

  • Production industrielle/manufacturière & statistiques commerciales au Royaume-Uni (10h30)  : La performance des usines britanniques devrait se révéler bien plus modeste en février que celle observée lors du premier mois de l’année 2018. Néanmoins un nouveau rebond de la production industrielle, après une performance déjà très solide le mois précédent, pourrait venir conforter les observateurs sur la solidité de l’économie britannique malgré les importantes incertitudes liées au Brexit. Le déficit commercial global est quant à lui attendu en léger recul et pourrait repasser sous la barre des $12Mds. Tous ces éléments pourraient venir conforter encore davantage la forte conviction actuellement partagée par un grand nombre d’acteurs de marché que la Banque d’Angleterre devrait vraisemblablement procéder le mois prochain à un nouveau resserrement monétaire de 25pbs (probabilité estimée à 77% mercredi matin sur les marchés à terme.
  • Discours du gouverneur central de la BCE Mario Draghi (11h00) : Celui-ci va-t-il confirmer ou infirmer les propos optimistes du gouverneur autrichien pour qui il est évident que le programme quantitatif arrive à son terme cette année ? Ce dernier pourrait apporter un peu plus de nuance dans ses propos afin d’éviter tout nouvel emballement des marchés, d’autant plus que les fondamentaux économiques en Zone Euro apparaissent sur le début d’année 2018 moins robustes et qu’un accélération notable des pressions inflationnistes dans la région se fait toujours grandement attendre.
  • Inflation américaine et Minutes de la Fed (14h30 & 20h00) : Absentes en 2017, les pressions inflationnistes semblent enfin se matérialiser aux Etats Unis sur ce début d’année 2018. Les résultats meilleurs que prévu des indices PPI publiés mardi semblent conforter cette idée et donnent une première tendance optimiste avant la publication cette après-midi des statistiques officielles des indices de prix à la consommation.  La médiane des projections des économistes voit l’inflation significativement accélérer en mars, de 2,2% à 2,4% pour l’indice général et de 1,8% à 2,1% pour l’indice de base. Fait suffisamment rare pour être noté, ce serait la première fois en un an que l’indice de base dépasserait le seuil de 2%, ou le « graal » recherché par les responsables monétaires américains. Réponse définitive mercredi après-midi (14h30) lors de la parution des statistiques officielles. Pour répondre à cette montée des prix, la Fed devrait poursuivre son approche de durcissement graduelle des conditions monétaires. C’est du moins la réponse apportée vendredi par le nouveau président de la Fed ; Jérôme Powell ; lors d’une conférence donnée à Chicago. Doit-on y voir le signal d’une porte définitivement fermée à un scénario d’accélération du processus de hausse de taux ? Possible. Néanmoins, de nouveaux éléments de réponse pourrait nous être offert dans le compte rendu de la réunion monétaire du 20-21 mars dernier qui sera publié mercredi soir (20h00). En l’absence de signaux de la Fed laissant entrevoir la possibilité d’une accélération du rythme de hausse de taux pour juguler une inflation grandissante, le dollar pourrait se voir sanctionner. Le bras de fer mené actuellement entre Pékin et Washington est aux yeux de nombreux observateurs un facteur de risque important pour l’économie américaine.
  • Décision monétaire en Pologne (14h00) : Pas d’annonces majeures attendues lors de cette réunion qui devrait très vraisemblablement se conclure sur un nouveau statu quo monétaire et un maintien du taux directeur à son niveau actuel de 1,5%. L’attention se portera sur les commentaires des responsables monétaires polonais et leur ambition de normaliser les conditions monétaires à moyen terme.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

Le cours EUR/USD poursuit ce matin sa dynamique haussière du début de semaine, bénéficiant du prolongement de l’effet d’enthousiasme provoqué par les propos d’un membre éminent du comité exécutif de la BCE ; le gouverneur autrichien Ewald Nowotny ; qui estime que la BCE devrait d’ores et déjà commencer à normaliser sa politique monétaire eu égard au fait que la Zone Euro se trouve selon lui au « milieu d’une reprise conjoncturelle robuste et homogène ». Après avoir failli chuter sous le seuil de $1,22 vendredi dernier, la paire EUR/USD tape désormais à la porte de $1,24. Celle-ci parviendra-t-elle à réussir l’exploit de s’échapper de son couloir de fluctuation de $1,22-$1,24 observée ces dernières 7 semaines. Cela dépendra en premier lieu de la teneur du discours du président de la BCE, et de l’appui ou non de ce dernier des commentaires de la veille réalisés par son collègue autrichien. Un autre obstacle pourrait se dresser face à la paire de change et freiner son expansion avec la publication des statistiques officielles d’inflation américaine et du compte rendu de la réunion monétaire de mars de la Fed. Une forte accélération de la dynamique d’inflation aux Etats Unis, comme il l’est attendu par une grande majorité d’économistes, pourrait soutenir l’idée d’une poursuite dans le temps d’une politique de hausse graduelle des taux d’intérêt aux Etats Unis, et donc offrir un nouveau rebond du dollar.

EUR/GBP

Le rebond de l’euro amorcé la veille en réaction aux propos d’un membre éminents de la BCE soutenant l’idée d’un lancement rapide d’une politique de normalisation monétaire en Europe vient freiner les tentatives de recul de la paire EUR/GBP sous le niveau clé de £0,87. L’absence de signaux envoyés par le chef économiste de la Banque d’Angleterre la veille sur son futur vote lors de la prochaine réunion monétaire de mai a également causé un peu de frustration parmi les acteurs de change et pénalisé la devise britannique. La paire de change reste toujours à l’affut de la moindre occasion qui pourrait lui permettre de franchir cette barrière de £0,87. Une nouvelle occasion pourrait lui être offerte ce mercredi à l’occasion de la publication des indice de production industrielle et manufacturière et des statistiques commerciales au Royaume-Uni.

EUR/CHF

L’effet combiné de nouvelles spéculations monétaires en Zone Euro et de dissipation du sentiment général d’aversion au risque sur les marchés financiers a des répercussions significatives sur la volatilité de la paire EUR/CHF. Celle-ci a très largement dépassé ce matin son pic annuel qui était jusqu’alors de 1,1831, et est désormais tout proche du seuil de 1,19 (pic recensé ce matin à 1,1880), qui n’a plus été touché depuis janvier 2015 et l’abandon par la banque centrale suisse du plancher de 1,20


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