Actualités du marché des devises

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avr. 04, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 4 avril 2018 – Sommaire :

  • En délicatesse ce mardi, l’euro pourrait rebondir ce mercredi grâce à l’appui de fondamentaux rassurants (inflation & chômage). Le climat global reste tendu après le dévoilement mardi soir par la Maison Blanche d’une liste de 1300 produits chinois susceptibles d’être taxés. Les craintes de représailles de la part de Pékin restent vives.
  • Rebond de l’EUR/USD en direction de $1,23 en amont des chiffres d’inflation et de chômage publiés en Zone Euro en fin de matinée. Accalmie potentiellement temporaire eu égard le calendrier économique également chargé aux Etats Unis (ADP & ISM non-manfufacturier).
  • Paire EUR/GBP stable dans la partie inférieure de la fourchette de £0,87-£0,88. Support de £0,87 potentiellement une marche trop haute à gravir…ou briser pour être plus exact.
  • Léger recul de la paire EUR/JPY qui se maintient pour le moment au-dessus de son support de ¥130.
  • La paire EUR/CAD efface une partie des lourdes pertes de la veille (-1,1%) en l’absence de nouvelles informations concernant l’ALENA. La paire consolide sa position au-dessus du palier de C$1,57.
  • La paire EUR/AUD remonte au-dessus du palier de A$1,60. L’ « effet RBA » de la veille s’est dissipé et la devise australienne reste handicapée par la présence de fortes tensions commerciales.

L’humeur des marchés des changes :                               

Le retour des investisseurs européens sur les marchés ne s’est pas fait sans douleur pour l’euro, la faute à une multiplication de signaux laissant suggérer une perte de vitesse de l’économie en Zone Euro. Les deux grands gagnants de la séance de mardi ont été le dollar canadien et le peso mexicain qui ont tous deux bénéficié d’un élan d’optimisme des marchés qu’un accord sur l’ALENA pourrait être conclu dans les prochains jours. Malgré l’annonce dans la soirée par Washington d’une longue liste de produits chinois potentiellement taxables, les acteurs de marché ont préféré loué le rebond des marchés actions américains, et plus spécifiquement des valeurs technologiques après la déconvenue survenue lundi.

La seconde lecture de l’enquête PMI du secteur manufacturier a confirmé mardi un ralentissement de l’activité des usines en Zone Euro à un plus bas depuis 8 mois. Un peu plus tôt dans la matinée, ce sont les chiffres de ventes au détail en Allemagne qui ont défavorablement surpris les marchés en affichant une contraction de l’activité de -0,7% sur le mois de février alors que le consensus économique tablait plutôt sur un solide rebond de 0,6% sur la période. Rien d’inquiétant pour le moment, néanmoins cela vient créditer l’hypothèse que la croissance en Zone Euro marque le pas sur ce début d’année 2018 après avoir atteint un pic de 10 ans l’année précédente. Les fondamentaux économiques ; facteur en partie responsable de la résilience de l’euro sur ces dernières semaines malgré le retour de la volatilité sur les marchés financiers ; se détériorant, l’enthousiasme des marchés à l’égard de l’euro se réduit quelque peu.

Ainsi, la paire EUR/USD a enregistré sa seconde séance consécutive de recul mardi et clôturé à son plus bas niveau depuis 9 séances sous le seuil de $1,23 (clôture à $1,2269). La chute a été plus importante pour la paire EUR/GBP qui, profitant d’un détournement de l’attention des marchés du Brexit, a repris la direction de son support technique de £0,87 et clôturé à son plus bas niveau depuis 8 séances (-0,39% à £0,8726).

L’absence de nouvelles tensions en provenance du continent asiatique a favorisé un redressement de la paire EUR/JPY durant la séance européenne vers le centre de son couloir actuel de fluctuation de ¥130-¥132. Ce rebond s’est prolongé en séance américaine (+0,42% à ¥130,79 au final) malgré la publication par la Maison Blanche d’une liste détaillée de 1300 produits chinois susceptibles de subir une taxe à leur entrée sur le territoire américain. Cette annonce n’a pas davantage inquiété les investisseurs puisqu’elle s’insère dans le projet de rehaussement des barrières douanières sur près de $50-60Mds de produits chinois qui avait été énoncé par Washington à la fin du mois de mars. À l’inverse, les investisseurs ont été plutôt rassurés par le rebond des marchés actions américains ; et plus particulièrement des valeurs technologiques ; après un séance de lundi « cauchemardesque » qui avait vu chuter les indices boursiers à un plus bas depuis presque 2 mois (+1,1% pour l’indice technologique Nasdaq et +1,3% pour l’indice généraliste S&P 500).

Autre facteur de soulagement observé mardi, l’apparition d’un soupçon d’espoir autour du maintien des accords de libre-échange nord-américain (ALENA), lesquels sont depuis la prise de présidence de Donald Trump sous la menace continue de « voler en éclat » en cas de retrait des Etats Unis. Un rapport publié mardi par l’agence d’information Bloomberg révèle que Washington souhaiterait accélérer les négociations et obtenir un accord préliminaire avant le Sommet des Amériques qui se tiendra la semaine prochaine à Lima au Pérou (13-14 avril). La velléité du camp américain de trouver rapidement un terrain d’entente avec ses voisins canadien et mexicain est accueillie avec soulagement par les investisseurs, et plus particulièrement les acheteurs de dollar canadien et peso mexicain. La paire EUR/CAD a ainsi reculé de près de 1,1% et clôturé à son plus bas niveau depuis plus d’un mois, juste au-dessus du seuil de C$1,57 (clôture à C$1,5713). Le cours EUR/MXN a reculé de près de 0,4% et est retombé à son plus bas niveau depuis presque 4 mois (clôture à MXN 22,35).

Profitant d’une dissipation temporaire des tensions commerciales soutenant un léger rebond des prix du pétrole (+0,7% à $68,0 pour le brut de mer du Nord et +0,8% à $63,5 pour le brut américain) et d’un recul général de l’euro, la paire EUR/NOK a reculé de -0,9% sous le seuil de NOK 9,62 alors que celle-ci avait clôturé la veille à son plus haut niveau depuis plus de 7 semaines (NOK 9,7053).

Calendrier économique, politique & monétaire de la séance :                               

  • Estimation préliminaire d’inflation en Pologne (10h00) : Après avoir chuté le mois dernier à un plus bas depuis 14 mois de 1,4%, la dynamique annuelle d’inflation générale en Allemagne est attendue en hausse au mois de mars (consensus : 1,65%). Si l’on reste encore éloigner du seuil de 2% ciblé par les responsables monétaires polonais, ce rebond des prix pourrait, à défaut de réellement enthousiasmer les marchés, au moins dissiper les récentes incertitudes autour d’un statu quo prolongé en 2019 de la part de la banque centrale polonaise. Nous pourrions voir à cette occasion une confirmation du retour de la paire EUR/PLN dans un couloir de prix PLN 4,16-4,20.

  • Estimation préliminaire d’inflation au mois de mars en Zone Euro  (11h00) : Après avoir chuté en février à son plus bas niveau depuis 14 mois, l’indice général d’inflation en Zone Euro pourrait fortement rebondir en mars ; de 1,1% à 1,4% ; et ainsi revenir sur ses plus hauts niveaux depuis 3 mois. C’est du moins ce que suggère l’estimation médiane des projections des économistes réalisées en amont de la publication de cette statistique. L’indice d’inflation de base (indice de prix excluant l’énergie et les denrées alimentaires) est lui aussi attendu en nette progression et pourrait atteindre en mars son plus haut niveau depuis 2013 (consensus de 1,3% vs 1,2% en février). Une telle progression des indices de prix viendrait chasser les incertitudes autour de la faiblesse de l’inflation en Zone Euro et ses possibles répercussions sur les futures décisions de la BCE, qui ont refait surface la semaine dernière. Plus encore, si ces projections se matérialisent, cela viendrait renforcer l’hypothèse d’une fin du programme quantitatif à l’échéance fixée en septembre prochain. Si l’euro pourrait bénéficier d’un retour des spéculations monétaire annihilant les doutes actuels des marchés à l’égard d’un contexte financier global actuellement dégradé, la prudence reste de mise puisque les premières estimations d’inflation en Allemagne en mars sont ressorties légèrement moins robustes que prévu (1,6% vs consensus 1,7%).

  • Indice ISM d’activité dans le secteur privé aux Etats Unis (16h00) :   La croissance de l’activité dans le secteur privé américain pourrait décélérer pour le second mois d’affilée au mois de mars et tombé à un plus bas depuis 5 mois si l’on en croit la médiane des projections réalisées en amont par un panel d’une soixantaine d’économistes (consensus de 59,0 vs 59,5 en février). Néanmoins, la dynamique devrait rester très proche du pic de plus de 12 ans atteint en début d’année (59,9 en janvier). Aussi, cela ne devrait pas alarmer plus que de raisons les investisseurs, notamment en cas de rebond du dollar américain.

  • Début des consultations gouvernementales en Italie (ND) : Le président de la république italien, Sergio Mattarella débutera ce mercredi les consultations afin de constituer un nouveau gouvernement en Italie puisqu’aucun parti ou alliance n’a réussi à atteindre la majorité parlementaire lors des élections du 4 mars dernier. Le président recevra donc les présidents des deux chambres parlementaires ainsi que les représentants de chaque groupe parlementaire afin de trouver une conciliation. Un obstacle demeure néanmoins, deux hommes réclament le poste de 1er ministre et ne semblent pas décidés à faire la moindre concessions sur ce point précis. D’un côté Luigi di Maio ; le leader de formation antisystème Mouvement 5 Etoiles  qui est arrivé en tête des suffrages lors du scrutin de mars ; et de l’autre Matteo Salvini, leader de la formation d’extrême droite Ligue du Nord  ; parti arrivé à la seconde place mais dont l’alliance de centre-droit formée avec le parti de l’ex-premier ministre Silvio Berlusconi (Forza Italia) cumule le plus de sièges au parlement. Une alliance entre les deux grands gagnants de cette élection n’est pas à exclure mais selon toute vraisemblance cette première consultation pourrait déboucher sur aucun résultat concret.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :    Pas de réels signes de redressement de l’EUR/USD ce matin après sa chute de la veille dans la partie inférieure de son couloir de $1,22-$1,24. Les investisseurs semblent en position d’observation en attendant la publication en fin de matinée en Zone Euro des premières estimations d’inflation du mois de mars et des statistiques de chômage au mois de février. D’après le consensus, le chômage pourrait reculer à un nouveau point bas depuis 9 ans (consensus : 8,5% vs 8,6% en janvier) tandis que l’inflation devrait se redresser, et notamment l’indice de base (panier excluant les produits énergétiques et alimentaires) qui pourrait revenir sur ses plus hauts niveaux depuis 2013 (consensus : 1,3% vs 1,2% en février). Si tel est le cas, cela pourrait venir dissiper les incertitudes récentes autour de la Zone Euro et réfréner les pressions baissières qui tentent de renvoyer la paire de change vers son support de $1,22. Néanmoins, l’accalmie pourrait être de courte durée ; d’autant plus si les statistiques ressortent mitigées ; puisque le dollar pourrait confirmer son regain de forme grâce à l’appui de bons chiffres ADP (emploi dans le secteur privé) et ISM dans le secteur privé.   

Perf 2018 = + 2,43% / Moyenne 2018 = $1,2286 / Point haut 3 avril 2018 = $1,2335 / Point bas 3 avril 2018 = $1,2252 / Clôture 3 avril 2018 = $1,2269

GBP

EUR/GBP :  Malgré un résultat mitigé de l’enquête d’activité PMI dans le secteur manufacturier britannique – révision à la baisse du résultat de l’enquête de février et résultat de mars légèrement au-dessus des attentes – la paire EUR/GBP a amorcé une nouvelle tentative de retour vers son support de £0,87. Cette dynamique être à mettre au crédit de la faiblesse générale de l’euro et du détournement des craintes des marchés du Brexit vers les tensions commerciales entre Pékin et Washington. Compte tenu de la robustesse de la barrière de £0,87 sur les derniers mois, les pressions baissières actuelles ne semblent pas (pour l’heure) assez importantes pour amorcer une cassure de ce niveau clé. Il est possible que nous assistions à un rebond de la paire de change ce mercredi sous l’effet d’une force répulsive exercée par son support et/ou grâce à l’appui de possibles bons chiffres d’inflation en Zone Euro (biais haussier sur l’euro). Au Royaume-Uni, on jettera un regard sur le résultat de l’enquête dans le domaine de la construction qui pourrait signaler un ralentissement de l’activité dans ce secteur. Un résultat qui appuie l’hypothèse d’un rebond de la paire EUR/GBP en direction de la partie supérieure de sa fourchette actuelle de £0,87-£0,88.

Perf 2018 = -1, 71% / Moyenne 2018 = £0,8826 / Point haut 03 avril 2018 = £0,8764 / Point bas 03 avril 2018 = £0,8711 / Clôture 03 avril 2018 = £0,8726

CHF

EUR/CHF:   S’il y a bien une devise face à laquelle l’euro peut s’enorgueillir de ne pas fléchir, c’est le franc suisse. Les fondamentaux économiques publiés la veille en Suisse ont fortement déçu (indice PMI manufacturier en net recul et nouvelle contraction de la dynamique annuelle des ventes au détail) et conforte l’idée que la banque centrale suisse devrait conserver une approche monétaire très accommodante pendant une période prolongée. L’aspect monétaire reste pour le moment le principal catalyseur de la paire de change et assure le maintien de celle-ci sur des niveaux élevés, dans un couloir étroit de 1,1750- 1,1800. Si le climat d’incertitude actuel autour du commerce mondial ne paraît pas réellement affecter le cours de change ; du moins à la baisse ; on peut raisonnablement penser qu’il contribue à plafonner les gains potentiels de celui-ci. Il sera intéressant de voir si de bons chiffres d’inflation et de chômage en Zone Euro ; comme il l’est anticipé par le consensus ; sont susceptibles de renvoyer l’EUR/CHF au-dessus du seuil clé de 1,18.

Perf 2018 = +0,63% / Moyenne 2018 =   1,16 57 / Point haut 3 avril 2018 = 1,1 775 / Point bas3 avril 2018 = 1,1 738 / Clôture3 avril 2018 = 1,1 765

JPY

EUR/JPY:   La paire de change EUR/JPY continue de naviguer en eaux troubles, sans réelle direction, dans son couloir étroit de ¥130-¥132. Le dévoilement mardi soir par la Maison Blanche d’une liste de 1300 produits chinois potentiellement taxables maintient en éveil les craintes de représailles de la part de Pékin. Par rapport, le yen bénéficie également du soutien de l’apparition de légère spéculations monétaires autour de la politique monétaire menée par la Banque du Japon alors que certaines sources évoquent ce matin l’existence de débats internes au sein du comité exécutif questionnant la réduction du soutien adressée par la banque centrale à l’économie japonaise. Ce mercredi matin, la paire EUR/JPY accusait un léger recul et oscillait sous le niveau de ¥131. Cette dynamique pourrait temporairement s’inversée si les fondamentaux économiques en Zone Euro rassurent.

Perf 2018 = -3,43% / Moyenne 2018 =   ¥133,00 / Point haut3 avril 2018 = ¥130,91 / Point bas3 avril 2018 = ¥129,97 / Clôture 3 avril 2018 = ¥130,79


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