Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

mars 20, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 20 mars 2018 – Sommaire :

  • Le rebond de l’euro initié la veille en réaction à un rapport de l’agence Reuters décrivant une intensification des débats sur les taux dans les rangs de la BCE se poursuit ce mardi -  La paire EUR/USD est stable ce matin à $1,2330
  • L’optimisme à l’égard de la livre sterling reste important au lendemain de l’annonce d’un accord de transition de 21 mois – La paire EUR/GBP consolide son retour sous le niveau de £0,88 avant la publication des nouvelles estimations d’inflation au Royaume-Uni (10h30).
  • En Australie, la RBA montre toujours aussi peu d’intérêt à entrer dans le débat de la normalisation de ses taux d’intérêt – La paire EUR/AUD oscille sur ses plus hauts niveaux depuis plus de 2 ans à plus de A$ 1,60.
  • Le cours EUR/JPY accentue son rebond ce mardi (effet BCE qui se prolonge) – La paire EUR/JPY repasse au-dessus de ¥131 / La paire EUR/CHF rencontre quant à elle des difficultés à dépasser le niveau de1,1750 – EUR/CHF stable ce matin à ₣1,1730
  • Rebond des prix du pétrole ce mardi qui vient soutenir les devises dites pétrolières – Le cours EUR/CAD retombe vers le niveau de C$1,61 (-0,1%) tandis que le cours EUR/NOK recule sous le niveau de NOK 9,51 (-0,2%)
  • Le rand se renforce légèrement grâce à l’accueil positif fait à un recul plus important ce matin de la dynamique d’inflation générale (4,0% vs consensus 4,2% et 4,4% en janvier) – La paire EUR/ZAR recule sous le niveau de ZAR 14,80 (pic de 6 semaines atteint la veille)

L’humeur des marchés des changes :                               

La séance de lundi a vu l’important rebond de la livre sterling laquelle a retrouvé grâce aux yeux des investisseur après l’annonce qu’un accord sur une période de transition de 21 mois avait été trouvé entre britanniques et européens. L’euro est quant à lui sorti de sa torpeur sous l’impulsion de nouvelles spéculations autour des futurs plans de la BCE. Les devises émergentes, et en premier lieu le rouble russe, ont quant à elles connu un début de semaine des plus agités, la faute à un environnement de marché qui reste globalement averse aux risques.

Ce fut l’évènement marquant de la séance de lundi. À la mi-journée, lors d’une conférence de presse commune tenue depuis Bruxelles, Michel Barnier et David Davis ; respectivement les responsables en charge des négociations sur le Brexit pour le camp européen et britannique ; ont annoncé qu’un accord de principe avait été trouvé sur l’adoption d’une période de transition de 21 mois jusqu’à fin décembre 2020 une fois la sortie du Royaume-Uni hors de l’Union Européenne effective. Cette annonce a fait l’effet d’une bombe sur les marchés des changes et est venue intensifier les pressions haussières sur la livre sterling qui étaient déjà visibles dans la matinée en Europe. Ainsi, la livre sterling a atteint un pic de 6 semaines face à l’euro à £0,8742 et de 4 semaines face au dollar américaine à $1,4087. Cette dynamique a progressivement ralenti au fil de la séance et finalement la devise britannique a effacé une partie des gains accumulés dans la matinée (-0,24% pour la paire EUR/GBP et +0,6% pour la paire GBP/USD en clôture). L’annonce digérée, les regards des observateurs se sont penchés sur les détails de cet accord. Certains contentieux demeurent, d’où un certain reflux de l’intérêt des marchés à l’égard de la devise britannique. La question de la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord n’a toujours pas été réglée bien que les deux camps reconnaissent qu’il faut éviter à tout prix l’instauration d’une frontière physique entre les deux pays. Du côté écossais, une voix unanime s’élève contre un accord de transition qui n’offrirait pas au Royaume-Uni une pleine souveraineté concernant l’activité de pêche. Par ailleurs d’autres critiques pourraient poindre dans le camp britannique alors qu’il apparaît que Theresa May a de nouveau fait des concessions en abandonnant son projet de transition de 24 mois.

Alors que les déclarations prudentes du gouverneur central européen Mario Draghi avaient quelque peu calmé l’enthousiasme des marchés à l’égard de l’euro la semaine dernière, de nouvelles spéculations monétaires ont surgi hier et permis à la devise européenne de sortir de la torpeur dans laquelle elle résidait depuis quelques séances. Un article de l’agence Reuters rapportant les bruits de couloir au sein de la Banque Centrale Européenne a été à l’origine de ce regain de flamme de l’euro. Celui-ci évoque un déplacement des débats des responsables monétaires européens vers l’inclinaison de la courbe de taux, ce qui tend à confirmer la prochaine fin du programme quantitatif, et probablement dès cette année. D’après une source anonyme proche de la banque, il n’y aurait pas actuellement d’arguments valables justifiant une nouvelle extension de ce programme dont l’échéance finale est fixée à septembre. La croissance est de retour en Zone Euro (pic de 10 ans atteint en 2017) aussi ce programme de rachat d’actifs de plus de €2,5Trn apparaît désormais obsolète. Néanmoins, les faibles niveaux d’inflation actuels (indice général retombé à 1,1% en février ou un plus bas depuis 14 mois) obligent les responsables européens à rester vigilants dans leur communication. Ces derniers apparaissent néanmoins à l’aise avec les anticipations actuelles de marché intégrant un scénario de 1ière hausse de 10pbs des taux de dépôt à horizon T2 2019. La devise européenne a enregistré un rebond face à l’ensemble de ses pairs au sein de l’univers du G10 à l’exception notable de la livre sterling et du dollar néo-zélandais. Le cours EUR/USD est retourné au-dessus de $1,23 (+0,37% à $1,2333), le cours EUR/JPY s’est écarté de son support de ¥130 et de ses plus bas niveaux depuis plus de 6 mois (+0,48% à ¥130,87) et le cours EUR/CHF a atteint en séance un pic de presque 2 mois à ₣1,1745 (+0,27% à ₣1,1731).

De manière générale, l’environnement reste globalement hostile et peu propice à la prise de risques. Les incertitudes sur l’état du commerce mondial restent toujours importantes alors que Bruxelles a publié lundi une liste de 200 produits américains susceptibles d’être taxés et qu’une source anonyme a révélé à l’agence Reuters que les Etats Unis pourraient imposer d’ici vendredi de nouvelles barrière douanières sur plus $60Mds de produits en provenance de Chine. En Finlande a eu lieu lundi la première rencontre officielle entre émissaires américains et nord-coréens et les premières discussions autour d’un processus de dénucléarisation de Pyongyang. Ces premiers travaux doivent permettre de préparer la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-Un qui devrait être organisée avant la fin du mois de mai. Autre source d’inquiétudes, toujours en provenance des Etats Unis : 1) l’annonce d’un nouveau niveau record atteint pas la dette américaine qui dépasse désormais les $21Trn, un peu plus de 6 mois après le franchissement du niveau symbolique de $20trn ; et 2) la chute des marchés actions sous l’impulsion du recul du titre Facebook après l’annonce d’une faille du réseau social en matière de protection des données. Dans ce marasme ambiant, les investisseurs se sont globalement détournés des devises émergentes, lesquelles demeuraient déjà sur la défensive à l’approche de la réunion de la Fed de mercredi.

Parmi les mauvaise performances de lundi, on citera la rand sud-africain qui a touché un point bas depuis 6 semaines face à l’euro (+0,71% pour l’EUR/ZAR à ZAR 14,82), le rouble russe qui a tutoyé ses plus bas niveaux de l’année face à l’euro au lendemain de la victoire écrasante de Vladimir Poutine dès le 1er tour de l’élection présidentielle (+0,80% pour l’EUR/RUB à RUB 71,25) et la livre turque qui a touché un nouveau point bas historique face à la devise européenne (+0,90% pour l’EUR/TRY à TRY 4,86).

Calendrier économique, politique & monétaire de la semaine :                               

  • Sommet des ministres des finances et banquiers centraux du G20 en Argentine (Lundi & Mardi) : Les grands argentiers mondiaux se réuniront en Argentine ce début de semaine dans un contexte de marché hautement volatil, principalement influencé par les craintes de « guerre commerciale » en réponse aux mesures protectionnistes américaines, l’abandon progressif des politiques monétaires accommodantes au sein des économies développées et d’un contexte géopolitique tendu (rencontre à venir entre les présidents américain et nord-coréen et nouvelles tensions entre la Russie et l’Occident en marge de l’affaire Skripal).
  • Minutes de la RBA (compte rendu de la réunion du 6 mars publié dans la matinée) : Pas de nouvelles informations à ressortir de ce compte rendu sinon la confirmation du non empressement de la banque centrale australienne à s’engager dans le débat de normalisation monétaire. Ces derniers attendent toujours une accélération des salaires dans le pays pour venir stimuler un niveau d’inflation qui reste toujours sous l’objectif de 2,0% (1,9% au T4 2017). Par ailleurs, la banque pointe du doigt et reste vigilante à l’égard du haut niveau d’endettement des ménages, lesquels verraient leur pouvoir d’achat se détériorer davantage en cas de remontée des taux d’intérêt.
  • Inflation au Royaume-Uni (10h30) : La médiane des projections des économistes sondés en amont voit la dynamique annuelle de l’indice d’inflation générale reculer sous le niveau de 3,0% à 2,8%, et ainsi atteindre son plus bas niveau depuis juillet dernier (7 mois). L’indice de base est attendu également en recul, de 2,7% à 2,5% (plus bas depuis 7 mois, niveau néanmoins déjà atteint en décembre dernier). Un ralentissement de la dynamique de prix au Royaume-Uni pourrait susciter des débats dans les rangs de la Banque d’Angleterre sur la nécessité ou non de resserrer à nouveau les conditions monétaires au printemps. Un grand nombre d’observateurs voit la banque centrale britannique opérer une nouvelle hausse de taux au mois de mai, néanmoins un recul jugé naturel des pressions inflationnistes pourrait l’inciter à ne pas précipiter. La livre sterling pourrait alors souffrir d’une éventuelle baisse des anticipations monétaires à l’égard d’un scénario de hausse prématurée de taux au Royaume-Uni cette année. Si les statistiques de prix publiées ce mardi devraient nous offrir quelques enseignements, il faudra néanmoins attendre la réunion monétaire de jeudi pour éventuellement tirer des conclusions sur les plans de la banque centrale britannique.
  • Indices ZEW de sentiment économique en Allemagne (11h00) : Malgré la formation d’un nouveau gouvernement après presque 6 mois d’impasse, l’indice de sentiment économique des investisseurs et analystes allemands pourrait chuter en mars à son plus bas niveau sur les 7 derniers mois (consensus : 13,0 vs 17,8 en février). La lenteur des réformes en Zone Euro, les tensions commerciales initiées par les Etats Unis ou encore les critiques internes à l’égard des nombreuses concessions réalisées par Angela Merkel pour former une nouvelle « grande coalition » avec le camp démocrate pourraient venir expliquer cette perte de confiance.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

Les nouvelles spéculations monétaires optimistes à l’égard des futurs plans de la BCE ; laquelle pourrait mettre fin à son programme quantitatif cette année ; et les nouvelles craintes à l’égard du double déficit aux Etats Unis (budgétaire et commercial) soutiennent ce matin la paire EUR/USD et assurent la consolidation de celle-ci au-dessus du niveau de $1,23. Les indices de sentiment attendus en recul ce mardi en Allemagne et Zone Euro ne devraient pas offrir de leviers permettant à l’euro de s’apprécier davantage, d’autant plus que les effets produits par le rapport Reuters sur la BCE devraient progressivement se dissiper. Aussi, c’est à nouveau le dollar américain qui pourrait déterminer la direction de la paire de change.  L’annonce de nouveaux remaniements de la part de la Maison Blanche (le procureur spécial Robert Mueller en charge de l’enquête russe serait dans le viseur de Donald Trump), l’annonce de représailles commerciales à l’égard de Washington ou encore la montée des craintes à l’égard de la hausse rapide de la dette américaine pourraient être à l’origine de nouvelles pressions baissières sur le dollar, et potentiellement pousser le cours EUR/USD en direction de $1,24. L’approche de la réunion de la Fed et l’annonce probable d’une hausse de taux par cette dernière pourrait toutefois réfréner une éventuelle chute de la devise américaine.

EUR/GBP

Bien que l’enthousiasme général suscité par l’annonce d’un accord de transition post-Brexit entre britanniques et européens s’est quelque peu dissipé, les marchés n’en demeurent pas moins optimistes à l’égard de la livre sterling qui continue sa revalorisation graduelle face à l’euro ce matin. La parie EUR/GBP enregistre actuellement sa 5ième séance consécutive de recul, ou sa 9ième séance de pertes sur les 10 dernières observée, et poursuit sa chute en direction du seuil support de £0,87.  L’évènement majeur de la séance de mardi sera la publication ce matin des nouvelles estimations d’inflation au Royaume-Uni, lesquelles pourraient influencer les futures décisions de la banque centrale britannique. Il sera intéressant de voir de quelle manière les investisseurs réagissent en cas de recul de la dynamique d’inflation générale. Si d’un point de vue économique, cela constitue une bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat des ménages, d’un point de vue monétaire cela pourrait constituer un argument justifiant le report dans le temps de la date de la prochaine hausse de taux au Royaume-Uni. Attendu par un grand nombre d’observateurs au printemps, le prochain resserrement monétaire pourrait intervenir plus tard dans l’année si les responsables monétaires jugent que le fléchissement des pressions sur les prix lui offre une fenêtre de temps plus importante pour intervenir. Si telle est l’interprétation faite par les investisseurs, dès lors la livre sterling pourrait voir son ascension quelque peu stoppée et la paire EUR/GBP pourrait alors faire son retour au-dessus du seuil de £0,88.

EUR/CHF

Le retour des spéculations monétaires à l’égard de l’euro a permis à la paire EUR/CHF de sortir de l’état d’inertie dans lequel elle demeurait depuis plus d’une semaine, cette dernière touchant ainsi lundi un pic de presque 2 mois à ₣1,1745. L’ascension en direction du niveau de ₣1,18 apparait néanmoins délicate alors que la paire semble éprouver des difficultés à naviguer au-delà du niveau de ₣1,1750. Cette frilosité temporaire des investisseurs à prendre de nouvelles positions sur les niveaux actuels et la perspective d’un recul des indices de confiance publiés ce mardi en Europe pourraient constituer des arguments justifiant un maintien de la paire ce mardi dans son couloir de ₣1,1650-1,1750. À noter que le franchissement du seuil de ₣1,1750 pourrait être interprété comme un nouveau signal acheteur offrant un nouveau tremplin à la paire de change.


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.