Actualités du marché des devises

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mars 12, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 12 mars 2018 – Sommaire :

  • Les chiffres de l’emploi américains laissent également les investisseurs asiatiques sur leur faim. Malgré un apaisement de l’environnement de risque global, les marchés restent prudents à l’égard de possibles représailles de la part des partenaires commerciaux américains.
  • Léger rebond de l’EUR/USD vers la résistance technique de $1,2330.
  • Volatilité très modeste des devises CHF, GBP et JPY face à l’euro ce matin.
  • CAD (C$ 1,58)  & NOK (NOK 9,59) en recul ce matin face à l’euro. Correction naturelle après les importants gains enregistrées par ces deux devises en fin de semaine dernière. Recul des prix du pétrole qui soutient cette dynamique baissière.
  • Renforcement du yuan après l’annonce ce weekend de la suppression de la référence à une limitation du mandat de présidence. Le scénario d’une présidence à vie de Xi Jinping se matérialise. Cours EUR/CNH stable à ¥7,79.

L’humeur des marchés des changes :                               

Les acheteurs de dollar américain ont été quelque peu perplexe ce vendredi à la lecture d’un nouveau rapport mettant en lumière d’importants gains au niveau de l’emploi mais une croissance très modeste des salaires. Le weekend a quant à lui été marqué par la réforme de la constitution en Chine qui devrait offrir au président Xi Jinping la possibilité d’assurer une présidence à vie et les réunions à Bruxelles de responsables politiques américains, européens et japonais pour tenter de désamorcer le risque d’éclatement d’une guerre commerciale mondiale.

Comme on l’a vu à maintes reprises par le passé, le rapport sur l’emploi américain du mois de février a laissé les investisseurs quelque peu perplexes quant aux implications futures de ces chiffres sur la politique monétaire de la réserve fédérale. Avec un volume de création de 313k emplois en février, ou un pic depuis mi-2016, le marché de l’emploi américain confirme sa bonne santé. Si le taux de chômage n’a pas reculé, comme il l’était pourtant anticipé par une majorité d’observateurs (consensus : 4,0% vs 4,1% publié), c’est en partie dû à une hausse conséquente du taux de participation, qui sur le mois a bondi de 62,7% à 63,0%. Cependant là où le bas blesse, c’est à nouveau au niveau des salaires. Ceux-ci n’ont progressé que très modestement en février - +0,1% M/M vs consensus +0,2% et au moins +0,3% lors des trois précédents mois – faisant renaître dans son sillage les craintes de progression ralentie de l’inflation dans le pays. Après avoir atteint un pic depuis 2009 à 2,8% le mois dernier (chiffre révisé à la baisse, initialement 2,9%), la dynamique annuelle des salaires retombe à 2,6%, ou la plus faible dynamique sur les trois derniers mois. Après un recul temporaire du cours EUR/USD sous le seuil de $1,23 (point bas recensé à $1,2371) en réaction immédiate à la publication du rapport sur l’emploi, la paire de change s’est finalement stabilisée au-dessus de ce seuil (clôture la semaine à $1,2305),les statistiques sur l’emploi de février n’offrant pas assez d’arguments pour soutenir une hausse des anticipations à l’égard d’un scénario à 4 hausses de taux cette année aux Etats Unis.

Responsables politiques américains, européens et japonais étaient réunis ce weekend à Bruxelles pour tenter de trouver un terrain d’entente, et ainsi éviter que l’Union Européenne et le Japon soient tous deux assujettis aux nouvelles taxes sur l’acier et l’aluminium misent en place jeudi dernier par Donald Trump. D’après la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmstron, les modalités d’une exemption n’ont pas toujours été clarifiées, aussi les discussions devraient se poursuivre cette semaine. Ce weekend, le président américain a annoncé que l’Australie ne serait pas touché par ces barrières douanières sans pour autant préciser les raisons de cette décision. Néanmoins, on peut y voir ici un signe de flexibilité du côté américain, et une porte ouverte à une négociation pour atténuer l’impact de ces mesures protectionnistes sur le commerce mondial. Les marchés apparaissent plutôt confiants quant à un possible déblocage de la situation et un apaisement des tension comme le suggère le recul vendredi du yen de 0,5% face à l’euro (EUR/JPY remonte au-dessus de ¥131), ou encore le rebond des devises des économies très fortement corrélées à l’état de santé du commerce mondial comme le dollar australien (+0,8% vendredi face à l’euro à A$ 1,5678) ou le dollar canadien (+0,7% vendredi face à l’euro à C$ 1,5765).

Dans le cas du dollar canadien, outre le soulagement offert jeudi dernier par l’annonce d’exemption temporaire du Canada des taxes sur l’acier, les investisseurs ont également accueilli favorablement la chute inattendue du taux de chômage canadien au mois de février, de 5,9% à 5,8% (plus bas depuis 1976 ou le début de recensement de ces statistiques). Après avoir franchi en milieu de semaine dernière un pic de plus de 2 ans à plus de C$ 1,61, le cours EUR/CAD a reculé de 1,6% en cumulé lors des deux dernières séances de la semaine et clôturé à son plus bas niveau en mars.

L’autre moment fort de la séance de vendredi a été les bons chiffres d’inflation publiés en Norvège ; ressorties très largement au-dessus des attentes (bond de l’indice générale de 1,6% à 2,2% contre 1,8% anticipé) ; qui ouvrent la porte à une première hausse de taux en Norvège en septembre. La couronne norvégienne s’est appréciée vendredi de 0,8% face à l’euro et le cours EUR/NOK a clôturé la semaine à son plus bas niveau depuis le 1er février dernier, aux portes du support de NOK 9,55 (clôture à NOK 9,5729 vendredi).

En Chine, la référence inscrite dans la constitution de limitation de la période de présidence d’un homme d’Etat – initialement plafond fixé à deux mandats de 5 ans – a été supprimée. Xi Jinping pourrait donc asseoir encore davantage son pouvoir sur la sphère politique chinoise en assurant une présidence à vie. Les marchés voient plutôt favorablement cette décision qui de prime abord apparaît comme un signe de stabilité et de continuité de la politique de libéralisation et d’internationalisation de l’économie chinoise opérée par le président.

Parmi les autres nouvelles du weekend, on retiendra l’information dévoilée par le journal allemand Der Spiegel selon laquelle le couple franco-allemand ne devrait finalement pas présenter lors du Sommet européen, programmé le 22 et 23 mars prochain à Bruxelles, son projet de réforme de la Zone Euro. L’accord tardif de coalition entre la CDU d’Angela Merkel et son rival historique du SPD, officialisé il y a seulement une semaine, semble avoir empêché la chancelière de se pencher sur ce projet de refonte du projet européen. L’information n’a cependant pas été confirmée pour l’heure par le gouvernement allemand.  

Calendrier économique, politique & monétaire de la semaine :                               

  • Inflation aux Etats Unis (mardi) : Les nouvelles statistiques officielles d’inflation aux Etats Unis – quand bien même s’il ne s’agit pas des indicateurs privilégiés par la Fed pour mesurer la dynamique de prix dans le pays – auront une importance clé une semaine avant la nouvelle réunion monétaire de la réserve fédérale américaine (20-21 mars). Si une nouvelle hausse de taux au mois de mars apparaît déjà comme acquise, les marchés questionnent une possible révision dès mars du calendrier monétaire de la banque, pour l’heure fixé à trois hausses en 2018 et deux hausses en 2019.
  • Présentation des projections budgétaires britanniques (mardi) : Le ministre britannique des finances, Philip Hammond, présentera ce mardi une actualisation des projections économiques et budgétaires du gouvernement britannique. Si celui-ci a déjà prévenu que son intervention serait succincte et sans vague – les plus importantes annonces devraient annoncées lors du budget d’automne publié plus tard dans l’année – il sera néanmoins important de voir de quelle manière le gouvernement évalue l’impact du Brexit sur l’économie.
  • Conférence de la BCE (mercredi) : Lors d’une conférence organisée par la BCE elle-même, plusieurs responsables monétaires européens ; dont le gouverneur central Mario Draghi ; seront amenés à intervenir. Ce sera l’occasion pour les marchés d’avoir de nouveaux échos sur la position de la banque par rapport à sa trajectoire monétaire une semaine après que la dernière réunion qui a laissé les « acheteurs d’euro » sur leur fin, faute d’arguments laissant transparaître une envie d’accélérer la sortie du cycle accommodant.
  • Décision monétaire de la banque centrale suisse (jeudi) :  La banque centrale helvète (BNS) devrait vraisemblablement réitéré sa politique de taux négatifs ce jeudi à l’occasion de sa première réunion monétaire de l’année. L’attention se portera surtout sur la communication des banquiers centraux suisses et la répétition ou non de la rhétorique de « franc surévalué ». Compte tenu de la faible dynamique d’inflation dans le pays, laquelle a reculé à 0,6% en février, tout laisse croire que la BNS devrait conserver un discours très accommodant.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :   Le cours de change retrouve un peu ses esprits ce lundi alors que les chiffres de l’emploi américains publiés vendredi ont laissé quelque peu les investisseurs sur leur faim et limitent pour l’heure toutes nouvelles prises de position à l’achat sur le dollar. Malgré les signes d’apaisement des tensions commerciales la semaine dernière, les investisseurs ne veulent pas tomber dans un excès d’optimisme et observent avec attention les éventuelles représailles qui pourraient survenir dans les jours à venir de la part des partenaires commerciaux américains. Responsables américains et européens se sont rencontrés ce weekend et devraient poursuivre les discussions cette semaine pour tenter de trouver un accord. Bruxelles a de son côté d’ores et déjà dressé une liste de produits américains qui pourraient faire l’objet de taxes si Washington refuse d’accorder à l’UE une exemption aux récentes taxes douanières sur l’acier et l’aluminium. L’autre évènement qui rend actuellement nerveux les marchés est la prochaine rencontre en avril entre le président américain et nord-coréen. Après avoir suscité l’enthousiasme, on craint que cette rencontre historique puisse déboucher sur de nouvelles tensions entre les deux pays. Outre l’évolution de l’environnement de risque, qui reste pour l’heure globalement défavorable au dollar même si l’incertitude qui plane au-dessus de la situation politique en Italie ne doit en aucun cas être négligée, l’attention devrait principalement se focaliser sur les chiffres clés publiés cette semaine aux Etats Unis – inflation mardi et ventes au détail mercredi – à un peu plus d’une semaine d’une nouvelle réunion monétaire aux Etats Unis (20-21 mars). En arrière-plan, les marchés discutent toujours l’éventualité d’une accélération du rythme de normalisation monétaire cette année aux Etats Unis.

Perf 2018 = +2,75% / Moyenne 2018 = $1,2272 / Point haut 9 mars 2018 = $1,2334 / Point bas 9 mars 2018 = $1,2271 / Clôture 9 mars 2018 = $1,2305

GBP

EUR/GBP :   Quelques peu lassés par l’actualité récente sur le Brexit qui n’offrent aucune certitude, sinon une divergence de vision importante des deux camps en ce qui concerne les contours de leur future relation économique, les investisseurs semblent davantage se focalisés sur les fondamentaux économiques avec dans l’esprit l’idée d’une possible intervention prématurée de la Banque d’Angleterre au 1er semestre. Si les indicateurs publiés vendredi dernier ont montré une économie britannique à deux visages – un secteur de la construction qui affiche la plus forte contraction de son activité sur le mois depuis plus de 5 ans, un déficit commercial qui reste conséquent (légère hausse à £12,3Mds) mais un rebond important de l’activité industrielle (+1,3% M/M ou un pic sur les 13 derniers mois) – cela a été malgré tout suffisant pour entraîner la paire EUR/GBP sous le seuil de £0,89 et à un plus bas depuis une semaine. Il ne faut pas y voir une nouvelle attractivité naissante de la livre sterling mais davantage une correction naturelle de la paire sur fond d’affaiblissement de l’euro, lequel n’a pu compter ce mois-ci sur les banquiers centraux européens. L’actualité économique sera très limitée cette semaine au Royaume-Uni et les réactions à l’égard des nouvelles projections budgétaires britanniques présentée mardi par le ministre des finances, Philip Hammond, pourraient être très modestes en cas de d’allocution succincte.  La paire pourrait donc faire l’objet d’une volatilité davantage « technique » que « directive » cette semaine, et demeurer principalement guidée par l’environnement de risque global. Le thème du Brexit n’est cependant jamais très loin et bénéficie toujours d’une couverture médiatique très intense. La paire semble amorcer une correction en direction du seuil de £0,88, très largement favorisée par le récent coup de mou de l’euro, seulement son extension ne sera permise que si la livre sterling n’est pas à nouveau handicapée par des troubles d’ordre politique.

Perf 2018 = -0,02% / Moyenne 2018 = £0,8844 / Point haut 8 mars 2018 = £0,8926 / Point bas 9 mars 2018 = £0,8873 / Clôture 9  mars 2018 = £0,8886

CHF

EUR/CHF:  Depuis que la paire EUR/CHF a atteint le seuil de ₣1,17 la semaine dernière sur fond de dissipation des craintes politiques en Europe, celle-ci fait du sur-place sur ce niveau. Si l’environnement de risque global s’est légèrement amélioré sur la fin de semaine dernière cependant les incertitudes autour de l’évolution du commerce mondial face au retour au premier plan du protectionnisme américain restent toujours importantes. L’inertie de la paire de change semble suggérer que les investisseurs sont aujourd’hui en position d’observation. La possition de la paire apparait fragile car en l’absence d’arguments d’achat sur l’euro, celle-ci reste sous la menace de prises de bénéfices de la part d’investisseurs souhaitant sécuriser les gains offerts par un rebond de près de 2% réalisé sur les deux dernières semaines. L’évènement majeur de la semaine sera ce jeudi la réunion monétaire de la banque centrale suisse. Celle-ci ne devrait vraisemblablement pas opérer de changements majeurs de sa politique ultra-accommodante, la faiblesse de l’inflation (0,6% en février) n’offrant pas le champ à un changement soudain d’orientation. Néanmoins, il faudra rester vigilant sur la communication déployée par les banquiers centraux helvètes, celles-ci pourraient s’avérer être moins défensive que par le passé et reconnaître les progrès économiques réalisés ces récents trimestres. À cette occasion, un tel scénario pourrait donner lieu à un renforcement du franc.

Perf 2018 = +0,06% / Moyenne 2018 =  1,1634 / Point haut 9 mars 2018 = ₣ 1,1727 / Point bas 9 mars 2018 = ₣ 1,1676 / Clôture 9 mars 2018 = ₣ 1,1705


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