Actualités du marché des devises

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mars 08, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 8 mars 2018 – Sommaire :  

  • Soulagement des craintes des marchés à l’égard d’un scénario de « guerre commerciale » suite à l’allusion de Washington de possibles exemptions dans son projet de taxes sur l’acier et l’aluminium. Euro en recul ce matin en attendant la BCE (décision à 13h45/Conf. Presse à 14h30).
  • L’EUR/USD recule sous $1,24 (-0,2%) alors que l’on craint du côté des investisseurs un possible discours prudent de la part de la BCE un peu à l’image de celui délivré la veille par son homologue canadienne.
  • Recul de la paire EUR/JPY sous ¥13150 ce matin (-0,2%) alors que la 2nd lecture des chiffres du PIB japonais ont mis en lumière une croissance au T4 2017 bien plus importante que prévu (0,4% T/T vs consensus 0,2% et 0,1% en 1ière estimation).
  • La paire EUR/CHF consolide ses récents gains (+1,35% entre lundi et mercredi) et oscille autour de ₣1,17. Légère nervosité avant la BCE.
  • Les devises nordiques restent sur le recul. L’EUR/SEK se maintient sur ses plus hauts niveaux depuis 8 ans à plus de SEK 10,20               

L’humeur des marchés des changes :                               

Une nouvelle fois la séance a été grandement marquée par les tensions autour du risque de guerre commerciale déclenchée par les Etats Unis. Parmi les autres points clés de la journée, on note le statu quo prudent de la Banque du Canada, la formulation par Bruxelles de ses souhaits concernant sa future relation avec Londres, la lourde chute des prix du pétrole et la glissage continue de la couronne suédoise.  

Le début de la séance de mercredi fut grandement influencé par les réactions à la démission du conseiller économique de la Maison Blanche, Gary Cohn, sur fond de vif désaccord avec le président Donald Trump concernant son projet de taxes sur l’acier et l’aluminium. Ce départ, perçu par les observateurs comme une grande victoire pour les partisans du protectionnisme commercial, venait alors raviver les craintes de guerre commerciale et la nervosité des acteurs financiers. D’autant plus que dans le même, plusieurs responsables politiques américains laissaient entendre que ces mesures devraient être officiellement mises en place par le président américain dès jeudi, ou alors vendredi. Celles-ci se sont néanmoins dissipées au fil de la journée au gré de commentaires de la Maison Blanche laissant planer la possibilité d’un aménagement de ces barrières douanières, et d’exemption pour certains pays. Ainsi, le Canada et le Mexique pourraient tous deux ne pas être concernés, du moins un premier temps, par ces taxes douanières sous couvert de renégociation en cours de l’ALENA. Quelque peu rassurés par cette perspective, la confiance a progressivement regagné l’esprit des investisseurs. La paire de change EUR/JPY a réussi a effacé ses pertes de la matinée (chute sous le seuil de ¥131 observée) et a terminé la séance de mercredi exactement au même niveau auquel elle l’avait débuté, c’est-à-dire au-dessus du niveau de ¥131,50. La paire EUR/CHF a quant à elle réussi à accroître ses gains du début de semaine (+1,35% entre lundi et mercredi) et a fait son retour au-dessus du seuil de1,17 pour la 1ière fois depuis le 25 janvier dernier (clôture à ₣1,1706 mercredi). 

Réunis hier à l’occasion de leur 2nd réunion monétaire de l’année, les responsables monétaires canadiens ont décidé ce mois-ci de maintenir les taux directeurs inchangés à 1,25%, après avoir opéré à une nouvelle hausse de taux de 25pbs en janvier dernier, et ont laissé transparaître dans leur discours aucune volonté de se précipiter pour intervenir de nouveau dans les prochaines semaines/mois. Pointant du doigt le ralentissement de l’économie canadienne sur le début d’année et la montée croissance et dangereuse des tensions commerciales dans le monde, la Banque du Canada a affiché, comme on pouvait s’y attendre, un visage très prudent. Cette décision est venue dans un premier temps intensifier les pressions baissières sur le dollar canadien et a soutenu un rebond de la paire EUR/CAD à un pic depuis 2009 à C$ 1,6121. La paire de change a par la suite quelque peu corrigé, redescendant vers le seuil de C$ 1,60, grâce au soulagement offert par la possibilité de possibles exemptions de la Maison Blanche concernant ces mesures protectionnistes. 

Quelques jours après la première ministre britannique, c’était au tour de l’Europe de présenter ses propositions et dessiner les contours de la future relation souhaitée avec le Royaume-Uni. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a confirmé qu’il n’était pas possible de formuler un accord de libre-échange étendu à plusieurs secteurs en cas de sortie, comme il semble l’être souhaité par l’exécutif britannique, du Royaume-Uni du marché commun européen. Alors que le ministre britannique des finances, Philip Hammond, a une nouvelle fois clamé l’importance d’inclure les services financiers au cœur d’un vaste accord de libre-échange entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne, de son côté Bruxelles n’entend toujours pas faire d’exception et offrir de passeports européens aux banques de la City londonienne. Si rien n’évolue sur ce plan-là, le risque d’exode de secteur clé de l’économie britannique pourrait se matérialiser. De premiers mouvements sont déjà observé. Ainsi, l’agence Reuters a dévoilé mercredi que la banque américaine Goldman Sachs, lassée d’attendre le résultat des négociations, préparerait un déménagement de certaines de ces équipes londoniennes vers Francfort d’ici le mois de juin prochain. La paire EUR/GBP a ainsi atteint mercredi un nouveau pic de 3 mois à £0,8967 en amont de la conférence de presse de Donald Tusk, la montée des incertitudes concernant le processus de négociation pénalisant la devise britannique. Le cours a par la suite retracé en cours de journée, notamment grâce aux propos de P. Hammond laissant suggéré qu’un accord sur la période de transition était en bonne voie et devait être finalisé d’ici le prochain Sommet européen programmé à la fin du mois. 

La nervosité des acteurs financiers à l’égard de la montée des tensions commerciales dans le monde s’est répercutée également répercutée mercredi sur les marchés pétroliers. Le cours de baril de brut américain (WTI) a ainsi reculé de -2,3% à $61,2, pendant que le baril de brut de mer du Nord (Brent) a lui corrigé de 2,2% à $64,3. Les devises liées aux prix du pétrole ont été relativement sensibles à ce mouvement. Ainsi la couronne norvégienne a reculé de près de 0,5% face à l’euro à NOK 9,69, le cours EUR/NOK retrouvant un pic de 9 séances. Le cours EUR/RUB a quant à lui touché en séance un pic de plus de deux semaines à RUB 70,91. 

La couronne suédoise continue de se déprécier fortement face à l’euro et ainsi atteint mercredi un nouveau point bas face à l’euro depuis 8 ans à presque SEK 10,25. La frilosité de la banque centrale à opérer à une hausse de taux et la montée des incertitudes économiques au sein du pays qui doit faire face à un recul important des volumes d’argent liquide (pièces et billets) en circulation – tombé en 2017 à un plus bas depuis 1990 – viennent expliquer cet affaiblissement actuel de la devise suédoise malgré de solides fondamentaux économiques.

Calendrier économique, politique & monétaire de la séance:                               

  • Décision monétaire de la Banque Centrale Européenne (13h45) & Conférence de presse de Mario Draghi (14h30) : Statu quo monétaire attendu & possible message très prudent de la part des responsables monétaires dans un contexte actuel de durcissement des relations commerciales mondiales et de ralentissement de l’économie domestique depuis la fin d’année 2017. Le dollar canadien pourrait alors faire l’objet de nouvelles pressions baissières. Le seuil de C$1,61 (plus haut niveau touché par le cours depuis 2019, dernièrement touché en janvier 2016) apparaît à portée de main de l’EUR/CAD !

  • Possible officialisation par Donald Trump du projet de taxation des importations d’acier et l’aluminium : Les marchés resteront attentifs aux caractéristiques de ces mesures protectionnistes, et notamment si des exemptions sont accordées à certains pays.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

Comme on pouvait s’y attendre à l’approche de la réunion de la BCE, la paire EUR/USD demeure depuis hier très stable et se maintient au centre d’un couloir de fluctuation de $1,23-$1,25. Si la montée des craintes à l’égard des tensions commerciales mondiales a soutenu un petit rebond en direction de $1,2450, les bons chiffres ADP d’emploi dans le secteur privé américain (+235k vs consensus 195k) et les rumeurs autour du futur remplaçant de Gary Cohn ; lequel pourrait être un économiste défendant l’idée d’un dollar fort (Lawrence Kudlow) ; ont permis au dollar américain de contrer les pressions baissières qui lui faisait face. La volatilité pourrait rester relativement faible jusqu’à la mi-journée du à un attentisme des acteurs financiers avant la BCE. L’enjeu de cette réunion résidera dans le ton et les mots employés par la banque dans un environnement actuel globalement hostile. Sous couvert d’une inflation en net recul (plus bas depuis 14 mois en février), de fébrilité naissante des marchés actions dans un contexte de remontée des rendements obligataires et de hausse des tensions commerciales, les responsables monétaires européens ont de bonnes raisons d’adopter un discours plus prudent que lors de leurs précédentes sorties. Si tel est le cas (consensus actuel), et que ce discours « défensif » s’accompagne d’une révision à la baisse notable des projections de croissance et d’inflation sur la période 2018-2020, dès lors un sentiment de frustration pourrait s’emparer des marchés et pénaliser l’euro, lequel pourrait reprendre la direction de $1,22 face au dollar américain. Dans le cas inverse, le maintien d’un ton optimiste et l’éventuel ajustement de références accommodantes dans le communiqué officiel ouvriraient la porte à un nouveau rebond important de la paire de change au-delà du palier psychologique de $1,25 (pic en 2018 à $1,2555). L’absence de changement. Si la BCE n’offre aucun élément nouveau, dès lors l’attention des marchés pourrait très vite se tourner vers Washington et la possible officialisation aujourd’hui du projet de taxe douanière sur l’acier et l’aluminium. Si celui-ci est ponctué de plusieurs exemptions, dès lors un sentiment soulagement pourrait se répandre et venir renforcer légèrement le dollar.

Perf 2018 = +3,27% / Moyenne 2018 = $1,2272 / Point haut 7 mars 2018 = $1,2443 / Point bas 7 mars 2018 = $1,2383 / Clôture 7 mars 2018 = $1,2412

EUR/GBP

C’est un statu quo que l’on observe sur la livre sterling. Les propositions européennes dévoilées mercredi en ce qui concerne les modalités du futur partenariat économique avec le Royaume-Uni n’ont offert aucun élément nouveau, sinon que confirmer les divergences de position et vision des deux camps. Le sort des services financiers britanniques et leur inclusion ou non au sein d’un accord global entre les deux parties restent toujours très flou. Néanmoins, le fait que la livre sterling ne se déprécie finalement que modestement face à l’euro laisse sous-entendre que les marchés commencent peu à peu à se faire à l’idée que la rupture pourrait être brutale. Le nœud du problème reste cependant l’impact économique et financier, ce qui pour le moment ne peut être évalué ou même anticipé avec exactitude. La paire EUR/GBP vogue ce matin dans un couloir étroit de £0,8900-£0,8950 et subit un certain attentisme des acteurs de marché en ce jour de BCE. La volatilité du cours de change pourrait être aujourd’hui fortement influencée par les réactions provoquées par les déclarations des banquiers centraux européens, notamment si celles-ci provoquent d’importants remous sur les marchés des changes (possible influence de la paire EUR/USD). Le seuil de £0,8950 fait figure de niveau de résistance temporaire, mais assez solide, pour la paire de change sur le chemin en direction du seuil £0,90. En cas de mouvement baissier de l’euro provoqué par une BCE jugée trop prudente, le support de £0,89 pourrait rapidement céder et la paire EUR/GBP pourrait ainsi amorcer un retour vers £0,88.

Perf 2018 = +0,43% / Moyenne 2018 = £0,8843 / Point haut 7 mars 2018 = £0,8967 / Point bas 7 mars 2018 = £0,8916 / Clôture 7  mars 2018 = £0,8926

EUR/CHF

Malgré un contexte global relativement volatil du au retour dans la lumière des craintes de guerre commerciale initiée par les Etats Unis, le cours EUR/CHF enregistre depuis le début de semaine un rebond important de 1,35%. La paire de change apparaît davantage sensible au climat politique européen, lequel s’est considérablement détendu depuis l’officialisation ce weekend d’un nouveau gouvernement allemand avec à sa tête l’éternelle Angela Merkel et la nomination d’aucun réel vainqueur à l’issue du scrutin national italien de dimanche dernier. Ainsi, contre toute attente la paire EUR/CHF a fait son retour au-dessus du seuil de1,17 – une première depuis plus d’un mois - après avoir vogué majoritairement ces trois dernières semaines dans la partie inférieur du couloir de fluctuation de1,1450-1,1650. La question qui se pose est si ces récents gains peuvent être consolidés ? La réunion de la BCE de cette après-midi devrait offrir un élément de réponse. Un discours prudent de cette dernière pourrait rapidement venir dissiper l’enthousiasme récent des marchés et renvoyer la paire sous le seuil de ₣1,16. Il convient de noter qu’il y a un certain excès d’optimisme des marchés à l’égard de la situation politique en Italie. En effet, ces derniers négligent totalement la perspective d’un nouveau gouvernement dirigé par le parti d’extrême droite La Ligue du Nord dont le discours durant toute la campagne a été très dur par rapport à l’euro. Ce scénario ne doit pas être exclu, d’autant plus qu’il a gagné un peu plus en crédibilité hier suite au soutien donné par Silvio Berlusconi, chef de file du parti de centre-droit Forza Italia avec qui la Ligue du Nord avait formé une alliance avant les élections. 

Perf 2018 = +0,13% / Moyenne 2018 =  1,1631 / Point haut 7 mars 2018 = ₣ 1,1712 / Point bas 7 mars 2018 = ₣ 1,1629 / Clôture 7 mars 2018 = ₣ 1,1706


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