Actualités du marché des devises

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mars 05, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 5 mars 2018 – Sommaire :  

  • Les incertitudes générées par les résultats de l’élection générale italienne ont généré un peu de nervosité sur les marchés des changes ce matin, néanmoins elle reste très modeste. Faible aversion au risque des investisseurs à l’égard de cette situation.
  • Après un retour temporaire sous $1,23, l’EUR/USD repasse dans le vert. Le cours EUR/JPY a chuté ce matin jusqu’à ¥129,33 avant de rapidement rebondir et repasser au-dessus du seuil de ¥130.
  • La paire EUR/GBP reste stable, sur ses plus hauts niveaux de l’année à plus de £0,89. Réponse européenne aux propos de Theresa May se fait attendre & indice PMI des services à suivre ce matin.
  • L’AUD reste toujours sur le reculoir sur fond de craintes à l’égard de l’émergence de tensions commerciales depuis l’annonce des mesures protectionnistes américaines. La paire EUR/AUD oscille à un plus haut depuis 2 ans à plus de A$1,59 avant la réunion de la RBA prévue demain matin.
  • Fort recul de la couronne norvégienne ce matin (-0,4-0,5%). La paire EUR/NOK s’éloigne de ses plus bas niveaux depuis presque 1 mois touchés la semaine dernière et remonte à NOK 9,63.            

L’humeur des marchés des changes :                               

La séance de vendredi a été marquée par les premières répliques aux mesures protectionnistes américaines et les craintes sous-jacentes qu’une « guerre commerciale » pourrait se préparer. Le discours de Theresa May était l’autre moment clé de la journée, seulement il a laissé quelque peu les marchés sur leur fin.

Les premières répliques aux taxes douanières américaines sur l’importation d’acier (25%) et d’aluminium (10%) ne se sont pas fait attendre. Le Canada et l’Union Européenne ont déjà fait savoir qu’ils n’hésiteraient pas à riposter à leur tour si Washington refusait de revenir sur cette décision. Du côté de la Chine, vers qui ces mesures sont indirectement destinées (bien que Pékin ne représente que 2% des importations d’acier aux Etats Unis), les critiques sont moins frontales. Pékin enjoint malgré tout l’administration américaine à ne pas aller trop loin dans le protectionnisme. Les critiques ne sont pas exclusivement internes comme en témoigne le lever de bouclier de plusieurs grandes entreprises qui pointent du doigt la hausse des coût des fabrication que provoquerait ces taxes sur plusieurs produits de la vie courante (conserves, canettes, téléphones, voitures,…). En tant que grands consommateurs de métaux, les secteurs de l’automobile (26% de la consommation totale d’acier aux Etats Unis) et de l’aéronautique pourraient être fortement impactés par ces mesures.

Face à l’émergence de nouvelles tensions commerciales, lesquelles pourraient s’intensifier si Washington maintient son agenda protectionniste, le dollar a de nouveau subi d’importantes pertes, dont un recul de -0,4% face à l’euro (retour à $1,23) et une chute à un point bas depuis 2 ans face au yen sous le seuil de ¥105,5. Les investisseurs craignent qu’une politique d’isolationnisme ait de possibles répercussions néfastes sur l’économie américaine.

Outre le sentiment d’aversion au risque résultant de ces nouvelles craintes à l’égard du commerce mondial, le yen japonais a également surfé sur une hausse de la demande des investisseurs relative à de nouvelles spéculations d’un changement d’orientation monétaire à venir au sein de la Banque du Japon. En évoquant publiquement le sujet vendredi, le gouverneur central japonais a ; volontairement ou non ; d’ores et déjà commencé à préparer les marchés à cette éventualité. À cette occasion, le yen a temporairement chuté sous le seuil de ¥130 pour la 1ière fois en 6 mois.

Dans son discours donné depuis Londres, la première ministre britannique a reconnu qu’elle n’obtiendrait pas des négociations tout ce qu’elle souhaite, à même titre que son partenaire européen, aussi l’heure était à la conciliation. Rejetant à nouveau l’idée d’un accord semblable à celui conclu entre l’UE et le Canada, Theresa May a par ailleurs proposé la mise en place d’un partenariat douanier sans précédent qui limiterait autant que possible les frictions commerciales – pas de taxes douanières et quotas dans les échanges de biens et marchandises entre les deux régions – tout en offrant la liberté au Royaume-Uni de négocier à sa guise des accords commerciaux avec d’autres partenaires. Pas sûr que cette exigence soit reçu d’un bon œil par Bruxelles qui a toujours défendu l’idée d’un marché commun indivisible. Par ailleurs, la première ministre a profité de cette tribune pour revenir sur les critiques régulières faites par le camp européen selon lesquelles le Royaume-Uni chercherait un accord « à la carte ». Elle a alors rappelé qu’il était juste selon elle de trouver un équilibre entre droits et devoir, et réaffirmé l’idée qu’il était préférable de sortir sans rien plutôt qu’avec un accord bancal. Face à cette intervention qui semble n’offrir aucun dénouement dans l’impasse actuelle dans laquelle se trouve les négociations mais au contraire ravive les peurs de rupture brutale entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne, les investisseurs sont globalement restés éloignés de la livre sterling. Celle-ci a reculé vendredi de 0,20% face à l’euro ; ce qui porte ses pertes à près de 1,5% sur les 3 dernières séances ;  et atteint un nouveau point bas depuis 3 mois à £0,8951.

Le dollar canadien a été fortement pénalisé par cet environnement de peurs autour d’une possible début d’isolationnisme américain. D’abord en tant que principal fournisseur d’acier des Etats Unis (16,7% des importations d’acier aux Etats Unis proviennent du Canada), le Canada pourrait être, sauf exception, fortement impacté par la mise en place de ces taxes douanières à la frontière américaine. Puis ce choix n’offre aucun gagne de confiance sur un adoucissement de la position américaine quant à son maintien ou non au sein de l’ALENA. De plus les chiffres de croissance au 4ième trimestre publiés vendredi après-midi se sont avérés moins solides que prévu (1,7% T/T annualisée vs consensus 2,0%), ce qui tend à confirmer le fléchissement de la dynamique de croissance au Canada durant la seconde partie d’année 2017. Le dollar canadien a reculé de près de 0,8% face à l’euro vendredi et atteint un nouveau point bas depuis deux ans à plus de C$1,59 (pic recensé à C$ 1,5917 / clôture à C$1,5866).

Parmi les deux grands évènements du weekend, il fallait suivre de près le résultat de l’audit interne des sociaux-démocrates allemands et l’élection générale en Italie. Angela Merkel peut être soulagée, elle s’évite un nouveau scrutin à haut risque et va amorcer de son 4ième mandat consécutif en tant que chancelière après que le SPD ait donné leur aval pour former une nouvelle « grande coalition ». Après plus de 5 mois passés dans le flou, l’Allemagne se prépare à avoir un nouveau gouvernement officiel. En Italie, la formation populiste Mouvements 5 Etoiles et la formation d’extrême droite Ligue du Nord apparaissent comme les deux grands gagnants de cette élection alors que les résultats officiels se font toujours attendre. Surfant sur la colère et la frustration des ménages à l’égard de la politique menée par la gauche depuis 2003, le Mouvement 5 Etoiles arrive en tête de ce scrutin avec près de 30% des voix, un résultat toutefois insuffisant pour lui permettre d’avoir seule une majorité au parlement. En attendant les résultats officiels, il paraît néanmoins que la formation d’extrême droite Ligue du Nord ait fait aussi bien, voire même mieux, que son allié de centre-droit Forza Italia dirigé par l’ancien premier ministre Silvio Berlusconi. Un résultat qui pourrait remettre en cause l’accord d’alliance formulé avant le scrutin. Àl’heure actuelle, on se dirige vers un parlement sans majorité qui s’il se confirme pourrait mener à l’organisation d’un nouveau scrutin un peu plus tard dans l’année. Face à l’incertitude qui émane de cette élection sans vainqueur, l’euro cède du terrain face à ses pairs, l’EUR/USD retombant sous le niveau de $1,23, l’EUR/CHF reculant vers1,15 et l’EUR/JPY chutant sous le niveau de ¥130.

Calendrier économique, politique & monétaire de la semaine :                               

  • Mardi (04h30) - Décision monétaire en Australie : Nouveau statu quo attendu. La RBA devrait continuer à refuser tout débat de normalisation monétaire compte tenu des faibles pressions haussières sur les prix dans la région. 
  • Mercredi (16h00) - Décision monétaire au Canada : Pas d’annonce majeure attendu mais un possible message de prudence eu égard aux signaux de ralentissement de l’économie canadienne sur la fin d’année 2017  et aux nouvelles tensions commerciales qui s’observent. 
  • Jeudi (13h45/14h30) - Décision monétaire en Zone Euro / Conférence de presse de Mario Draghi : L’important ralentissement de l’inflation en Zone Euro sur le début d’année 2018 pourrait convaincre les membres de la BCE à opter pour une communication plus prudente. Les marchés scruteront avec attention la communication officielle de la banque et les éventuels ajustements réalisés. Peu probable malgré tout que la BCE décide de retirer de nouveaux biais accommodants et prendre le risque de provoquer un nouvel emballement des marchés. 
  • Vendredi (05h00) – Décision monétaire au Japon : Statu quo attendu mais communication scrutée avec grande attention. On attend le moment où la Banque du Japon lancera le signal qu’elle entend ajuster sa politique monétaire accommodante et réduire son soutien monétaire. 

Vendredi (14h30) – Chiffres de l’emploi aux Etats Unis : La confirmation d’une solide croissance des salaires donnerait du grain à moudre aux projections d’accélération de l’inflation cette année aux Etats Unis, et donc au scénario de possible accélération du rythme de resserrement monétaire aux Etats Unis. Un scénario de 4 hausses de taux en 2018 a émergé la semaine dernière aux Etats Unis. On suivra en parallèle la réaction des marchés obligataires et actions à la parution de ces chiffres. Le mois dernier les marchés actions américains avaient lourdement décroché en réaction à la poussée sur les taux provoqués par la hausse des salaires à un pic depuis 2009.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

L’EUR/USD a ouvert la semaine à la baisse, sous le seuil de $1,23, en réaction aux incertitudes qui émanent d’Italie et de l’absence de vainqueur évident lors du scrutin de dimanche. Néanmoins, les investisseurs font preuve d’une relative faible aversion à l’égard d’un scénario « catastrophe » de formation d’une coalition eurosceptique entre le Mouvement 5 Etoiles et la Ligue du Nord, ce qui pourrait rendre ce mouvement baissier très temporaire . L’officialisation de la nouvelle « grande coalition » en Allemagne vient par ailleurs apporter un peu de baume au cœur aux « acheteurs d’euro » qui voient la situation politique de stabiliser enfin au sein de 1ière économie européenne après plus de 5 mois passés dans le flou. Le dollar reste toujours peu attractif après que Donald Trump ait confirmé ce weekend sa volonté de mettre en place des barrières douanières sur les importations d’acier et d’aluminium et qu’il n’y aurait aucune exception. On restera attentif à l’officialisation des résultats en Italie et ses conséquences afin de savoir si ce peu d’aversion est justifié.

Perf 2018 = +2,73% / Moyenne 2018 = $1,2263 / Point haut 2 mars 2018 = $1,2336 / Point bas 2 mars 2018 = $1,2250 / Clôture 2 mars 2018 = $1,2317

EUR/GBP

Après l’intervention de Theresa May vendredi dernier et ses nouvelles propositions faites à l’Union Européenne, on attend désormais la réponse des responsables européens pour savoir si un nouvel accord peut être conclu d’ici la fin du mois et l’organisation d’un nouveau sommet européen (22-23 mars). Les marchés restent ce matin relativement prudents d’où la faible volatilité de la livre sterling. La publication ce matin de l’indice d’activité PMI dans le secteur des services au mois de février ; attendu en légère hausse ( consensus 53,3 vs 53,0 en février) ; pourrait néanmoins offrir l’occasion à la devise britannique de s’éloigner de ses points bas depuis 3 mois. Cela pourrait donner l’occasion à la paire EUR/GBP de tenter un retour sous le seuil de £0,89.

Perf 2018 = +0,52% / Moyenne 2018 = £0,8838 / Point haut 2 mars 2018 = £0,8951 / Point bas 2 mars 2018 = £0,8893 / Clôture 2 mars 2018 = £0,8921

EUR/CHF

Les incertitudes que génèrent le résultat indécis du scrutin italien ont généré un peu de nervosité sur les marchés des changes et ravivé une demande temporaire pour les valeurs refuges. Le cours EUR/CHF a ainsi observé un retour vers la barrière de ₣1,15 en début de séance européenne avant de se reprendre quelque peu. Une dissipation générale des risques politiques en Europe une fois les résultats des élections italiennes rendus officiels pourrait venir nourrir un rebond de la paire de change en direction de ₣1,16. Si les marchés semblent exclure cette hypothèse, on scrutera de près une éventuelle tentative d’alliance en Italie entre populistes et extrême-droite, laquelle pourrait faire naître de nouvelles tensions sur l’euro.

Perf 2018 = -1,32% / Moyenne 2018 =  1,1626 / Point haut 2 mars 2018 = ₣ 1,1560 / Point bas 2 mars 2018 = ₣ 1,1494 / Clôture 2 mars 2018 = ₣ 1,1550


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