Actualités du marché des devises

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févr. 27, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 27 février 2018 – Sommaire :

  • Des marchés financiers suspendus aux lèvres du nouveau président de la Fed – 1ière intervention publique de Jerome Powell devant la Chambre des représentants à 16h00.
  • La paire EUR/USD teste le seuil de résistance de $1,2330 – Taux américains stables qui ne profitent pas au dollar & rebond surprise de l’inflation en Espagne en février (1,2% vs cons. 0,9% et 0,7% en janvier). Inflation en Allemagne à suivre à 14h00.
  • Apaisement des tensions sur les marchés obligataires américains – Des investisseurs moins averses au risque assurent un rebond de l’EUR/CHF à1,1550 et de l’EUR/JPY à ¥132.
  • La paire EUR/GBP reste sans direction – Maintenu à flot au-dessus de £0,88 (seuil support important).
  • La paire EUR/SEK atteint ce matin un nouveau pic de 15 mois à près de SEK 10,08.                   

L’humeur des marchés des changes :                               

Séance relativement calme ce lundi sur les marchés des changes principalement marquée par une nouvelle preuve de versatilité des investisseurs concernant la livre sterling, un apaisement des tensions sur les taux d’intérêt américains, quelques crispation à l’écoute des propos prudents du gouverneur central européen et par le rehaussement de la note de crédit de la Russie par l’agence de notation Standard & Poor’s.

 Sous l’influence d’un recul général des taux d’intérêt longs américains en amont de la 1ière sortie publique depuis sa prise de mandat du nouveau président de la réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell ; lequel s’est automatiquement répercuté sur la demande globale en dollar ; le cours EUR/USD avait amorcé le début de semaine sur une pente ascendante et repassait très largement au-dessus de la barrière de $1,23. Après un pic à plus de $1,2350, le cours de change a rapidement effacé une partie des gains accumulés en séanceclôture à $1,2316 - en réaction aux propos prudents tenus par le président de la banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi. En pointant du doigt les obstacles qui freinent, encore et toujours, la dynamique d’inflation en Zone Euro (« capacités non utilisées »), le gouverneur central a réveillé quelques doutes concernant le calendrier monétaire cette année, et notamment la fin du processus de sortie du cycle accommodant. La banque centrale pourrait finalement prendre son temps et repousser dans le temps son projet de hausse de taux ; laquelle ne devrait très certainement pas être observée cette année (anticipations des économistes et investisseurs) ; si l’inflation en Zone Euro ne se redresse pas significativement et prend la direction des 2%.

La livre sterling a de nouveau connu une séance agitée, c’est le moins que l’on puisse dire. La devise britannique s’est dans un premier temps renforcée sous l’impulsion de spéculations monétaires (changement de position d’un membre du comité exécutif de la Banque d’Angleterre habituellement reconnu pour sa prudence en matière monétaire) soutenant l’idée d’un possible nouveau resserrement monétaire au Royaume-Uni au mois de mai prochain et touché à cette occasion un pic de 12 séances face à l’euro à £0,8769. Celle-ci a vu progressivement ses gains s’éroder à mesure que les incertitudes politiques faisaient leur retour sur les marchés. Le discours sur le Brexit du chef de l’opposition travailliste ; Jeremy Corbyn ; et sa défense notamment du projet de négociation d’un nouvel accord d’union douanière avec l’UE une fois la sortie du Royaume-Uni effective ont provoqué quelques remous. En officialisant une ligne politique pro-européenne, Corbyn pourrait séduire tous les déçus du Brexit ; notamment dans le camp conservateur ; et mettre quelques bâtons dans les roues de la 1ière ministre Theresa May lors des votes clés à venir dans les prochains mois au Royaume-Uni.  Au final, le cours EUR/GBP a fini la séance de lundi dans le vert (+0,2%) juste au-dessus du seuil de £0,88.

L’autre évènement majeur de la séance de lundi a été la réaction des marchés à la décision, rendue publique vendredi soir, de rehaussement de la note de crédit de la Russie par l’agence de notation Standard & Poor’s, de BBB- à BB+. La dette souveraine russe passe ainsi du statut d’actif « spéculatif » (ou « junk ») à celui d’actif de « qualité » (« investment grade »), un changement qui pourrait initier un retour important de flux de capitaux étrangers dans le pays. Cette revalorisation par cette agence, la première en 10 ans, vient récompenser la politique de redressement mise en place ces dernières années par l’exécutif russe pour compenser la baisse des revenus provoquée par la lourde chute entre 2014 et 2015 des prix de l’énergie et le handicap dû aux sanctions internationales qui lui ont été adressées après la crise ukrainienne. Le rouble s’est renforcé de près de 1% face à l’euro et touché un pic de plus d’un mois à RUB 68,45 (plus bas niveau touché par le cours EUR/RUB depuis le 12 janvier dernier). Face au dollar américain, la devise russe s’est appréciée de 1,2% et atteint un pic depuis juillet 2015 à RUB 55,58.

À noter également le rebond du yuan chinois ce lundi face à l’euro qui se traduit par une réaction positive des marchés à l’annonce d’un projet de modification de la constitution chinoise destiné à permettre au président actuel Xi Jinping d’avoir un mandat illimité (pas de possibilité de faire plus de deux mandats dans la constitution actuelle). Si cette décision suscite quelques questionnements sur le statut démocratique du pays, aux yeux des marchés celle-ci assure au pays une certaine stabilité politique qui pourrait se traduire en stabilité économique et financière. Le cours EUR/CNH a reculé lundi de plus de 0,3% et chuté à son plus bas niveau sur les 10 dernières séances à ¥7,75 (point bas recensé à ¥7,7450 & clôture à ¥7,7530).

Calendrier économique, politique & monétaire de la séance :                               

  • Premiers chiffres d’inflation du mois de février en Allemagne : Les économistes voient la dynamique d’inflation en Allemagne reculer en février à son plus bas niveau depuis 9 mois, de 1,6% à 1,5%. Les chiffres allemands donneront le ton sur la vigueur des pressions inflationnistes dans la région, et sur l’éventuel impact négatif d’un euro fort sur les prix.
  • Jerome Powell devant le Congrès part 1. (Première déclaration depuis sa prise de fonction du nouveau président de la réserve fédérale américaine (Fed), Jérome Powell, devant une commission de la Chambre des représentants : Ce dernier enverra-t-il de nouveaux signaux suggérant une possible accélération du processus de resserrement monétaire aux Etats Unis. Ses commentaires sur les perspectives d’inflation sont très attendus car s’il reconnaît une accélération notable dès lors il ouvrirait la porte aux spéculations. Un scénario de quatre hausses de taux (vs trois actuellement programmées par la Fed) a fait son apparition la semaine dernière sur les marchés à la suite de la publication des Minutes de la Fed de janvier. Une remontée importante des taux d’intérêt américains pourrait venir stimuler le dollar.

Remarque  : On surveillera de près de quelle manière les marchés réagiront si le taux 10 ans était amené à franchir la barre « psychologique » des 3%. Un pic a été atteint cette année à 2,9570%. Le franchissement soudain début février de la barre de 2,8%.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

La paire de change débute la journée dans le vert et repart ce matin à l’assaut du seuil de résistance technique de $1,2330. Celle-ci profite de l’inertie des taux longs américains – taux 10 ans américains à un plus bas depuis deux semaines à environ 2,85% (vs récent pic observé à 2,95%) – en amont de la première intervention publique du nouveau président de la Fed, Jerome Powell, et de la bonne surprise offerte par l’important rebond en février de l’inflation en Espagne après avoir chuté le mois précédent à un plus bas depuis 13 mois (1,2% A/A vs consensus 0,9% et 0,7% en janvier). Cette dynamique pourrait cependant ne pas durer. Un recul de l’inflation en Allemagne et un discours positif du gouverneur central américain ; laissant libre cours aux spéculations d’une possible accélération du processus de resserrement monétaire aux Etats Unis ; pourraient venir inverser cette tendance et renvoyer la paire de change sous le niveau de $1,23. Les marchés seront surtout très attentifs aux commentaires de Powell sur les perspectives d’inflation aux Etats Unis et leurs répercussions sur les taux d’intérêt américain. La seuil psychologique des 3% a failli être atteint la semaine dernière par le taux 10 ans, aussi la prudence reste de mise.

EUR/USD

La paire est assez stable ce mardi matin et se maintient au-dessus du seuil de £0,88. La bonne tenue de l’euro ce matin limite toute tentative de nouvelle glissade de la paire sous ce niveau clé, qui est devenu au fil des séances être un seuil psychologique important aux yeux des traders. L’absence de chiffres économiques clés aujourd’hui au Royaume-Uni rend la volatilité de la paire EUR/GBP clairement dépendante des mouvements de l’euro. Dans ce contexte, celle-ci est susceptible d’enregistrer une petite correction si les nouveaux chiffres d’inflation en Allemagne s’avéraient décevants. Cependant sauf décalage important entre la réalité et les attentes du marché concernant ces statistiques de prix, ce levier pourrait n’être pas assez important pour permettre au cours de change briser ce support des £0,88.

EUR/CHF

L’apaisement des tensions sur les marchés obligataires américaines s’est répercuté sur le moral des investisseurs, lesquels ont lâché un peu de leste et réduit légèrement leurs positions en franc, lequel reste peu rémunérateur d’un point de vue investissement pur (taux suisses négatifs). Le cours EUR/CHF a ainsi rebondi de 0,3% lundi et fait son retour sur les niveaux de ₣1,1550. La route des ₣1,16 s’ouvre-t-elle ? Bien que relativement insensible aux propos prudents tenus hier par le gouverneur central européen (M. Draghi), la volatilité paire EUR/CHF reste néanmoins toujours très dépendante de l’environnement monétaire en Europe. En absence de « coup de pouce » de la part de la BCE, le potentiel haussier de la paire apparaît de prime abord plutôt modeste. D’autant plus que la moindre étincelle est susceptible d’embraser des marchés à fleur de peau depuis les tumultes des places boursières en début de mois. L’EUR/CHF sera aujourd’hui très vigilant aux indicateurs de sentiment publiés ce matin en Zone Euro et aux nouveaux chiffres d’inflation publiés en début d’après-midi en Allemagne. Cependant, la volatilité pourrait rester contenue, et l’EUR/CHF se maintenir dans sa fourchette actuelle de₣1,15-1,16, en attendant l’évènement majeur de la séance de mardi…la 1ière intervention publique du président de la Fed. Ses commentaires seront scrutés de près par l’ensemble des marchés et pourraient provoquer de nouveaux remous importants. Une recrudescence de la volatilité serait alors favorable à de nouvelles prises de position en franc.


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