Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

févr. 21, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 21 février 2018 – Sommaire :  

  • Liens entre USD et rendements obligataires américains à suivre en marge de la publication ce soir des Minutes de la Fed (compte rendu de la réunion du 30-31 janvier). Les marchés à terme évaluent à 83% la probabilité d’une hausse de taux en mars.
  • L’EUR/USD reste sur une pente glissante mais se maintient pour le moment au-dessus de $1,23. Indices PMI à suivre en Zone Euro (10h00) au soutien de l’euro.
  • La barrière de £0,88 tient bon mais le cours EUR/GBP pourrait tester ce niveau clé à l’occasion de la parution ce matin des nouveaux chiffres de l’emploi britannique (10h30).
  • Le dollar australien abandonne ses gains de la veille et l’EUR/AUD reprend la direction de A$1,57 en réaction à une croissance très modeste des salaires en Australie. Pas de changement de politique monétaire de la part de la RBA à court terme.
  • Premier test de crédibilité pour le nouveau président sud-africain Cyril Ramaphosa : Présentation du nouveau budget. EUR/ZAR en retrait ce matin à ZAR 14,40.
  • La couronne retrouve ses esprits après sa lourde chute de la veille (-0,8% vs euro). L’EUR/SEK s’éloigne légèrement de la barrière symbolique de SEK 10,0.

L’humeur des marchés des changes :                               

Une fois n’est pas coutume, le battage médiatique autour du Brexit a eu des répercussions importantes sur les marchés des changes, et notamment sur la volatilité de la livre sterling. Alors que les marchés surveillaient le discours à Vienne du ministre britannique en charge des négociations de sortie, David Davis, la publication en milieu de matinée d’un article du site Business Insider est venue secouer le calme ambiant. Selon l’article, le parlement européen pousserait pour offrir au Royaume-Uni un accès « privilégié » au marché commun et le statut de membre au sein des institutions européennes. Ce parti pris de vouloir conserver des liens étroits avec le voisin britannique dénote totalement de la position rigide défendue jusqu’à présent par le négociateur en chef européen Michel Barnier, d’où la surprise suscitée par la nouvelle et la vive réaction des marchés. La livre sterling a rebondi de plus de 0,5% face à l’euro en réaction immédiate à la publication de cette information, cependant son ascension s’est stoppée à l’approche du palier de £0,88. La paire EUR/GBP a touché un point bas à £0,8803 en séance et a consolidé ses gains en fin de journée pour clôturer la séance à £0,8814. 

Après un long week-end de trois jours, le retour des acteurs de marché américain a coïncidé avec un nouveau rebond du dollar face à l’euro, sous forme de prolongement de la dynamique amorcée vendredi dernier (-0,57% pour l’EUR/USD mardi, soit -1,35% depuis vendredi). Comme déjà évoqué en début de semaine, l’euro descend un peu de son pied d’estale, pour des raisons à la fois techniques (dégonflement eu égard une forte valorisation) et fondamentales (intégration de risques politiques en provenance d’Allemagne et d’Italie et prudence en amont des nouveaux indicateurs d’inflation). Le recul bien moins important que prévu de l’indice de sentiment des investisseurs allemands n’a pas changé la donne (17,8 vs consensus 16,0 et 20,4 en janvier) sinon peut-être de freiner le recul de la paire EUR/USD, l’empêchant de s’éloigner trop loin de son support de $1,2330 (point bas recensé à $1,2318, clôture du cours à $1,2336). Parmi les nouvelles qui peuvent venir expliquer le coup de moins bien de l’euro, on notera le début mardi de l’audit interne des démocrates allemands pour sonder ses quelques 500 000 militants sur l’accord de coalition récemment conclu avec la CDU d’Angela Merkel et le net recul de l’indice de confiance des ménages européens qui tombe de son pic de 17 ans pour atteindre un point bas depuis 3 mois (0,1 vs consensus 1,0 et 1,3 en janvier).

La couronne suédoise a été en grande difficulté mardi suite à la publication d’un recul inattendu de la dynamique annuelle d’inflation au mois de janvier (1,6% vs consensus 1,8% et 1,7% en décembre). Ce fléchissement des prix pourrait avoir des conséquences sur les futurs choix monétaires de la banque centrale suédoise. En effet, cette dernière pourrait être tentée de retarder la date de sa première hausse de taux en l’absence de preuves tangibles soutenant un retour de l’inflation vers l’objectif de 2%. Les investisseurs ont déjà commencé à bouger sur les marchés à terme et ajuster leurs anticipations. Un premier resserrement monétaire de 10pbs est désormais envisagé non plus en septembre mais en octobre. La paire EUR/SEK a bondi de plus de 0,8% et frôlé de très près la barrière symbolique de SEK 10,0 (pic recensé à SEK 9,9945, clôture du cours à SEK 9,9912).

Calendrier économique, politique & monétaire de la semaine :                               

  • Minutes de la Fed à 20h00 (compte rendu de la réunion du 30-31 janvier) – Préparation du terrain pour un nouveau resserrement monétaire en mars ? Sur les marchés à terme, on évalue à 83% la probabilité d’une nouvelle hausse de taux le mois prochain.
  • PMI en Zone Euro (10h00) – Dynamique de croissance toujours soutenue en Zone Euro ?  
  • Chiffres de l’emploi au Royaume-Uni à 10h30 – Les salaires continuent-ils de courir derrière l’inflation ? La dégradation du pouvoir d’achat des ménages britanniques peut-être un argument soutenant une hausse prématurée de taux au 1er semestre.

Présentation du nouveau budget en Afrique du Sud (ND) – Les investisseurs pourront jauger du premier plan d’action que souhaite mettre en place le nouveau président Cyril Ramaphosa pour redresser l’économie et assainir les finances du pays.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

On notait la semaine dernière une nouvelle insensibilité du dollar américain aux mouvements haussiers sur les rendements obligataires américains. Cette décorrélation doit-elle être interprétée comme une simple pause ou une nouvelle caractéristique à prendre en compte ? la séance de mercredi pourrait nous livrer quelques enseignements à ce sujet alors que les regards scruteront avec attention les commentaires des responsables monétaires américains échangés lors de la réunion de fin janvier. Après avoir enregistré une lourde chute sur les trois dernières séances ; mouvement baissier principalement observé lors des séances de vendredi et mardi ; le cours EUR/USD pourrait être tenté de se stabiliser quelque peu autour des niveaux de $1,23 grâce à l’appui combiné de bons fondamentaux économiques en Zone Euro (premiers indicateurs PMI de février publiés dans la matinée) et de l’apparition d’un peu de nervosité dans les rangs des investisseurs américains à l’approche de la publication des Minutes de la Fed (20h00). Il sera alors intéressant de voir de quelle manière réagira le cours de change en cas de signaux de la Fed d’une possible resserrement monétaire en mars et d’un retour du taux d’emprunt d’Etat américain 10 ans sur ses récents pics de 4 ans à plus de 2,90%. En cas de nouveau recul, il paraît peu probable que la paire de change chute au-delà des niveaux de $1,2180-90, la perspective d’une nouvelle action de la Fed en mars étant déjà bien intégré par les marchés.

Perf 2018 = +2,68% / Moyenne 2018 = $1,2260 / Point haut 20 fév. 2018 = $1,2412 / Point bas 20 fév. 2018 = $1,2318 / Clôture 20 fév. 2018 = $1,2336

EUR/GBP

Si l’annonce faite par le site Business Insider mardi fut d’un grand soutien pour la livre sterling, celle-ci ne constitue pas pour autant (pour le moment) un levier assez puissant pour permettre à la paire EUR/GBP de retourner dans la partie inférieure de la bande de fluctuation de £0,87-£0,89 dans laquelle elle évolue depuis maintenant près de trois mois. Avant de considérer de nouvelles prises de position en livre sterling, les investisseurs semblent vouloir attendre de voir si les différentes personnalités politiques européennes décident d’accorder leur violon et clament d’une même et seule voix leur désir de maintenir des liens étroits avec le voisin britannique. Les nouvelles supposées divergences de positions dans le camp européen viennent s’ajouter au flou ambiant qui entoure actuellement les négociations de sortie. Un autre élément pourrait néanmoins offrir l’opportunité à la livre sterling de casser la barrière de £0,88 : un réveil possible de spéculations monétaires en marge de la publication ce matin des nouvelles statistiques sur l’emploi au Royaume-Uni (10h30). La confirmation d’un écart de dynamique de croissance entre les salaires et l’inflation pourrait en effet constituer un argument aux yeux des responsables monétaires britanniques justifiant un nouveau resserrement monétaire au 1er semestre, probablement au mois de maI.

Perf 2018 = -0,70% / Moyenne 2018 = £0,8833 / Point haut 20 fév. 2018 = £0,8869 / Point bas 20 fév. 2018 = £0,8803 / Clôture 20 fév. 2018 = £0,8814

EUR/CHF

Doucement mais sûrement ou telle est la forme du rebond enregistré depuis le début de la semaine par la paire EUR/CHF qui profite du peu de volatilité sur les marchés et du regain (modeste) d’appétence au risque des investisseurs. Cependant, la barrière de ₣1,16 semble toujours pour le moment hors d’atteinte en l’absence de leviers haussiers importants sur l’euro. Sauf surprise importante des indicateurs PMI européens ce matin (à la hausse ou à la baisse), le cours de change devrait probablement continuer de « ronronner » dans sa fourchette de fluctuation de ₣1,15-1,16.

Perf 2018 = -1,26% / Moyenne 2018 =  1,1647 / Point haut 20 fév. 2018 = ₣1,1558 / Point bas 20 fév. 2018 = ₣1,1517 / Clôture 20 fév. 2018 = ₣1,1548

EUR/AUD

Pour le second trimestre consécutif, la dynamique annuelle des salaires accélère en Australie et atteint au 4ième trimestre 2017 le niveau de 2,1% contre 2,0% au T3 2017 et 1,9% au S1 2017. Si ce rebond est de bon augure, il reste néanmoins très modeste et ne devrait probablement pas permettre de rompre la timidité actuelle affichée par responsables monétaires australien en matière de politique de taux. En effet, si l’on s’en tient aux récents commentaires de la RBA, un retour de l’inflation vers son objectif de long terme de 2,5% présuppose une croissance des salaires de 3,5%. On en est encore bien loin. C’est un peu un sentiment de déception qui se dégage ce matin des marchés des changes , venant atténuer l’impression positive laissée par les propos optimistes délivrés mardi par la banque centrale australienne. Le dollar australien abandonne ses gains de la veille et la paire EUR/AUD pointe de nouveau ce matin en direction du niveau de A$1,57.

Perf 2018 = +1,99% / Moyenne 2018 =   A$ 1,5471 / Point haut 20 fév. 2018 = A$1,5700 / Point bas 20 fév. 2018 = A$ 1,5598 / Clôture 20 fév. 2018 = A$ 1,5649

EUR/ZAR

Les espoirs placés en Cyril Ramaphosa ; le nouveau président sud-africain depuis le départ forcé de Jacob Zuma la semaine dernière ; sont-ils justifiés ? C’est un premier grand test que passera aujourd’hui le nouveau dirigeant de l’Afrique du Sud auprès des marchés financiers. La présentation aujourd’hui du nouveau budget donnera un avant-goût du plan de route de Ramaphosa pour redresser l’économie et assainir les finances du pays (la dette nationale a triplé sous la présidence de J. Zuma). Depuis vendredi dernier, le cours EUR/ZAR semble caler à l’approche de la barrière de ZAR 14,40. Un budget cohérent et ambitieux pourrait constituer un argument soutenant un nouveau rebond du rand en direction du niveau de ZAR 14,0. En cas de fortes déceptions, le cours EUR/ZAR pourrait effacer une partie des récentes pertes et tester assez rapidement un premier niveau de résistance situé à ZAR 14,70

Perf 2018 = -2,81% / Moyenne 2018 =   ZAR 14,79 / Point haut 20 fév. 2018 = ZAR 14,5288 / Point bas 20 fév. 2018 = ZAR 14,4565 / Clôture 20 fév. 2018 = ZAR 14,4619


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