Actualités du marché des devises

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févr. 12, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 12 février 2018 - L’humeur des marchés (fin de séance asiatique/début de séance européenne) :

  • L’euro commence la semaine sur une note positive sur fond de retour au calme apparent sur les marchés actions.
  • Marchés japonais fermés ce matin, ce qui a favorisé le rebond de la devise européenne, lequel a été influencé par le rebond des prix des contrats à terme sur les actions européennes.
  • Après un recul de plus de 2% depuis un peu plus d’une semaine, la paire engrange 0,3% ce matin et repasse au-dessus de $1,2250.
  • Pas d’euphorie à signaler, cette dissipation des tensions nécessitent confirmation. Pas de gros mouvements à observer sur les paires EUR/JPY et EUR/CHF qui restent sur leur plus bas niveau de l’année.
  • La paire EUR/GBP apparaît toujours sonné par les propos de Michel Barnier vendredi et se maintient autour du seuil de £0,8850.
  • Le rand accentue ses gains et la paire EUR/ZAR évolue ce matin sous le seuil support de ZAR 14,70 alors qu’un départ de J. Zuma pourrait être officialisé aujourd’hui.
  • Le yuan chinois recule fortement ce matin à quelques jours de la fermeture des marchés pour les congés du nouvel an. Cela ressemble à un mouvement de prises de bénéfices après les gains des dernières séances.                           

Résumé de la séance précédente (vendredi 9 février 2018)/ du weekend : Un « shutdown » éphémère aux Etats Unis…Michel Barnier ravive les peurs et renvoie la livre sterling dans les cordes…Des chiffres de l’emploi très décevants au Canada…Pas de révolution à la tête de la Banque du Japon…La Chine ouvre ses marchés, pour le grand plaisir du yuan… Remous en interne au sein de la CDU d’Angela Merkel…La couronne norvégienne touche son plus bas niveau de l’année face à l’euro

Comme il l’était pressenti, quelques heures après l’annonce d’une nouvelle fermeture partielle des agences fédérales américaines, la seconde de l’année, le Congrès américain a voté une nouvelle loi budgétaire assurant le relèvement du plafond d’endettement et une hausse des dépenses de l’ordre de $300Mds lors des deux prochaines années. Les Etats Unis sortent enfin de l’impasse budgétaire, après quand même cinq extensions temporaires depuis octobre dernier, et s’offrent un peu d’air. Les services fédéraux américains sont assurés d’être financés jusqu’au 23 mars 2019.

Le négociateur en chef européen Michel Barnier a tenu à mettre en garde Londres sur le fait qu’une période de transition post-Brexit ne devait pas être considérée comme acquis. Celle-ci, prévient-il, reste conditionnée à la signature d’un accord de sortie entre les deux camps. Poker menteur ou réel avertissement ? Dans les deux cas Bruxelles durcit le ton et réaffirme son ascendant dans les négociations actuelles. Ce visage ferme affiché par le camp européen a immédiatement effacé les restants d’enthousiasme suscité jeudi par la Banque d’Angleterre, et ravivé les craintes de sortie brutale du Royaume-Uni hors de l’Union Européenne et de répercussions néfastes pour l’économie britannique. Car du côté britannique, l’heure n’est plus aux concessions. Très vivement critiquée au sein de son propre parti pour sa gestion jugée trop conciliante des négociations de sortie, la première ministre Theresa May n’entend pas céder et a fait passer le mot d’ordre à ses équipes : « Pas de compromis ». La paire EUR/GBP est aussitôt repassée au-dessus du seuil de £0,88 mais a vu sa dynamique haussière décélérer à l’approche du seuil de £ 0,89 (pic en séance à £0,8879).

Le Canada a publié vendredi son plus mauvais rapport sur l’emploi depuis la crise financière, et vu son taux de chômage remonter de 5,7% à 5,9% un mois après que celui-ci ait atteint son plus bas niveau depuis 1976 (date de lancement de la série statistique). L’économie canadienne a en effet détruit 88k emplois en janvier alors que le consensus d’économistes tablait plutôt sur un volume mode de 10k créations. Il faut remonter à janvier 2009, soit 8 ans exactement, pour revoir une telle performance au Canada. Ce résultat mérite d’être nuancé car il tient à la suppression historique de 137k postes à temps partiel durant le mois, le nombre de postes à temps plein étant lui en hausse en janvier (+49k). Donc pas de conclusions hâtives à partir de ce seul rapport, notamment après les très bons résultats affichés par l’économie canadienne, néanmoins la vigilance est désormais de mise. Le cours EUR/CAD a franchi temporairement le seuil de C$1,55 ; pour la 4ième fois cette semaine ; mais a très vite retracé, confirmant une résistance technique importante à ce niveau précis aux yeux des cambistes. Au final, la paire de change a terminé la dernière séance de la semaine dans le rouge, celle-ci abandonnant presque 0,2% (clôture à C$1,5407).

L’agende d’information Reuters a révélé vendredi après-midi que le mandat du gouverneur central japonais Haruhiko Kuroda devrait être reconduit. Privilégiant la stabilité, tout porte à croire que la Banque du Japon devrait maintenir son cap monétaire très accommodant pendant une période prolongée, du moins tant que l’inflation n’aura pas montrer de signes tangibles de retour durable vers le niveau de 2% ciblé par la banque centrale. En réaction à l’annonce, la paire EUR/JPY, qui venait de toucher pour la première fois depuis presque 3 mois le niveau de ¥132, a effacé toutes ses pertes de la séance et terminé la semaine sur une note positive juste au-dessus du seuil de ¥133 (+0,11% à ¥133,30).

La Chine a annoncé vendredi qu’elle allait lancer fin mars ses propres contrats à terme sur le pétrole qui seront ouverts aux investisseurs étrangers. Un indice libellé en yuan viendra donc prochainement concurrencer les traditionnels indices WTI et Brent, eux libellés en dollar américain. La devise chinoise s’est à nouveau fortement renforcée en réaction à l’annonce et bondi vendredi de près de 0,9% face à l’euro, clôturant ainsi la semaine à son plus haut niveau depuis 3 mois à ¥7,7242.

La grogne monte parmi les conservateurs allemands après l’accord conclu mercredi avec le rival historique de gauche, le SPD, pour former une nouvelle coalition gouvernementale. On reproche à Angela Merkel d’avoir fait trop de concessions pour sécuriser son 4ième mandat de chancelière. Parmi elles, la perte du ministère des finances passe très mal car on craint la mise en péril de la traditionnelle politique de rigueur budgétaire très chère aux membres de la CDU/CSU. De son côté, Merkel reconnaît des sacrifices lourds mais exclut une éventuelle remise en cause de son mandat. L’accord de coalition CDU/SPD doit encore recevoir la validation des militants démocrates allemands, très probablement en mars, avant de pouvoir être officialisé.

Le recul inattendu et significatif de l’indice d’inflation de base norvégien ; de 1,4% à 1,1% en janvier ; a surpris les marchés qui y voient là un possible signe justifiant un report dans le temps d’une première hausse de taux dans le pays. Anticipé en fin d’année 2018, sous l’appui des propos du gouverneur central norvégien, ce resserrement monétaire pourrait être décalé l’année prochaine si les conditions économiques ne sont réunies. La couronne norvégienne a accru les pertes engendrées depuis une semaine sous l’effet d’une forte correction des prix du pétrole (environ -10% en 6 séances) et a clôturé la séance à son plus bas niveau face à l’euro depuis plus d’un mois, à NOK 9,7561 exactement. La paire EUR/NOK a tout de même touché son plus haut niveau de l’année 2018 vendredi à NOK 9,8773 avant de corriger en fin de journée.

Vos rendez-vous clés de la séance de la semaine du 12-18 février 2018  :  Les investisseurs observent avec prudence l’inflation aux Etats Unis (mercredi) et Royaume-Uni (mardi)…Chiffres de croissance en Allemagne et Zone Euro (mercredi)… Réunion de la banque centrale suédoise (décision mercredi)…Réunion au sein de l’ANC pour préparer la sortie de J. Zuma en Afrique du Sud (lundi)… Les marchés chinois ferment pour fêter le nouvel an.

  • Etats Unis & Royaume-Uni

Aux abonnés absents l’année dernière, c’est avec désormais avec appréhension que les marchés observent le retour soudain de l’inflation sur la fin d’année 2017/ début d’année 2018. En effet la montée des prix ; laquelle apparaît tout à fait naturelle dans un contexte actuel de renforcement de la croissance globale ; fait craindre aux investisseurs une accélération cette année du processus de sortie des politiques monétaires accommodantes menées depuis près de 10 ans par les banques centrales des principales économies mondiales, et donc par corollaire une remontée rapide des rendements obligataires. Les marchés actions américains, qui ont atteint ces derniers mois des niveaux de valorisation historiques, voient d’un très mauvais œil cette remontée rapide des taux des emprunt d’Etat – Taux 10 ans américains a atteint un pic de 4 ans à plus de 2,85% - car elle vient provoquer de premières réallocations d’actifs parmi les gérants de fonds, voyant ici une aubaine pour diversifier leur portefeuille. Les bourses américaines ont fortement chuté la semaine dernière, entrainant dans leurs sillages leurs homologues asiatiques et européens. Si la panique s’est rapidement dissipée, elle pourrait reprendre de plus belle cette semaine si les nouvelles statistiques d’inflation, aux Etats Unis et au Royaume-Uni, viennent confirmer les craintes d’une extension rapide de la hausse des taux obligataires. La Banque d’Angleterre a en effet laissé entendre jeudi qu’elle pourrait procéder à un resserrement monétaire avant la fin de l’année (hausse des anticipations pour une action en mai) tandis que du côté américain un scénario d’une année à trois voire quatre hausses de taux se dessine progressivement. De nouvelles tensions sur les marchés actions, si elle se traduit par une nouvelle hausse de la volatilité globale, auraient des impacts évidents sur les marchés des changes. Et pas uniquement sur le dollar et la livre sterling, qui sont de prime abord les deux devises concernées par ces chiffres. Le franc suisse et le yen japonais pourraient alors de nouveau être recherchés par des investisseurs apeurés.

USD - Une hausse de l’inflation aux Etats Unis pourrait ne pas avoir l’effet initialement escompté. Compte tenu de la hausse attendue de l’endettement des Etats Unis dans les prochaines années, le pays s’étant engagé à mettre en place une réforme fiscale couteuse ($1,5Trn sur 10 ans en coût brut) et pourrait lancer prochainement un vaste plan d’investissement en infrastructure, cette remontée rapide des taux pourrait ressembler aux yeux des investisseurs comme une nouvelle épée de Damoclès placée au-dessus de la tête de l’économie américaine.

GBP - Du côté britannique, une hausse des prix renforcerait les anticipations de nouveau resserrement monétaire en mai. Cependant, il n’est pas évident que cette perspective soit d’un grand soutien à la livre. Bien que les marchés à terme aient déjà commencé à envisager ce scénario, les incertitudes liées au Brexit prédominent et obligent les investisseurs à restés pour le moment à l’écart de la devise britannique.

  • Zone Euro

Mercredi matin, l’Allemagne et la Zone Euro publieront leurs estimations de croissance du PIB au dernier trimestre 2017. Ce pourrait être l’opportunité pour les « acheteurs » d’euro de faire leur retour sur le marché, et de réactiver les pressions haussières sur l’euro, alors que la devise européenne vient de subir une correction de plus de 2% face au dollar depuis le pic à plus de $1,25 touché le 1er février dernier.

  • Suède

Ce mercredi, la Riksbank tiendra mardi sa première réunion monétaire de l’année 2018, l’occasion pour elle de faire le point sur son calendrier alors que l’on semble anticiper sur les marchés à terme une première hausse de taux au second semestre, et plus particulièrement à l’occasion de la réunion de septembre (cf . positions sur les marchés à terme). Si l’on n’attend pas d’annonces majeures ce mercredi lors du dévoilement des conclusions de la réunion, la banque pourrait néanmoins délivrer quelques indices sur ses intentions. Les indicateurs économiques publiés sur le début d’année 2018 ont été plutôt mitigés, parmi eux on note un léger ralentissement de l’inflation sur la fin d’année dernière, un ralentissement de l’activité manufacturière et une consommation domestiques moins robuste. Les responsables monétaires suédois pourraient se servir de ces résultats pour temporiser et laisser savoir qu’il n’y a aucune urgence pour resserrer les conditions monétaires. Si tel est le cas, la couronne norvégienne pourrait accentuer les pertes accumulées face à l’euro sur le mois de février (-1,4%) et poursuivre sa chute en direction du seuil de SEK 10,0.

  • Afrique du Sud

Le comité exécutif du Congrès National Africain (ANC) se réunira lundi pour discuter de l’avenir du président Jacob Zuma, a annoncé dimanche le nouveau dirigeant du parti Cyril Ramaphosa. Après une semaine de tractation, le parti pourrait exiger un départ de Zuma, lequel est accusé de corruption et de détournement de fonds publics, avant la fin de son mandat. Le vice-président Ramaphosa fait figure de candidat naturel pour reprendre les rênes du pays. Le rand s’est à nouveau renforcé de plus de 1% face à l’euro vendredi sur fond d’anticipations de transition et de nouveau cycle de gouvernance dans le pays. Ce lundi matin, le cours EUR/ZAR testait le support de ZAR 14,70 et oscille proche de ses plus bas niveaux observés depuis 7 mois.

  • Chine

Ce jeudi, les marchés financiers chinois fermeront leur porte pendant une semaine, jusqu’au 21 février, à l’occasion des célébrations du nouvel an chinois. Vendredi 16 février 2018 en Chine débutera l’année du chien. La prochaine fermeture des marchés chinois pourrait donner lieu à une hausse des volumes de transaction et de la volatilité sur les marchés des changes.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

Après une correction de plus de 2% depuis la publication des chiffres de l’emploi américain le 2 février dernier, la paire semble s’être stabilisée au-dessus du seuil de $1,22 et pourrait tenter d’amorcer un rebond cette semaine alors que le calendrier économique en Europe sera un plus chargé que la semaine dernière (chiffres de PIB en Allemagne et Zone Euro ce mercredi notamment). Prudence tout de même en cas de nouveaux mouvements de panique sur les marchés actions américains, ou encore de turbulences politiques en Europe, plus particulièrement en Allemagne où Angela Merkel est la cible de vives critiques et en Italie où la campagne électorale se durcit. La paire se redresse légèrement ce matin, et repasse au-dessus de $1,2250. On suivra ce soir aux Etats Unis, le discours de Donald Trump sur son agenda budgétaire après qu’ait été signé vendredi un accord assurant des dépenses militaires et domestiques de l’ordre de $300Mds sur les deux prochaines années.

EUR/GBP

Le cours EUR/GBP apparaît sonné après les déclarations vendredi de Michel Barnier, lesquelles sont venues aussitôt estompées les effets de la Banque d’Angleterre. Pas de réels changements en ce qui concerne la dynamique générale de la paire de change, celle-ci continue de naviguer en eaux troubles, dans une borne de fluctuation de £0,87-£0,89. Des mouvements spéculatifs en amont des chiffres d’inflation publiés mardi matin au Royaume-Uni pourrait venir soutenir la livre sterling ce lundi, toutefois on reste globalement dans une volatilité basée sur des mouvements techniques.

EUR/CHF

La paire rebondit légèrement ce matin et essuie une partie des pertes accumulées jeudi dernier suite à un nouveau mouvement de panique sur les marchés actions consécutivement aux annonces de la Banque d’Angleterre. Si le cours EUR/CHF fait son retour au-dessus de ₣1,15, le maintien d’un sentiment de prudence face au retour soudain de la volatilité sur les marchés financiers semble limiter pour l’heure un redressement important. Si les craintes se sont dissipées vendredi, les investisseurs attendent une confirmation de ce retour au calme avant de reprendre pleinement confiance, et accroître leur exposition au risque. Le cours de change pourrait donc continuer d’osciller entre ₣1,15 et ₣1,16 en attendant de voir la réaction des marchés actions aux nouveaux indicateurs d’inflation au Royaume-Uni (mardi) et Etats Unis (mercredi). De nouvelles turbulences pourraient à nouveau provoquer un important recul de la paire de change.


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