Actualités du marché des devises

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févr. 09, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 9 février 2018 - L’humeur des marchés (fin de séance asiatique/début de séance européenne) :

  • L’euro retrouve un peu d’air après une semaine très difficile. Les turbulences observées hier sur les bourses européennes et américaines semblent s’être à nouveau dissipées.
  • Après 5 séances consécutives de recul et une perte de plus de 2% , la paire EUR/USD rebondit modestement ce matin et repasse au-dessus de $1,2250.
  • Fort rebond des paires EUR/JPY (retour à ¥134) & EUR/CHF (retour à ₣1,15) lesquelles avaient fortement corrigé jeudi en réaction à un nouveau décrochage des marchés actions après la décision de la Banque d’Angleterre.
  • La livre sterling continue de profiter des effets positifs offerts par un discours sensiblement plus « agressif » de la banque centrale britannique. Le cours EUR/GBP se maintient sous £0,88.
  • La couronne norvégienne corrige de 0,6-0,7% face à l’euro ce matin en réaction à un recul surprise de l’indice d’inflation de base. Le cours EUR/NOK approche du seuil de NOK 9,80.
  • Les cours du pétrole poursuivent leur recul : -9% sur les 10 dernières séances pour l’indice Brent qui retourne à $64 ce matin.
  • Le yuan retrouve des couleurs après son important recul de la veille. L’inflation en Chine reste stable à 1,5% en janvier et le cours EUR/CNH retombe ce matin sous le seuil support de ¥7,75.

Résumé de la séance précédente (jeudi 8 février 2018) : La Banque d’Angleterre durcit le ton…et provoque (involontairement) un nouveau décrochage des bourses mondiales…Les valeurs refuges (JPY & CHF) surfent sur ce retour de la volatilité…Les Etats Unis accueillent un second « shutdown » consécutif…Fort recul du yuan chinois

À l’occasion de sa première réunion monétaire de l’année, la Banque d’Angleterre a maintenu, à l’unanimité (9 votes vs 0), son taux directeur principal inchangés à 0,5%. Néanmoins, dans son communiqué officiel, cette dernière affiche sa volonté de ramener de manière durable l’inflation vers son objectif de long terme 2% sur un « horizon de temps classique » (lire ici 3 ans, cadre temporel traditionnellement utilisé par la banque en matière de projections économiques), et pour cela se dit prête à procéder à une politique de resserrement monétaire « légèrement » plus marquée. Les nouvelles projections monétaires publiées en marge de cette réunion affichent désormais un agenda de presque trois hausses de taux à horizon fin 2020, contre seulement deux hausses évoqué en novembre dernier. Cet ajustement tient aussi du fait de la résilience de l’économie britannique dont toutes les projections de croissance sur la période 2018-2020 ont été légèrement révisées à la hausse. Si la dynamique économique progresse en ligne avec les attentes de la banque, il se pourrait même que celle-ci décide d’intervenir avant la fin de l’année. La livre sterling a profité d’un réajustement des anticipations de prochaine hausse de taux aux Etats Unis, et notamment d’une hausse des positions autour de la date de mai. La probabilité implicite d’une nouvelle intervention à cette date est montée à 70% peu après la publication du communiqué officiel de la banque centrale britannique. La livre sterling a enregistré jusqu’à près de 1,3% de gains face à l’euro, la paire EUR/GBP enregistrant un point bas en séance à £0,8730, avant finalement de corriger graduellement en fin de journée dans un contexte de marché très agité (EUR/GBP à £0,8802 en clôture).

Sans le vouloir, la Banque d’Angleterre, en affichant sa volonté de procéder à une politique de resserrement monétaire plus marquée, a réanimé les peurs des investisseurs et provoqué un nouveau décrochage des bourses mondiales. Face à un nouveau signal suggérant la fin progressive des politiques accommodantes dans les principales économies mondiales ; ce qui signerait la fin d’une période d’accès au crédit facile ; les marchés actions européens et américains ont à nouveau fortement corrigé. L’indice DAX en Allemagne a reculé de 2,6%, à Paris le CAC 40 a chuté de près de 2% et aux Etats Unis l’indice S&P 500 s’est effondré de 3,8%. L’indice de volatilité sur les marchés actions européens (V2X) a bondi jeudi à son pic depuis juin 2016 tandis que l’indice VIX approche de son récent pic de près de 2 ans ½ touché vendredi dernier. Dans ce nouveau climat de volatilité, les actifs dits « refuges » ont été particulièrement été ciblés par les investisseurs. Le franc suisse a ainsi engrangé un rebond de 0,9% face à l’euro et atteint un pic de 4 mois à ₣1,1449 (EUR/CHF à ₣1,1465 en clôture), tandis que le yen a lui bondi de près de 0,7% face à l’euro et est retombé sous le niveau de ¥134 (EUR/JPY à ¥133,16 en clôture).

Comme on pouvait le craindre, en l’absence de garanties concernant la protection des migrants clandestins, les sénateurs démocrates ont bloqué la nouvelle motion budgétaire, provoquant au passage une nouvelle fermeture partielle des agences fédérales américaines. Il s’agit du second « shutdown » consécutif aux Etats Unis après celui de trois jours déjà observé fin janvier. Néanmoins, comme la précédente fois cette paralysie budgétaire pourrait être éphémère puisque, comme expliqué dans l’édition FX Breakfast de jeudi, les deux camps tentent actuellement de faire passer un projet de rehaussement du plafond d’endettement et de hausse des dépenses de l’ordre de $300Mds sur les deux prochaines années fiscales 2018 et 2019 (nouvelle échéance fixée à mars 2019). Malgré cette série de rebondissements au Congrès ces dernières semaines, qui pourrait en déboussoler plus d’un, le dollar bénéficie de son statut ; un brin obsolète mais malgré tout toujours valide ; de « première devise mondiale » et reste amplement demandé par des investisseurs apeurés dans cet environnement de marché tumultueux. Le cours EUR/USD a enregistré jeudi sa 5ième séance consécutive de baisse (-0,14% jeudi et -2,1% depuis vendredi dernier) et clôturé la séance sous le seuil de $1,2250 (plus bas depuis 3 semaines).

La séance de jeudi aura aussi été marquée par l’important recul du yuan en réaction à la réduction inattendue du surplus commercial chinois en décembre, lequel a reculé de plus de 60% sous l’influence d’un pic des importations de près de 37%. Le cours USD/CNY a bondi de 0,9% et s’est écarté de ses plus bas niveaux atteints depuis août 2015 (retour au-dessus du seuil de ¥6,30. Après un bref passage sous le niveau de ¥7,75 mercredi, le cours EUR/CNH a progressé de près de 0,6% jeudi et est retourné autour des niveaux de ¥7,80 (barrière franchie hier).

Vos rendez-vous clés de la séance du 9 février 2018  :  En Norvège la croissance rassure, pas l’inflation … Production industrielle & statistiques commerciales au Royaume-Uni (10h30)…Emploi au Canada (14h30)…Conclusions du nouveau tour de table sur le Brexit (fin de journée)

  • Norvège

Si l’économie norvégienne domestique, hors activité pétrolière, a comme attendu enregistré au 4ième trimestre 2017 un solide rebond de 0,6% et a vu sa performance au 3ième trimestre révisée à la hausse de 0,6% à 0,7%, le fort recul des indices d’inflation de base (excluant les prix volatils de l’énergie et des produits alimentaires) en janvier empêche tout excès d’optimisme. Anticipée à la hausse par une majorité d’observateurs (consensus = 1,5%), la dynamique annuelle de l’indice d’inflation de base a chuté significativement de 1,4% à 1,1% sur ce début d’année, et retourne sur ces plus bas niveaux depuis 2013. Ce décrochage de la dynamique de prix pourrait remettre en case les plans de la banque centrale norvégienne qui communique depuis la fin d’année dernière sur une possible première hausse de taux à horizon fin d’année 2018. Le réajustement des anticipations monétaires, couplé à la faiblesse récente des prix du pétrole (-9% pour l’indice Brent depuis le 26 janvier dernier), viennent soutenir un rebond de la paire EUR/NOK, laquelle s’approche ce matin du seuil de NOK 9,80.

  • Royaume-Uni

Parmi les principales publications économiques majeures de la journée, on jettera un œil attentif en milieu de matinée aux nouvelles statistiques de production manufacturière et industrielle, et sur le niveau de l’activité commerciale britannique lors du dernier mois de l’année 2017. Ces chiffres pourraient laisser aux investisseurs une impression mitigée puisqu’on attend en parallèle une réduction du déficit commercial et une forte contraction de l’activité industrielle (consensus : -0,9% M/M). Des résultats qui pourraient laisser les investisseurs sur leur faim, et la livre sterling dans le flou. Néanmoins, l’évènement majeur de la journée est ailleurs. La réunion de la Banque d’Angleterre passée, le Brexit pourrait reprendre ses droits sur la volatilité de la devise britannique. On attend en effet en fin de journée les conclusions du nouveau tour de table qui s’est tenu cette semaine à Bruxelles, et qui semble avoir à nouveau mis en exergue les différences d’attentes des deux parties, ici en ce qui concerne les modalités de la période de transition post-Brexit.

  • Canada

En début d’après-midi, nos regards se tourneront vers le Canada où seront publiés les nouveaux chiffres du marché du travail en janvier. Les statistiques pourraient s’avérer bien moins impressionnantes que lors des précédents mois, le consensus économique tablant ce mois-ci sur un volume de création d’emploi de 10k contre près de 80k au mois de décembre. Il s’agirait tout bonnement du plus faible volume observé lors des 14 derniers mois. Un mois après avoir chuté à un plus bas depuis 40 ans, le taux de chômage pourrait remonter légèrement sur ce début d’année, remontant de 5,7% à 5,8%. S’il n’y aurait ici rien de réellement alarmant, ce rapport viendrait néanmoins fermer la porte à une nouvelle hausse de taux rapide au Canada. Après une nouvelle intervention en janvier ; la 3ième depuis juillet 2017 ; les marchés n’anticipent pas de prochain resserrement monétaire avant juillet. En l’absence de leviers haussiers offerts par de nouvelles spéculations monétaires, le dollar canadien pourrait rester handicapé par les pressions baissières découlant du maintien des risques de disparition de l’ALENA et de l’effet négatif provoqué par la chute actuelle des prix du pétrole. En cas de chiffres de l’emploi décevants, il ne serait pas surprenant de voir la paire EUR/CAD tenter à nouveau une percée au-dessus du seuil de C$1,55.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

La paire retrouve un peu d’air ce matin après 5 séances consécutives de recul, soit une perte de plus de 2% depuis vendredi dernier et la publication des chiffres de l’emploi américain. On est tenté de croire que l’annonce probable d’une extension budgétaire de 2 ans aux Etats Unis n’aura pas de réels impacts sur la paire ; la nouvelle ayant déjà été intégrée ;  et que la déception causée par la future structure du gouvernement allemand est désormais totalement dissipée. Si un léger rebond pourrait être observé en cette dernière séance de la semaine sur fond de prises de bénéfices, la paire reste néanmoins handicapée par un contexte de forte volatilité qui s’avère être favorable au dollar américain. Sauf nouvelles fortes turbulences, le cours EUR/USD pourrait consolider sa position entre $1,22 et $1,23 ce vendredi, et pourquoi pas tenter un retour en fin de séance au-dessus de cette barrière (échec hier, pic à $1,2295).

EUR/GBP

Le cours EUR/GBP reste sur une dynamique baissière en l’absence de réels leviers haussiers sur l’euro. Le message envoyé par la Banque d’Angleterre est clairement favorable à une revalorisation de la livre sterling puisque celle-ci laisse entendre que la résilience de l’économie britannique sous-entend une politique de normalisation monétaire plus marquée, et donc des rendements obligataires britanniques potentiellement plus attractifs. Ce regain d’enthousiasme pourrait néanmoins être de courte durée car tous ces projets découlent d’une hypothèse de Brexit doux, ou du moins d’une sortie de l’UE ayant un impact très modeste sur l’économie britannique. Or on semble encore très loin d’un accord final comme l’illustre les passes d’armes entre les deux camps observées tout au long de la semaine en marge du nouveau tour de table sur le Brexit. Si les conclusions cette après-midi de ces réunions de travail soulignent une impasse dans les discussions dès lors les craintes de « sortie brutale » pourraient reprendre le dessus et renvoyer la livre sterling dans les cordes, c’est-à-dire dans un couloir de £0,88-0,89.

EUR/CHF

La paire a à nouveau subi le contrecoup d’un retour de la volatilité sur les bourses mondiales et du nouveau décrochage important des marchés actions suite à la décision de la Banque d’Angleterre qui tend à confirmer la prochaine fin des politiques monétaires accommodantes à travers le monde. Contrairement au début de semaine, les marchés actions européens ont été cette fois-ci bien plus impacté par la montée des peurs des investisseurs, ce qui tend à expliquer l’important nouveau rebond du franc jeudi (+0,9% face à l’euro). Bien qu’un décrochage trop important et soudain de la paire semble peu probable, de par la solide valorisation de l’euro et le fait que la banque centrale suisse n’hésitera certainement pas à intervenir pour contenir les pressions haussières sur le franc si celles-ci sont jugées trop importantes, néanmoins le passage sous le niveau de₣1,15 tend à signaler que le poids des supports techniques n’a finalement que peu d’influences dans les environnements actuels de forte aversion au risque. Si le cours retourne ce matin au-dessus du seuil de ₣1,15, il ne serait pas surprenant de voir la paire corriger graduellement à moyen terme en direction de ₣1,12 si la peur s’accroit sur les marchés.

 


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