Actualités du marché des devises

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févr. 08, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 8 février 2018 - L’humeur des marchés (fin de séance asiatique/début de séance européenne) :

  • Regain graduel d’intérêt pour le dollar alors qu’un scénario de trois hausses de taux aux Etats Unis cette année gagne du crédit et que le pays est en passe de sortir de l’impasse budgétaire dans laquelle il est coincé depuis octobre dernier.
  • La paire EUR/USD poursuit sa correction et oscille ce matin sous $1,2250. Le support de $1,2330 a été franchi, la paire se dirige désormais vers celui de $1,2160. Vote attendu ce soir au Sénat US pour éviter un nouveau « shutdown ».
  • Le cours EUR/GBP reste très stable, sous le seuil de £0,8850, en attendant la décision de la Banque d’Angleterre en début d’après-midi (13h00).
  • La dollar néozélandais recule de 0,3% ce matin face à l’euro (sous NZ$1,70) après que la banque centrale néo-zélandaise ait repoussé hier sa projection de retour de l’inflation vers son objectif de 2%.
  • Fort recul du yuan ce matin en réaction au fort recul du surplus commercial (réduit de plus 60% à cause d’une hausse de 37% des importations en décembre). Le cours USD/CNY remonte au-dessus de ¥6,30 / le cours EUR/CNH retourne à ¥7,76
  • Devises refuges très stables : EUR/CHF toujours sous ₣1,16 et maintien de la paire EUR/JPY à ¥134 malgré le recul de 1,1% de la veille.                         

Résumé de la séance précédente (mercredi 7 février 2018) : Des investisseurs échaudés par le retour de la volatilité et qui restent prudents… Un accord non sans douleur en Allemagne… Un projet d’extension budgétaire de 2 ans dessiné par le Sénat américain… Révision à la hausse des projections sur l’EUR/USD…La livre sterling sans direction à l’approche de la réunion de la Banque d’Angleterre… Nouveau statu quo monétaire en Pologne…Le sort de J. Zuma toujours dans le flou en Afrique du Sud

Malgré le rebond des indices actions, et la dissipation générale de l’effet panique qui s’était emparé des marchés financiers lundi, les investisseurs préfèrent rester prudents. L’indice VIX, souvent considéré par les observateurs comme un « indicateur de la peur » sur les marchés, reste toujours très élevé par rapport aux faibles niveaux observés depuis 2 ans (proche de 28 vs moyenne de 13 sur les deux dernières années). Le réveil de la Corée du Nord, dont la communication se fait plus importante à l’approche des Jeux Olympiques d’hiver qui débuteront en Corée du Sud ce vendredi, est un autre facteur important nourrissant le peu d’appétence actuel au risque des investisseurs. Le yen a engrangé mercredi un rebond de 1,1% face à l’euro (EUR/JPY à ¥134,07 en clôture) à et de 0,2% face au dollar américain (USD/JPY à ¥109,31 en clôture).

La séance a été marquée par une correction importante de l’euro malgré l’annonce d’un accord final conclu entre les conservateurs et les sociaux-démocrates en Allemagne. Les marchés ont sanctionné le fait qu’Angela Merkel a peut-être réalisé beaucoup trop de concessions auprès de son partenaire politique pour éviter un nouveau scrutin. L’abandon du portefeuille des ministères des finances au SPD ; poste le plus important derrière celui de chancelier dans la hiérarchie du gouvernement allemand ; qui plus est à une autre personne que Martin Schulz, président du SPD et ex-président du Parlement européen entre 2014 et 201, qui était très fortement pressenti pour le poste, a été accueilli avec vive déception par les marchés.

Aux Etats Unis alors que se profile ce jeudi la date butoir budgétaire qui pourrait être synonyme de nouvelle fermeture des agences fédérales américaines, le Sénat a proposé mercredi un texte de loi proposant un relèvement du plafond des dépenses fédérales de l’ordre de $300Mds sur les deux prochaines années, jusqu’en mars 2019. Ce projet, qui prévoit notamment un relèvement du plafond de dépenses dans le secteur de la défense mais également dans le secteur des infrastructures, s’il est ratifié par les deux chambres du Congrès, permettrait aux Etats Unis de sortir de l’impasse budgétaire dans laquelle il est plongé depuis le mois d’octobre.

Sous l’influence d’une correction de l’euro et de nouvel attrait du dollar, notamment alimenté par les commentaires optimistes de plusieurs membres de la Fed évoquant leur soutien à l’égard d’un agenda de 3 voire 4 hausses de taux cette année, le cours EUR/USD a corrigé de presque 1% lors de la séance de mercredi et a clôturé la séance sous le niveau de $1,23 ($1,2262 en clôture), une première depuis le 23 janvier dernier. Contrairement aux précédentes séances, le dollar a été plus sensible aux niveaux attrayants des rendements obligataires américains, le taux d’emprunt d’Etat à 10 ans étant toujours proche de son plus haut niveau depuis 4 ans à plus de 2,8%. Aussi cocasse que cela puisse être, cette correction de l’euro a eu lieu en parallèle de la sortie de la nouvelle enquête mensuelle de projections à 12 mois sur les marchés des changes des agences Bloomberg et Reuters, qui mettent toutes deux en lumière une forte révision à la hausse des projections sur la paire EUR/USD. Surprises par le « coup de chaud » de 3% de la paire en janvier, de nombreuses banques ont réajusté leurs anticipations. La médiane des projections à 12 mois de près de 70 banques est désormais de $1,25 contre $1,21 en janvier dernier.

La livre sterling a connu une séance très agitée, tantôt sur une pente descendante faute de certitudes à l’égard du Brexit et tantôt sur une pente ascendante sur fond de spéculations monétaires alors que se profile ce jeudi la première réunion de l’année de la Banque d’Angleterre. Sur le plan du Brexit, le secrétaire d’Etat aux affaires, Greg Clark, a concédé dans un entretien à la BBC qu’il ne pouvait à ce jour offrir aux entreprises britanniques de garanties en ce qui concerne la future relation avec l’Union Européenne alors que ces dernières réclament davantage de clarté concernant le processus de sortie. En ce qui concerne les spéculations monétaires, certains observateurs estiment que la résilience de l’économie britannique et le niveau toujours très haut de l’inflation dans le pays pourraient pousser la banque centrale britannique à envisager une hausse prématurée de taux cette année. Après avoir tentée une percée au-dessus du seuil de £0,89, sans succès, la paire EUR/GBP a finalement corrigé et clôturé la séance sous le niveau de £0,8850 (clôture à £0,8834).

En Pologne, la banque centrale a sans surprise opté pour un nouveau statu quo monétaire et réaffirmé qu’elle n’entendait pas opérer à une première hausse de taux avant 2019 si les conditions actuelles restent inchangées. Le zloty a reculé de plus de 0,3% face à l’euro en l’absence d’un quelconque signal laissant percevoir un possible changement d’orientation, et une première hausse de taux cette année, de la part des responsables monétaires polonais. Le cours EUR/PLN s’éloigne de son plancher de PLN 4,12 touché fin janvier et repasse au-dessus du seuil de PLN 4,16.

En Afrique du Sud, l’enthousiasme suscité par les rumeurs de départ du président Jacob Zuma s’est légèrement estompé mercredi en l’absence de nouveaux détails concernant l’accord conclu avec le vice-président et nouveau leader du parti du Congrès National Africain (ANC), Cyril Ramaphosa. Le président Zuma étant toujours au pouvoir ce mercredi, les marchés s’impatientent et le rand a abandonné près de 0,4% face à l’euro (EUR/ZAR à ZAR 14,79 en clôture).

Vos rendez-vous clés de la séance du 8 février 2018  :  Décision monétaire de la Banque d’Angleterre (communiqué à 13h00 & conférence de presse de M. Carney à 13h30)…Vote du Sénat US pour éviter un nouveau « shutdown »…Plus fort recul du yuan (vs USD) depuis la dépréciation de l’été 2015

  • Royaume-Uni

L’évènement de la séance de jeudi sera bien évidemment le dévoilement de la décision monétaire de la Banque d’Angleterre, sa première de l’année 2018. Si on attend globalement aucun changement au niveau des taux directeurs, les marchés seront néanmoins très attentifs à sa communication et aux nouvelles projections économiques publiées en marge de cette réunion. En novembre dernier, la banque centrale britannique opérait à un premier resserrement monétaire depuis 10 ans, ramenant ainsi les taux directeurs à leur niveau pré-Brexit de 0,50%, mais laissait entendre à l’époque qu’elle n’entendait intervenir que deux nouvelles fois lors des trois prochaines années.

La clé de la volatilité de la livre sterling est de savoir si la banque maintient cette approche très graduelle. La résilience de l’économie britannique malgré un contexte de fortes incertitudes liées au Brexit et le maintien d’un haut niveau d’inflation au Royaume-Uni (3,0% en décembre) laissent suggérer que la banque centrale britannique pourrait adopter une calendrier monétaire légèrement plus « agressif ». À en croire les échos de marché, la banque pourrait communiquer sur un plan de trois hausses lors des prochaines années et potentiellement préparer le terrain pour une intervention bien avant novembre, date à laquelle se situe le consensus actuel. Certains observateurs pensent qu’une nouvelle hausse de taux pourrait être observée dès le mois de mai.

Si la Banque d’Angleterre communique en ce sens, un réajustement des positions sur les marchés à terme viendrait soutenir une revalorisation de la livre sterling. Le cours EUR/GBP pourrait alors reculer et venir à nouveau tester le seuil de £0,87, résistance observée sur la paire de change depuis juillet dernier. À l’inverse, si la Banque d’Angleterre maintient sa communication inchangée, en l’absence de leviers haussiers les pressions baissières relatives au Brexit pourraient reprendre le dessus sur la paire EUR/GBP et la renvoyer vers les niveaux de £0,89.

  • Etats Unis

Le Sénat américain doit voter ce soir une nouvelle motion assurant une extension du financement budgétaire des agences fédérales américaines, sans quoi un nouveau « shutdown » pourrait être observé. L’absence de nouvelles mesures de protection des migrants clandestins dans le texte voté un peu plus tôt dans la semaine par la Chambre des représentants ; sujet sur lequel la chef de file démocrate au Sénat s’est longuement exprimée hier (discours de 8 heures, soit un record dans l’hémicycle) ; pourrait être à l’origine d’un nouveau blocage. Pour rappel, les agences fédérales avaient du rester fermés pendant une période trois jours en janvier suite au blocage du Sénat d’une motion budgétaire.

  • Chine

Le yuan chinois a lourdement chuté ce matin ; enregistrant au passage son plus fort recul face au dollar depuis les dépréciations de l’été 2015 (rebond de près de 1,3% enregistré en séance asiatique) ; en réaction à l’important recul du surplus commercial chinois en décembre ($20,3Mds vs consensus $54,1Mds et $54,7Mds en novembre) à cause d’une hausse très importante des importations (+36,9% A/A en valeur USD vs consensus +9,8% et 4,5% en novembre). La forte hausse des prix des matières premières vient expliquer cet important rebond. Le cours USD/CNY repasse ce matin au-dessus du seuil de ¥6,30 tandis que la paire EUR/CNH s’éloigne quelque peu du support de ¥7,75 qu’elle a testé hier (point bas recensé à ¥7,7284 mercredi).

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

Les marchés semblent retrouver un peu d’intérêt pour le dollar américain alors que la perspective d’une année à trois hausses de taux aux Etats Unis prend un peu plus de relief après les bons chiffres de l’emploi de vendredi dernier et les commentaires optimistes hier de plusieurs responsables monétaires américains. L’attractivité des rendements obligataires américains par rapport aux taux européens semble temporairement reprendre le dessus, notamment en l’absence cette semaine de leviers haussiers pour la devise européenne (peu de chiffres économiques & peu de commentaires en provenance de la BCE). Le support de $1,2330 ayant été franchi, le niveau de $1,2160 pourrait désormais jouer le rôle de frein à une chute plus importante de la paire de change. Ce que l’on observe ressemble à une simple correction passagère et naturelle après l’emballement observé ces dernières semaines. Il faudra surveiller l’issue du vote ce soir au Sénat américain sur une nouvelle extension budgétaire temporaire. Un nouveau « shutdown », risque à ne pas négliger, pourrait alimenter de nouvelles frustrations et donner une nouvelle raison aux marchés de sanctionner le dollar.

EUR/GBP

Le cours EUR/GBP reste très stable ce matin en amont de la décision de la Banque d’Angleterre attendue en début d’après-midi. Ce peu de volatilité signale que les marchés sont actuellement dans l’attente et observent la décision de la banque centrale avant de prendre de nouvelles positions. À l’issue de cette réunion, la paire de change pourrait tenter de sortir de la bande de fluctuation de £0,87-0,89 dans laquelle elle réside depuis maintenant près de 2 mois et demi.

EUR/CHF

Le peu d’appétit au risque des marchés et la déception causée par l’accord conclu hier en Allemagne entre la CDU et le SPD offrent peu de leviers à la paire EUR/CHF pour faire son retour au-dessus du niveau de ₣1,16. Le cours de change se maintient toujours dans une fourchette très étroite de ₣1,1550-₣1,1600, ce qui être une position intermédiaire dans laquelle les acheteurs/vendeurs de franc se retrouvent actuellement. Il n’y a trop de facteurs de risque pour justifier un retour durable vers le niveau de ₣1,17, en même temps les divergences monétaires entre la Zone Euro et la Suisse restent un facteur majeur soutenant un maintien de la paire au-dessus de ₣1,15. La faiblesse actuelle de l’euro pourrait assurer le maintien de la paire pendant encore quelques séances.


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