Actualités du marché des devises

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févr. 07, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 7 février 2018 - L’humeur des marchés (fin de séance asiatique/début de séance européenne) :

  • Marchés des changes relativement stables alors que les effets de paniques observés sur les marchés actions lundi soir aux Etats Unis et mardi matin en Asie se dissipent. Les investisseurs restent toutefois prudents et maintiennent une appétence au risque mesurée.
  • La paire EUR/USD reste sur la défensive (-0,2% à $1,2360) alors qu’un accord se fait toujours attendre en Allemagne. CDU & SPD ne sont toujours pas tombés d’accord sur les modalités d’une nouvelle coalition malgré toute une nuit de négociation mardi.
  • Le yen rebondit de 0,6% face à l’euro et l’EUR/JPY retombe sous ¥135 ce matin.
  • La livre sterling reste stable alors que les discussions sur le Brexit se poursuivent à Bruxelles. L’approche de la réunion de la Banque d’Angleterre ce jeudi freine les pressions baissières sur la livre sterling et assure un plafond à £0,89 pour la paire EUR/GBP.
  • Le dollar australien abandonne 0,3% face à l’euro et le cours EUR/AUD remonte à A$1,57. Malgré un mouvement baissier de type « Achetez la rumeur, vendez la nouvelle », la paire EUR/AUD reste soutenu par les divergences monétaires entre la Zone Euro et l’Australie.
  • Solide rebond du yuan chinois (+0,5% pour le CNY et +0,3% pour le CNH vs EUR) ce matin après que la banque centrale chinoise ait relevé le taux pivot journalier à son plus haut niveau depuis le 11 août 2015 face au dollar. Le cours USD/CNY chute sous ¥6,30 alors que les investisseurs voient dans ce choix des banquiers centraux chinois un signe de confort de ces derniers à l’égard d’une devise forte.                       

Résumé de la séance précédente (mardi 6 février 2018) : Quelle panique ? une simple correction « naturelle »…La RBA (Australie) reste accommodante…Les négociations se poursuivent en Allemagne…Le déficit commercial se creuse aux Etats Unis…Jacob Zuma (Afrique du Sud) sur le départ

La panique qui s’était emparée des marchés actions américains ce lundi (plus forte chute de l’indice Dow Jones sur une séance – recul de -4,6%), et dont les effets se sont répercutés en Asie mardi matin, s’est finalement rapidement dissipée. Ce mardi, les indices actions américaines ont effacé une partie des pertes accumulées depuis vendredi et rebondi de près de 2% (+2,3% pour l’indice Dow Jones / +1,7% pour l’indice S&P 500). Cette hausse soudaine de la volatilité (rebond de +116% de l’indice de volatilité VIX lundi), provoquée par une montée des anticipations de possible accélération du rythme de hausse de taux d’intérêt par la banque centrale américaine en réaction aux signaux de retour de l’inflation observés dans les dernières statistiques de l’emploi publiées vendredi dernier, apparaît aux yeux de nombreux observateurs comme exagérée. Les fondamentaux économiques aux Etats Unis restent très solides, aussi il faut voir dans le récent recul des marchés actions américains une correction « naturelle » d’un actif à la valorisation très (trop ?) importante. Cette dissipation des craintes est venue soutenir un rebond des deux paires EUR/JPY (+0,5%) et EUR/CHF (+0,6%), lesquelles avaient toutes deux été particulièrement impactées par ce mouvement d’affolement sur les marchés. La paire EUR/CHF est retournée vers ses niveaux de la semaine dernière, aux portes de ₣1,16, après avoir chuté à son plus bas niveau depuis plus de 3 mois (point bas recensé à ₣1,1511 lundi). La paire EUR/JPY a consolidé sa position au-dessus de ¥135 après une expédition temporaire vers ¥134 lors de la séance asiatique de mardi (point bas recensé à ¥133,96).

Pour sa première réunion de l’année, la banque centrale australienne a, sans surprise, maintenu mardi un statu quo de sa politique monétaire. Le taux directeur est donc conservé à son plus bas niveau historique de 1,5% pour la 18ième réunion consécutive. Si les banquiers centraux australiens pointent du doigt la faiblesse de la consommation domestique ; notamment illustrée mardi par les chiffres décevants de vente au détail au mois de décembre (-0,5% M/M vs consensus -0,2% et +1,3% en novembre) ; et les pressions modestes sur les prix (inflation toujours inférieure à 2% au T4 2017), ils maintiennent néanmoins leurs projections de rebond de la croissance à un rythme de plus de 3% lors des prochaines années. On observe toujours aucun signal concernant une possible normalisation des conditions monétaires en Australie, il faut dire que le contexte de panique sur les marchés actions mondiaux (perte de $60Mds de capitalisation de la bourse australienne – recul de l’indice ASX 200 de -3,2%) ne s’y prêtait pas. Après avoir atteint un pic de 2 ans en ouverture de séance européenne (point haut recensé à A$1,5796), la paire EUR/AUD a finalement corrigé et retourné au niveau de A$1,5650.

Pendant ce temps-là en Allemagne, les négociations entre la CDU et le SPD se poursuivent toujours, les deux partis n’étant toujours pas tomber d’accord sur les conditions de formation d’une nouvelle « Grande coalition ». La chancelière Angela Merkel semble cependant prête à faire des concessions « douloureuses » afin de sortir le pays de l’impasse dans lequel il est plongé depuis plus de 4 mois, et apporter davantage de stabilité. Cette dernière semble avoir été échaudée par le retour cette semaine de la volatilité sur les marchés financiers, et en parallèle la publication de plusieurs sondages relayant l’incompréhension et l’inquiétude des citoyens face à cette situation. Les sujets de l’emploi et des retraites apparaissent à ce jours les points les plus épineux. L’EUR/USD reste sur la défensive et se maintient sous le niveau de $1,24. La paire a bien tenté de casser la barrière de $1,23 (point bas recensé mardi à $1,2313), mais sans succès.

Parmi le peu de chiffres publiés mardi, on notera tout de même la plus forte hausse mensuelle du déficit commercial américain depuis octobre 2008 (+5,3% à $53,1Mds). Sur l’année 2017, le déficit de la balance commerciale américaine s’élève à $566Mds (+12% vs 2016), soit le plus haut niveau observé depuis 9 ans. Ce creusement des déficits s’explique par un pic historique des importations ($210,8Mds en décembre) causé par un « triple effet » : forte demande domestique, hausse des prix des matières premières et dollar faible. Il est important de noter que pour sa 1ière année à la tête du pays, Donald Trump n’a pas réussi à faire infléchir le déficit commercial avec la Chine, bien au contraire celui-ci s’est creusé en 2017 et un niveau inédit de $375,2Mds.

Le président Jacob Zuma aurait accepté de démissionner sous condition a révélé mardi un journal sud-africain citant plusieurs sources proches du parti de l’ANC (Congrès National Africain). Si la décision n’a pas encore été rendue officielle, et que le flou demeure autour de ces supposés conditions, plusieurs dirigeants de l’ANC ont confirmé qu’un accord avait été signé avec le vice-président et nouveau dirigeant du parti, Cyril Ramaphosa La rumeur d’un départ prématuré, avant la fin de son mandat initialement prévu mi-2019, avait pris de l’ampleur ces dernières semaines. Régulièrement cité dans plusieurs scandales politiques et affaires de corruption, et à la tête d’un bilan économique très contrasté, il apparaissait de moins en moins légitime pour Jacob Zuma de continuer à assurer ses fonctions. Cette décision a été accueillie très positivement pas les marchés et le rand s’est apprécié mardi de plus de 1,7% face à l’euro, la paire EUR/ZAR retournant sous le niveau de ZAR 14,80 (clôture à ZAR 14,7360).

Vos rendez-vous clés de la séance du 7 février 2018  :  La production industrielle déçoit en Allemagne tandis qu’ un accord CDU/SPD se fait toujours attendre…Le Sénat américain doit voter une nouvelle extension budgétaire…Décision monétaire en Pologne…Intervention de J. Trudeau (PM canadien) à suivre

  • Allemagne

Ce matin, c’est un sentiment de déception qui émane d’Allemagne après l’observation d’une contraction plus importante que prévu de la production industrielle au mois de décembre (-0,6% M/M vs consensus -0,5%) et l’absence d’accord entre la CDU et le SPD après tout une nuit de négociation. Une annonce pourrait néanmoins être faite dans la journée.

  • Etats Unis

La Chambre des représentants, à majorité républicaine, a voté mardi une nouvelle extension budgétaire temporaire – la 5ième depuis septembre dernier – qui permettra d’assurer le financement des agences et administrations fédérales américaines jusqu’au 23 mars prochain. Cette nouvelle extension n’inclut aucun changement concernant les lois sur l’immigration, notamment en ce qui concerne le programme de protection des jeunes migrants clandestins aussi communément appelés « Dreamers » qui arrive à son terme en mars. Dans ce contexte, le sénateurs démocrates pourraient refuser mercredi soir de voter en faveur de ce projet de loi budgétaire. Disposant d’une courte majorité au Sénat (51 sièges vs 49), le camp républicain a besoin de trouver un accord bipartisan pour éviter un nouveau « shutdown » sachant que tout projet de loi de modification du budget nécessite de recueillir au moins 60% des voix pour être approuvé. Le temps presse puisque les parlementaires américains ont jusqu’à jeudi soir pour trouver un accord. Les risques d’une nouvelle fermeture des services fédéraux américains est bien réelle puisque cette perspective ne semble pas effrayer le président américain, lequel ne semble pas prêt à céder aux exigences démocrates et négocier un quelconque assouplissement des règles en matière d’immigration.

  • Pologne

La banque centrale polonaise devrait opérer à un nouveau statu quo de sa politique monétaire, et vraisemblablement conserver sa rhétorique de non-empressement à durcir les conditions monétaires dans le pays. Les responsables monétaires clament depuis des mois qu’une hausse de taux ne devrait pas être observée cette année, ce qui n’est pas de l’avis de plusieurs acteurs de marché qui voient dans les très bons fondamentaux économiques polonais une raison de croire en une intervention prématurée. Comme lors des précédents rendez-vous monétaires, les marchés seront très sensibles à la teneur du discours et la communication officielle des responsables monétaires polonais.

  • Canada

Le premier ministre canadien fera un discours aujourd’hui depuis l’université de Chicago (heure non déterminée), ce qui offrira une nouvelle occasion pour les marchés de recueillir le sentiment du camp canadien sur les négociations sur l’ALENA qui se jouent actuellement. Un discours teinté de prudence et de pessimisme pourrait être accueilli comme un signe suggérant que les récentes discussions n’ont pas abouti à d’importantes avancées et que la menace d’une rupture reste toujours vivace. Le dollar canadien et le peso mexicain seront sensibles à l’évolution du sentiment de marché à l’égard de la survie ou non de cet accord économique historique.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

Le cours de change reste sur la défensive, la faute à des nouvelles décevantes ce matin en provenance d’Allemagne. Un accord entre la CDU d’Angela Merkel et le SPD se fait longuement attendre. Celui-ci était initialement prévu dimanche, aussi son report continu accentue le risque d’échec des négociations et de possible nouveau scrutin. Si cette probabilité reste pour l’heure faible, le simple maintien en vie de ce risque oblige les marchés à rester prudents. Le dollar reste assez stable après la dissipation de l’effet de panique sur les marchés actions américains. Les rendements obligataires américains reculent ce matin – le taux d’emprunt d’Etat 10 ans chute de 2,80% à 2,77% - face au retour dans la lumière d’un risque de « shutdown » aux Etats Unis. Un blocage du projet d’extension budgétaire au Sénat ce soir pourrait accentuer la nervosité des investisseurs et venir effacer les récents gains engrangés par la devise américaine.

 

EUR/GBP

Le cours EUR/GBP reste sur une dynamique haussière alors que les échos en marge du nouveau tour de négociation sur le Brexit qui s’est ouvert mardi à Bruxelles démontrent d’importantes divergences entre les camps britanniques et européens sur les modalités de la période de transition post-Brexit. Ce matin, un rapport de l’agence Bloomberg révèle que l’Union Européenne pourrait rehausser le montant de la facture de sortie réclamée à Londres, et suspendre partiellement l’accès à son marché commun si le Royaume-Uni ne respecte pas la régulation européenne durant cette transition. Les discussions se poursuivent ce mercredi mais globalement la livre sterling souffre de ce retour des craintes de désaccord. L’approche de la réunion monétaire de jeudi pourrait offrir néanmoins freiner toute tentative d’expansion durable de la paire au-delà de £0,89.  


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