Actualités du marché des devises

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févr. 02, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 2 février 2018 - L’humeur des marchés (fin de séance asiatique/début de séance européenne) :

  • L’euro bénéficie d’un nouveau regain d’optimisme des marchés d’une possible accélération du processus de normalisation monétaire par la BCE : fondamentaux économiques robustes + risques politiques réduits.
  • L’EUR/USD se maintient au niveau de $1,25 en attendant la publication cette après-midi des chiffres de l’emploi US (14h30). Palier « psychologique » qui limite pour le moment la dynamique haussière.
  • La paire EUR/JPY franchit ce matin le seuil de ¥137 pour la 1ière fois depuis septembre 2015. La Banque du Japon confirme son soutien à l’économie (hausse des achats d’emprunt d’Etat 5-10 ans).
  • La paire EUR/AUD franchit le seuil de A$1,56 pour la 1ière fois depuis 1 mois ½. On s’approche des pics touchés en fin d’année dernière (A$1,5750 en novembre 2017).
  • Le taux EUR/ZAR enregistre un rebond de presque 2% depuis hier et tape ce matin à la porte de ZAR 15,0.
  • Sous l’influence d’une faiblesse du dollar américain, la paire USD/CNY chute sous ¥6,30 pour la 1ière fois depuis les dévaluations de l’été 2015. Risque d’intervention des autorités chinoises.                          

Résumé de la séance précédente (jeudi 2 février 2018) : Nouvelle poussée de l’euro…Nouvelle extension budgétaire temporaire envisagée aux Etats Unis…Theresa May poursuit son opération séduction en Chine…La couronne tchèque à un pic de 5 ans après une nouvelle hausse de taux de la CNB

La séance de jeudi a été marquée par un nouveau mouvement haussier importante et général de l’euro. La devise européenne a très largement bénéficié d’une conviction forte des investisseurs que la Banque Centrale Européenne pourrait accélérer son processus de normalisation monétaire dans les prochains mois et trimestres. Ce nouvel élan d’optimisme s’est nourri jeudi des bons résultats des enquêtes d’activité du secteur manufacturier publiées en Europe, lesquelles confirment la continuité en 2018 d’une solide dynamique économique dans la région. Parmi les résultats marquants, on retiendra ceux de la Grèce et de l’Italie, deux pays souvent considérés « à la traine » économiquement parlant. L’activité des usines en Grèce enregistre en janvier sa plus forte croissance depuis plus de 10 ans tandis qu’en Italie ce secteur a observé sur cette période sa meilleure performance depuis près de 8 ans. 

À l’exception de la couronne norvégienne, laquelle a bénéficié des résultats meilleurs que prévu du secteur manufacturier en janvier (+0,2% vs EUR à NOK 9,5586), l’euro s’est renforcé, plus ou moins fortement, face à l’ensemble de ses pairs du G10. Parmi les principaux mouvements de la séance de jeudi, on retiendra le retour de l’EUR/USD au-dessus du palier « psychologique » de $1,25 et le rebond de presque 1% des paires EUR/AUD et EUR/JPY. Le cours EUR/AUD a atteint jeudi un pic de 1 mois ½ à presque A$1,56 (niveau franchi vendredi matin en séance asiatique) tandis que la paire EUR/JPY a frôlé la barrière de ¥137 pour la 1ière fois depuis septembre 2015 (niveau franchi vendredi matin en séance asiatique).

Malgré une communication plutôt optimiste de la Fed donnant plus de crédit à un agenda de trois hausses de taux cette année, le dollar s’est révélé être assez insensible à la hausse jeudi des rendements obligataires qui en a suivi, et notamment au pic depuis avril 2014 atteint à 2,75% par le rendement de l’emprunt d’Etat à 10 ans. Si le contexte politique domestique reste toujours tumultueux et n’inspire pas la confiance, il faut également reconnaître que la devise américaine souffre particulièrement du regain d’attention des marchés pour l’euro. Ce jeudi aux Etats Unis, l’actualité s’est focalisée sur la probable publication par la Maison Blanche d’une note explosive remettant en cause la légitimité du FBI alors que l’enquête du procureur Robert Mueller, sur une supposée collusion entre le président et la Russie durant la précédente campagne électorale, touche à sa fin. Du côté des parlementaires américains, alors que la date butoir budgétaire du 8 février approche à grand pas et qu’un accord bipartisan sur les problématiques d’immigration apparaît délicat à conclure, on n’envisagerait comme alternative une nouvelle extension temporaire du budget – la 5ième depuis septembre dernier - jusqu’au 23 mars.

En visite officielle en Chine depuis mercredi, la première ministre britannique Theresa May poursuit son opération séduction auprès de Pékin en vue d’anticiper l’après Brexit. Si Pékin semble enclin à ouvrir davantage ses frontières aux produits agricoles britanniques, pour le moment aucun des deux partis n’aurait discuté les modalités d’un accord de libre-échange. Encore membre de l’Union Européenne jusqu’à fin mars 2019, le Royaume-Uni ne peut pas encore négocier en son nom le moindre accord commercial avec ses partenaires. Néanmoins, rien ne l’empêche de préparer le terrain. Après deux séances consécutives de hausse, la livre sterling a cédé du terrain jeudi face à l’euro (-0,2% à £0,8765), sous l’influence notamment d’une divergence de dynamique économique des secteurs industriels européens et britanniques. L’activité du secteur manufacturier britannique s’est en effet avérée moins importante que prévu, la dynamique reculant en janvier à son plus bas niveau sur les 7 derniers mois.  

Comme anticipé, la banque centrale tchèque a opéré jeudi à sa troisième hausse de taux depuis août dernier ; les taux directeurs étant réhaussés de 25pbs à 0,75% ; et laissé entendre qu’un nouveau resserrement monétaire devrait suivre un peu plus tard dans l’année.  La couronne tchèque s’est appréciée jeudi de près de 0,4% face à l’euro en réaction à l’annonce pour ainsi atteindre un pic de 5 ans, sous le niveau de CZK 25,20 (point bas recensé sur l’EUR/CZK jeudi à CZK 25,163). La barrière de CZK 25,0 n’est plus très loin !

Vos rendez-vous clés de la séance du 2 février 2018  : Chiffres de l’emploi aux Etats Unis (14h30)…La Banque du Japon augmente ses achats obligataires…Le yuan chinois à son plus haut niveau depuis les dévaluations d’août 2015 (vs USD)

  • Etats Unis

Rapport sur l’emploi (14h30)  : Ce sera le moment clé de la séance de vendredi, les nouveaux chiffres de l’emploi aux Etats Unis devraient comme chaque mois recueillir toute l’attention des marchés. Les enjeux de ce premier rapport de l’année 2018 sont de nous confirmer la bonne santé de l’économie américaine, et surtout si une dynamique d’accélération de l’inflation est bien en marche aux Etats Unis. À cet égard, les regards se feront plus attentifs aux chiffres de croissance des salaires. Le mois dernier, on a pu observer un solide rebond de 0,3% des salaires et une accélération de la dynamique annuelle de 2,4% à 2,5%, laquelle demeurait alors à son plus bas niveau depuis 21 mois. La médiane des projections table sur un nouveau rebond de 0,3% des salaires en janvier et une progression de la dynamique annuelle à 2,6% (potentiel pic de 4 mois). De plus hauts salaires suggèrent un plus fort pouvoir d’achat et donc une propension à consommer plus importante pour les ménages américains. Une plus forte consommation n’aurait pas que pour simple effet de stimuler la croissance mais il participerait à une accélération des prix, un mouvement auquel les responsables monétaires sont sensibles. Le sentiment d’une possible convergence de l’inflation vers l’objectif de 2% offrirait une caisse de résonnance aux propos optimistes tenus par la Fed mercredi soir, et donnerait plus de relief à l’agenda de trois hausses de taux cette année. Cela constituera t’il un argument suffisant pour venir freiner la dynamique baissière du dollar ? Possible, mais pas non plus certain.  

  • Japon

Banque du Japon : Les responsables monétaires japonais n’ont pas tardé à réagir face à cette hausse générale des taux obligataires à travers le monde, laquelle vient mettre en danger sa politique de contrôle de la courbe de rendement. Alors que le taux d’emprunt d’Etat 10 ans venait tout juste d’atteindre un pic de 6 mois à 0,09%, bien loin de l’objectif de 0,0% que s’est fixé la banque, la Banque du Japon a annoncé ce matin son intention d’augmenter ses rachats d’obligations de maturité 5 ans et 10 ans. Par cette annonce, elle confirme sa position accommodante et fait taire les rumeurs de projet de réduction progressive de son soutien à l’économie. Les objectifs restent clairs,  il faut ramener l’inflation de manière durable au niveau de 2% or celle-ci est encore à la moitié du chemin donc une sortie du cycle monétaire actuel (très accommodant) apparaît très prématurée. Le cours EUR/JPY a franchi ce matin le seuil de ¥137 pour la première fois depuis septembre 2015, le sentiment d’accroissement des divergences monétaires entre la Zone Euro et le Japon demeurant toujours un facteur moteur soutenant un mouvement haussier sur cette paire.

  • Chine

Yuan : Principalement sous l’influence d’un nouvel affaiblissement du dollar américain, la paire USD/CNY a reculé ce matin sous le niveau de ¥6,30, soit une première depuis la série de dévaluation du yuan opérée par la banque centrale chinoise à l’été 2015. Cela pourrait s’avérer être un vrai casse-tête pour les autorités chinoises, lesquelles n’ont jamais caché leur inconfort à voir le yuan s’apprécier trop fortement face au dollar car cela jouant en défaveur de la compétitivité de leur économie qui reste encore très largement dépendante des exportations. Il y a encore quelques mois, la Chine semblait défendre un plancher de ¥6,50 or celui-ci a très largement été franchi depuis le début de l’année. Si la relative stabilité de la paire EUR/CNH tend à nous confirmer que les mouvements récents observés sur la paire USD/CNY sont davantage liés à un affaiblissement général du dollar américain plutôt qu’à un renforcement du yuan, cette situation apparaît peu soutenable, notamment si l’économie chinoise commence à montrer quelques signes de ralentissement cette année comme certains observateurs l’anticipent (indices PMI manufacturier moins bons que prévu en janvier) . Il ne serait donc pas surprenant de voir dans les prochains jours de voir les autorités chinoises intervenir pour tenter de juguler ce mouvement baissier sur la paire USD/CNY (ie. délibérément affaiblir le yuan) alors que se profile fin février la période de congé du nouvel an chinois (15 – 21 février).  

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/GBP

Le renforcement de l’euro, le ralentissement de l’activité industrielle britannique ou encore les divergences entre Londres et Bruxelles sur les modalités de la période de transition post-Brexit – récent refus du camp britannique d’étendre les droits des expatriés européens durant la période de transition courant jusqu’à décembre 2020 -  sont autant d’arguments soutenant une revalorisation de la paire EUR/GBP sur cette dernière séance de la semaine. Cela pourrait être l’occasion de revoir la paire au-dessus de £0,88. Cette barrière pourrait néanmoins résister, l’approche de la réunion de la Banque d’Angleterre la semaine prochaine et toute l’excitation qui entoure la publication des nouvelles projections de la banque restent un facteur atténuant, pour l’heure, les pressions baissières sur la livre sterling. On gardera un œil sur les résultat, publiés ce matin, de l’enquête PMI du secteur de la construction (consensus 52,0 vs 52,2 en décembre).

 

EUR/CHF

La vague d’optimisme qui s’est emparée jeudi de l’euro a également eu une influence sur la paire EUR/CHF, néanmoins celle-ci est restée plus modeste que ce à quoi on aurait pu s’attendre (+0,22% à ₣1,1585). La volatilité récente du taux EUR/CHF démontre une forte sensibilité de ce dernier aux spéculations monétaires, or ces arguments ne semblent pas avoir autant d’effets ces derniers temps. On ressent une véritable difficulté de la paire à faire son retour au-dessus de₣1,16 depuis que les Etats Unis ont accentué leur rhétorique protectionniste et que Mario Draghi a laissé entendre que les taux resteraient inchangés cette année. Doit-on y voir le signe d’investisseurs plus précautionneux que d’habitude ?  Possible en effet que ce sentiment perdure encore quelques temps et que la paire reste dans un couloir de ₣1,1550-₣1,1700, du moins jusqu’aux échéances de mars à savoir les élections générales italiennes et la publication des nouvelles projections économiques de la BCE.


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