Actualités du marché des devises

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févr. 01, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 1er février 2018 - L’humeur des marchés (fin de séance asiatique/début de séance européenne) :

  • Malgré un visage plus optimiste à l’égard des perspectives d’inflation et la préparation du terrain pour une nouvelle hausse de taux en mars, la Fed ne parvient pas à déclencher un regain d’intérêt des investisseurs pour le dollar américain.
  • La paire EUR/USD affiche ce matin un léger rebond et se maintient au-dessus de $1,24.
  • La paire GBP/USD accélère (+0,5%) et s’approche du niveau de $1,43. Ce rebond a une influence directe sur la paire EUR/GBP qui poursuit son recul en direction du support de £0,87.
  • Le dollar australien poursuit la chute initiée la veille et la paire EUR/AUD franchit pour la 1ière de l’année le seuil de A$ 1,55.
  • La couronne norvégienne se renforce à la suite de l’accélération surprise de l’activité manufacturière en janvier qui approche d’un pic de 10 ans. Le cours EUR/NOK recule à NOK 9,55.
  • Les deux paires EUR/JPY et EUR/CHF semblent être sensibles au discours optimiste de la Fed. Alors que l’EUR/CHF retente un retour à ₣1,16, la paire EUR/JPY retourne ce matin au-dessus de ¥136.                          

Résumé de la séance précédente (mercredi 1er février 2018) : La Fed opte pour un statu quo pour la dernière de Janet Yellen…L’inflation sous-jacente en Zone Euro accélère de manière inattendue…Un avenir qui s’assombrit pour la City de Londres…Le dollar australien freiné par la réduction d’anticipations monétaires… Le rand sud-africain surfe sur les rumeurs de démission du président Zuma

À l’occasion de la dernière réunion monétaire de Janet Yellen à la tête de la réserve fédérale américaine (Fed), la banque centrale américaine a, sans surprise, voté à l’unanimité pour un maintien des taux directeurs à leur niveau actuel, c’est-à-dire dans une fourchette de 1,25%-1,50%. On retiendra malgré tout hier quelques ajustements dans la communication officielle. Louant le renforcement de la croissance économique, la Fed se veut également plus confiante en ce qui concerne une prochaine accélération de l’inflation vers le niveau recherché de 2,0%. Cette dynamique devrait être observée dès cette année indique le communiqué. Plus confiante dans les perspectives économiques du pays ; lesquelles sont d’après la banque sujettes à peu de risques à court terme ; les responsables monétaires américains mettent davantage d’emphase ce mois-ci sur leur volonté (ie. la nécessité) de poursuivre une politique de resserrement graduel des conditions de crédit, donnant à cette occasion plus de crédit à l’agenda monétaire défini en décembre dernier de trois hausses de taux pour 2018. On peut y voir ici un premier signal en faveur d’une possible intervention en mars prochain. Les marchés ne s’y trompent pas, et on peut voir ce matin les positions sur les marchés à terme évaluant à plus de 90% la probabilité d’une hausse de taux aux Etats Unis à l’occasion de la prochaine réunion du 20-21 mars, laquelle constituera une première pour le successeur de Janet Yellen, Jerome Powell. Comme il l’était pressenti depuis quelques temps, ce dernier sera officiellement intronisé à son poste de président de la Fed le 5 février a confirmé hier la banque centrale. Si cette réunion n’a pas suffit à réveiller les intérêts des investisseurs pour le dollar américain, elle a néanmoins le mérite de freiner la chute de la devise américaine. Pour la 1ière séance du mois de février, le dollar est dans le vert et l’EUR/USD retourne ce matin sur le niveau de $1,24.

C’était un des moments clés de la session de mercredi, la publication des premières estimations d’inflation en Zone Euro en 2018. Ceux-ci ont laissé une impression mitigée. Si la dynamique annuelle de l’indice de prix général recule comme attendu à son plus bas niveau depuis 6 mois ; de 1,4% à 1,3% ; celle de l’indice sous-jacent (excluant les produits aux prix les plus volatils) accélère de manière inattendue et atteint un pic de 4 mois à 1,2%, contre 1,1% les trois mois précédents. C’est sûrement cette second dynamique qui devrait apporter du baume au cœur et conforter les responsables monétaires européens dans leur projet de transition monétaire, lesquels n’ont pas caché la semaine dernière leur optimisme à l’égard d’une prochaine convergence de l’inflation vers son objectif de long terme de 2%, cela malgré un nouveau contexte d’euro fort. Cela a été également le sentiment partagé hier par les marchés puisque l’euro s’est renforcé face à un grand nombre de ses pairs en réaction immédiate à ces chiffres. L’EUR/USD a d’ailleurs, à cette occasion, tenter de retourner vers les niveaux de $1,25, sans succès à cause notamment d’un très bon rapport ADP aux Etats Unis (+234k créations d’emploi dans le secteur privé en janvier vs consensus 185k) et l’approche de la réunion de la Fed.

La commission européenne a indiqué hier qu’elle fermait la porte à toute discussion concernant l’accès intégral des services financiers britanniques au marché commun européen. La seule alternative possible apparaît aujourd’hui être un accord de libre-échange qui offrirait un accès limité à cette industrie. Ce serait un coup dur pour ce secteur qui est le principal contributeur du PIB britannique (11% en 2016) et dont l’activité avec l’Union Européenne représente 23% de ses revenues (source : The CityUK, chiffres repris dans un rapport publié fin 2016 par le Parlement Européen). Après un passage temporaire au-dessus de £0,88, le cours EUR/GBP a finalement clôturé la séance dans le rouge (-0,21% à £0,8747) sous l’impulsion notamment d’une accélération du rebond de la paire GBP/USD qui a franchi à nouveau mercredi le niveau de $1,42 à l’occasion de la dernière séance du mois.

Comme évoqué dans l’édition de la veille, le dollar australien a souffert d’une baisse d’optimisme des investisseurs à l’égard d’un scénario de possible première hausse de taux cette année en Australie après la publication de chiffres d’inflation moins robustes que prévu au 4ième trimestre 2017. Peu enclins pour le moment à rentrer dans les débats de normalisation monétaire, les responsables monétaires australiens ont avec ces chiffres un argument pour continuer de temporiser encore un certain temps. Contrairement au début de semaine, les investisseurs n’anticipent plus une hausse de taux en 2018 (vs anticipations d’une possible intervention en décembre). Le dollar australien s’est déprécié mercredi de plus de 0,4% face à l’euro et la paire EUR/AUD a confirmé son retour au-dessus du seuil de A$1,54. Cette dernière n’est d’ailleurs plus très loin de son pic de l’année de A$ 1,5495 puisque la dynamique haussière semblait se prolonger ce jeudi.

Après avoir connu un léger fléchissement mardi, le rand sud-africain a repris du poil de la bête hier et enregistré un rebond de près de 0,9% face à l’euro. La devise sud-africaine a principalement surfé sur le renforcement des rumeurs d’une démission imminente du président Jacob Zuma, et sur la forte impression laissée par les statistiques commerciales et le pic historique de ZAR 15,7Mds atteint en décembre par le surplus commercial du pays. La paire EUR/ZAR a ainsi fait son retour sur le support de ZAR 14,75, lequel s’il était durablement brisé enverrait la paire en direction du seuil de ZAR 14,0.

Vos rendez-vous clés de la séance du 1er février 2018  : Coup de projecteur sur les résultats des enquêtes PMI du secteur manufacturier…Discours du chef économiste de la BCE (12h15)…Hausse de taux attendue en République Tchèque (13h00)

  • Enquête PMI dans le secteur manufacturier

L’ensemble des pays du G10 (principales économies développés) publieront ce jeudi les résultats des enquêtes d’activité du secteur manufacturier en janvier, les premiers de l’année 2018. En Zone Euro, il ne s’agira que d’une révision des chiffres publiés la semaine dernière, et donc la possible confirmation d’un léger ralentissement de la dynamique de croissance de ce secteur après la forte accélération de l’activité en fin d’année dernière.

Les marchés seront donc particulièrement sensibles aux résultats publiés au Royaume-Uni ; où l’on attend une très légère accélération de l’activité de ce secteur (consensus : 56,5 vs 56,3 en décembre) ; et aux Etats Unis ; où à l’inverse les économistes voient l’activité marquer sensiblement le pas (consensus : 58,8 vs 59,3 en décembre).

Une enquête privée a livré ce matin une image quelque peu différente de la dynamique d’activité du secteur industriel chinois en ce début d’année 2018 (niveau d’activité stable) que celle suggérée la veille par les chiffres officiels du gouvernement (ralentissement). Le ralentissement de l’activité manufacturière chinoise semble donc davantage toucher les grandes usines que les petites PMEs industrielles.

En Suède, l’activité manufacturière ralentit de manière surprenante et affiche en janvier sa plus faible dynamique sur les 5 derniers mois (57,0 vs consensus 60,0 et 60,4 en décembre). Dynamique opposée en Norvège où l’activité des usines accélère à un rythme plus important que prévu et s’approche du pic de 10 ans observé en fin d’année 2017 (59,0 vs consensus 56,5 et 58,1 en décembre).

  • Zone Euro 

BCE (12h15) : Le chef économiste de la BCE, Peter Praet, participera ce jeudi à un déjeuner de travail organisé par le cercle de Lorraine, un cercle d’affaire belge. Ce sera potentiellement l’occasion d’observer son sentiment sur la stratégie monétaire menée par la banque centrale européenne, et potentiellement revenir sur les nouvelles estimations d’inflation publiées mercredi en Zone Euro. Les marchés restent à l’affut de la moindre sortie publique de responsables monétaires européens et des éventuels signaux concernant le timing d’une première hausse de taux en Europe. Si Mario Draghi a laissé entendre que celle-ci ne devrait « très probablement pas » être observée cette année, certains observateurs semblent être plus optimistes sur le sujet.

  • République Tchèque

Décision monétaire (13h00)  : Selon toute vraisemblance, la banque centrale tchèque devrait opérer ce jeudi à un nouveau resserrement monétaire et réhaussé le taux directeur de 25pbs à 0,75%. Ce serait alors la 3ième hausse de taux en l’espace de 6 mois. Les marchés ont déjà très largement anticipé cette décision comme le signale le renforcement ces derniers jours de la couronne tchèque face à l’euro. Celle-ci s’est en effet appréciée de +0,5% sur les 7 dernières séances, contribuant au recul de la paire EUR/CZK sous le niveau de CZK 25,3 pour la 1ière fois depuis presque 5 ans. Fort de ce constat, les marchés seront donc davantage sensibles aux commentaires de la banque sur son calendrier monétaire cette année qu’à la décision en elle-même. Si les responsables monétaires tchèques ouvrent la porte à de nouvelles hausses de taux dans les prochains mois, la paire EUR/CZK pourrait alors prolonger sa chute en direction du palier de CZK 25,00, tandis qu’à l’inverse des signaux de temporisation favoriseraient un rebond de cette dernière vers le niveau de CZK 25,40.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

Les pressions baissières sur le cours EUR/USD initiées par la réunion de la Fed hier soir s’avèrent être de courte durée puisque la paire reprenait ce matin sa marche en avant à l’ouverture de la séance européenne. Le rebond surprise de l’indice d’inflation sous-jacent en Zone Euro semble renforcer la conviction des marchés que l’on approche de plus en plus de la fin d’un cycle monétaire accommodant en Europe. Les bons résultats du marché de l’emploi américain (chiffres ADP très robustes mercredi - ˃ 200k) ou les projets de hausse de taux de la banque centrale américaine ne semblent plus faire beaucoup d’effets sur le dollar, lequel reste en proie à des pressions baissières. Le chef économiste de la BCE, Peter Praet, pourrait venir freiner l’enthousiasme sur l’euro en réitérant son analyse prudente concernant la dynamique de transition monétaire actuellement opérée par la banque centrale européenne.   

EUR/GBP

Il est surprenant de voir la paire EUR/GBP enchainer les séances de perte alors que l’on voit ressurgir de nouvelles craintes liées au Brexit. L’inflexibilité de Bruxelles concernant le refus d’accorder un passeport européen aux services financiers britanniques apparaît, de prime abord, un coup de massue porté à l’économie britannique, et laisse suggérer de nouvelles tensions avec Londres lors de la reprise des négociations entre les deux camps. Il semble cependant que l’esprit des investisseurs est ailleurs et que les regards sont aujourd’hui davantage tournés vers la Banque d’Angleterre plutôt que sur le Brexit. L’excitation émanant de la proximité de la première réunion monétaire de l’année, jeudi prochain, au cours de laquelle seront publiées les nouvelles projections économiques de la banque, semble avoir un effet positif sur la livre sterling. Le cours EUR/GBP prend actuellement la direction du niveau de £0,87, seuil qui n’a été franchi qu’à seulement deux reprises au cours des 7 derniers mois. L’influence du rebond de la paire GBP/USD sur l’EUR/GBP ne doit pas être négligé et peut venir expliquer ce mouvement de recul momentané.

EUR/CHF

Malgré une tentative de retour au-dessus du seuil de ₣1,16 à la suite de la publication des chiffres d’inflation en Zone Euro, celle-ci n’a pas perduré dans le temps et la paire EUR/CHF a finalement repris sa dynamique baissière, testant à l’occasion le seuil support de₣1,1550 (point bas recensé à ₣1,1551 mercredi). Le cours pourrait rééditer sa tentative d’ici la fin de semaine, néanmoins les leviers haussiers apparaissent toutefois limités dans un contexte politique et géopolitique plus tendu (tensions sur le Brexit & craintes de protectionnisme).


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