Actualités du marché des devises

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janv. 31, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 31 janvier 2018 - L’humeur des marchés (fin de séance asiatique/début de séance européenne) :

  • Le dollar repart à la baisse après le 1er discours sur l’union du mandat de Donald Trump. Celui-ci a peu convaincu : risques de nouvelles tensions géopolitiques, main tendue aux Démocrates peu convaincante & peu de détails sur d’éventuels nouveaux leviers de croissance.
  • L’EUR/USD rebondit au-dessus de $1,24. Potentiel haussier contenu : forte contraction inattendue des ventes au détail en Allemagne en décembre (-1,9% M/M) & baisse probable de l’inflation en Zone Euro à suivre ce matin (11h00).
  • Le dollar australien est sous pressions après l’accélération moins importante que prévu de l’inflation au T4 (1,9% vs consensus 2,0%). EUR/AUD en direction de A$1,54 alors que les marchés n’anticipent plus de hausse de taux avant 2019.
  • L’EUR/GBP navigue entre deux eaux dans un couloir de prix de £0,87-£0,88. Incertitudes politiques vs Nouvelles spéculations monétaires après le discours mardi de Carney. Présence de Theresa May en Chine ce mercredi (jusqu’à vendredi).
  • Léger rebond du dollar canadien malgré le nouveau recul des prix du pétrole. Anticipations d’un solide rebond de la croissance en novembre (chiffres publiés à 14h30 – consensus : +0,4%).
  • La paire EUR/JPY rebondit au-dessus de ¥135 alors que les statistiques de la Banque du Japon signale une hausse des achats d’actif. Le gouverneur central japonais rappelle ce matin qu’il comptait poursuivre une politique accommodante jusqu’à atteindre l’objectif d’inflation de 2%.

                          

Résumé de la séance précédente (mardi 30 janvier 2018) : Le 1er discours sur l’union de Donald Trump n’offre aucun levier au dollar…La croissance en Zone Euro à un pic de 10 ans en 2017, mais l’inflation allemande ralentit de manière inattendue…M.Carney vient au soutien de la livre sterling…Le rand freiné par les mauvais résultats du distributeur d’électricité Eskom

Le premier discours sur l’union de Donald Trump était vivement attendu, non sans crainte, par les marchés en cette année d’élection de mi-mandat aux Etats Unis. Offensif en matière de politique étrangère à l’égard de ses rivaux qui menacent, physiquement (Corée du Nord) et/ou économiquement (Chine) le leadership mondial des Etats Unis– «la faiblesse est la voie la plus sûre vers le conflit » - peu convaincant dans sa main tendue aux démocrates en vue d’obtenir un accord bipartisan sur une extension budgétaire avant l’échéance du 8 février prochain – pas de concessions sur la question de l’immigration si pas de budget accordé à la construction d’un mur à la frontière mexicaine - assez flou sur son grand projet d’investissement en infrastructure d’au moins $1,5Trn…Ce grand déroulé hier soir (ce matin en Europe) de l’agenda politique et économique de 2018 par le président américain a finalement laissé les marchés de marbre. Le dollar repart à la baisse ce matin avant la publication des chiffres ADP d’emploi dans le secteur privé et le dévoilement ce soir des conclusions de la 1ière réunion de l’année de la Fed. La devise américaine est en passe d’enregistrer en janvier sa plus mauvaise performance – environ -3,5% (indice DXY) - mensuelle depuis mars 2016. Mercredi matin, le cours EUR/USD rebondit au-dessus de $1,24. 

Les premiers chiffres de croissance au 4ième trimestre publiés mardi en Zone Euro sont ressortis en ligne aux attentes des analystes. L’économie européenne a rebondi de 0,6% sur les trois derniers mois de l’année, soit une dynamique annuelle de 2,7%. Au final, en attendant confirmation de ces estimations dans les prochaines semaines, la Zone Euro a enregistré une croissance de 2,5% sur l’année 2017, ce qui est légèrement mieux que prévu (consensus : 2,4%) et s’avère être la meilleure performance enregistrée par la région en 10 ans. Les indices de confiance publiés en marge des chiffres du PIB signalent que malgré un léger fléchissement en ce début d’année, l’optimisme des acteurs économiques en Zone Euro reste proche d’un pic de 17 ans. Seule ombre au tableau, la chute inattendue de l’inflation en Allemagne – la seconde consécutive – dont la dynamique annuelle recule de 1,7% à 1,6%, retombant à un plus bas sur les 8 derniers mois.

La livre sterling avait débuté la séance de mardi dans le rouge, mise sous pression par le retour des incertitudes politiques et la divulgation d’un rapport Buzzfeed révélant qu’aucun scénario envisagé par le gouvernement en matière de Brexit n’aura un impact positif pour l’économie britannique, avant de finalement se reprendre et de terminer la session sur un gain de plus de 0,3% face à l’euro (clôture de l’EUR/GBP à £0,8765) à la suite des commentaires du gouverneur central Mark Carney. Lors d’un discours dans l’après-midi devant les membres de la Chambre des Lords, ce dernier a loué la résilience de l’économie britannique aux incertitudes du Brexit et suggéré que la banque centrale pourrait désormais se concentrer sur une politique de contrôle de l’inflation, laquelle reste toujours très importante dans le pays (3,0% en décembre). L’épée de Damoclès que représentait un nouveau resserrement monétaire sur une économie fragilisée ayant disparu, les responsables monétaires britanniques ont désormais la capacité d’ajuster plus librement leur politique monétaire. Les marchés ont été sensibles aux propos de Carney et on a vu poindre quelques spéculations monétaires sur les marchés à terme, lesquelles sont venues soutenir la valorisation de la livre sterling. Celles-ci restent cependant pour le moment modestes, les investisseurs préférant attendre la réunion de la Banque d’Angleterre jeudi prochain et la publication des nouvelles projections économiques pour se positionner. À l’heure actuelle, les marchés anticipent une hausse de taux en novembre prochain. 

Le rand sud-africain enregistra mardi l’une des plus forte chute de la journée face à l’euro (-0,3% au final), la devise sud-africaine chutant à cette occasion à son plus bas niveau sur les 7 dernières séances (point haut sur l’EUR/ZAR enregistré mardi à ZAR 14,9053), sous la pression d’une mauvaise performance des marchés actions. La bourse sud-africaine a en effet connu mardi sa plus forte perte journalière sur les 14 derniers mois (-2,1% pour l’indice principal de Johannesburg) sous l’impact notamment des mauvais résultats du producteur et distributeur d’électricité Eskom qui a annoncé mardi un recul de 34% de ses profits sur les 6 premiers mois de l’année fiscale.

Vos rendez-vous clés de la séance du 31 janvier 2018  : Inflation et chômage en Zone Euro (11h00)…Ventes au détail et chômage en Allemagne…Rapport ADP (14h15) & conclusions de la Fed (20h00) à suivre aux Etats Unis…Dynamique d’inflation toujours inférieure à 2,0% en Australie (AUD sous pression)

  • Zone Euro   

Inflation /chômage en Zone Euro (11h00) : En fin de matinée, la Zone Euro publiera ses premières estimations d’inflation pour l’année 2018. La forte contraction observée mardi sur les indices de prix allemand (-0,7% M/M en janvier, recul de la dynamique annuelle de 1,7% à 1,6%) laisse suggérer une dynamique également baissière en Zone Euro. Le consensus économique table sur un recul de l’indice général à son plus bas niveau sur les 6 derniers mois ; de 1,4% à 1,3% ; et de l’indice de base (excluant l’énergie & les produits alimentaires) à son plus bas niveau depuis 8 mois  ; de 1,1% à 1,0%. Le taux de chômage en décembre devrait quant à lui rester stable, à son plus bas niveau depuis 9 ans (consensus : 8,7%). De nouveaux signaux d’un ralentissement des prix dans la région pourraient pousser les membres de la Banque Centrale Européenne (BCE) à revoir leurs plans de normalisation monétaire et temporiser quelque peu dans les prochains mois. Une réduction des anticipations monétaires sur les marchés à terme ouvre la porte à une possible correction de l’euro.

Ventes au détail (08h00) / chômage (10h00) en Allemagne : Ce matin, l’Allemagne a publié une contraction inattendue de ses ventes au détail au mois de décembre. Celles-ci ont reculé de -1,9% en fin d’année, enregistrant au passage la plus mauvaise performance mensuelle depuis mai 2011. Ce résultat est quelque peu troublant car complètement décorrélé des autres indicateurs économiques décrivant un haut niveau d’optimisme des ménages et une solide dynamique de consommation dans le pays. On attend en milieu de matinée les chiffres de l’emploi allemand au mois de décembre. Ceux-ci pourraient venir confirmer la bonne santé du marché du travail (consensus : -17k chômeurs & taux de chômage stable à 5,5%). L’euro semble ce matin peu affecté par ces mauvais chiffres de ventes au détail en Allemagne.

  • Etats Unis  

Rapport ADP (14h15) : Le rapport ADP de créations d’emploi dans le secteur privé devrait donne de premier indices sur la teneur des chiffres officiels publiés ce vendredi. Les économistes sondés en amont anticipent cet après-midi de bons chiffres ADP et un volume de création de 185k (vs 250k en décembre).

Conclusions de la réunion de la Fed (20h00) – Commentaire de l’édition de lundi 29 jan. : Première réunion de l’année pour la réserve fédérale américaine ce mercredi et dernière danse pour sa présidente Janet Yellen puisque celle-ci arrive à la fin de son mandat et passera la main à son successeur Jérome Powell début février (probablement le lundi 5 février). Le début d’année 2018 a été marqué par une défiance générale des marchés à l’égard du dollar, un sentiment notamment initié par le retour d’une rhétorique protectionniste du côté de la Maison Blanche, les mésententes entre républicains et démocrates sur les questions budgétaires, mais également sur le pessimisme global des marchés à l’égard du calendrier monétaire de la Fed et son projet de trois hausses de taux en 2018. Si la Fed ne devrait vraisemblablement pas opérer à de changements majeurs ce mercredi, elle pourrait néanmoins envoyer quelques signaux en vue de la réunion de mars (20-21 mars). La solidité de l’économie américaine, malgré un léger fléchissement au 4ième trimestre, et les signaux d’accélération de l’inflation pourraient offrir l’occasion à la Fed de justifier ses plans et possiblement préparer le terrain pour un nouveau resserrement monétaire. Le retour du thème monétaire sur les marchés pourrait donner du baume au cœur aux acheteurs de dollar et venir freiner la dynamique baissière observée depuis plus d’un mois.

  • Australie

Inflation au T4 2017  : Les chiffres trimestriels d’inflation au 4ième trimestre se sont avérés moins robustes que prévu, l’indice principal enregistrant un rebond de 0,6% entre octobre et décembre et la dynamique annuelle demeurant pour le second trimestre consécutif sous l’objectif de 2% fixé par la banque centrale australienne (1,9% vs consensus 2,0% et 1,8% au T3 2017). Les statistiques s’avérant moins robustes que prévu, cela pourrait servir de prétexte aux responsables monétaires australiens pour conserver leur position d’observation pendant une période prolongée et maintenir dans un carton tout projet de normalisation monétaire. Cette hypothèse se reflète sur les anticipations actuellement visibles sur les marchés à terme, les investisseurs ne voyant pas ce matin de hausse de taux en Australie avant 2019 (vs Décembre 2018 hier). Le dollar australien est sous pression ce matin et la paire EUR/AUD tape désormais à la porte de A$ 1,54.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

Le cours EUR/USD repart à la hausse ce matin sous l’impulsion d’un nouvel affaiblissement du dollar américain. Le discours de Donald Trump hier soir, et le dévoilement de l’agenda politique pour l’année en cours, n’a semble-t-il pas convaincu les investisseurs. En ciblant la Corée du Nord comme une menace, le président américain jette de l’huile sur le feu alors que les tensions semblaient s’être apaisées ces dernières semaines. Par ailleurs, le risque de nouvelle paralysie des agences fédérales américaines (‘shutdown’) début février reste important en l’absence de signaux convaincants suggérant un futur accord bipartisan sur la question budgétaire. L’inflation en Zone Euro et les chiffres ADP aux Etats Unis pourraient venir freiner cette nouvelle tentative d’ascension de la paire de change en direction de $1,25. L’euro pourrait en effet subir quelques prises de profit si l’inflation déçoit et alimente les spéculations de temporisation future de la BCE. Le dollar pourrait néanmoins rester sur la défensive pendant une bonne partie de la journée, les investisseurs américains devraient vraisemblablement attendre la Fed avant de prendre position.    

EUR/GBP

La paire de change efface ce matin une partie des pertes de la veille mais se maintient pour le moment sous le niveau de £0,88. La paire reste « sans direction » pour le moment, les pressions baissières liées aux incertitudes politiques étant actuellement compensées par l’émergence de pressions haussières résultant de nouvelles spéculations monétaires autour d’un scénario de possible hausse prématurée de taux cette année au Royaume-Uni.   Si un recul de l’euro sous l’impact de chiffres d’inflation européenne décevante ce matin pourrait maintenir la paire EUR/GBP dans une fourchette de £0,87-£0,88, la paire reste malgré tout sensible aux évolutions et déclarations des responsables politiques britanniques et européens sur le thème du Brexit. Theresa May est actuellement en Chine pour une visite officielle de trois jours. Ce sera l’occasion pour cette dernière de tenter de faire taire les vives critiques actuelles à son encontre si elle parvient à obtenir des engagements des responsables chinois sur une possible futur accord commercial une fois le Royaume-Uni sorti de l’Union Européenne.  

EUR/CHF

La paire EUR/CHF rebondit légèrement ce mercredi mais se maintient toujours aux portes des ₣1,16 ce matin. Le discours offensif de Donald Trump en matière de politique internationale maintient en vie les risques de tensions géopolitiques mondiales, ce qui ne tend pas à rassurer totalement les marchés. Par ailleurs, les chiffres économiques décevants en Allemagne (inflation hier et ventes au détail ce matin) n’offrent aucun réel levier soutenant un rebond important de la paire de change. Un ralentissement en fin de matinée de l’inflation en Zone Euro pourrait conforter le sentiment de certains investisseurs que la transition monétaire opérée par la BCE devrait demeurer graduelle et lente, et donc limiter les prises d’achat d’euro. Le potentiel haussier de la paire EUR/CHF apparaît plutôt limité cette semaine compte tenu l’environnement financier actuel, et le retour d’un sentiment d’aversion au risque.


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