Actualités du marché des devises

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janv. 15, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 15 janvier 2018 - L’humeur des marchés (fin de séance asiatique/début de séance européenne) :

  • Marchés financiers américains fermés – Journée de célébration de Martin Luther King. Calendrier économique très pauvre ce lundi.
  • La dynamique haussière sur l’euro reste importante. Les marchés évaluent à 70% la probabilité d’une hausse de taux en Europe d’ici la fin d’année 2018.
  • Possible mouvement de prises de bénéfices à prévoir compte tenu de la forte magnitude des gains récents engrangés par la devise européenne.
  • Les paires EUR/JPY, EUR/AUD et EUR/NZD - celles qui ont enregistré la plus forte performance vendredi dernier – corrigent légèrement ce matin, tandis qu’à l’inverse la paire EUR/USD continue son rebond et franchit le seuil de $1,22 pour la 1ière fois depuis décembre 2014. Le spectre d’un « shutdown » des agences fédérales américaines pèse sur la devise américaine. 
  • L’EUR/CHF reste stable aux portes du seuil de ₣1,18. Nouvelle résistance qui freine la dynamique haussière de la paire. Bonne résilience de la livre sterling qui limite les pertes (~£0,89).                                     

Résumé de la séance précédente (vendredi 12 janvier 2018) : Un accord de principe trouvé en Allemagne entre la CDU et le SPD…L’EUR/USD franchit $1,21 pour la 1ière fois en 3 ans…Résilience de la livre sterling alors que les marchés croient de plus en plus à un Brexit « doux »

En début de matinée vendredi, après 24 heures d’âpres négociations, plusieurs médias révélaient qu’un accord de principe avait été trouvé entre les responsables de la CDU d’Angela Merkel et les sociaux-démocrates du SPD pour former un nouveau gouvernement, aussi communément appelé « Grande coalition », et assurer à la chancelière allemande un 4ième mandat consécutif. Si les bases de cette nouvelle alliance nécessitent encore de recevoir l’aval des militants du SPD pour être approuvée ; lesquels seront consultés lors du congrès de la formation politique programmé dimanche 21 janvier prochain ; les marchés financiers ont néanmoins accueilli la nouvelle avec soulagement. La 1ière économie européenne s’évite ainsi un nouveau scrutin à risque qui aurait pu se solder par une défaite électorale pour Angela Merkel au profit de l’extrême droite (AfD) dont la nouvelle popularité grandissante a fait de la formation la 3ième force politique d’Allemagne, derrière les historiques CDU et SPD, lors des élections de septembre dernier.   Il n’en fallait pas plus pour renforcer les pressions haussières sur l’euro apparues la veille suite à la publication du compte rendu de la réunion monétaire de décembre dans lequel la BCE décrit sa volonté d’ajuster sa communication et de déplacer peu à peu les débats sur la direction de ses taux directeurs, et non plus sur son programme quantitatif. Le rallye sur l’euro s’est ainsi accéléré vendredi et la devise européenne a enregistré un rebond de plus de 1% face à l’USD, le JPY, l’AUD et le NZD parmi les devises de l’univers du G10 (10 principales économies développées). Après de multiples échecs en 2017, la paire EUR/USD est enfin parvenue à franchir le seuil de $1,21 et ainsi atteint un pic de 3 ans. Cette dynamique haussière ne semble pas ralentir puisque ce lundi matin la paire de change fluctue au-dessus du niveau de $1,22 malgré la publication vendredi de chiffres d’inflation aux Etats Unis légèrement meilleurs que prévu (hausse surprise de l’indice de base de 1,7% à 1,8% en décembre). L’euro profite d’un « double effet stimulant » de dissipation des risques politiques dans la région et de hausse des anticipations de hausse de taux de la part de la banque centrale. Sur les marchés financiers, on évalue désormais à 70% la probabilité d’une hausse de taux d’ici la fin d’année 2018 contre environ 50% en début de semaine dernière. Celle-ci pourrait prendre la forme d’une rehaussement du taux de dépôt de la BCE, actuellement à -0,4%, de l’ordre de 10pbs.

La livre sterling fut la seule devise majeure à résister au rebond de l’euro, cette dernière profitant d’une baisse significative (et temporaires ?) des craintes des investisseurs à l’égard d’un scénario de rupture entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. Si Bruxelles maintient se montre toujours peu flexibles, du moins dans sa communication, il se pourrait être finalement qu’un rôle destiné à pousser Londres à faire des concessions, et surtout contenir le risque d’ « effet domino » dans la région que pourrait provoquer l’observation d’une position trop accommodante de la part de l’Union Européenne à l’égard des « sortant ». L’agence Reuters a publié vendredi un rapport indiquant que l’Espagne et les Pays Bas étaient tous deux favorables à un accord qui assure le maintien de liens étroits entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. Doit-on y voir les prémisses d’une entente entre les deux partis ? Il est encore trop tôt pour le confirmer alors que la seconde phase des négociations sur les aspects économiques et commerciaux n’a pas encore débuté, néanmoins les marchés semblent vouloir croire en un dénouement heureux. Après un bref passage au-dessus de £0,89, le cours EUR/GBP a finalement reculé sous ce niveau qui fait office de seuil de résistance depuis 1 mois ½ .

Vos rendez-vous clés de la semaine du 15-21 janvier 2018 : Inflation au Royaume-Uni (mardi)…Décision monétaire de la Banque du Canada (mercredi)…PIB chinois et 35ième sommet Franco-britannique à Londres (jeudi)…Risque de « shutdown » aux Etats Unis (date butoir vendredi 19 janvier au soir)

Royaume-Uni : On avait quitté le Royaume-Uni en décembre dernier sur une nouvelle hausse de l’inflation à un pic de près de 6 ans de 3,1% (en rythme annuel). Cette nouvelle accélération des prix avait à l’époque pris de court aussi bien les marchés que les responsables monétaires britanniques, lesquels se seraient bien passés de devoir se pencher ; de manière aussi prématurée ; sur la question d’un nouveau resserrement monétaire dans le pays. Le contexte économique reste sérieusement dégradé la faute aux incertitudes persistantes concernant le Brexit et les répercussions économiques qui en résulteront. Alors que se profile dans un peu plus d’un mois, une réunion monétaire en marge de laquelle la Banque d’Angleterre publiera ses nouvelles projections économiques, un maintien ce mardi (statistiques dévoilées à 10h30) de l’inflation sur des niveaux supérieurs à 3% pourrait pousser les responsables britanniques à revoir leurs plans initiaux et à considérer sérieusement la possibilité d’un nouveau resserrement monétaire à court terme. Un tel scénario pourrait alors initier un regain d’intérêt des investisseurs pour la livre sterling et ses rendements « potentiellement » plus attractifs. Les économistes tablent sur un léger ralentissement de la dynamique de prix général de 3,1% à 3,0%, ce qui alors offrirait l’occasion aux banquiers centraux britanniques de temporiser un peu. Les investisseurs anticipent actuellement – d’après les positions sur les marchés à terme - une possible intervention au mois de mai.

Canada : Ce mercredi, la banque centrale canadienne délivrera la conclusion de sa première réunion monétaire de l’année ainsi que ses nouvelles projections économiques. À cette occasion, il se pourrait bien qu’elle annonce une hausse de ses taux directeurs de 25 pbs, les relevant de 1,00% à 1,25%. C’est du moins le scénario central anticipé par les marchés financiers si l’on en croit les positions actuelles sur les marchés à terme. La probabilité d’un nouveau resserrement monétaire est en effet évaluée à presque 80%. Les récents signes de surchauffe de l’économie canadienne sur la fin d’année dernière, notamment illustrée par la réduction du marché de l’emploi et la chute du chômage à son plus bas niveau depuis 1976 (5,7% en décembre), pourraient en effet convaincre les responsables monétaires à opérer à resserrer les conditions de crédit. Dans cette équation, une grande inconnue, et pas des moindres, demeure et pourrait réfréner les ambitions monétaires des membres de la banque canadienne : l’ALENA (Accords de libre-échange nord-américain) et les nombreuses incertitudes qui entourent son avenir. La semaine dernière, l’agence Reuters publiait un article relayant la conviction d’Ottawa d’un retrait imminent des Etats Unis des accords de l’ALENA. Si l’information a été aussitôt démentie par les responsables politiques canadiens et américains, celle-ci vient redonner un coup de projecteur sur un scénario qui, s’il se matérialise, pourrait avoir de lourdes répercussions économiques pour le Canada. Après avoir tenté une percée sous le niveau de C$1,48, le cours EUR/CAD a rebondi de plus de 2% en fin de semaine dernière ; sous l’impulsion principalement d’un renforcement général de l’euro ; et fait son retour à C$1,52 ou son plus haut niveau sur les 3 dernières semaines. Une nouvelle hausse de taux au Canada ; ou du moins la préparation du terrain pour une action en mars ; pourrait offrir l’occasion à la paire de retourner dans la fourchette de prix de C$1,48-$1,50, tandis qu’à l’inverse un statu quo accompagné d’une communication prudente offrirait un tremplin à la paire de change pour tenter de poursuivre son rallye en direction du seuil de C$1,53.

Chine : Jeudi matin, la Chine publiera ses chiffres de croissance au 4ième trimestre 2017. Après un premier semestre 2017 très solide (dynamique annuelle de 6,9%), l’économie chinoise semble avoir légèrement marqué le pas en seconde partie d’année. Comme au 3ième trimestre (croissance de 6,8% en rythme annuel), celle-ci pourrait à nouveau montrer des signes de décélération. Les économistes sondés en amont de ce rapport tablent sur une dynamique annuelle de 6,7% au T4 2017, une performance qui viendrait dès lors confirmer l’hypothèse partagée par un grand nombre d’observateurs d’un ralentissement  de la Chine en 2018 sous l’impulsion d’une nouvelle politique de restriction de l’activité de crédit, de limitation de la pollution et d’encadrement du marché immobilier.

Brexit : Ce jeudi, le président de la république français Emmanuel Macron se rendra à Londres à l’occasion du 35ième sommet franco-britannique. Si traditionnellement les débats et sujets traités en marge de cet évènement tournent autour de problématiques de défense et de sécurité intérieure, le spectre des discussions pourraient exceptionnellement être élargi cette fois-ci. En tant qu’initiateur du projet de refonte de l’Europe, Emmanuel se présentera à Londres dans le costume du président de la France mais également de celui « non officiel » de l’Union Européenne. À cette occasion, le Brexit et la seconde phase des négociations, sur des aspects économiques et commerciaux, amenée à s’ouvrir dans les prochaines semaines pourrait occuper une place importante dans l’agenda de cette rencontre officielle entre la France et le Royaume-Uni.

Etats Unis : C’est une semaine décisive qui attend Donald Trump et les parlementaires républicains alors que se dessine une possible fermeture des agences et administrations fédérales, la première depuis 2013. Si les deux chambres parlementaires du Congrès ne tombent pas d’accord d’ici vendredi soir sur une extension du budget – allocation des dépenses et limitation du plafond d’endettement - pour l’année fiscale en cours dès lors le gouvernement américain ne serait plus en mesure de payer ses factures et d’assurer le fonctionnement de ses services publics. Outre l’aspect économique négatif que pourrait causer une paralysie prolonger des agences fédérales, celle-ci viendrait renforcer le discrédit extérieur à l’égard de la présidence de Donald Trump et la défiance actuelles des marchés à l’encontre dollar américain. Un accord de dernière minute ne devrait très certainement pas provoquer un réel changement de sentiment des investisseurs mais pourrait néanmoins générer un léger rebond de la devise américaine, après la chute de celle-ci à un plus bas depuis 3 ans face à un panier de devises (indice DXY), sur fond de soulagement face à la dissipation des risques.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

Alors que les marchés américains seront fermés ce lundi, la paire poursuit le rebond amorcé jeudi dernier et franchit ce matin le niveau de $1,22 pour la première fois depuis décembre 2014. Le cours de change enregistre un rebond de plus de 2,2% depuis jeudi. Il est possible que la paire souffre d’une légère correction et de prises de bénéfices d’investisseurs en amont des estimations finales d’inflation au mois de décembre publiées mercredi en Zone Euro. À  noter que les prochains niveaux de résistance sur la paire EUR/USD se situent à $1,2245 (point bas en décembre 2014) et $1,2360 (point bas en novembre 2014).

EUR/GBP

La livre sterling profite toujours de la chute de la volatilité sur les marchés britanniques laquelle traduit un réduction importante des craintes des investisseurs à l’égard du Brexit et ses conséquences. La volatilité à 1 an sur le cours EUR/GBP est actuellement sur ses plus bas niveaux depuis 3 ans, autour de 7%. La paire EUR/GBP continue de faire de la résistance et se maintient sous le niveau de £0,89. Celle-ci pourrait connaître une séance calme ce lundi en attendant la publication mardi des nouvelles statistiques d’inflation au Royaume-Uni.

EUR/JPY

Sans surprise, le gouverneur central japonais Haruhiko Kuroda a réaffirmé l’engagement de la Banque du Japon à poursuivre sa politique de soutien à l’économie, venant ainsi dissiper les spéculations apparues la semaine dernière de possible réduction prématurée de la politique de rachats d’actifs. Les divergences monétaires entre la Zone Euro et le Japon restent le facteur de volatilité majeur de la paire de change, aussi celle-ci reste très sensible aux anticipations actuelles de hausse de taux en Europe à horizon fin 2018 et aux mouvements haussiers sur les taux européens qui en résultent. Après un recul à ¥133 la semaine dernière, le cours de change refait son retour lundi au-dessus du seuil de ¥135. La paire pourrait consolider sa position autour de ce niveau précis en l’absence de statistiques clés aujourd’hui et d’activité du côté des marchés financiers américains (journée de célébration de Martin Luther King).


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