Actualités du marché des devises

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janv. 11, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 11 janvier 2018 - L’humeur des marchés (fin de séance asiatique/début de séance européenne) :

  • Rebond du dollar australien de 0,4% - EUR/AUD sous A$ 1,52 – en réaction aux bons chiffres de ventes au détail en Australie (plus gros rebond depuis février 2013).
  • Démenti des autorités monétaires chinoises sur un éventuel projet de stopper leurs achats d’emprunts d’Etat américains. Après une percée mercredi au-dessus de $1,20, la paire EUR/USD a effacé l’ensemble de ses gains et fluctue dans un couloir étroit de $1,1900-$1,1960 en attendant la publication en début d’après-midi des Minutes de la BCE (13h30).
  • Le dollar canadien reste sur la défensive après la publication d’un rapport évoquant à nouveau le choix de Donald Trump de rompre l’ALENA. La réduction des anticipations de hausse de taux au Canada en janvier (86% --˃42%) assure le retour de la paire EUR/CAD au-dessus de C$1,50.
  • Alors que Theresa May va tenter aujourd’hui d’apaiser les craintes de la City, l’EUR/GBP tente à nouveau de briser le seuil de résistance de £0,8850.
  • Après un rebond de plus de 2%, le yen japonais corrige face à l’euro -  Nouveau support à ¥133 sur l’EUR/JPY ?

Résumé de la séance précédente (mercredi 10 janvier 2018) : Des rumeurs viennent perturber les marchés des changes…La Chine pourrait stopper ses achats d’emprunts d’Etat américains tandis que D. Trump aurait décidé de sortir de l’ALENA

C’est une journée tout sauf calme que nous a réservé la séance du mercredi 10 janvier, la faute à deux rapports publiés coup sur coup dans les médias faisant surgir à la fois de nouvelles incertitudes, et en réveillant d’anciennes. Peu avant midi en Europe, l’agence Bloomberg a révélé que, selon des sources proches du dossier, la banque centrale chinoise pourrait prochainement ralentir, voire stopper, ses achats d’emprunts d’Etat américains. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe sur les marchés car en potentiellement perdant son principal emprunteur – La Chine est devenue en 2017 le plus gros détenteur étranger de dette américaine devant le Japon – les Etats Unis pourraient rencontrer à moyen terme des difficultés à financer son économie déficitaire (double déficit, budgétaire et commercial), et notamment sa récente réforme fiscale dont le coût est estimé à $1,5Trn sur les 10 prochaines années. Le dollar américain a pris un sérieux coup dans l’aile suite à l’annonce et l’EUR/USD est remonté temporairement au-dessus du seuil de $1,20 (pic recensé à $1,2017). Les effets se sont progressivement dissipés et la paire est retombée sous le seuil de $1,1950 en l’absence d’éléments tangibles crédibilisant cette information. Les autorités chinoises n’ont pas tardé à réagir et minimiser cette annonce qui selon eux pourrait « être basée sur des informations erronées ». Réelle menace ou simple poker menteur de la part de Pékin pour tenter d’atténuer les velléités américaines de protectionnisme commercial ?  Aucune réponse pour le moment mais grâce à cette rumeur l’on sait que la Chine a, elle-aussi, des arguments à faire valoir.

Il n’y a pas que le dollar américain qui a connu mercredi une séance éprouvante. Le dollar canadien (-0,8% vs EUR à C$ 1,4988) et le peso mexicain (-0,3% vs EUR à MXN 23,04) ont été fortement mis sous pression suite à la publication en début de soirée par l’agence d’information Reuters d’une rumeur d’une décision définitive du président américain de rompre l’accord de libre-échange nord-américain avec ses voisins canadiens et mexicains. Réalisant une très large partie de leur activité commerciale avec les Etats Unis, les économies canadiennes et mexicaines pourraient très sérieusement souffrir de la fin de cette accord économique, d’autant plus si aucun accord bilatéral similaire n’est adopté par la suite avec le voisin américain. Si ce ne sont pour le moment que dès rumeurs celles-ci sont prises très au sérieux par les marchés puisque ce n’est pas la première fois que l’hypothèse est évoquée. Donald Trump, qui n’a jamais hésité à vivement critiquer cet accord jugé « injuste », pourrait en effet s’impatienter face à l’absence d’accords entre les trois parties et décider de « trancher dans le vif » une fois pour toute. Le dollar canadien fut le plus impacté par la nouvelle puisque celle-ci pourrait peser lourd dans le choix final, la semaine prochaine, de la Banque du Canada de rehausser à nouveau ses taux directeurs. Les investisseurs accordent désormais moins de crédit à l’égard de ce scénario – probabilité d’une hausse de taux en janvier réduite de moitié, de 86% (mardi matin) à 42% (jeudi matin), d’après les positions sur les marchés à terme - et ont repoussé leurs anticipations de nouveau resserrement monétaire au Canada à mars. Outre les rumeurs liées à l’ALENA, les pressions baissières sur le dollar canadien avaient été observées un peu plus tôt dans la journée suite notamment à la publication par des chiffres inquiétants de la part du secteur immobilier canadien et l’observation de la plus forte chute en 22 mois du nombre de permis de construire au mois de novembre (-7,7% M/M vs consensus -0,3%), qui vient nourrir les craintes d’une possible bulle immobilière dans le pays.

L’EUR/USD revoit temporairement le seuil de $1,20 mais l’effet des « craintes chinoises » sur le dollar s’est vite essoufflé…Le dollar canadien victime d’une réduction des anticipations de hausse de taux en janvier (réunion le 17 janvier)

Vos rendez-vous clés de la séance de jeudi 11 janvier 2018 : Minutes de la BCE (13h30)…Premiers indices d’inflation aux Etats Unis avant les chiffres officiels attendus vendredi (indices PPI à 14h30)…Theresa May va tenter d’atténuer les craintes des banquiers britanniques…Plus fort rebond des ventes au détail en Australie depuis 2013

Minutes de la BCE : En début d’après-midi, la Banque Centrale Européenne publiera le compte rendu des discussions tenues lors de la réunion monétaire du 6-7 décembre en marge de laquelle la banque a fait part de son optimisme vis-à-vis des perspectives de croissance en Zone Euro (révision à la hausse significative des projections sur la période 2017-19) et ses doutes vis-à-vis de l’inflation (pas de retour prévu de l’inflation à 2% avant 2021 – projection 2020 = 1,7%). Les marchés seront également attentifs aux éventuels signaux envoyés quant à son plan d’action et les facteurs de décision à l’égard de son programme quantitatif (QE) ; qui sera sérieusement réduit en 2018 (volumes mensuels de rachats d’actifs désormais de €30Mds contre €60Mds en 2017) ; et de sa politique de taux. Si la BCE a bien amorcé un changement d’orientation monétaire vers une fin du cycle accommodant Alors que beaucoup d’observateurs font actuellement le pari que la BCE pourrait défensivement mettre un terme à son QE en septembre prochain, les banquiers centraux européens restent pour le moment volontairement flou et laissent planer l’éventualité d’une nouvelle extension si le contexte économique le nécessite. 

Etats Unis : Avant la publication des statistiques officielles d’inflation programmée vendredi, les Etats Unis publieront cette après-midi les statistiques de croissance des prix à la production, lesquels donneront une première tendance sur les pressions sur les prix dans le pays. L’inflation, et notamment l’absence de pressions haussières significatives, est la clé de voute de la future politique monétaire de la Fed. Sans une accélération des prix vers l’objectif recherché de 2%, la banque centrale américaine pourrait être dans l’incapacité de tenir son agenda monétaire très agressif (3 hausses de taux en 2018 et 2 hausses de taux en 2019). C’est du moins la projection actuelle des investisseurs qui tablent sur « seulement » deux hausses de taux en 2018. Les économistes tablent sur un léger ralentissement de l’indice générale d’inflation en décembre, de 2,2% à 2,1%, et sur un niveau stable à 1,7% pour l’indice de base.

Royaume-Uni : La première ministre britannique a rendez-vous aujourd’hui avec les responsables des industries bancaires britanniques pour discuter de l’avenir du secteur après le Brexit. L’industrie des services financiers est celle qui a le plus gros poids au sein l’économie britannique (~11% du PIB) et pourrait être très sérieusement impactée si l’Union Européenne refuse de lui accorder un accès aux marchés européens. Bruxelles semble pour le moment inflexible sur le sujet et ne délivrera pas de passeports européens aux banques britanniques si le Royaume-Uni continue de fermer la porte à l’accord Schengen et la libre circulation des citoyens européens sur son territoire. Difficile sera la tâche pour la première ministre britannique que de rassurer les principaux acteurs de ce secteur alors qu’elle ne dispose pour le moment d’aucun argument laissant suggérer un possible terrain d’entente avec ses voisins européens.

Australie : Le pays a enregistré en novembre un important rebond des ventes au détail (+1,2% M/M vs consensus +0,4%), très largement supérieur aux attentes du marché, grâce notamment à la « fièvre acheteuse » suscitée par la sortie cette automne de la nouvelle gamme de mobiles Iphone par l’entreprise Apple, révèle ce matin l’agence d’information Bloomberg. On n’avait plus vu une telle performance depuis février 2013. Le dollar australien bénéficie cet « effet Apple » et progresse de 0,4% face à l’euro ce matin, le cours EUR/AUD retombant sous le seuil de A$ 1,52.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

La frénésie provoquée par le rapport publié par Bloomberg (voir résumé de la séance de mercredi) s’est vite dissipée, faute d’éléments tangibles sur une réelle volonté de la Chine de stopper de financer la dette américaine. Le démenti réalisé par les autorités monétaires chinoises est venu mettre du plomb dans l’aile aux pressions baissières apparues mercredi sur le dollar américain. La percée au-dessus du seuil de $1,20 aura donc été très temporaire faute de nouveaux arguments d’achat d’euro. La barrière de $1,19 reste toujours un support important pour la paire de change qui tend à freiner le mouvement correctif observé depuis la fin de la semaine dernière. Si ce jeudi matin la paire semble consolider sa position dans un couloir étroit de $1,1900-$1,1960 (précédent pic touché en novembre), celle-ci pourrait connaître une recrudescence de volatilité en marge de la publication du compte rendu de la réunion monétaire de décembre de la BCE (13h30). La paire pourrait repartir à l’assaut des $1,20 si la rhétorique employée par la banque suggère une inclinaison de plusieurs membres du directoire à mettre fin définitivement au programme quantitatif en 2018. À l’inverse, celle-ci pourrait venir taper à la porte de $1,19 si la BCE démontre une inquiétude exacerbée à l’égard des perspectives d’inflation dans la région.

Perf 2018 = -0,43% / Moyenne 2018 = $1,1996 / Point haut 10 jan. 2018 = $1,2017 / Point bas 10 jan. 2018 = $1,1921 / Clôture 10 jan. 2018 = $1,1945

EUR/GBP

Les chiffres mitigés observés mercredi au Royaume-Uni – Rebond légèrement plus important de la production industrielle en décembre (+0,4% M/M vs consensus +0,3%) mais hausse inattendue du déficit commercial à un pic de 5 mois – mêlés à une remontée des inquiétudes des investisseurs à l’égard d’une possible sortie du Royaume-Uni hors de l’UE sans avoir conclu le moindre accord commercial ont nourri de nouvelles pressions baissières sur la livre sterling.  De nombreux rapports évoquent une frustration actuelle des  responsables britanniques à l’égard de l’inflexibilité de Bruxelles, et le début d’intégration par cette dernière d’un possible scénario de non-accord entre les deux partis, dont il est reproché de ne pas jouer le jeu et de délibérément freiner les négociations. Le cours EUR/GBP a tenté une percée au-dessus du seuil de £0,8850 (pic recensé à £0,8873), mais ce niveau s’est avéré être un seuil de résistance bien plus important que prévu. La dynamique reste haussière ce jeudi matin en amont de la rencontre entre Theresa May et les principaux acteurs de la City de Londres. L’industrie financière britannique pourrait être sérieusement réduite si la première ministre britannique ne parvient pas à leur garantir l’accès aux marchés européens une fois la sortie hors de l’UE effective. Ce matin, on observait la paire EUR/GBP à nouveau tester la barrière de £0,8850. Il ne faudra pas non plus négliger la réaction des marchés aux Minutes de la BCE, lesquelles pourraient venir significativement impacter l’euro (à la hausse comme à la baisse).

Perf 2018 = -0,36% / Moyenne 2018 = £0,8860 / Point haut 10 jan. 2018 = £0,8873 / Point bas 10 jan. 2018 = £0,8811 / Clôture 10 jan. 2018 = £0,8847

EUR/JPY

Le rebond du yen s’est accéléré mercredi mais fut finalement stoppé à l’approche du seuil de ¥133 (clôture du cours mercredi à ¥133,14). Les pressions haussières ont été à la fois alimentées par une continuité de l’effet spéculatif à l’égard d’une réduction du soutien monétaire de la Banque du Japon (annonce mardi d’une réduction des achats d’emprunts d’Etat de longue maturité) et par un regain de nervosité des marchés en réaction à la publication des rapports évoquant une possible sortie des Etats Unis de l’ALENA et de ralentissement du financement de la dette américaine par les autorités monétaires chinoises. Le yen s’est apprécié de plus de 2% face à l’euro depuis le début de semaine, une dynamique qui pourrait légèrement se résorber sur la fin de semaine, la chute du cours EUR/JPY à son plus bas niveau depuis plus de 3 semaines constituant un bon point d’entrée pour les acheteurs d’euro ou de sortie pour les vendeurs de yen.

Perf 2018 = -1,39% / Moyenne 2018 = ¥134,89 / Point haut 10 jan. 2018 = ¥134,55/ Point bas 10 jan. 2018 = ¥133,06 / Clôture 10 jan. 2018 = ¥133,14

EUR/CHF

La recrudescence de nervosité sur les marchés des changes a provoqué un regain d’intérêt des investisseurs pour les valeurs refuges telles que le yen japonais ou le franc suisse. Cela vient expliquer l’amplitude du mouvement baissier observé mercredi (-0,4%), et le retour temporaire de la paire sous ₣1,17, malgré un calendrier économique relativement léger en Europe et en Suisse. La dissipation des craintes ce matin offre un tremplin à une revalorisation du cours de change au-dessus de ce « fameux » seuil psychologique de ₣1,17. La volatilité devrait rester modeste jusqu’à la mi-journée et la publication des minutes de la BCE, lesquelles pourraient offrir l’occasion à la paire de reprendre la direction des₣1,18 (pic 2018 recensé à₣1,1778).

Perf 2018 = +0,15% / Moyenne 2018 = ₣1,1720 / Point haut 10 jan. 2018 = ₣1,1747 / Point bas 10 jan. 2018 = ₣1,1684 / Clôture 10 jan. 2018 = ₣1,1688


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